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Un géant s’en est allé

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Richard Kiel nous a quittés, le 10 septembre 2014. Il avait 74 ans.

D’origine allemande, il est né le 13 septembre 1938 à Détroit dans le Michigan et meurt le 10 septembre 2014 à Fresno en Californie.

Durant sa très prolifique carrière, Richard Kiel endossera coup sur coup, les casquettes d’acteur, scénariste et producteur de cinéma. C’est durant sa préadolescence qu’il contractera cette maladie du gigantisme. Richard mettra alors à profit sa taille immense et ses muscles pour peu à peu devenir une icône du cinéma de genre.

Très vite, son physique le démarquera des autres. Il campera des rôles assez divers au cinéma comme dans La planète fantôme (1961), où il mettra déjà en valeur son gigantisme (2 mètres 18) dans une histoire de planète peuplée d’une race naine aux prises avec des envahisseurs belliqueux. On le verra ensuite apparaître dans L’épée enchantée (1962), Docteur Jerry et Mister Love (1963), Brainstorm (1965), The house of the damned (le rôle du géant, 1963), L’humanoïde (1979).

Dans les séries télé, il fera des prestations mémorables. Ainsi commencera-t-il sa carrière sur le petit écran dans la série The Phantom (Big Mike), auprès de Long Chaney jr en personne ainsi que Roger Creed dans le rôle titre. Il enchaînera ensuite dans l’un des plus inoubliables épisodes de la série La quatrième dimension ( Comment servir l’homme , 1962) où déjà son charisme s’imposait comme le seul à pouvoir interpréter des rôles aux antipodes du genre. Il fera ensuite forte impression dans ce que beaucoup de fans désignent souvent comme les quatre meilleurs épisodes de la série Les mystères de l’ouest (1965-1968), avec La Nuit de la terreur (1965), La Nuit de la ville sans voix (1965), La Nuit de l’attentat (1966), ou encore le fabuleux La Nuit de la bête (1968).

Mais c’est dans deux des plus célèbres James Bond qu’il s’imposera définitivement comme une icône du genre avec son inoubliable mâchoire en acier. Ainsi deviendra-t-il Requin (Jaws) dans L’espion qui m’aimait (1977) et Moonraker (1979) auprès de Roger Moore. Sa performance inégalable l’installera définitivement au panthéon des méchants du genre. Une même performance dont aura les faveurs une dernière fois dans son passage dans le film Pale Rider avec Clint Eastwood (1985).

Il achèvera sa carrière avec des petits films comme Inspecteur Gadget (1999) ainsi qu’une série télé familiale basée sur les livres pour enfants de Bill Myers, ( Bloodhounds Inc , 2000), sorte de concept révolutionnaire inspiré des séries célèbres comme Le Club des Cinq ainsi que tous les films pour enfants de Spielberg (Goonies, Explorers, etc...) d’une facture plus populaire, déjantée, sans soucis de scénario mais au moyen d’un rocambolesque à tout va qui sut séduire son public d’alors. L’intérêt principal de cette franchise reste le petit format vidéo utilisé, ce qui donne à cette série un côté très pulps, tout en étant approuvé par les ligues de bonne moralité familiale. Chose assez rare, il convient de le remarquer.

Il y fera une apparition pleine de truculence et de nostalgie dans le rôle d’un pseudo monstre de Frankenstein que les amateurs surent apprécier.

Ainsi pourra-t-on dire sans se tromper que Richard Kiel sut se faire aimer du grand public en interprétant des rôles qui pour peu qu’ils furent tous consacrés à des méchants, ou plutôt des mal aimés, démontrèrent une fois de plus que le plus difficile pour un acteur n’est pas de camper des héros bien dans leur peau mais leur parfaite antithèse.

Richard fut un géant, et dans son corps et dans sa tête.

Thanks, Jaws !

Emmanuel Collot





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