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  Sommaire - Films -  Infos -  Christopher Lee s’est éteint à l’âge de 93 ans

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Christopher Lee s’est éteint à l’âge de 93 ans

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(La Cité de la mort)
 


On aurait fini par le croire vraiment immortel. Et pourtant Sir Christopher Lee s’est éteint à l’âge de 93 ans. Sur internet, c’est la consternation générale. Jeunes et vieux lui rendent hommage. Et pour cause. Sir Christopher Lee a commencé à tourner en 1948 et continuait encore à enchainer les films quand finalement la Mort (qu’il incarna à plusieurs reprises) a finit par le rattraper. Sa carrière cinématographique s’est ainsi étalée sur près de 70 ans !

Si l’acteur né à Londres en 1922 est devenu à ce point inter générationnel c’est qu’il était vraiment hors du temps. Au fil de sa carrière il a tenu, dans l’océan de sa cinématographie (plus de 200 films à son actif plus des téléfilms, des séries et des doublages pour des dessins animés et jeux vidéos) certains des rôles les plus emblématiques du cinéma.

Évidemment, Sir Christopher Lee c’est tout d’abord les studios mythiques de la Hammer. En 1957, il va incarner le monstre de Frankenstein dans le premier film gothique des studios « Frankenstein s’est échappé ! » de Terence Fisher, face à la vraie star du film, le génialissime Peter Cushing. L’année suivante, Lee va voler la vedette à son ainé en incarnant à l’écran le monstre des Carpates dans « Le cauchemar de Dracula » également signé Terence Fisher.

Bien loin du Dracula de Bela Lugosi, Sir Christopher Lee va donner vie à une véritable bête, un prédateur sexuel. Il va transformer le mythe à tout jamais.

Il va reprendre le rôle pour la seconde fois dans « Dracula, Prince of Darkness » en 1966. Christopher Lee n’y a pas une ligne de dialogue. D’après l’acteur, les dialogues étaient si ineptes (et peu respectueux de l’oeuvre de Bram Stoker) qu’il aurait refusé de les prononcer. Le scénariste Jimmy Sangster a lui une autre explication : un vampire n’a pas besoin de parler.

Il reviendra néanmoins au rôle plusieurs fois jusqu’au très limite « Dracula 73 » (1972) et carrément ridicule : « Dracula père et fils « (1976) une comédie française signée Edouard Molinaro avec… Bernard Menez.

Pour la Hammer, il interprétera d’autres personnages mythiques dont le Dr. Fu-Manchu, Raspoutine ou encore la momie ! Et ira jouer les monstres dans d’autres studios (Amicus, le grand concurrent de la Hammer) mais aussi à l’étranger.

On le retrouve également au casting de productions prestigieuses comme Julius Caesar (1970) avec Charlton Heston ou « Les trois mousquetaires » (1973) de Richard Lester. Il jouera même l’un méchants les plus mémorables de la saga James Bond dans « L’homme au pistolet d’or » (1974) avec Scaramanga.

Autre rôle culte, celui de Lord Summerisle dans le mythique « The Wicker Man » (1973). Sir Christopher Lee, bien que non rémunéré pour sa prestation, s’est entiché de « The Wicker Man » allant jusqu’à proposer aux critiques de payer leur place pour qu’ils voient le film, et à se lancer dans une tournée aux USA pour en vanter les mérites.

A la fin des années 70, pour éviter de se retrouver coincé dans les mêmes rôles, il tente l’aventure américaine. On va ainsi le voir dans « Les naufragés du 747 » ou encore « 1941 » de Steven Spielberg.

S’il n’a jamais arrêté de tourner, Sir Christopher Lee n’est pas toujours très regardant sur la qualité des scénarios. Il tourne tel un boulimique au risque de se noyer dans un océan de navets. A partir de la fin des années 90 il va se voir offrir quelques rôles par Tim Burton (Sleepy Hollow, Charlie et la chocolaterie,…). Et au début des années 2000, il va être « redécouvert » grâce à Peter Jackson et sa trilogie adaptée du Seigneur des Anneaux où Lee décroche le rôle de Saruman. A la même époque George Lucas le réquisitionne pour jouer le comte Dooku Dans les épisodes II et III de Star Wars. Ces rôles, plus son travail discret chez Tim Burton, vont lui permettre d’atteindre un nouveau public fasciné par ce jeune homme qui était déjà Dracula en 1958 !

En 1973 dans « The Wicker Man », il avait déjà montré qu’il savait chanter. Il récidivera en 1983 dans l’improbable comédie musicale et film de super héros « The Return of Captain Invincible » (1983). Mais surtout il participera à un album de métal symphonique « The magic of The Wizard’s dream » en 2005 avant de sortir son premier album de métal en 2010 intitulé « Charlemagne : By the Sword and the Cross ».

Christopher Lee a eu une reconnaissance finalement tardive… même dans son propre pays. Il a été anobli en 2009, a reçu un BAFTA Academy Fellowship des mains de Tim Burton en 2011 et un BFI Felllowship des mains de Johnny Depp en 2013.

Sir Christopher Lee restera l’une des figures les plus marquantes du septième art. Un acteur à la présence quasi surhumaine qui a gagné son statut d’immortel grâce à la magie du cinéma.

Nicolas Botti

Quelques films (parmi les innombrables de sa filmographie) :

Frankenstein s’est échappé ! (1957) de Terence Fisher – Le cauchemar de Dracula (1958) de Terence Fisher – Le chien des Baskerville (1958) de Terence Fisher – La malédiction des pharaons (1959) de Terence Fisher – L’homme qui trompait la mort (1959) de Terence Fisher – Les deux visages du Dr Jekyll (1959) de Terence Fisher – Les Mains d’Orlac (1960) d’Edmond T. Greville – Hurler de peur (1961) de Seth Holt – Les temps sont durs pour les vampires (1961) de Stefano Vanzina Steno – Hercule contre les vampires (1961) de Mario Bava – La vierge de Nuremberg (1962) d’Antonio Margheriti sous le pseudonyme d’Anthony Dawson – Le corps et le fouet (1962) de Mario Bava – Dracula prince des ténèbres (1965) de Terence Fisher – Les vierges de Satan (1968) de Terence Fisher – Les cicatrices de Dracula (1970) de Roy Ward Baker – La Chair du diable de Freddie Francis (1972) – Dracula père et fils (1976) d’Edouard Molinaro – Sleepy Hollow de Tim Burton (1999) – La malédiction de la momie de de Russel Mulcahy (2000) – Le Seigneur des anneaux, trilogie de Peter Jackson (2001)

Filmographie extraite du livre "Un siècle de cinéma fantastique et de SF" (2004) d’Alain Pelosato édité chez Le Manuscrit, disponible en Kindle.





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