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  Sommaire - DVD -  G - L -  La Relève (The Rookie) - Edition Blu-ray (France)
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Voir 89 livres sur le cinéma, romans, études, histoire, sociologie...
"La Relève (The Rookie) - Edition Blu-ray (France) "
de Clint Eastwood
 

Avec Clint Eastwood, Charlie Sheen, Raul Julia, Sonia Braga, Lara Flynn Boyle, Tom Skerritt
Warner Home Vidéo

Pour ses trente-cinq ans de carrière, ce grand monsieur du 7ème Art qu’est Clint Eastwood a eu droit à un nouveau livre sur sa carrière signé de son biographe habituel, Richard Schickel, un superbe coffret DVD avec des DVD qu’on peut déjà avoir mais bon, quand on aime, on ne compte plus, et une salve de Blu-ray. Quid des films sous ce format ? Certains de ses périodes les moins lucratives commercialement parlant, mais qui n’en sont pas pour autant pauvres artistiquement comme « La relève ». Un de ses films les plus méprisés par beaucoup alors qu’il s’agit d’un excellent polar noir d’action qui, à cette nouvelle vision en haute-définition (résultat bon sans plus, par contre...), gagne en qualité. Surfant sur la mode du moment du « buddy-movie » (comparses ennemis au début, amis à la fin, casse-cous, aux remarques cinglantes, etc... ), « La relève » bénéficie d’un scénario solidement charpenté, très bien réalisé par un Clint Eastwood qui aligne quelques grandes scènes d’action presque d’anthologie, et surtout, bénéficiant de personnages dignes de ce nom, chose pas si évidente dans ce genre de produit. Si l’acteur aime montrer une image machiste, c’est pour mieux en jouer en détournant certains codes, comme il le réitérera ultérieurement plus tard dans « Le maitre de guerre ». Mais situé dans sa période un film commercial pour un film personnel (même s’il s’en défend...), « La relève » mérite bien plus d’attentions qu’un laborieux « Pink Cadillac » ou « The dead pool » car, même aujourd’hui, le film se suit avec un plaisir certain, celui de voir simplement un très bon film d’action portant quand même l’estampille Eastwood, ce qui n’est pas le cas des deux autres...
Nick Pulowski est un vieux flic à qui on n’apprend plus grand-chose. S’étant spécialisé dans la lutte contre le vol de voitures, il traque inlassablement celui qui tua son équipier lors d’une de ses dernière missions. Pour mener à bien son enquête, on lui adjoint le jeune David Ackerman, fils à papa voulant à tout prix exister par lui-même. Si entre les deux partenaires, l’entente se fait difficilement, leur but commun de mettre hors circuit Strom, le caïd du vol de voitures, va les faire se rapprocher et surtout s’apprécier et se respecter mutuellement.
Sur le fond, rien de très original, un air de déjà-vu plusieurs fois. Mais dans la forme, Eastwood s’en sort bien mieux que beaucoup d’autres. Comme souvent chez lui, l’ambiance est plus noire que d’habitude, un coup de feu fait beaucoup de dégâts, le héros est malmené, et même si certains éléments étaient peut-être présents dans le scénario d’origine, on peut légitimement supposer qu’en se l’appropriant, Eastwood a modifié des détails, apportant de-ci, de-là des petites touches bien plus personnelles qu’on ne le penserait à ce qui aurait pu n’être qu’un basique « buddy movie » : Pulowski ramassant le fric que jette David par dégoût, Pulowski se faisant violer par la maitresse de Strom. Et certaines scènes sont volontairement filmées à la façon d’Eastwood, avec toujours cette part d’ombre cachant une partie de la personne, histoire de bien montrer que nul n’est tout à fait blanc ou tout à fait noir. Le gris domine une fois de plus, oscillant sur la corde raide de la loi et des codes. En plus de ces constatations, on ne peut que saluer une réalisation violente et qui sous ses airs tranquille, aligne des séquences d’action étonnantes : course-poursuite sur autoroute, évasion rocambolesque à bord d’une Mercedes, etc... Et jusqu’au bout, Eastwood assume son œuvre, avec un final impitoyable, froid et violent. Alors, « La relève », œuvre mineure ? Certainement pas : un excellent polar noir dans la mouvance de ceux de l’époque, mais avec une réelle identité, celle de son acteur-réalisateur Clint Eastwood. Maintenant, l’édition Blu-ray : totalement dépourvue de bonus (à part une bande-annonce, donc rien quoi !), d’où son prix très attractif, elle ne se mérite d’attention que pour la copie du film. Dans l’ensemble, c’est bien mieux que toute édition DVD, les noirs ont une réelle meilleure tenue, une profondeur plus ciselée mais en même temps, la perfection n’est pas uniforme. Mais bon, il n’y en aura pas de meilleure au vu de ce que beaucoup pensent du film donc, franchement, c’est un Blu-ray digne de figurer dans la Blu-raythèque section « Clint Eastwood ». C’est tout. Et c’est énorme vu l’injustice dont est victime ce film.

Note film : 8/10
Blu-ray : copie bonne, format d’origine 2.41, image 16/9ème - Bonus : 0/10 : bande-annonce donc : nada de chez nada !
St. THIELLEMENT



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