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  Sommaire - Films -  G - L -  HORIZON : UNE SAGA AMERICAINE (Horizon : An American Saga)
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"HORIZON : UNE SAGA AMERICAINE (Horizon : An American Saga) " de Kevin Costner

Scénario : Jon Baird & Kevin Costner Avec : Kevin Costner, Sienna Miller, Sam Worthington, Jena Malone, Abbey Lee, Luke Wilson, Danny Huston, Tatanka Means Distribué par Metropolitan Filmexport - 181 mn - Sortie le 3 Juillet 2024 - Note : 8/10

Il s’agit certainement d’un des évènements cinématographiques de l’année. Peut-être même le plus ambitieux, fou, grandiose car HORIZON n’est que le premier film de la gigantesque saga américaine – comme l’énonce si bien le sous-titre – qui en comportera 4, et l’ensemble est signé Kevin Costner, l’inoubliable Eliott Ness des « Incorruptibles » ou encore mieux, John Dunbar, soldat fédéré héros de « Danse avec les loups ». Bref, on ne présente plus Kevin Costner, qui a surfé en haut du box-office quelques années, s’est ramassé avec « Waterworld » et avec une personnalité un peu difficile parait-il. Après un passage à vide contenant quand même quelques très bons films – pêle-mêle, on citera « Apparitions », le très réussi « Highwaymen » de Netflix sur les fédéraux pourchassant Bonnie and Clyde, le très beau « McFarland, USA » mais inédit en France, « Les Figures de l’Ombre », et récemment le noir et émouvant thriller familial « L’un des Nôtres » -, Costner s’est refait une santé voire une carrière en étant le pilier de l’excellente série TV, « Yellowstone ». Fut-ce donc le déclencheur pour « Horizon : une saga américaine » ? Non, le projet état en lui depuis des années, il a juste pris le temps de le murir, de réaliser encore deux autres films, « The Postman » & le crépusculaire western « Open Range », avant de se jeter corps et âme – littéralement, oui ! – dans le projet phare de sa carrière, de sa vie. « Horizon : Une Saga Américaine », la Conquête de l’Ouest ressuscitée par Kevin Costner.

Au départ, dans une contrée vierge de toute présence d’hommes blancs, un géographe et son fils en pleins repères. Plus tard, un homme trouve leurs corps, et s’installe aux abords d’une rivière. Des colons viennent le rejoindre pour la naissance d’une bourgade. Une attaque indienne en décime une partie. Puis des soldats nordistes constatent les dommages, ramenant avec eux au fort une partie des survivants devenus orphelins ou veuves. Un homme accompagne un convoi de colons allant vers l’ouest. Une halte dans une petite ville l’oblige à défendre une femme et tuer son agresseur. S’enfuyant avec elle, ils partent vers un ailleurs, un horizon prometteur d’une nouvelle vie, là où se dirige également un autre convoi. Témoins et acteurs également de ces nouvelles destinées, les Indiens, alors seuls occupants de ces vastes contrées, vont pour certains attaquer et tuer pour défendre leurs terres et leurs vies, pour d’autres faire la route ensemble pour construire ces futurs états d’Amérique du Nord…

Et au travers de ce résumé, tout « Horizon : une saga américaine » est là : présentation des personnages, des paysages, des conflits, des intérêts, des massacres, des unions. Comme ça, là, on repense à « Colorado » - « Centennial » en vo -, série TV fleuve d’un temps « que les moins de vingt ans peuvent ne pas connaitre », mais qui est similaire dans le propos et le but : montrer comment l’Amérique s’est construite. Certains y verront un manichéisme limite nationaliste avec des Indiens agressifs et meurtriers. Sauf qu’ils ne font que défendre leurs terres donc leurs vies, avant d’aller vers un échange plus diplomatique aux issues que l’on connait aujourd’hui. Au milieu de tous ces destins, Costner se focalise sur certains qui seront les bâtisseurs de cet avenir imposé : une jeune veuve et sa fille (Sienna Miller), un capitaine nordiste plus humain que d’autres (Sam Worthington, parfait), un cow-boy solitaire qui a déjà passé une partie de sa vie en ces grands espaces et dont la vie reste encore à construire (Costner… Costner quoi !), et d’autres. Trois heures pour ouvrir la saga, trois heures qui peuvent paraitre parfois longues, sauf qu’au final, une fois dehors, quelques heures plus tard, tout est là, on y (re)pense, et on a des images d’horizons sauvages en tête, on a des histoires greffées en mémoire dont on ne connaît pas l’issue. Et même si Kevin Costner plonge dans le classicisme du western plus à la Anthony Mann, John Ford et d’autres seigneurs du genre, c’est donc plus à la forme américaine qu’italienne et ses westerns spaghettis qui certes dépoussiérèrent le genre mais qui n’est pas maitre d’œuvre dans le cas présent, juste présent pour rappeler la rudesse et le sauvage et la violence de ces vies. Au final, ce chapitre 1 – puisque tel est le cas – s’avère plus à l’échelle du projet, malgré des faiblesses qui sont en fait des bases obligatoires pour une fresque que l’on sent au diapason de cette saga, à savoir grandiose, monumentale, comme ces horizons que nous restituent avec maestria et si souvent Kevin Costner. Bon courage à lui pour la suite, et respect total pour l’homme, le cinéaste, l’architecte, le maître d’oeuvre qu’il est de cet « Horizon : Une Saga Américaine ».

Stéphane THIELLEMENT

Alain Pelosato



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