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	<title>SFmag (science fiction magazine)</title>
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	<description>Toute la science fiction et le fantastique dans tous les sens de ces termes...</description>
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		<title>SFmag (science fiction magazine)</title>
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		<title>Les D&#233;mons de Citrak&#251;ta</title>
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		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;8/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
La grande arm&#233;e d&#233;moniaque rassembl&#233;e par R&#226;vana a &#233;t&#233; d&#233;faite, et les mortels sont saufs. R&#226;ma en ressort grand vainqueur et prend pour &#233;pouse la belle Sit&#226;, h&#233;riti&#232;re de Mithila. Mais la paix et l'harmonie restent provisoires en ces temps anciens, et le d&#233;mon aura t&#244;t fait de faire rentrer dans les palais royaux une espionne dont le destin est de pr&#233;parer les desseins de son tr&#232;s estim&#233; ma&#238;tre. Forte de ses manipulations, la redoutable espionne parviendra &#224; semer la zizanie entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande arm&#233;e d&#233;moniaque rassembl&#233;e par R&#226;vana a &#233;t&#233; d&#233;faite, et les mortels sont saufs. R&#226;ma en ressort grand vainqueur et prend pour &#233;pouse la belle Sit&#226;, h&#233;riti&#232;re de Mithila. Mais la paix et l'harmonie restent provisoires en ces temps anciens, et le d&#233;mon aura t&#244;t fait de faire rentrer dans les palais royaux une espionne dont le destin est de pr&#233;parer les desseins de son tr&#232;s estim&#233; ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forte de ses manipulations, la redoutable espionne parviendra &#224; semer la zizanie entre le p&#232;re et son fils R&#226;ma, qu'il d&#233;sh&#233;ritera et condamnera &#224; l'exil en un lieu p&#233;rilleux, une jungle remplie de dangers. Celui-ci s'en ira alors, accompagn&#233; par son fr&#232;re et Sit&#226;. C'est dans cette for&#234;t o&#249; il pensera vivre quatorze ans de r&#233;clusion qu'il sera confront&#233; &#224; ses plus mortels ennemis, les hordes d&#233;moniaques de l'arm&#233;e de R&#226;y&#226;na. C'est une aide impromptue qui leur apportera une issue &#224; une mort certaine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etonnant comme on a fait si peu d'&#233;cho &#224; cette petite perle de la fantasy. Reprenant tous les arch&#233;types d&#233;velopp&#233;s par les textes de l'Inde ancienne (Baghavad-gita, etc..), l'auteur parvient &#224; une fusion r&#233;ussie pour donner naissance &#224; une fantasy hindouiste des plus abouties. Bien loin des p&#226;les bandes que la fantasy &#224; la Tolkien d&#233;verse &#224; profusion dans les bacs, ces aventures de haute vol&#233;e, n'h&#233;sitant pas &#224; cultiver la terreur et le sanguinaire chez des personnages mortels et immortels tous plus vivant les uns que les autres, nous propulsent dans un absolu du temps qui n'est pas sans rappeler Howard ou Moorcock.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en &#233;vitant tout r&#233;f&#233;rentiel facile (Tolkien), Ashok Banker invente un genre &#224; lui seul, que les auteurs de jadis avaient jusqu'ici mis &#224; distance, par racisme patent&#233; ou m&#233;connaissance des m&#233;canismes complexes de l'&#233;pop&#233;e fantastique hindouiste, et que les modernes devraient plus arpenter &#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'injustice est r&#233;par&#233;e, avec la plume autant experte que sensible, voire sensuelle, d'un auteur n'h&#233;sitant pas &#224; d&#233;crire ses dieux et d&#233;mons en ayant pris soin de leur &#244;ter leur aura immat&#233;rielle afin d'en faire contempler les putr&#233;factions, engeances terribles (certaines sc&#232;nes &#233;voquent incroyablement la fantasy sombre du &#034;Imajicaa&#034; de Barker) et beaut&#233;s sexuelles. La fin reste cependant un peu abrupte, mais elle ouvre &#224; de futures p&#233;rip&#233;ties sur lesquelles les plus difficiles se jetteront avec empressement. Nous sommes certains que la prochaine trilogie portera dans ses stances autant de monstres, d&#233;mons et merveilles que cette premi&#232;re mouture s&#233;duisante en diable...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monument de la Fantasy, injustement ignor&#233; &#224; sa sortie, et que les lecteurs devraient se mettre &#224; lire, histoire de se sentir un peu... cosmopolites...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emmanuel Collot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les D&#233;mons de Citrak&#251;ta, Livre troisi&#232;me du Ram&#226;y&#226;na, Ashok Banker, traduit de l'anglais par Michelle Charrier, Couverture par Elodie Saracco, 536 pages, Le Pr&#233; Aux Clercs-Fantasy, 21 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>P&#233;ronnik l'idiot</title>
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		<dc:date>2006-10-15T09:05:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;P&#233;ronnik l'idiot Markus Leicht 8/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire sans faim Paul Alary 8/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Nonsense, nonsense, quand tu nous prends, voil&#224; ce qu'on serait tent&#233; de s'esclaffer en d&#233;vorant cette sommit&#233; d'humour potache et finement assen&#233;e comme un vers Rabelaisien ! &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est que cela faisait longtemps qu'on l'attendait notre Markus, avec sa geste &#233;pico-culinaire, arros&#233;e de bi&#232;re Kro. Et bien voil&#224; qui est fait, Markus Leicht fait une entr&#233;e fracassante dans le monde litt&#233;raire avec un roman qui l'installe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;P&#233;ronnik l'idiot&lt;br class='autobr' /&gt;
Markus Leicht&lt;br class='autobr' /&gt;
8/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire sans faim&lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Alary&lt;br class='autobr' /&gt;
8/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nonsense, nonsense, quand tu nous prends, voil&#224; ce qu'on serait tent&#233; de s'esclaffer en d&#233;vorant cette sommit&#233; d'humour potache et finement assen&#233;e comme un vers Rabelaisien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que cela faisait longtemps qu'on l'attendait notre Markus, avec sa geste &#233;pico-culinaire, arros&#233;e de bi&#232;re Kro. Et bien voil&#224; qui est fait, Markus Leicht fait une entr&#233;e fracassante dans le monde litt&#233;raire avec un roman qui l'installe au panth&#233;on de la fantasy fran&#231;aise. Peut-&#234;tre devrait-on m&#234;me s'amuser &#224; rajouter que Markus pourrait &#234;tre le Pratchett Fran&#231;ais, voire m&#234;me, ne pas s'en amuser, et dire qu'il est bien le Pratchett Fran&#231;ais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que devant autant de d&#233;bauches langagi&#232;res et d'inventions nominales, on serait bien en reste d'en d&#233;duire un manque d'&#233;pique. L'&#233;pique de Leicht n'a rien &#224; voir avec les exploits d'un Conan ou d'un Elric, ni m&#234;me avec les gestes mignonnes de Eddings et compagnie. Non, tout l'art de Leicht se love dans la pochade de scientifiques des moeurs atteints de boulimie, la blague de bistrot entonn&#233;e par des philosophes ivres, les jeux de mots incompr&#233;hensibles des arri&#232;re-cours des grands de ce monde, ainsi qu'un style tr&#232;s caustique qui contentera les jeunes comme le plus terrible des vieillards. Bref, l'humour de Leicht est un humour qui touche de suite, vous saisit les tripes pour ne plus les rel&#226;cher de sa &#034; mimine &#034; boudin&#233;e, si bien qu'on en redemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui est P&#233;ronnik de Cynandrie ? Le plus gros barbare de son temps, jur&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Accompagn&#233; de son tonneau magique, il affronte vaille que vaille tous les obstacles, des plus culinaires aux moins rago&#251;tants. Or, un jour, il est convoqu&#233; par un haut personnage de la guilde des magiciens. Sa mission, il ne pouvait que l'accepter (sinon plus de t&#234;te) : convoyer jusqu'aux monts farouches un coffret myst&#233;rieux dans lequel se tiendrait un nouveau soleil pour la Cynandrie, ni plus, ni moins. On suivra donc les pas et fuites d'un barbare qui n'h&#233;sitera pas &#224; se frotter &#224; des Dragons patibulaires, des clowns, les ex&#233;cuteurs de la Mort-Qui-Tue, des vendeurs de Kebabs ainsi que le terrible Maistre Alarik (toute personne se permettant de faire r&#233;f&#233;rence &#224; un des tenants des &#233;ditions Eons sera saoul&#233;e en place publique), au pays de toutes les beuveries comme des incroyables quiproquos. Vous y d&#233;couvrirez enfin la triste fin du tonneau magique de P&#233;ronnik et la mani&#232;re dont ce dernier s'en consola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant la tradition des vieux feuilletons d'antan, Markus Leicht nous emm&#232;ne &#224; b&#226;tons rompus en un monde aussi absurde qu'hilarant, un monde qui, sous des d&#233;cors de fin de monde, nous raconte inlassablement une fin qui a des rat&#233;s et semble &#233;chouer m&#234;me dans sa petite mort. C'est pittoresque en diable, illustr&#233; merveilleusement par Daniel Capparelli, et &#231;a nous raconte ce que, dans le fond, nous sommes tous un peu quelque part. Quand roman feuilleton &#224; amorce rime avec th&#233;&#226;tre populaire sans perte ni fracas, cela nous donne cet ovni sorti tout droit d'un fou furieux qui s'&#233;tait dit que la fantasy manquait d'humour, et que Pratchett prenait trop de place avec son tonnelet de scotch. P&#233;ronnik est l&#224; avec son tonneau de bi&#232;re, et il va entonner avec ce dernier une bonne chanson bien gaillarde qui va longtemps nous faire roter..... de joie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire sans faim&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Round 2 ! Voil&#224; que Maistre Alarik s'en trouvant fort contrari&#233; d&#233;cida de mettre en mots sa r&#233;plique. Cela nous donne une courte nouvelle sous la main d'un pseudonyme qui cacherait un ancien &#233;narque qui en fait ne serait qu'un cow-boy &#233;chapp&#233; d'une faille dimensionnelle ouverte par un ind&#233;licat un soir de ripaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Figurez-vous donc que Markus (toute personne se permettant de faire allusion &#224; un auteur connu, Markus Leicht, sera passible d'un gavage &#224; l'a&#239;oli) est un homme tout ce qu'il y a de plus normal. Par une belle fin d'apr&#232;s-midi trop chaude, Markus se d&#233;cide &#224; quitter la boutique o&#249; il travaille, et l&#224;, les choses vont se g&#226;ter. Tout d'abord c'est un bar qui est mis en vente pour 80 euros, puis l'apocalypse. Derri&#232;re lui, un immense rouleau commence &#224; avaler rues, maisons, voitures, dans une joyeuse indiff&#233;rence. Vaillant mais pas t&#233;m&#233;raire, notre Markus enfourche un v&#233;lo parlant et se lance dans une chevauch&#233;e de l'impossible o&#249;, &#034; sa monture amovible &#034; aidant, il va faire usage de v&#233;lo-taxi pour toute une faune de personnages aussi c&#233;l&#232;bres que Jean de fat ou Bethov, soudain tomb&#233;s de r&#233;alit&#233;s parall&#232;les, ou quelques autres crois&#233;s en chemin, comme un loup d'acier blanc et une femme-lion en pleine copulation . Autant dire qu'il est dur d'&#234;tre un survivant dans un univers s'enroulant et se d&#233;roulant sur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Drame Scheckleyen entrecoup&#233; de farce &#224; la Brown ou de probl&#233;matiques sur le r&#233;el chez Dick, Alary s'assied avec sant&#233; sur un univers &#224; la John Varley qui d&#233;montre ni plus ni moins combien vivre est une &#233;ternelle fuite &#224; v&#233;lo vers nulle part. Autant bien s'amuser en chemin, m&#234;me si tout n'est pas de tout repos. Etonnante nouvelle de la part de cette unit&#233; virtuelle buveuse devant l'&#233;ternel. Cet Alary hilarant et pince-sans-rire a de l'avenir, surtout sur un v&#233;lo...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, peut-&#234;tre la meilleure surprise en fantasy depuis longtemps. Cela faisait longtemps qu'on attendait une cuv&#233;e aussi excellente, un auteur capable de produire dans un genre qui n'a rien &#224; envier au grand Terry Pratchett, un autre voguant sur les talents h&#233;rit&#233;s de Varley, Shekley, Dick et Brown . &lt;BR&gt;
