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  Sommaire - Sciences -  Wimps au plateau d’Albion

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Au coeur du plateau d’Albion, le monde du silence des scientifiques

RUSTREL (Vaucluse) - Au coeur du plateau d’Albion, dans un ancien poste de tir de la force nucléaire française, des scientifiques explorent les dimensions cachées de l’univers dans un silence quasi parfait : niché sous 500m de roche, le "laboratoire souterrain à bas bruit" (LSBB) de Rustrel est un lieu unique au monde.

Le site d’une cinquantaine d’hectares, jadis classé "secret défense", dont les détails ne figuraient sur aucune carte, se situe en plein parc naturel du Luberon, loin de toute industrie ou circulation automobile. Au coeur d’un massif karstique, les niveaux de bruit acoustique mais surtout sismique, mécanique et électromagnétique y sont parmi les plus faibles du monde. Le LSBB est également protégé des rayonnements cosmiques.

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"Le cerveau de l’homme, dans sa phase de sommeil la plus profonde, émet des signaux électromagnétiques 100 fois plus élevés que les niveaux de base enregistrés ici", déclare Georges Waysand, directeur du LSBB.

Le site compte 3,5 km de galeries souterraines ainsi qu’une gigantesque capsule blindée de 1.250 m3, sous 500 m de roche calcaire, suspendue au plafond, soutenue par d’immenses ressorts et barrée d’une imposante porte de sous-marin.

Il s’agit de l’ancien poste de tir numéro 1 du plateau d’Albion. De là étaient commandés les 18 missiles balistiques sol-sol de la dissuasion nucléaire française. Quelque 2.000 militaires vivaient sur le site érigé à partir de 1966 et "choisi car le plus haut et le plus à l’est en France, à une époque où les Rouges étaient l’ennemi", raconte l’adjudant-chef Alain Cavaillou, l’un des trois militaires détachés par l’armée de l’air pour assurer la maintenance du LSBB.

Puis le désarmement est passé par là et en 1996, l’armée quitte les lieux. Georges Waysand, spécialiste de la détection des matières cachées, alors professeur à Boston (Etats-Unis), voit tout de suite "les avantages de ce site exceptionnel dont on n’est pas arrivé au bout des performances, les instruments de mesure actuels n’étant pas suffisamment sensibles".

Il convainc la communauté de communes du pays d’Apt d’acheter les lieux, avec l’aide de la région, avant de commencer à mettre au point ses expériences et de les faire connaître de la communauté scientifique.

"Lorsqu’on veut étudier la flamme d’une chandelle, il faut se mettre à l’abri du soleil", résume-t-il.

"Il y a une absence quasi totale de bruits parasites susceptibles de perturber les mesures", renchérit Clarisse Borde, géophysicienne qui effectue les travaux de sa thèse dans le LSBB pour se "mettre à l’abri des perturbations magnétiques".

Actuellement, 23 équipes venues de France, des Etats-Unis, du Canada, d’Italie, d’Allemagne, du Portugal ou de Grèce mènent des expériences dans de multiples disciplines : hydrologie, sismologie, physique standard, physique des astroparticules... Quelque 80 personnes sont "touchées de près ou de loin par des travaux menés au laboratoire", partenaire de l’université de Nice-Sophia-Antipolis, poursuit Georges Waysand. L’une des activités du scientifique consiste à rechercher les Wimps, astroparticules qui formeraient une composante importante de la matière cachée de l’univers et qu’aucun chercheur n’a encore mis en évidence.

Mais le résultat qui l’a le plus marqué est le moment où "l’on a découvert le signal magnétique (provoqué par des déplacements d’eau dans le massif) d’un tremblement de terre" survenu à des milliers de kilomètres. "On croyait que les instruments étaient cassés".

Recueilli par Alain Pelosato




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