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  Sommaire - Livres -  Infos -  Fauve d’honneur Angoulème 2020 pour Nicole Claveloux

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A toujours aimé les images, les dessiner et les regarder : livres illustrés, tarots, enluminures, affiches, réclames, images pieuses et images érotiques, Vache qui rit, BD, ex-libris, culs-de-lampe, rébus…” Ainsi se présente Nicole Claveloux sur son site internet. Tour à tour rêveur, acerbe et décalé, son imaginaire unique imprègne ses récits. Magnifiés par un dessin habité aux couleurs hypnotiques, ses livres émerveillent des générations de lecteurs. Elle a 28 ans quand l’éditeur jeunesse d’avant-garde Harlin Quist publie ses premiers ouvrages – dont The Secret Journey of Hugo the Brat, que le New York Times classe parmi les dix meilleurs livres de 1968. En 1973, elle rejoint Okapi, le bimensuel des 10-15 ans lancé deux ans auparavant. Elle y réalisera pendant une vingtaine d’années des planches d’une incroyable modernité et y créera des personnages savoureux comme Grabote, Louise XIV, Cactus Acide et Beurre Fondu. En 1976, Nicole Claveloux participe, aux côtés notamment de Chantal Montellier et Florence Cestac, à l’éphémère aventure d’Ah !Nana, un trimestriel entièrement réalisé par des femmes sur le modèle de l’américain Wimmen’s Comix. Elle y met son inventivité, sa fantaisie et son sens de la dérision au service de bandes dessinées joyeusement iconoclastes. Après l’arrêt brutal de la revue, elle poursuit l’expérience chez Métal hurlant et Charlie mensuel. Elle publie trois bandes dessinées aux Humanoïdes Associés entre 1978 et 1980 et revient par la suite régulièrement à ce mode d’expression – une anthologie à paraître chez Cornélius en 2020 permettra de redécouvrir ce pan de son travail. En parallèle, Nicole poursuit une carrière bien remplie d’illustratrice jeunesse, publiant chez de nombreux éditeurs dont Christian Bruel. À ses dialogues souvent subversifs, Nicole Claveloux associe un trait qui puise ses influences autant chez Jérôme Bosch que chez Wilhelm Busch ou Winsor McCay. Noir et blanc, couleurs ; trait, hachures ; à-plat, modelé : elle jongle avec les styles et les techniques. Son goût pour la recherche plastique s’exprime aussi à travers des dessins érotiques dans les années 2000 et de nombreuses peintures. Son inventivité, l’originalité profonde de son monde intérieur la placent aux côtés des plus grands plasticiens de la bande dessinée de son époque, à l’instar de Bilal, Druillet ou Mœbius.

Damien Dhondt