F&#233;licitations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emmannuel Collot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;ronnik l'idiot, Markus Leicht / L'histoire sans faim, Paul Alary. Couverture &amp; illustrations int&#233;rieures par Daniel Capparelli, 139 pages, Eons-Fantasy, 9.40 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les Chroniques de Thomas Covenant 2</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article5049</link>
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		<dc:date>2006-10-15T09:04:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;10/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait un mois que Thomas, le l&#233;preux, maudit dans notre monde et demi-dieu dans un autre, se contente d'un quotidien dont il attend la fin dans une mort rapide, si possible sans douleur. Mais un coup de fil soudain de celle qu'il n'attendait plus, une chute, une t&#234;te qui cogne, et le voil&#224; transport&#233; par quelque &#233;trange sortil&#232;ge dans le Fief. Si un mois s'est pass&#233; dans la r&#233;alit&#233;, dans ce monde dont il nie l'existence, quarante ann&#233;es sont pass&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
La chute qu'il fit n'&#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait un mois que Thomas, le l&#233;preux, maudit dans notre monde et demi-dieu dans un autre, se contente d'un quotidien dont il attend la fin dans une mort rapide, si possible sans douleur. Mais un coup de fil soudain de celle qu'il n'attendait plus, une chute, une t&#234;te qui cogne, et le voil&#224; transport&#233; par quelque &#233;trange sortil&#232;ge dans le Fief. Si un mois s'est pass&#233; dans la r&#233;alit&#233;, dans ce monde dont il nie l'existence, quarante ann&#233;es sont pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute qu'il fit n'&#233;tait pas hasardeuse, on l'a appel&#233; du Fief afin qu'il revienne sauver un monde proche de la fin. Turpide dit Le Rogue, comme une vielle redite, est de retour &#224; la t&#234;te d'arm&#233;es puissantes. C'est &#224; pr&#233;sent El&#233;na, la fille de L&#233;na, qui gouverne le royaume du fief aupr&#232;s d'un personnage &#233;trange, Amok.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Thomas Covenant est le porteur de l'or blanc, El&#233;na le suppliera de les aider dans la qu&#234;te du septi&#232;me tabernacle. D&#233;mons, Griffons, Kresh et Ur-vil vont &#233;mailler ce second r&#233;cit de batailles &#233;piques et de confrontations terribles en un monde que son sauveur ne reconna&#238;t pas comme r&#233;el. Un autre personnage fera son apparition, Hile Troy, issu lui aussi de la terre. Comme Covenant, il est atteint d'un handicap majeur, irr&#233;parable : il est aveugle de naissance. Ce dernier ne sera pas comme Thomas Covenant. La chance de gagner un monde aussi plein de vie comme de prodiges, un monde o&#249; il voit la vie sous une lumi&#232;re diff&#233;rente, plus authentique, est comme une r&#233;demption pour lui. D'eux seuls va d&#233;pendre &#224; pr&#233;sent le sort d'un monde &#224; nouveau pouss&#233; &#224; la fin par des hordes du chaos toujours plus hostiles, cruelles et &#224; l'app&#233;tit de territoire sans borne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque volume du cycle de Thomas Covenant nous r&#233;v&#232;le non seulement des intrigues diff&#233;rentes, mais encore un autre niveau de lecture. En effet, le h&#233;ros chez Donaldson n'assume plus seulement son r&#244;le comme une besogne ressortant du pur manich&#233;isme primaire (bien contre mal), mais il met en doute le prodige dans lequel sa vie est entra&#238;n&#233;e, faisant acte rationnel, r&#233;flexion de philosophe perdu dans un autre Alice au pays des merveilles. Sauf que l&#224;, nous sommes dans un pays de magie d'o&#249; le mal n'est pas absent ou repr&#233;sent&#233; par des m&#233;taphores att&#233;nu&#233;es ou doucereuses comme chez Caroll, mais exhib&#233; de fa&#231;on brutale, sans concession. D'un monde &#224; l'autre, la mal&#233;diction ne change pas pour autant, Covenant &#233;tant un faux ing&#233;nu qui non seulement met en doute mais de plus renie le miracle dont il est l'acteur principal. Cela ne l'oblige pas, comme tout bon h&#233;ros Shakespearien, d'assumer sa fonction de h&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, l'irruption d'un personnage secondaire est l'occasion pour l'auteur de mettre brillamment en perspective un jeu de rapports o&#249; il est question de mettre en doute le r&#233;el (ou la perception qu'on en a) ainsi que sa valeur, sans jamais lasser les lecteurs, et ouvrant de belles r&#233;flexions sur le r&#233;el et l'imaginaire en un autre jeu o&#249; son H&#233;ros, quoi qu'il dise, est toujours dupe. Un des monuments du genre, un classique d'une incroyable profondeur, jetant des lumi&#232;res nouvelles sur la cr&#233;ation, la fonction du h&#233;ros, et son autonomie dans un cadre qui reste souvent assujetti &#224; des vertus et actions allou&#233;es par avance au genre de l'&#233;pop&#233;e fantastique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin, terrible et r&#233;aliste, nous renvoie dans notre r&#233;el qui n'est plus que l'arri&#232;re-monde des id&#233;aux d'un homme ayant &#233;ternellement &#233;chou&#233; &#224; &#234;tre le propre proph&#232;te de sa vie. Lutte perdue d'avance contre la fatalit&#233; des faits et &#233;v&#233;nements de son monde, d&#233;ni d'un autre qui le porte comme dieu. Au bout du compte, le seul d&#233;sir de Covenant est de retrouver les images et mots de l'amour d&#233;tach&#233;s de la contingence, et ainsi, inscrire, tel Proust, sa volont&#233; d'&#233;ternit&#233; sans futur ni devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Chroniques de Thomas Covenant, Tome 2-La retraite maudite, traduit de l'anglais (Am&#233;ricain) par Isabelle Troin, Maquette de couverture par Elodie Saracco, Illustration (silhouette du marcheur) par Sandrine Rabouan, 522 pages, Le Pr&#233;s Aux Clercs/Fantasy, 19.90 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le grand retour du Death Dealer</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article4773</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les fans am&#233;ricains se r&#233;jouissent et les Fran&#231;ais d&#233;sesp&#232;rent. En 1995, le milieu des comics aux states fut travers&#233; par une fulgurante s&#233;rie de fantasy en quatre volets, &#034; Death Dealer &#034;, avec un certain Glenn Danzig au sc&#233;nario. Les deux premiers num&#233;ros invit&#232;rent les talents de deux artistes de pointe, Simon Bisley et Arthur Suydam, les deux volets suivants connurent une belle continuit&#233; avec l'excellent Liam Sharp. Le succ&#232;s fut imm&#233;diat et la s&#233;rie b&#233;n&#233;ficia de plusieurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;Infos&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les fans am&#233;ricains se r&#233;jouissent et les Fran&#231;ais d&#233;sesp&#232;rent. En 1995, le milieu des comics aux states fut travers&#233; par une fulgurante s&#233;rie de fantasy en quatre volets, &#034; Death Dealer &#034;, avec un certain Glenn Danzig au sc&#233;nario. Les deux premiers num&#233;ros invit&#232;rent les talents de deux artistes de pointe, Simon Bisley et Arthur Suydam, les deux volets suivants connurent une belle continuit&#233; avec l'excellent Liam Sharp. Le succ&#232;s fut imm&#233;diat et la s&#233;rie b&#233;n&#233;ficia de plusieurs r&#233;impressions. Tout comme James Silke pour la s&#233;rie de romans du Death Dealer, la saga bd, directement inspir&#233;e des couvertures de Frazetta, pr&#233;senta des couleurs sublimes mettant en sc&#232;ne un monde, un enfer perp&#233;tuel, dans lequel s'&#233;battait un barbare tomb&#233; sous la f&#233;rule d'un casque maudit qui lui conf&#233;rait l'immortalit&#233; et une force surhumaine. Le sc&#233;nario, assez bien l&#233;ch&#233; bien que simpliste, revenait aux ramures d'une fantasy plus violente et plus primitive qui rappela &#224; beaucoup de lecteurs les d&#233;lices des s&#233;ries Conan de jadis. Cette belle entreprise permit de lancer un nouvel &#233;diteur de comics, &#034; Verotik &#034;, nettement plus sombre, violent et sexuel, voir satanique dans sa tendance artistique, et ce fut probablement l'entreprise la plus louable du comics depuis l'&#233;chapp&#233;e belle de la firme de Mac Farlane, &#034; Image &#034;, comme quoi, il n'y a qu'aux Etats-Unis que les individualit&#233;s ambitieuses sont r&#233;compens&#233;es et soutenues. En France, comme de coutume, nous n'e&#251;mes pas la chance d'une version fran&#231;aise, et cela fait longtemps que les lecteurs de comics ne jurent plus que par la vo. Il r&#233;sulta de cette exp&#233;rience unique l'un des meilleurs opus de la fin des ann&#233;es 90, &#233;poque o&#249; se voyait enfin poindre une fantasy plus intelligente dans ses modes op&#233;ratoires et plus directe dans son expression. Dans un milieu o&#249; les Mangas ont depuis longtemps d&#233;pass&#233; le reste de la bd en violence et en sexualit&#233; d&#233;brid&#233;e, ce fut une chose assez surprenante que de voir certaines mauvaises langues r&#233;pudier cette nouvelle franchise plus adulte comme non conforme &#224; la Fantasy traditionnelle guimauve. Avec le cycle du Death Dealer, nous sommes bien loin des bd tolkiniennes o&#249; on voit s'&#233;battre des gentils elfes blancs ou des m&#233;chants elfes noirs dont on nous a sevr&#233; durant des ann&#233;es. Nous sommes dans un monde barbare touch&#233; par l'entropie, un monde &#233;voquant &#224; la fois l'enfer de Dante que les terres barbares chant&#233;es jadis par Howard. Ce personnage, inspir&#233; des mythes de Nemrod et Saint-just, avait su alors nous rafra&#238;chir quelque peu les neurones. Or, voil&#224; qu'il y a peu, la nouvelle s'est r&#233;pandue qu'un retour du personnage dans une nouvelle s&#233;rie de comics serait imminente. Aux commandes, une toute nouvelle &#233;quipe. Le grand Glenn Danzing passe le relais &#224; Joshua Ortega pour le sc&#233;nario et Nat Jones ainsi que Jay Foto au dessin. &lt;BR&gt;L'enthousiasme et l'imagination folle du premier, alli&#233;s &#224; la pr&#233;cision photographique et la beaut&#233; statuaire des traits de Jones et Fotos pr&#233;ludent &#224; un nouveau morceau d'anthologie dans l'univers des comics. Logiquement, nous devrions donc retrouver notre bon vieux furieux portant casque &#224; corne &#224; la fin de l'ann&#233;e 2007...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entre deux rives</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



