SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No102
102
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Interviews -  José Homs
Interview de José Homs
Par Damien Dhondt

Dernier ajout : dimanche 17 décembre 2017

"José Homs "

 

Comment êtes-vous arrivé dans le monde de la BD ?

Comme tous les dessinateurs, j’aimais beaucoup lire de la bande-dessinée lorsque j’étais enfant. Puis, j’ai continué. Dès les premiers moments, j’étais certain que je voulais faire ça. Mais avant j’ai travaillé sur des illustrations. J’ai fait beaucoup de travail pour la presse et la publicité. J’ai travaillé pour les comics pendant trois ans sur le marché américain.

La série Red Sonja publiée en France par Panini Comics.

Quelques personnes viennent encore à la séance de dédicaces avec des albums de « Red Sonja ». Pour moi, cela a été une bonne école avec la narration. Mais le genre d’histoires que j’aime lire est plus proche de la BD que des comics. Je n’aime pas le côté superhéroïque. La narration dans la BD est plus travaillée. En Amérique, le rythme de travail beaucoup plus rapide. On ne peut pas s’arrêter pour réfléchir, chercher de la documentation, approfondir un détail ou une expression.

Dans Millénium l’expression du visage est éloquente.

Millénium était une très belle opportunité. À l’époque, j’avais commencé à travailler sur Shi. Le projet Shi a été arrêté pour faire Millénium. C’était important pour moi, mais aussi pour Shi. Ce n’est pas la même chose avant Millénium qu’après Millénium. L’expérience obtenue dans le marché américain m’a donné l’opportunité de faire Millénium. C’est l’école américaine qui m’a donné le rythme. J’ai dessiné les tomes 1,2 et le 5. On en a parlé avec l’éditeur. 9 albums étaient prévus. Mais les deadlines étaient trop courtes avec chaque album de 62 planches au lieu de 46. L’éditeur voulait sortir deux albums par an. Pour les deux premiers le travail était rapide. Mais je ne peux pas continuer à ce rythme pendant treize ans. On a cherché un autre dessinateur. On pouvait travailler en même temps.

Saviez-vous qu’avant Lisbeth Salander le personnage s’appelait Fifi Brindacier ? Stieg Larsson, l’auteur du roman « Millénium » s’est inspirée du personnage d’Astrid Lindgren. Cette auteur suédoise a également créé le personnage de l’enquêteur Kalle Blomkvist. Fifi et Blomlvist ont tous les deux été transposés à l’époque moderne pour devenir les deux héros de la série Millénium.

Je ne savais pas. Je connais le roman (je l’ai lu quelques années avant de savoir que j’allais en faire l’adaptation) j’ avais dans ma tête une idée du personnage, mais je ne connaissais pas cette anecdote.
Je ne sais pas si Runberg le scénariste connais l’histoire.

Dans les deux premiers tomes quel est l’âge de Lisbeth Salander ? Sur la tombe de sa mère, on peut lire que cette dernière est née en 1935 et est décédée en 2013. Or, sa fille a l’air d’avoir au maximum 25 ans, ce qui pose un petit problème.

Je ne sais pas si Runberg a calculé. Je me rappelle que dans le roman, il est indiqué qu’elle est plus âgée que son apparence. Elle doit avoir trente-quatre ans, mais elle a une apparence d’une vingtaine d’années.

Vous avez travaillé sur le hors-série d’« Orbital ». Quel est l’avantage de la science-fiction par rapport à la bande dessinée classique ?

Je n’aime pas beaucoup dessiner la science-fiction. Je connais Orbital, car Sylvain Runberg est le même scénariste que Millénium. Orbital est aussi sorti en Espagne. J’aime beaucoup la série. Par contre, je n’aime pas dessiner cela. On a commencé à parler de Millénium. J’avais terminé l’Angelus mon premier projet chez Dupuis et on attendait la finalisation du contrat pour Millenium. Mais cela impliquait beaucoup de personnes dont la famille Larsson et l’éditeur en Suède. Donc l’éditeur m’a fait réaliser une histoire d’Orbital pendant qu’on le contrat était finalisé. Je préfère l’historique que la science-fiction.

Pourquoi avoir travaillé sur Shi qui appartient à un domaine complètement différent ?

Shi c’était une offre originelle et le travail le plus personnel que j’ai fait. J’ai discuté longtemps avec Zidrou, de ce que j’aime dessiner, les films que j’aime, la littérature. J’ai eu donc l’opportunité de participer à la création de l’univers de la série. Zidrou est très généreux. Il aime beaucoup s’adapter à ce que le dessinateur aime dessiner. Il a créé le scénario sur-mesure alors que je travaillais sur l’Angelus. On a commencé juste pour avoir l’idée de ce que j’aime faire tous les influences cela a très bien marché.

Quelle est l’inspiration pour Shi ?

J’aime l’époque victorienne. J’aime dessiner les femmes. J’aime beaucoup la culture japonaise, l’aventure. La magie de Zidrou a permis d’utiliser le cocktail qu’il a utilisé pour rédiger l’histoire. C’est très impressionnant.

Combien d’albums doivent-ils composer la série Shi ?

Le premier cycle est en quatre albums. Le mot « Shi » veut dire « mort » en japonais, mais aussi le chiffre « quatre » . Ce n’est pas le même kanji, mais la prononciation est la même. Au Japon le chiffre « 4 » a le même sens que le 13 en Occident. C’est un chiffre maudit. On a utilisé cela pour établir une relation avec le nombre, la mort. Mais aussi « She » signifie en anglais : « elle ». Il y a toute une relation entre 4, la mort et « elle ».

Vous dessinez souvent des héroïnes féminines

Dans Angelus, le personnage qui a le mieux marché, c’est le protagoniste féminin. C’est elle que le public a le plus aimé.

Dans Millénium, vous avez dessiné le personnage du boxeur Paolo Roberto. Était-ce d’après le visage de ce personnage réel ?

Oui, j’ai fait une recherche sur internet. C’est un personnage très connu en Suède. Runberg qui y vit connait parfaitement les circuits de Millénium. Il m’a guidé pour les repérages.

Étes vous aussi allé à Londres ?

Oui, mais pas pour me documenter. J’y suis allé trois fois avant. J’ai beaucoup de documentation à la maison. L’époque victorienne est une époque que j’adore avec la différenciation sociale. Avec « Shi », on peut présenter la société la plus pauvre, la société le plus sale. Shi décrit une société patriarcale où le personnage masculin représente la force et le personnage féminin n’est là que pour la décoration.

Bibliographie de José Homs :

– Les cauchemards d’Halloween (collectif) Albin michel, 2001
– Gaston (Hors-série : la galerie des gaffes) Dupuis, 2017
– Millénium (tomes 1,2 & 5) Dupuis, 2013, 2015
– Orbital (collectif, hors-série 1 : premières rencontres) Dupuis,2013
– Red Sonja (tome 7) Panini Comics, 2009
– Secrets l’Angélus (tomes 1 & 2) Dupuis, 2010,2011
– Shi (tomes 1 & 2) Dargaud, 2017
– La Vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien (collectif) Dupuis, 2009

Voir les chroniques de Millenium et Shi 1

Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato :
Cinéma fantastique et de SF : Essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2015


Retour au sommaire