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  Sommaire - Livres -  Infos -  Fauve d’honneur Angoulème 2020 pour Robert Kirkman

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De Robert Kirkman, le grand public connaît surtout Walking Dead, série au succès mondial débutée en 2003 en collaboration avec Tony Moore, puis Charlie Adlard, où quelques survivants doivent affronter des hordes de zombies sur une terre ravagée par une mystérieuse apocalypse. L’adaptation télévisée sur AMC, à laquelle le scénariste a étroitement collaboré, est devenue rapidement l’une des séries les plus marquantes et populaires des années 2010. Mais ce n’est que la partie la plus visible d’une œuvre aussi hybride que fascinante, où émergent chez le scénariste, né en 1978, des préoccupations résolument adultes. Robert Kirkman, en fin connaisseur de la culture pop, n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’il évolue dans les interstices et les marges d’une production mainstream, où il questionne la cellule familiale comme dans Invincible (2002-2018) et Outcast (en cours), ou encore les relations au sein de communautés humaines contraintes de se réinventer, comme dans Walking Dead (2003-2019) et Oblivion Song (en cours). Il s’y interroge aussi sur les modes de création à l’œuvre dans l’industrie du comics. Par son engagement au sein de la maison d’édition Image Comics, Kirkman a cherché en effet à s’affranchir des contraintes éditoriales et artistiques afin de creuser un sillon singulier, qui doit autant aux lectures de son enfance qu’à sa volonté de renouveler certains genres parmi les plus emblématiques (science-fiction, horreur, superhéros). Un goût pour les dialogues ciselés, l’influence perceptible des séries B et Z, le recours à une violence parfois outrancière et l’irruption d’un humour souvent décalé font ainsi de Robert Kirkman un digne émule de Quentin Tarantino dans la culture pop contemporaine.

Damien Dhondt