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&lt;p&gt;Kate est une femme brillante, docteur et c&#233;libataire de son &#233;tat, qui a l'impression d'avoir rat&#233; sa vie. Alex est un jeune architecte frustr&#233; qui vient d'emm&#233;nager dans une maison &#233;trange, une maison perch&#233;e sur le bord d'un lac, ouverte &#224; tous les regards par de nombreuses baies vitr&#233;es. C'est son p&#232;re qui l'a fait construire jadis pour sa propre femme, un p&#232;re avec lequel Alex a toujours entretenu des relations conflictuelles. Devant cette maison est plant&#233;e une vieille bo&#238;te aux lettres. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Kate est une femme brillante, docteur et c&#233;libataire de son &#233;tat, qui a l'impression d'avoir rat&#233; sa vie. Alex est un jeune architecte frustr&#233; qui vient d'emm&#233;nager dans une maison &#233;trange, une maison perch&#233;e sur le bord d'un lac, ouverte &#224; tous les regards par de nombreuses baies vitr&#233;es. C'est son p&#232;re qui l'a fait construire jadis pour sa propre femme, un p&#232;re avec lequel Alex a toujours entretenu des relations conflictuelles. Devant cette maison est plant&#233;e une vieille bo&#238;te aux lettres. Un jour, Alex se permet de faire parvenir &#224; l'ancienne propri&#233;taire du courrier (une carte de voeux dat&#233;e de d&#233;cembre 1999, alors que nous sommes en 1997) malencontreusement abandonn&#233; dans cette bo&#238;te aux lettres, si anodine en apparence. Le probl&#232;me est que la maison vient d'&#234;tre construite et qu'elle n'a pas connu avant d'autre propri&#233;taire. Quelle ne va pas &#234;tre la surprise de ces deux &#226;mes en peine quand, de fa&#231;on &#233;pistolaire au d&#233;part, ils vont se mettre &#224; entretenir une correspondance des plus curieuse qui d&#233;bouchera sur un amour platonique autant qu'impossible. Ainsi, chacun &#233;crira des lettres qu'il postera dans la dite bo&#238;te aux lettres, cette derni&#232;re semblant entretenir quelque curieux lien temporel entre ces deux &#226;mes solitaires. C'est que Kate et Alex vivent dans des espaces-temps diff&#233;rents, et deux ans les s&#233;parent, bien qu'ils correspondent r&#233;guli&#232;rement, presque instantan&#233;ment, via cette bo&#238;te aux lettres magique. Au fil d'un &#233;change ponctu&#233; d'annonces de l'un &#224; l'autre, sur des signes et lieux qu'ils se signalent chacun, va s'&#233;tablir un dialogue qui va vite devenir une id&#233;e fixe, celle de se retrouver ensemble, enfin, briser le temps qui les s&#233;pare, ce d&#233;calage insurmontable, et enfin se rencontrer, avec tous les risques que cela peut entra&#238;ner...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remake non avou&#233; du film de Hyun-Seung, ce film, dont le titre original, &#034; Lake House &#034;, a &#233;t&#233; remplac&#233; pour un autre quelque peu &#034; m&#233;taphysique &#034;, se montre d'une incroyable sensibilit&#233; dans les th&#232;mes qu'il aborde et dans sa conclusion pour le moins inattendue. Vilipend&#233; par certaines critiques peut &#234;tre un peu trop h&#226;tives, &#034; Entre deux rives &#034; fait partie de ces films rares du cin&#233;ma qui savent ouvrir une porte discr&#232;te sur ce qu'on nomme &#034; les grands dehors &#034;, ces enclaves romanesques comme seul le cin&#233;ma sait encore nous les rendre si intimes, au grand dam des religions. Le fantastique a cette vertu particuli&#232;re qui est de ne pas forc&#233;ment offrir d'explications &#224; l'intrigue de d&#233;part. Sauver un homme malgr&#233; le jeu du temps et sa redoutable fatalit&#233; est un exploit assez rare dans un film fantastique. Au lieu de maugr&#233;er sur le manque d'action dans un film dont ce n'&#233;tait pas la fonction et qui n'avait pas besoin de &#231;a pour toucher &#224; l'essentiel, il aurait mieux valut faire un retour en arri&#232;re et le rattacher &#224; un courant rare du fantastique romantique qui depuis l'inoubliable &#034; Fant&#244;me de Mme Muir &#034;, sait &#224; merveille toucher ceux qui ont gard&#233; une &#226;me d'amoureux inconsolable. C'est &#224; des films comme &#034; un &#233;t&#233; 42 &#034;, &#034; Quelque part dans le temps &#034;, ou encore &#034; Au-del&#224; de nos r&#234;ves &#034; que ce film fait r&#233;f&#233;rence. Lutte contre le temps, refus de la fatalit&#233;, assumer le temps, acceptation de nos destins si peu choisis, &#034; Entre deux rives &#034;, parvient miraculeusement &#224; jongler entre ces deux instances, pour ne pas dire ces deux rives, justifiant par l&#224; &#224; merveille son nouveau titre fort bien recherch&#233;. Ne pas se tromper donc, nous ne sommes pas venu rechercher un clone de &#034; Retour vers le futur &#034;, mais bien une ouverture sur tous les possibles dont seul le cin&#233;ma est encore capable, et qui, au moins pendant deux heures, nous offre le droit de nous mentir un peu, d&#233;licieusement. La fin est encore plus surprenante. L&#224; o&#249; on s'attendait &#224; une triste fatalit&#233;, celle de la mort, nous avons deux individus qui enfin se retrouvent devant cette bo&#238;te de Pandore, cette bo&#238;te aux lettres qui finalement joue le r&#244;le centralisateur dans ce magnifique moment de cin&#233;ma. &lt;BR&gt;Qu'importe, que ce soit 2 ans ou 20 ans qui s&#233;parent ces deux &#226;mes en peine, ce film nous montre une porte de sortie, une issue, et c'est tout ce que nous demandons durant ces deux heures de cin&#233;ma. Ne seront d&#233;&#231;us que les &#034; intello &#034; endimanch&#233;s, fans de l'Aur&#233;lien d'Aragon (mais qui ne l'auront peut-&#234;tre pas bien lus) , et les quelques amateurs de sensations fortes qui n'auront pas compris ce film hors du temps, qui tout en jouant avec de brillantes th&#233;matiques comme celles du temps et des amours impossibles ou contrari&#233;s, nous aura permis d'&#233;tablir ce pont du probable entre nos &#233;checs et nos victoires, nos espoirs et notre d&#233;finitive d&#233;sesp&#233;rance. En attendant enfin une adaptation du c&#233;l&#232;bre roman de Finney, &#034; Le voyage de Simon Morlay &#034;, cette touchante et sinc&#232;re fable est &#224; mettre entre toutes les mains de ceux qui n'ont pas oubli&#233; qu'ils avaient aim&#233;, malgr&#233; les salauds, les voleurs d'amour, les voleurs de r&#234;ves, les tueurs d'amours, malgr&#233; ceux qui exploitent la mis&#232;re et la d&#233;sesp&#233;rance, ceux qui vous demande ce que vous valez ou si vous claquez bien des mains pour simplement m&#233;riter un bol de soupe. Malgr&#233; les clich&#233;s (les deux protagonistes sont riches et ont bien r&#233;ussi leurs vies) , cette histoire est pour tous ceux qui n'auront pas oubli&#233; que lorsqu'un amour est sinc&#232;re il reste intact sur le bord d'une rive, peu importe ce que les mains des gueux auront investit pour vous en s&#233;parer en vous faisant comprendre que &#034; c'est la vie &#034; ou que &#034; c'est &#224; eux &#034;.&lt;BR&gt; Sandra Bullock et Keanu Reeves montrent un visage diff&#233;rent dans cette histoire, justes et entiers dans leurs r&#244;les respectifs, entre d&#233;sespoir et foi, foi en ce pouvoir d'aimer malgr&#233; le temps qui les s&#233;pare. Les dialogues, comme ce moment d'une rencontre &#034; d&#233;cal&#233;e &#034;, o&#249; des sc&#232;nes surr&#233;alistes de monologues solitaires, des plans o&#249; la juxtaposition des mondes de chacun, symbolisent en r&#233;alit&#233; leur fusion, viennent &#224; point pour nous montrer deux choses, notre irr&#233;m&#233;diable solitude mais aussi les dialogues qui parfois s'engagent sans que les mots ne traversent l'espace. Se parler par-del&#224; le temps, &#233;tablir un dialogue sans espoir de r&#233;ponse mais conduit uniquement par son coeur, voil&#224; encore une belle perspective que met &#224; l'oeuvre ce film, peut-&#234;tre l'un des plus beaux de l'ann&#233;e 2006. &#034; Entre deux rives &#034; fut bien peu remarqu&#233; par des critiques souvent plus amateurs de sensationnalisme que d'histoires qui, l'espace de deux heures, permettent une &#233;chapp&#233;e au mis&#233;rabilisme de nos vies &#233;go&#239;stes, et aux monstres qui assassinent nos r&#234;ves sous les pr&#233;textes de guerre, lutte pour la vie, partage, responsabilit&#233;, devoir, abstinence ou quelque autre folie dans l'air du temps...&lt;BR&gt;
Enfin, par sont titre m&#234;me, ce film peut &#234;tre vu comme une m&#233;taphore de nos existence mais aussi &#224; une plus large &#233;chelle, celle de nos soci&#233;t&#233;s, toujours entre l'enfer et ce paradis des possibles. Cet espace c'est un souffle, un regard, qui rendent un &#233;change possible entre deux &#234;tres qui se cherchaient depuis le commencement du monde. Du moins est-ce l&#224; la derni&#232;re illusion que nous gardons tous encore cach&#233;e quelque part, cette derni&#232;re croyance qu'on tente de sauver des totalitarismes religieux, &#233;conomiques et sociaux, ou tout simplement de l'absence de sens dans nos vie...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Mal&#233;fices du temps</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article4111</link>
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		<dc:date>2006-03-28T09:42:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;10/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Si un jour le grand Cocteau dit &#224; propos de Lovecraft qu'il gagnait &#224; &#234;tre lu, le critique qui serait en charge de lire les nouvelles de Michel Rozenberg pourrait &#234;tre fort tent&#233; d'affirmer la m&#234;me chose. Dans notre soci&#233;t&#233; qui s'est depuis longtemps convertie &#224; la culture de masse, la remarque aura &#233;galement peu de port&#233;e. Lovecraft &#233;tant mort dans la mis&#232;re, on s'&#233;tonne de temps en temps de d&#233;couvrir de ces auteurs qui savent trancher sur le vif et nous parler un peu d'autre chose (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un jour le grand Cocteau dit &#224; propos de Lovecraft qu'il gagnait &#224; &#234;tre lu, le critique qui serait en charge de lire les nouvelles de Michel Rozenberg pourrait &#234;tre fort tent&#233; d'affirmer la m&#234;me chose. Dans notre soci&#233;t&#233; qui s'est depuis longtemps convertie &#224; la culture de masse, la remarque aura &#233;galement peu de port&#233;e. Lovecraft &#233;tant mort dans la mis&#232;re, on s'&#233;tonne de temps en temps de d&#233;couvrir de ces auteurs qui savent trancher sur le vif et nous parler un peu d'autre chose que ce que le consensuel nous ass&#232;ne r&#233;guli&#232;rement en policiers et autres livres qui s'ajoutent aux autres livres comme des produits. Non, la lecture de Rozenberg s'affirme comme une cure de jouvence, mieux un retour renouvel&#233; aux grandes plumes de jadis. En attendant la r&#233;&#233;dition tr&#232;s attendue de son premier recueil, &#034; Alt&#233;rations &#034;, les &#233;ditions Nuit d'Avril ont eu la tr&#232;s bonne id&#233;e de nous faire l'honneur de son nouveau recueil, &#034; Les mal&#233;fices du temps &#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Six nouvelles composent ce recueil, six regards hallucinatoires sur nos grandes profondeurs qu'il &#233;tait fort judicieux de lire dans le d&#233;tail afin de savoir si cet auteur pouvait supporter une comparaison avec le grand Jean Ray.&lt;BR&gt;
&#034; Les mal&#233;fices du temps &#034;, la nouvelle titre, reprend un grand classique du fantastique, le sortil&#232;ge. Une femme, la quarantaine, titill&#233;e par une publicit&#233; mensong&#232;re que distribue un clown dans une galerie marchande, p&#233;n&#232;tre un midi dans une vieille brocante, &#034; La brocante interdite &#034;. L&#224;, elle tombera sur un homme &#224; l'&#226;ge ind&#233;finissable mais dont l'aspect porte &#224; croire qu'il est d&#233;vor&#233; par une maladie d&#233;g&#233;n&#233;rative. Attir&#233;e par un livre &#224; la couverture rouge mais &#224; la lecture interdite aux profanes et r&#233;serv&#233;es aux &#034; initi&#233;s &#034;, elle sortira finalement du magasin avec le fameux cadeau promis par le prospectus, une bo&#238;te au couvercle en plastique. Intrigu&#233;e, elle ouvrira la bo&#238;te sans se douter un seul instant qu'elle va mettre les pieds dans une redoutable m&#233;canique. Tout au long de sa nouvelle, l'auteur jongle entre deux r&#233;cits parall&#232;les, celui de la femme, Dominique, ainsi que celui de Michel Van Pee, l'ami d'Universit&#233; du mari de cette derni&#232;re. En un jeu de confessions qui racontent la lente transformation de sa femme, son mari fera un sort particulier &#224; celui que le hasard dressera sur la route de leur malheur et ainsi, passer la main en quelque sorte. Si on cite souvent Jean Ray &#224; propos de Rozenberg, dans cette nouvelle, c'est le fant&#244;me du grand Monthague Rhodes James qui se profile. Lente, insidieuse, la nouvelle fini par prendre une allure de redoutable r&#233;cit lovecraftien autre &#233;pigone qui se devine dans cette histoire &#034; ensorcelante &#034; de perte et de r&#233;demption. Faut-il y voir &#233;galement une m&#233;taphore sur les rapports humains dans notre v&#233;cu quotidien ? C'est un parall&#233;lisme possible quand on suit cette prose forte, m&#233;ticuleuse, se d&#233;roulant selon un v&#233;ritable cheminement Hitchcokien.&lt;BR&gt; &#034; Le Temps d'aimer &#034; use d'un autre th&#232;me classique du genre, celui de la mort tout simplement. Mais l&#224; o&#249; Michel Rozenberg innove c'est dans le changement de perspective. Jeanne est un femme qui, arriv&#233;e dans la maison de vacance o&#249; jadis elle se retrouvait avec son mari, se met &#224; faire des cauchemars. Le r&#233;cit, suscite d'autant plus le malaise qu'il juxtapose les r&#234;ves, les encha&#238;nant selon une proc&#233;dure irr&#233;versible de chevauchements qui brouille tous les rep&#232;res spatio-temporels. Jeanne r&#234;ve, et &#224; chaque fois, se retrouve dans une maison o&#249; elle entend des pas, ceux de son d&#233;funt mari, qui, encapuchonn&#233; comme un moine &#224; la mani&#232;re des romans gothiques, l'invite &#224; le suivre, dans un tombeau. Quelque soient les lieux dont elle r&#234;ve, Jeanne se retrouvera toujours soumise &#224; la m&#234;me et irr&#233;sistible fatalit&#233;, suivre son mari dans la tombe. Rares sont les nouvelles &#224; savoir distiller un sentiment de claustrophobie telle que par un processus d'identification, le lecteur ne pourra que se sentir chuter en ses propres ab&#238;mes tout simplement. Car sous le pr&#233;texte du th&#232;me de la mort et sa hantise, l'auteur nous met finalement en face d'une seule &#233;vidence, celle de se voir mort, sous la terre, sous la vie, et dire encore &#034; je suis vivant &#034;. Un texte remarquable, &#226;pre et qui laissera longtemps au lecteur un sentiment de malaise absolu.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; A rebrousse temps &#034; est quand &#224; lui encore plus redoutable, puisqu'il remet au go&#251;t du jour la th&#233;matique de la hantise, et notamment celle que peut engendrer l'infanticide, &#224; moins que ce ne soit encore plus pervers. En effet, la nouvelle pourra &#233;galement &#234;tre lue comme un lent r&#233;cit de conversion au meurtre, par un r&#233;cit &#034; &#224; rebours &#034;. L'auteur fait comme dans la nouvelle pr&#233;c&#233;dente, il bouleverse les perspectives. Ainsi, de simple enqu&#234;teur, le personnage principal va peu &#224; peu voir les bornes de la r&#233;alit&#233; se brouiller pour mettre &#224; jour par le jeu de la hantise sa propre v&#233;rit&#233;, celle qui se cachait dans ses profondeurs. En jouant avec les perspectives, l'auteur nous montre combien l'&#226;me humaine est productrice de ses propres pi&#232;ges, tares et enfermements, mais aussi de ces banlieues infernales ou c'est sa propre alt&#233;rit&#233; qui la r&#233;v&#233;lera &#224; elle m&#234;me, et en m&#234;me temps au r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le &#034; Deviens ce que tu es &#034; se r&#233;alise par le r&#233;cit des cheminements qui de la folie au meurtre invite &#224; nous interroger encore une fois sur la fronti&#232;re t&#233;nue existant entre la parole, le r&#233;cit et l'acte, v&#233;ritable trilogie magique avec laquelle l'auteur joue &#224; merveille.&lt;BR&gt;
&#034; Les Spectres du temps &#034; reprend une th&#233;matique extr&#234;mement difficile &#224; mettre en sc&#232;ne, celle de la culpabilit&#233;. Le lieutenant Sanders, sur le point de prendre des vacances, est somm&#233; d'enqu&#234;ter sur l'&#233;trange mort d'un homme &#226;g&#233;, Marc Lef&#232;vre, un grand solitaire comme nos villes en comptent beaucoup. Celui ci a &#233;t&#233; retrouv&#233; un jour la gorge et les poignets tranch&#233;s par un couteau. A ses c&#244;t&#233;s, se trouve un appareil enregistreur ainsi que quelques cassettes en guise de testament ou plut&#244;t, dans ce cas, de t&#233;moignage. Peu &#224; peu, au gr&#232;s des confessions de ce vieux solitaire tourment&#233; par des lettres de menaces dont l'&#233;criture ressemble &#233;trangement &#224; la sienne, l'enqu&#234;teur parviendra &#224; rentrer dans la propre psych&#233; d'un homme qui ne cesse de r&#233;p&#233;ter ses manques et ses erreurs pass&#233;es, avec au bout l'acte final et radicale. La fin est comme un choix d&#233;finitif, un homme, sa femme et ses enfants. Peut-&#234;tre une solution provisoire face &#224; la terrible conclusion de cette nouvelle. Par del&#224; la culpabilit&#233;, ce r&#233;cit nous parle de &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; nos solitudes &#034; et leurs cohortes de d&#233;mons.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;futant le classique exercice d&#233;monstratif &#224; la mani&#232;re du religieux, Michel nous montre tout ce qu'une nouvelle fantastique peut g&#233;n&#233;rer comme processus de mise en questionnement de l'homme, sa pysch&#233;, le r&#233;el et le monde. Car, sous l'excuse de la le&#231;on cruelle et sans concession pour &#034; l'&#233;chapp&#233;e &#034;, le r&#233;cit fantastique g&#233;n&#232;re bien des processus curatifs et lib&#233;rateurs. De fait, la plume de Michel le d&#233;montre indirectement, la fonction d'un r&#233;cit fantastique peut &#233;galement &#234;tre de crever l'abc&#232;s, d&#233;passer le moralisme brut pour permettre de mettre en relief l'homme et le monde, l'homme et la vie. Et par la mise &#224; jour de nos tares et cette puante culpabilit&#233;, peut-&#234;tre nous permettre de nous en annexer, du moins essayer...&lt;BR&gt;
&#034; Le Temps fissur&#233; &#034; est &#224; la fois la nouvelle qui pourra se juger comme la plus dure et en m&#234;me temps la plus sinc&#232;re du recueil. L'histoire nous raconte les tentatives que fait un &#233;crivain pour engendrer de la nouvelle polici&#232;re parfaite. Ouvrant sur son personnage, Gerard Bergh, le r&#233;cit entrecroise les questionnements d'un &#233;crivain sur sa capacit&#233; &#224; se r&#233;aliser, ses doutes, ses rapports avec ses amis du lyc&#233;e par le truchement de ses personnages dont il ne cesse de conter et d'expliquer la chute. Son personnage, Gerard Bergh nous montre une chose, c'est que quand on est engag&#233; dans le chemin du meurtre, il est toujours difficile de s'abstenir de sa fonction, et c'est bien m&#234;me le hasard qui le condamnera &#224; r&#233;p&#233;ter inlassablement l'acte, la violation du &#034; Tu ne tueras point &#034;. Par un constant aller retour entre les personnages de fiction, l'&#233;crivain et ses propres errements, Michel Rozenberg met en question de multiples th&#232;mes, comme celui du meurtre, du pouvoir de l'&#233;criture, du rapport entre fiction et r&#233;alit&#233;, pour finir par le truchement du fantastique dur, par nous signifier combien les fronti&#232;res d&#233;limitant le r&#233;el du fictif peuvent &#234;tre minces quand il s'agit des jeux d'identit&#233;. Passer derri&#232;re ses fictions a quelque chose de d&#233;finitif dans le fantastique, un pouvoir dont semble user la soci&#233;t&#233; de consommation. Ce qui expliquerait la situation actuelle des m&#233;dias incapables de poser les r&#232;gles entre normes et valeurs et de confondre identit&#233; et groupe et leurs in&#233;vitables cons&#233;quences. Ce qui n'enl&#232;ve pourtant rien &#224; leur vocation d'informer et de distraire, bien au contraire. Autant de stup&#233;fiantes r&#233;flexions auxquelles peut amener la lecture d'une telle nouvelle. On cite Jean Ray pour Rozenberg, il serait peut-&#234;tre &#233;galement non n&#233;gligeable d'&#233;voquer Lucius Shepard, pour ce fantastique qui par d'infimes d&#233;tails nous entra&#238;ne dans des mondes clos qui portent &#224; la fois la marque de nos solitudes individuelles mais aussi celles de nos soci&#233;t&#233;s, deux enfers &#034; psycho actifs &#034; se renvoyant &#233;ternellement leurs m&#234;mes productions d'in&#233;galit&#233;s, de diff&#233;rences, d'injures, de racisme, ou tout simplement des regards et des jugements qu'on porte sur les autres et sur soi-m&#234;me, comme si la brisure restait d&#233;finitive, comme si le confinement mill&#233;naire qu'est le notre dans le gr&#233;gaire et le tribalisme de nos soci&#233;t&#233;s resterait ind&#233;passable. Car qu'est ce qui se dessine &#233;galement dans cette nouvelle si ce n'est une amiti&#233; rat&#233;e, au travers du fictif que l'auteur parvient &#224; mettre remarquablement en ab&#238;me mais que le lecteur pourra d&#233;crypter ? L'amiti&#233;, c'est une parole mais &#233;galement un regard. Et dans nos soci&#233;t&#233;s de l'apparence, il arrive souvent que le regard des autres devance le notre propre et ainsi participe indirectement &#224; un &#233;chec. Ainsi, en lisant le r&#233;cit de fiction que raconte un &#233;crivain, nous lisons &#233;galement sa propre histoire. Il n'y a pas de v&#233;ritable fronti&#232;re, tout est porosit&#233;, et en devenant ce qu'il raconte, le personnage de l'&#233;crivain nous montre les grands possibles que comporte l'acte d'&#233;crire tout comme l'&#233;chec, d&#233;finitif. Ce qui justifie d'autant plus l'acte ultime et sublime qui est celui d'&#233;crire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire d'autre sur Michel Rozenberg sinon qu'il est en train de devenir une r&#233;f&#233;rence du genre fantastique en France...&lt;BR&gt; Mais il serait &#233;galement juste d'affirmer que les &#233;ditions Nuit D'Avril comportent &#233;galement les futurs grands prosateurs du genre fantastique moderne Fran&#231;ais, &#233;mergeants parce que trop ignor&#233;s par les m&#233;dias, et c'est tr&#232;s regrettable...&lt;BR&gt;
Ce sont des auteurs comme ceux l&#224; dont on devrait parler un peu plus dans les m&#233;dias, par leur capacit&#233; &#224; soulever des si&#232;cles d'interrogations par le subversif du fantastique, mais &#233;galement par cette langue radicale et d&#233;finitive qui, tout en nous &#244;tant les bornes de notre r&#233;el et de nos certitudes les plus fond&#233;es, nous aide simplement &#224; nous ouvrir &#224; ce qui nous fait &#234;tre ce que nous sommes dans nos comportement et nos jugements : d'incroyables &#233;checs de la vie et en m&#234;me temps de superbes m&#233;caniques c&#233;lestes. Serions nous les seuls Dieux de cet univers ou sommes nous &#233;galement &#034; agis &#034; ? Les m&#233;caniques du conte sont l&#224; depuis toujours pour nous montrer que la r&#233;ponse reste double...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Rozenberg est en train de devenir l'un des 7 piliers du r&#233;cit fantastique europ&#233;en, et les &#233;ditions Nuit d'Avril en comptent plus d'un dans leurs rangs fertiles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mal&#233;fices du temps, Michel Rozenberg, Editions Nuit d'Avril, 174 pages, 14.50 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avis de C&#233;cilia :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Rosenberg est le laur&#233;at 2004 du prix du fantastique de Robert Duterne pour son premier roman &lt;i&gt;Alt&#233;rations&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Site officiel de l'auteur &lt;a href=&#034;http://www.michelrozenberg.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.michelrozenberg.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Rosenberg est d&#233;sign&#233; comme le successeur de Jean Ray.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'elle se balade tranquillement, Dominique re&#231;oit une invitation &#224; se rendre dans un nouveau magasin d'antiquit&#233;s. &#192; son entr&#233;e dans la boutique poussi&#233;reuse, elle d&#233;couvre un livre poussi&#233;reux qui l'attire irr&#233;sistiblement. Elle l'ouvre malgr&#233; l'avertissement : &#171; &lt;i&gt;Lecture dangereuse pour les profanes&lt;/i&gt; &#187;. C'est le premier de cinq r&#233;cits que regroupe le livre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits se d&#233;roulent dans une atmosph&#232;re glac&#233;e, trouble et obsc&#232;ne. Ils ont l'irr&#233;alit&#233; de contes de f&#233;es qui auraient sombr&#233; du c&#244;t&#233; obscur de la force. L'&#233;criture est belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur : Michel Rozenberg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;diteur : Nuit D'avril&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date de parution : f&#233;vrier 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Format : 16 cm x 24 cm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ISBN : 2350720195&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prix : 14,50 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cilia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Empire des &#233;toiles 1 &amp; 2</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article3906</link>
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		<dc:date>2006-02-22T11:39:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



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&lt;p&gt;10/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, Alexis s'est demand&#233; si la possibilit&#233; d'engendrer un grand Space-Opera, que dis-je, une saga romanesque de Science-fantasy, &#233;tait chose possible dans la langue de Moli&#232;re ? H&#233;sitant quand &#224; la possibilit&#233; de susciter un r&#233;el engouement, il se mit &#224; faire un r&#234;ve. Dans ce r&#234;ve, il rencontra la blonde sf et la rousse fantasy. Toutes deux lui offrirent le miracle d'un baiser dans lequel se cachait un secret. Ce secret &#233;tait que pour donner un r&#233;el &#233;lan &#224; une saga de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;A - F&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, Alexis s'est demand&#233; si la possibilit&#233; d'engendrer un grand Space-Opera, que dis-je, une saga romanesque de Science-fantasy, &#233;tait chose possible dans la langue de Moli&#232;re ? H&#233;sitant quand &#224; la possibilit&#233; de susciter un r&#233;el engouement, il se mit &#224; faire un r&#234;ve. Dans ce r&#234;ve, il rencontra la blonde sf et la rousse fantasy. Toutes deux lui offrirent le miracle d'un baiser dans lequel se cachait un secret. Ce secret &#233;tait que pour donner un r&#233;el &#233;lan &#224; une saga de Science-fantasy m&#226;tin&#233;e de Space-Opera il fallait les hauteurs blondes d'une science-fiction aristocratique et les vertes demeures d'une terrestre comme la magique et populaire rousse. De ce secret naquit une histoire. Certes, au d&#233;part ce fut chose p&#233;nible. Alexis &#233;tait habit&#233; de la m&#234;me peur que ses contemporains. La sf se devait d'&#234;tre s&#233;rieuse, compartiment&#233;e, scientiste si possible, alors que la fantasy &#233;tait plut&#244;t vue comme une diseuse de bonne aventure. Sit&#244;t &#233;cout&#233;es les bondieuseries racont&#233;es, le lecteur avait t&#244;t fait de les oublier pour passer &#224; autre chose. Or, Alexis avait subit une &#233;trange transformation, les baisers de ces deux d&#233;esses des mots n'y &#233;tant pas pour rien. Et c'est ainsi que germa en lui l'id&#233;e d'un empire, de plan&#232;tes, de couleurs, d'odeurs, de sons, de noms emprunt&#233;s &#224; diverses cultures et &#233;poques humaines, des langues primitives, des codes, des rites guerriers. Le tout forma un &#233;trange &#034; fix-up &#034; dont Alexis ne sut s'il &#233;tait bien n&#233;cessaire d'en faire un r&#233;cit. Alors, tel Edgar Rice Burroughs lorsqu'il perdait son temps dans un atelier &#224; caresser de ses yeux de r&#234;veur le ciel au travers de sa fen&#234;tre, Alexis fit de m&#234;me, il regarda &#224; la fen&#234;tre de sa librairie o&#249; quelque fois il lui avait sembl&#233; croiser le regard de quelques &#234;tres &#233;tranges v&#234;tus comme des tribuns romains mais arborant des pisto-lasers ou parlant d'autres langues inconnues des hommes. Et c'est l&#224; que lui vint l'id&#233;e de la chiquenaude, cette pile qui fait la liaison entre les choses. Alexis se dit qu'il allait raconter son roman comme se raconte une histoire des Etats-unis, comme une immense fresque qui s'&#233;tendrait toujours plus loin dans ses fronti&#232;res. Alexis allait faire son propre &#034; Autant en emporte le vent &#034; ou son &#034; Nord et Sud &#034;, mais &#224; sa mani&#232;re.&lt;BR&gt;
Et c'est ainsi que devait na&#238;tre un ovni, une insulte m&#234;me pour le bon r&#233;cit de sf fran&#231;ais, ce r&#233;cit qui pour recevoir l'approbation de ses pairs, devait satisfaire &#224; une tradition. Qu'en est il donc, &#224; pr&#233;sent qu'Alexis va enfin se voir publier d&#232;s le 23 f&#233;vrier ? Imposture ? Plagiat &#233;hont&#233; ? Echec romanesque parce que calqu&#233; sur les sch&#233;mas narratifs trop &#233;loign&#233;s du mod&#232;le fran&#231;ais ?&lt;BR&gt;
Pourrions nous postuler pour un chef d'oeuvre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes oui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Explication&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite histoire d'un empire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un empire lointain, regroupant des centaines de mondes diff&#233;rents, r&#232;gne l'empereur Gabriel X. Nous sommes en une &#232;re o&#249; les technologies &#233;pousent &#233;trangement un certain archa&#239;sme, du moins au regard des mondes que la sf a l'habitude de nous faire d&#233;couvrir. Cette atrophie des sciences et techniques a &#233;t&#233; volontairement voulue par un c&#233;nacle dominant les mondes en un r&#233;gime quasi f&#233;odal. Il demeure ainsi, &#233;ternel, et ne souffre pas de concurrence ou de coups d'Etat. Or, le prince Arkan, qui nourrit des ambitions aussi nouvelles que subversives, fomente de renverser le pouvoir et ainsi asseoir un r&#232;gne d'un genre nouveau. Un jeune baron issu du monde d'Outremer se voit &#233;lu pour se marier &#224; la fille de l'Empereur. Le prince Arkan veut agir vite, spolier l'empire de tous ses pouvoirs pass&#233;s, enrayer la m&#233;canique du monde connu qu'il croit injuste afin de rendre son nouveau monde possible. D&#232;s lors, des personnages s'&#233;l&#232;veront dans un gigantesque jeu d'&#233;chec o&#249; ne sera pas seulement mis en jeu un pouvoir mais le devenir de milliers de mondes. Le baron Herizo N'goya, le contrebandier Florentin, le duchesse Lakme Akour, Esteban de Mandragore, toute une s&#233;rie de personnages hauts en couleurs, vont se dresser face &#224; ce chaos &#224; venir, entre deux visions du pouvoir, et tenter de d&#233;faire les mannes d'un r&#233;seau complexe qui ne pourra qu'annihiler un univers entier reposant sur un ordre mill&#233;naire. De monde en monde, ces h&#233;ros entameront une qu&#234;te pleine de bruits et de fureur, nous embarquant pour des plan&#232;tes o&#249; les splendeurs picturales d'un Burroughs c&#244;toient de sombres complots et des combats spatiaux qui n'ont rien &#224; envier aux combats navals de jadis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le second volume, un feu a &#233;t&#233; malheureusement allum&#233;, et personne n'a pu stopper la redoutable machinerie du conflit. Les familles se sont d&#233;clar&#233;es la guerre. Profitant de la faiblesse de l'empire, la garde des r&#233;gents fait oeuvre de plus en plus d'audace pour p&#233;n&#233;trer le pouvoir et sauver &#224; n'importe quel prix l'h&#233;g&#233;monie Imp&#233;riale. La duchesse Akour scellera une alliance avec le prince Arkan. Se joindra &#224; eux toute une bande de contrebandiers de l'espace. Face &#224; eux, l'Empire d&#233;cide peu &#224; peu d'ouvrir d'anciennes portes et d'user des sciences interdites que l'ancien pacte avait proscrit. Le feu de la r&#233;bellion s'&#233;tendra peu &#224; peu, et de monde en monde on sentira comme le parfum d'une fin des temps, un cataclysme in&#233;vitable. La r&#233;sistance s'organisera n&#233;anmoins, et l'aube d'un nouvel espoir sera tout de m&#234;me permis, mais pour combien de temps ? Et &#224; qui profitera r&#233;ellement cette guerre qui semble embraser des centaines de mondes ?&lt;BR&gt;
L'&#233;tau se resserre peu &#224; peu, mais le chemin balis&#233; par la r&#233;sistance ouvre peut-&#234;tre des perspectives nouvelles et autoriser ainsi un espoir........&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brillante, flamboyante, ambitieuse, sans complexe, cette gigantesque hybridation entre Space-Opera et Science-fantasy est arriv&#233;e &#224; un moment o&#249; on ne l'attendait plus. Car prendre le pari de faire comme Burroughs, Akers, et toute l'&#233;cole de Hamilton, en &#233;vitant le pur plagiat, rel&#232;ve du g&#233;nie, et Alexis Aubenque en est bourr&#233;. Patiemment, l'auteur nous brosse un Empire, avec ses plan&#232;tes, son r&#233;gime politique, ses coutumes et moeurs. Mais, et c'est l&#224; qu'Alexis domine toute la sf fran&#231;aise d'un certain point de vue, il se permet de penser ces mondes avec des paysages, des couleurs, des ethnies, des rites, bref il s'attarde &#224; creuser une saga pour en donner aux lecteurs une id&#233;e plus pr&#233;gnante, plus r&#233;aliste aussi. Rythmant son r&#233;cit entre des couleurs baroques, le d&#233;paysement suscit&#233; jadis par les cycles plan&#233;taires du grand Edgard Rice Burroughs, et le souffle de l'&#233;pop&#233;e spatiale dans le style &#233;pur&#233; d'un Edmond Hamilton, Alexis parvient enfin de permettre &#224; la langue fran&#231;aise de toucher ce &#034; sense of wonder &#034; qu'on croyait d&#233;finitivement acquis aux am&#233;ricains et anglo-saxons. Il nous brosse un univers tr&#232;s familier. Pourquoi ? Parce qu'il le pars&#232;me d'architectures, de topos, des paysages emprunt&#233;s &#224; toutes les cultures et soci&#233;t&#233;s humaines pass&#233;es. On sera interloqu&#233; de retrouver tous les styles architecturaux possibles mais &#233;galement les costumes qui &#233;voquent p&#234;le-m&#234;le Sumer, Babylone, l'empire Romain, bref cette mani&#232;re du &#034; fix-up &#034; si admirablement utilis&#233;e par Burroughs pour son &#034; Barsoom &#034; ou Alan Burt Akers pour le gigantesque cycle de Scorpio (dont on a jamais eu une seule traduction du cycle comptant 50 volumes &#224; pr&#233;sent, hormis une nouvelles &#233;tonnante dans la grande anthologie de la fantasy chez Omnibus) . &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; N&#233;antissement &#034;des lieux pour en r&#233;inventer au moyen de nos civilisations pass&#233;es les grandeurs, d&#233;cadences mais aussi et surtout le sens de la splendeurs, tout cet ensemble tisse un vaste panorama, une toile de fond. Se faisant oeuvre picturale, la vision d'Alexis Aubenque nous offre ce que la sf fran&#231;aise a toujours eu beaucoup de mal &#224; r&#233;aliser : un regard qui ouvre au grandiose. Univers en expansion, la saga de Alexis Aubenque s'inscrit dans la plus pure tradition romanesque, une sorte de &#034; Nord et sud &#034; r&#233;invent&#233;. Aux Etats-Unis, sa plume se serait tr&#232;s bien vendue, et en France, il semblerait qu'il soit le fondateur d'une saga fleuve &#224; l'&#233;gale de La Compagnie des Glaces et autre Perry Rhodan. Oui, mais attention, Alexis ne fait pas dans la pacotille, il travaille &#224; son univers avec la patience d'un peintre et le feu d'un &#233;ternel adolescent &#233;pris d'&#233;pique, de lyrisme, d'&#233;rotisme et de romantisme. En cela, il suit &#224; la lettre le chemin de Howard dans ce pur &#233;pique qui fait appel au regard, loin des r&#233;flexions ronflantes ou m&#233;taphores pseudo intellectuelles. Trame fertile, univers riche, psychologie des personnages admirablement travaill&#233;e, puissance de l'intrigue, la geste de L'Empire des &#233;toiles est &#224; marquer d'une pierre blanche et fait de son auteur le digne h&#233;ritier du grand Francis Carsac et un brillant &#233;l&#232;ve de Burroughs. Il est &#224; regretter qu'en France, cette saga ne se vende pas comme un policier. Car s'il est bon d'avoir les pieds sur terre, il est souvent fort dommageable de ne pas avoir la t&#234;te dans les &#233;toiles, histoire de voir ce que c'est que cette soif des territoires inconnus qui ne cessent d'embraser les imaginations et qui ont donn&#233; un jour la merveille Star-Wars. Jamais plagiaire mais simplement passionn&#233;, Alexis Aubenque nous a simplement montr&#233; qu'on pouvait &#234;tre fier de s'appuyer sur la langue de Moli&#232;re tout en ayant la capacit&#233; de faire miroiter l'esprit d'un baroudeur et battre le coeur d'un marin sans avoir peur de tomber, comme notre litt&#233;rature contemporaine semble s'en garder face &#224; cette soi-disant invasion de l'imaginaire qui n'est en d&#233;finitive qu'une autre expression de notre raison, conqu&#233;rante et r&#234;veuse. Oui, Alexis Aubenque a engendr&#233; d'un pur chef d'oeuvre, m&#234;me s'il s'en trouvera toujours quelques uns pour dire que &#034; c'est pas bien parce que &#231;a ressemble &#034;. Disons plut&#244;t que &#034; &#231;a invente enfin une fresque n'ayant plus peur du pur &#233;pique et de ce romantisme si n&#233;cessaires pour toucher au coeur &#034;. L'humanit&#233; dans ce cycle est un enjeu, quelque chose de jamais &#233;tabli, quelque chose qu'on acqui&#232;re pas d&#233;finitivement, quelque chose qui n'est plus, enfin, le centre na&#239;f d'un romanesque qui se voudrait &#234;tre purement et stupidement scand&#233; comme parole d'&#233;vangile du monde futur, ces utopies ang&#233;liques qui ne m&#232;nent nulle part et parfois en leurs terribles contraires. Cette saga nous conte simplement une l&#233;gende inscrite dans les &#233;toiles, mais o&#249; ce sont les personnages et les batailles qui vont d&#233;cider des orientations d'un monde, en grand comme en petit, microcosme et macrocosme &#233;tant souvent reli&#233;s dans ces histoires si superbement racont&#233;es depuis Burroughs. Hybride et bigarr&#233;, l'univers d'Alexis est un &#233;clatement &#233;thnique, un cosmopolitisme &#233;ternellement remis en question par la geste, l'aventure, ainsi que les belles et opini&#226;tres entreprises individuelles pour sauver un millier de mondes. Un bel exemple d'universalisme et une puissante r&#233;flexion sur le monopole qui spolie les libert&#233;s ou les r&#233;gule ? &lt;BR&gt;
Qu'attend on des changements ? Et si oui, jusqu'o&#249; sommes nous capables d'aller, quitte &#224; faire basculer un &#233;quilibre ? Autant de questions qui peuvent ressortir de cette lecture, mais qui, g&#233;nie de l'&#233;criture d'Aubenque, ne sont en rien mobilis&#233;es ou d&#233;fendues dans cette saga qui n'est qu'un hymne &#224; l'aventure et au voyage, &#224; ces guerres que tout gosse on s'inventait dans nos petites t&#234;tes blondes, brunes ou rousses pour oublier les guerres de notre monde, toujours absurdes, et les g&#233;nocides barbares, ou le regard de ces enfants d'Ethiopie qu'on nommait anges pour excuser notre impuissance &#233;go&#239;ste &#224; les voir. Ces anges, on pr&#233;f&#233;rait les filmer mourir, ventres vides et yeux dans les &#233;toiles, ces &#233;toiles qui nous renvoyaient &#224; notre incapacit&#233; au partage et &#224; sauver ce qui vaut mieux que les int&#233;r&#234;ts des machines de masses. Jeunes, nous nous amusions &#224; inventer ces &#233;dens perdus, o&#249; des guerres &#233;taient men&#233;es et des batailles remport&#233;es. Cela nous permettait d'oublier un peu la m&#233;diocrit&#233; de nos contemporains. Vivre et laisser mourir ? Jusqu'&#224; quel point pouvons nous laisser dire &#231;a de nos jours ? &#199;a ne rapporte pas, &#231;a ne rapporte plus.... &lt;br class='autobr' /&gt;
Autant de r&#233;flexions qui me sont venues &#224; l'esprit en lisant Aubenque, une lecture qui m'a rappel&#233; simplement les lectures merveilleuses de mon enfance, vous savez, ce temps o&#249; on pouvait encore croire et penser sans qu'il ne se trouve une t&#234;te pour penser et croire &#224; votre place, sans que vous ne soyez oblig&#233;s de voir le monde tel qu'il doit &#234;tre pour tout le monde ? Ces fresques aventureuses auront toujours de l'avenir parce qu'elles portent avec elles un espoir, &#224; chacun de le trouver......&lt;BR&gt;
On ne peut que souhaiter &#224; son cycle une longue vie prosp&#232;re, et qu'Alexis continue &#224; nous faire r&#234;ver longtemps, on en a bien besoin.....&lt;br class='autobr' /&gt;
Jetez vous donc dans cette lecture et partagez avec Alexis cette &#034; Nostalgie du futur &#034;.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Empire des &#233;toiles 1 &amp; 2, Alexis Aubenque, Fleuve noir, 250 pages par volumes, 7 &#8364; par volume.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cycle de Merlin, Tome 1-La grotte de cristal</title>
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		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



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&lt;p&gt;10/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfant b&#226;tard &#233;lev&#233; &#224; la cour de son grand-p&#232;re, Merlin suivra une ligne parall&#232;le &#224; la l&#233;gende du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde. Pr&#233;c&#233;dant le mythe, Merlin l'accompagnera jusqu'&#224; son apog&#233;e. C'est un vieil homme, aussi vieux que le monde, qui se met donc &#224; raconter sa propre histoire, sans exag&#233;rations ni rationalisme trop &#233;triqu&#233;. De l'&#226;ge de 6 ans &#224; la r&#233;v&#233;lation de ses pouvoirs magiques dans la grotte de cristal, Merlin conna&#238;tra une enfance caress&#233;e par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant b&#226;tard &#233;lev&#233; &#224; la cour de son grand-p&#232;re, Merlin suivra une ligne parall&#232;le &#224; la l&#233;gende du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde. Pr&#233;c&#233;dant le mythe, Merlin l'accompagnera jusqu'&#224; son apog&#233;e. C'est un vieil homme, aussi vieux que le monde, qui se met donc &#224; raconter sa propre histoire, sans exag&#233;rations ni rationalisme trop &#233;triqu&#233;. De l'&#226;ge de 6 ans &#224; la r&#233;v&#233;lation de ses pouvoirs magiques dans la grotte de cristal, Merlin conna&#238;tra une enfance caress&#233;e par des cieux encore vides du panth&#233;on chr&#233;tien. Par bribes, indices, par le dur apprentissage de la vie aussi, Merlin nous raconte le monde d'alors &#224; mesure o&#249; il grandit et prend peu &#224; peu conscience de ses pouvoirs immenses sur les hommes et leurs destin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette trilogie, best seller un peu partout dans le monde, tient son succ&#232;s d'une &#233;criture minutieuse, progressive, mettant l'accent tant sur les paysages naturels &#224; la stup&#233;fiante beaut&#233; que sur l'&#233;volution des personnages. L'auteur, par un verbe tr&#232;s bien rendu par la traduction, nous r&#233;it&#232;re un temps o&#249; les regards &#233;difiaient des h&#233;ros, des &#233;p&#233;es et des mots scellaient des pactes et accords. Au fil d'une &#233;criture sans emphase ni onirisme exacerb&#233;, Mary Stewart nous dresse un portrait &#224; la mani&#232;re de ceux qu'on &#233;difiait dans le pass&#233; concernant les hommes illustres. Mais, et c'est l&#224; qu'il faut parler de fresque intimiste, son &#233;criture n'est &#224; aucun moment pr&#233;cieuse, redondante ou par trop enflamm&#233;e par la l&#233;gende qu'elle est en charge de raconter. Non, l'auteur nous expose une vie simple en ses balbutiements, et une accession &#224; une certaine id&#233;e de la divinit&#233; qui ne va pas sans malice ou sans logique. Il faut voir comment Merlin, en faisant l'acquisition de ses attributs de &#034; th&#233;urge &#034;, n'h&#233;sitera pas &#224; faire usage d'ing&#233;niosit&#233;, un art des mots et de la suggestion qui justifient encore plus le terme d'enchanteur. Car, tout en se voyant confront&#233; tr&#232;s t&#244;t au chantage politique et &#224; &#034; l'instrumentalisation &#034; de son pouvoir par la p&#232;re du futur Arthur, Uther, Merlin va peu &#224; peu &#233;riger sa propre l&#233;gende et gagner une autonomie, une aura. Si les grands hommes et les hommes libres constituent souvent une faune &#233;trange de personnages adeptes de la solitude volontaire, Merlin, lui, par son don d'ubiquit&#233;, son empathie totale avec une nature soumise &#224; son regard et &#224; ses gestes, et ce charisme qui en fait un politicien avant l'heure, nous donne le t&#233;moignage d'un homme entier et sinc&#232;re dans toutes ses actions. Profond&#233;ment humain et infiniment plus qu'un homme, Merlin nous est d&#233;peint par une &#233;criture amoureuse des pays d'alors, ces terres qu'elle d&#233;crit avec un grand respect, un amour et une sinc&#233;rit&#233; rarement &#233;gal&#233;s dans la litt&#233;rature Arthurienne, sauf peut-&#234;tre par le tr&#232;s Howardien, Bernard Cornwell et sa saga ax&#233;e sur Arthur. Moins dur cependant que ce dernier, le monde de Stewart d&#233;crit plut&#244;t une gen&#232;se du mythe, car une sorte d'ang&#233;lisme d&#233;sactiv&#233; de ses all&#233;geances chr&#233;tiennes semble pr&#233;luder &#224; cette histoire, m&#234;me si les ramures humaines en d&#233;tournent la facture pour en faire du tout politique et une guerre des parties. Beau, sauvage, po&#233;tique, sensuel et sinc&#232;re, ce cycle qu'on eut aim&#233; voir plut&#244;t en France, nous r&#233;v&#232;le enfin, quelque trente six-ans plus tard, l'une des plus belles contributions au genre, une voix qui d&#233;passe souvent d'ailleurs celle de Bradley, selon certains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#233;rons qu'un jour un &#233;diteur s'int&#233;resse un peu au cycle bas&#233; sur les r&#233;cits primitifs du &#034; Mabinogion &#034;, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; The Children of Llyr &#034; d'Evangeline Walton, qui met en sc&#232;ne un Pryderi qui n'est autre qu'une image plus ancienne et galloise de Perceval. Cette belle trilogie nous contant la vie de Merlin est &#224; ranger sur les rayons des grands moments de ce &#034; romanesque arthurien &#034; qui ne cesse de fasciner des g&#233;n&#233;rations de chercheurs et de lecteurs. Un grand merci donc, encore un, aux toutes jeunes &#233;ditions Calmann-L&#233;vy et &#224; son directeur de collection, S&#233;bastien Guillot, dont on ne peut que saluer la qualit&#233; des choix quand &#224; ces auteurs qui suscitent autant de d&#233;bats multiples et enfi&#233;vr&#233;s au sein des lecteurs.......&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grotte de cristal, Le cycle de Merlin Tome 1, Mary Stewart, Calmann-L&#233;vy, traduit de l'anglais par Brigitte Mariot, couverture de Armel Gaulme, 409 pages, 22.50 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'h&#233;ritage des anciens</title>
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		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



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&lt;p&gt;9/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait trois longues ann&#233;es que Matthieu Lewin n'a pas donn&#233; de ses nouvelles. Tous le croient mort, terrass&#233; par la princesse du Nyngary. Celle-ci s'est appropri&#233;e l'anneau dor&#233; que Matthieu avait en sa possession, l'un des cinq anneaux de pouvoir que Karas Duren convoite pour la conqu&#234;te du pouvoir. Accompagn&#233; de sa fianc&#233;e Lara, de fr&#232;re Thomas et de son fid&#232;le ami Colin Miller, Matthieu refait son apparition en un monde d'intrigues et de combats sanguinaires. Mais beaucoup de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;9/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait trois longues ann&#233;es que Matthieu Lewin n'a pas donn&#233; de ses nouvelles. Tous le croient mort, terrass&#233; par la princesse du Nyngary. Celle-ci s'est appropri&#233;e l'anneau dor&#233; que Matthieu avait en sa possession, l'un des cinq anneaux de pouvoir que Karas Duren convoite pour la conqu&#234;te du pouvoir. Accompagn&#233; de sa fianc&#233;e Lara, de fr&#232;re Thomas et de son fid&#232;le ami Colin Miller, Matthieu refait son apparition en un monde d'intrigues et de combats sanguinaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais beaucoup de choses ont chang&#233; durant son absence. Les forces en pr&#233;sences ont &#233;t&#233; boulevers&#233;es, une arm&#233;e se l&#232;ve, ameut&#233;e des profonds souterrains du monde. A leur t&#234;te, l'inf&#226;me reine Shakira qui a scell&#233; une alliance avec le terrible Karas Duren, ma&#238;tre de l'Alor Satar. Shakira est d&#233;tentrice d'un autre anneau du pouvoir sur les cinq existants. Bien plus que Karas Duren, cette reine ne poursuit qu'un dessein, celui de d&#233;truire l'humanit&#233; toute enti&#232;re en la faisant replonger dans un nouvel &#226;ge de chaos. Pris dans les filets d'un terrible dilemme, Matthieu est arriv&#233; &#224; l'heure des grands choix. Tout s'effrite, tout lui &#233;chappe, et il sait qu'il ne pourra sauver le monde sans une alliance qu'il r&#233;prouve peut-&#234;tre mais qui para&#238;t in&#233;vitable. Se profile alors pour lui le moment o&#249; il va devoir malgr&#233; lui faire alliance avec son ancienne ennemi, celle qui a voulu le tuer, Teanna d'Elso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mitchell Graham s'inscrit avec ce cycle dans une saga &#233;pique de haute vol&#233;e. Contrairement &#224; ce que pourraient &#233;voquer les cinq anneaux, cette histoire a tr&#232;s peu de points communs avec le monument Tolkien. Au regard de sa th&#233;matique, l'oeuvre de Mitchell Graham se rapprocherait plus du livre de Pierre Boulle, &#034; La plan&#232;te des singes &#034; ou &#034; Le r&#232;gne du gorille &#034; par Sprague de Camp. Par une &#233;criture fine et juste dans ses effets, l'auteur nous dresse une curieuse soci&#233;t&#233; o&#249; survit un proto-christianisme. Les soci&#233;t&#233;s mises en avant sont une conflagration des diverses soci&#233;t&#233;s humaines prises &#224; certaines &#233;poques. Que ce soit l'Italie V&#233;nitienne, l'Egypte ancienne, Sumer, les Celtes, l'auteur fait des emprunts multiples qu'il m&#233;lange avec des anglicismes pour donner un vaste univers dont les personnages sont dot&#233;s de noms divers, miroirs de nos pass&#233;s. Les combats navals, les intrigues de cours tr&#232;s moyen-&#226;ge, le tout entrem&#234;l&#233;s dans un r&#233;seau complexe de pouvoirs tournant autour des mythiques anneaux, donne une intrigue tout &#224; fait originale. Enfin, avoir b&#226;ti son univers sur un apr&#232;s apocalypse nucl&#233;aire conf&#232;re une certaine fra&#238;cheur au r&#233;cit qui ne sera pas sans d&#233;plaire aux lecteurs &#224; la recherche d'intrigues plus novatrices. Roman de fantasy m&#233;di&#233;vale plus que simple Tolkinerie de service, il semblerait que le succ&#232;s &#233;norme qu'a rencontr&#233; cette trilogie, fasse montre d'un r&#233;el renouvellement de la trame devenue par trop classique dans le genre. L'histoire nous reste famili&#232;re, comme si, malgr&#233; les cataclysmes et catastrophes, l'humanit&#233; pourra toujours retrouver un second souffle et rebondir. Quelque part entre le roman feuilleton cher &#224; Dumas ou F&#233;val et un manich&#233;isme plus subtile qu'il n'y para&#238;t, cette chronique d'un moyen-&#226;ge renaissant sur les cendres de notre modernit&#233; instille l'id&#233;e d'un &#233;ternel recommencement d'une histoire qui ne cesse de mettre en sc&#232;ne sa gen&#232;se et sa sortie des t&#233;n&#232;bres. Brillante et belle, la plume de Graham renonce aux fioritures pour tisser les rapports simples entre des personnages porteurs de la m&#234;me entropie que ce monde sans r&#233;elle histoire pass&#233;e, ce monde qui a oubli&#233; le cataclysme pour se penser &#224; partir de mythes. Ainsi, &#034; Shakira &#034;, dont l'&#233;tymologie arabe signifie &#034; femme pleine de gr&#226;ce &#034;, est ici mise en sc&#232;ne en son contraire, une reine du mal. Quand au christianisme discret qui transperce derri&#232;re l'intrigue, il nous signifie l'id&#233;e de la survie du culte sans pour autant nous faire l'outrage d'un dogme impos&#233; &#224; tous. Bien s&#251;r, avec subtilit&#233;, l'auteur nous brosse une religion recommen&#231;ant elle aussi ses propres erreurs et ses brutalit&#233;s. Pas de complaisance donc, mais une belle mise en perspective des jeux de pouvoir en un monde issu d'un cataclysme et qui pourtant r&#233;p&#232;te sa longue maturation. Les personnages sont entiers, vivants, et l'auteur s'est attach&#233; avant tout &#224; nous les rendre terriblement fid&#232;les &#224; eux-m&#234;me et &#224; leurs engagements, comme l'amiti&#233;, la loyaut&#233;, avec en toile de fond l'id&#233;e simple et belle : l'esp&#233;rance. Une tr&#232;s belle fantasy m&#233;di&#233;vale sur l'id&#233;e de r&#233;demption et de salut qui contraste avec une fantasy qui se finit un peu trop souvent sur un monde sauv&#233; plut&#244;t que sur les sentiments particuliers qui traversent les personnages une fois l'aventure achev&#233;e. Bien loin de toute assimilation facile &#224; l'oeuvre de Tolkien, La saga romanesque de Mitchell Graham se situe plus dans la lign&#233;e du livre de Pierre Boulle, &#034; La plan&#232;te des singes &#034; ou celui de Sprague de Camp, &#034; Le r&#232;gne du gorille &#034;, par cette soci&#233;t&#233; reconstruite sur un cataclysme pass&#233; et dont la soci&#233;t&#233; r&#233;invente le souvenir hypostasi&#233; par un l&#233;gendaire que sous-tend l'entre-deux d'une &#233;criture spiritualiste. Le verbe proto-protestant d'un Richard Cowper se retrouve admirablement dans cette &#233;criture simple et d&#233;pouill&#233;e, et qui plus est, sans la facture id&#233;ologique et r&#233;barbative qui menace souvent ce genre d'&#233;criture. D'autres pourront m&#234;me y drainer quelques id&#233;es puis&#233;es, volontairement ou non, &#224; la mystique chr&#233;tienne, cette esp&#233;rance plus que tout. Encore une perspective possible sur une &#233;criture faussement mi&#232;vre, sans partis pris ni pros&#233;lytisme. Une lecture &#233;tonnante qui peut s'&#233;prouver &#224; divers &#226;ges. &lt;br class='autobr' /&gt;
A signaler qu'encore une fois, l'illustration de couverture de Julien Delval est de toute beaut&#233;, peut-&#234;tre l'une des plus belles de cette ann&#233;e 2006.&lt;br class='autobr' /&gt;
Impeccable traduction de Marie-Claude Elsen qui arrive &#224; contenter m&#234;me les lecteurs de la langue originale. Il fallait le signaler encore une fois, les traducteurs en France font souvent preuve d'un v&#233;ritable travail de r&#233;&#233;criture. On ne les remerciera jamais assez pour leur contribution remarquable aux genres de l'imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage des anciens, Mitchell Graham, Editions du Rocher, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie-Claude Elsen, couverture par Julien Delval, 444 pages, 18.90 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Aztechs</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article3870</link>
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		<dc:creator>Alain Pelosato</dc:creator>



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&lt;p&gt;10/10 &lt;br class='autobr' /&gt;
La collection Lunes d'Encre fait sensation en publiant un recueil aussi remarquable qu'intelligent, voil&#224; que les &#233;ditions Le B&#233;lial r&#233;pondent avec un livre consacrant un auteur et quel auteur, Lucius Shepard. Cette plume fine, tortueuse, impertinente, tant dans ses vis&#233;es que par les brillantes th&#233;matiques qu'elle mettait en sc&#232;ne, nous revient sous le patronage d'Olivier Girard, dont on ne saura jamais assez saluer sa contribution au genre. Ayant d&#233;j&#224; pris l'initiative de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10/10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collection Lunes d'Encre fait sensation en publiant un recueil aussi remarquable qu'intelligent, voil&#224; que les &#233;ditions Le B&#233;lial r&#233;pondent avec un livre consacrant un auteur et quel auteur, Lucius Shepard. Cette plume fine, tortueuse, impertinente, tant dans ses vis&#233;es que par les brillantes th&#233;matiques qu'elle mettait en sc&#232;ne, nous revient sous le patronage d'Olivier Girard, dont on ne saura jamais assez saluer sa contribution au genre. Ayant d&#233;j&#224; pris l'initiative de ressusciter un g&#233;ant comme Poul Anderson, voil&#224; qu'ils nous servent un recueil &#233;normes gonfl&#233;s de cette &#233;criture porteuse de cette m&#233;taphore vive qui fait d'un r&#233;cit plus que ce que les genres et cloisonnements accordent &#224; l'&#233;crivain. Car qui d'autre que Lucius Shepard sait &#224; ce point manier les mots et les noms, les lieux, les regards et les dialogues, qui de la premi&#232;re ligne au dernier mot d'une histoire tracent un parcours. C'est ce parcours qui permet de parler m&#234;me de Dieu sans cette scission, sans cette rupture et cette absence qui feront toujours des &#233;tudes religieuses des paroles sur rien et du verbe de Shepard une parole suspendue sur les gouffres du n&#233;ant mais dont les protagonistes vivent, transmettent et transcendent d'une mani&#232;re pleine et accomplie. Il y a une quadrature du cercle dans chaque histoire de Shepard qui fait que, justement, ses nouvelles &#233;chappent &#224; toute classification &#224; toute &#233;tiquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; L'&#233;ternit&#233; et apr&#232;s &#034; est en cela un brillant exemple de cette &#233;criture des profondeurs. Un jeune voyou bien en vue dans une soci&#233;t&#233; moscovite tenue par la mafia, tombe un beau jour amoureux d'une prostitu&#233;e de toute beaut&#233;. Entra&#238;n&#233; par son d&#233;sire de racheter la belle &#224; la b&#234;te, ce jeune homme, en tant que personnage de fiction, va entra&#238;ner les lecteurs sans qu'ils ne s'en aper&#231;oivent vraiment dans un maelstr&#246;m dont il semblerait que personne n'a la v&#233;ritable solution. Le r&#233;cit chez Shepard sert une m&#233;taphore dont les arch&#233;types participatifs d&#233;passent largement le simple niveau d'une lecture basique. C'est &#224; un v&#233;ritable rituel initiatique, une mise &#224; l'&#233;preuve des identit&#233;s qui se cherchent, se rencontrent et s'unissent m&#234;me dans la s&#233;paration, que nous convie une plume qui n'en aura jamais fini de fasciner ses adorateurs comme ses pires d&#233;tracteurs avides de commercial et de fast-food litt&#233;raire. Ce qu'il y a de plus extraordinaire dans cette nouvelle c'est cette fausse interrogation qui survole l'ensemble narratif. Ainsi, en nous posant la question de savoir qui ou quoi se cache derri&#232;re cette bo&#238;te mafieuse qui se nomme &#034; L'&#233;ternit&#233; &#034;, nous mettons le doigt sur un double rapport : les processus d'&#233;laboration qui conf&#232;rent &#224; une histoire sa force persuasive et notre propre part de myst&#232;re, celle qui fait &#234;tre et interagir un microcosme encore plus d&#233;pendant de nous, de notre regard qu'on pourrait le penser de prime abord. Un chef d'oeuvre et un voyage &#224; la puissante symbolique aux tr&#233;fonds qui font notre horreur quotidienne, celle dont on se surprend parfois &#224; en extirper du sacr&#233; ou de l'amour, tout simplement.......&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#034; Le rocher aux crocodiles &#034;, Lucius reste fid&#232;le &#224; ses r&#233;gionalismes cosmiques, o&#249; c'est dans l'abject et le sordide, le noir qu'&#233;mergent des merveilles romanesque. Mais ces &#034; romanesques &#034; doivent toujours s'entendre &#224; la fois comme des mises &#224; l'&#233;preuve de l'&#233;criture dans ses pr&#233;tentions traditionnelles, et un v&#233;ritable rituel masochiste pour tout lecteur tentant ces voyages vers des continents enclav&#233;s, des continents qui sont m&#233;moires en m&#234;me temps que ph&#233;nom&#232;nes cloisonn&#233;s dans un archa&#239;sme ethnologique. Le Za&#239;re, humidit&#233;, magie noire, sorcellerie, hybridations d'hommes et de crocodiles. En employant l&#224; tous les lieux communs du roman fantastique g&#233;ographique, et toutes les pacotilles qu'on est en droit d'y accoler pour susciter le pittoresque, Shepard nous distille un puissant sortil&#232;ge sur les apparentes illusions du magique et de leurs implications logiques dans notre vie m&#234;me. Encore une fois, l'auteur ne sombre pas dans le sensationnel de ces r&#233;cit et nous d&#233;peint un personnage profond&#233;ment enracin&#233; dans ses contradictions, ce qui nous le rend terriblement familier. La fin ach&#232;ve le r&#233;cit en une boucle et nous d&#233;crit un homme d&#233;finitivement hant&#233; par un magique qui, bien loin de l'avoir d&#233;tourn&#233; du monde et de ses rep&#232;re, n'a fait que de lui en parler sous un regard diff&#233;rent et ainsi relativiser la distance qui s&#233;pare croyance et v&#233;rit&#233; pour nous les montrer comme des intensit&#233; diff&#233;renci&#233;es de notre propre rapport &#224; l'existence, qui n'est souvent qu'un regard qui &#233;value. Il y a dans cette histoire un retournement du regard que le h&#233;ros porte sur le monde et sa vie qui fait de lui un autre comme nous. C'est cette incroyable relativit&#233; de la fonction du h&#233;ros dans ses conclusions qui inscrit ce r&#233;cit dans une entreprise comparable &#224; un r&#233;cit comme le &#034; Nomads &#034; de Chelsea Quinn Yarbo, o&#249; l'incroyable parvient &#224; vous sauter dessus et &#224; vous transformer d&#233;finitivement, sans possibilit&#233; de retour. Shepard y surajoute le raisonnement, et la philosophie. Si le h&#233;ros de Shepard renonce &#224; lutter, ce n'est pas comme chez Yarbo parce qu'il est transform&#233; de mani&#232;re ethnologique par un esprit de groupe, celui d'un peuple nomade aux pouvoirs terrifiants inscrits dans notre propre urbanit&#233;. Si le h&#233;ros de Shepard renonce, c'est bien parce que son contact avec l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; est une ouverture totale sur l'alt&#233;rit&#233; de notre &#234;tre, et ce sentiment d&#233;finitif de la s&#233;paration dans un devenir malgr&#233; tout commun, qu'on croit ou non. Concilier esprit la&#239;c et scientiste, mystique et croyance populaire est chose rare dans le genre. Shepard en est l'ap&#244;tre indirect. D'ailleurs, lui reconna&#238;tre cela est encore &#233;chouer &#224; se saisir de son projet litt&#233;raire, si projet il y a......&lt;br class='autobr' /&gt;
Remarquable en tout point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Ariel &#034; est probablement le r&#233;cit le plus &#233;tonnant de Shepard, parce que tout en prenant une trame relativement classique de la science-fiction, les &#234;tres diff&#233;rents, la sur-nature, les &#234;tres sup&#233;rieurs et leurs luttes intestines, l'auteur nous conte la biographie d'un homme cherchant l'amour. Jeune dandy auteur d'un roman, le h&#233;ros de cette histoire fait un jour la connaissance d'une jolie fille, Ariel, qui se r&#233;v&#233;lera &#234;tre un voyageur transmulltiversels. Ariel, tout comme Isha, sont deux p&#244;les d'un m&#234;me nexus, la trame, et sont des tueuses potentielles destin&#233;es &#224; s'entre-tuer. Notre h&#233;ros tombera &#233;perdument amoureux de ce exemplaire d'Ariel et la suivra pour ainsi dire, jusqu'au bout de la vie......&lt;BR&gt;
Quand Shepard reprend une th&#233;matique de cyberpunk, il le fait avec la force d'un litt&#233;raire, mais aussi avec la m&#234;me exigence de mise &#224; l'&#233;preuve et du lecteur et de ses personnages, les deux axes suivent le m&#234;me processus de d&#233;pouillement. Ainsi, en se racontant, le h&#233;ros raconte son histoire qui du r&#233;volt&#233; va la conduire &#224; celui d'ap&#244;tre d'un nouveau temps, ou comment mourir non pas pour l'id&#233;e d'un Dieu ou d'une gen&#232;se mais simplement mourir pour celle envers laquelle nos choix nous poussent irr&#233;m&#233;diablement &#224; les suivre, pour peu qu'elle fassent notre bien. Rahul est le troisi&#232;me &#233;l&#233;ment de cette trinit&#233; faite de clones et dont les deux parties en guerre sont les Akashel et les Akhita&#239;. Toile de fond complexe qui prendra ce h&#233;ros justement pour ce qu'il n'&#233;tait pas. Entre deux chemins comme devenir le propre pr&#233;dateur d'un &#234;tre dupliqu&#233; &#224; l'infini et poursuivre le chemin d'un amour, le h&#233;ros fera un choix, pas le meilleur, uniquement son choix. Une excellente mise en fiction du libre arbitre par le truchement des mondes gigognes, et de la possibilit&#233; des mondes possibles par le truchement de la cr&#233;ation litt&#233;raire.&lt;BR&gt;
Ainsi, en reprenant &#224; son loisir la trame d'un Orph&#233; et Eurydice et la conclusion fatale mais amoureuse qui en r&#233;sulte, Shepard nous sert une stup&#233;fiante mise en sc&#232;ne de ces &#034; biblismes &#034; avec lesquels on s'interdit de suivre un libre arbitre qu'on croit toujours d&#233;pendant d'un ordre des choses, sans se demander un seul instant si cet &#034; ordre des choses &#034; ne serait pas simplement des histoires entrem&#234;lant des &#234;tres &#224; l'&#233;thique exceptionnelle ou un simple homme et des rapports de forces, ces Akashel et Akhita&#239;, mimant les mises en sc&#232;nes anciennes. Le h&#233;ros ne choisit pas la croix pourtant, mais un sentiment. S'il se trompe, il r&#233;pond &#224; la m&#234;me authenticit&#233; du sentiment qui sait d&#233;passer les contingences, ce sentiment lien qui le lie &#224; cette Ariel. D&#232;s lors, son geste annule la mal&#233;diction d'un clonage pour ne plus qu'inscrire deux &#234;tre dans une unicit&#233;.&lt;BR&gt; Fort, beau, ce r&#233;cit se d&#233;roule en un processus ascensionnel dont la chute n'est ni plus ni moins un oui &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#034; La pr&#233;sence &#034;, Bobby est un jeune pompier qui travaille au d&#233;blaiement et aux fouilles qui s'en sont suivies &#224; la suite des attaques assassines contre le World Trade Center. Il croise un jour le regard d'une jeune femme qui reste toujours assise &#224; un bar. Elle est charg&#233;e de servir &#224; manger aux &#233;quipes qui participent jour et nuit aux recherches d&#233;sesp&#233;r&#233;es. Alicia qu'elle se nomme. Et de suite, il est boulevers&#233; par un parfum, une chaleur, une odeur, rien de ce qui pourrait sugg&#233;rer la mort, et pourtant.....&lt;BR&gt;
Beau et fort, ce r&#233;cit semblerait traiter du th&#232;me de la gr&#226;ce ou lorsqu'une &#226;me s'&#233;tant oubli&#233;e &#224; la vie pour emprunter le chemin de lumi&#232;re se pla&#238;t &#224; aimer un mortel pour &#224; travers lui retrouver la beaut&#233; d'un envol vers l'au-del&#224;, apr&#232;s l'horreur. Parabole christique, m&#233;taphore l&#233;vinasienne sur le visage, cette nouvelle est une belle d&#233;claration d'universalit&#233; au travers d'un drame o&#249; sous l'excuse ignoble d'avoir voulu s'attaquer &#224; une h&#233;g&#233;monie &#233;conomique, des fous d&#233;sesp&#233;r&#233;s ont tout simplement assassin&#233;s leurs semblables. Bouleversant et fort, le plus beau texte sur l'amour pour soigner le deuil et l'amour pour se souvenir qu'on a &#233;t&#233;, qu'on a fait partie pour s'en aller vers un ailleurs......&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Azetchs &#034; nous parle d'un Mexique encr&#233; dans un futur mal d&#233;fini. Ultra violence de groupements s'affrontant pour le pouvoir mondiale, mais aussi d'individus cherchant constamment des apart&#233;s d'amour, des gens qui cherchent tout simplement &#224; aimer et &#224; boire le temps qui leur est imparti. Car sous les manoeuvres et les rixes, la sale guerre, ce n'est ni plus ni moins le portrait d'un amour vaillant tentant de rompre les barri&#232;res de la contingence dont l'auteur se fait le ma&#238;tre d'oeuvre. Les dialogues faussement simplistes nous parlent tout simplement du temps que ces &#234;tres cherchent &#224; sauver, un temps qu'ils esp&#232;rent leur appartenir en un monde o&#249; tout le reste est duplicit&#233; et interchangeabilit&#233; des pouvoirs. Un r&#233;cit franc et sinc&#232;re, l'une de ces histoires qui font beaucoup plus comprendre l'urgence qu'il y a &#224; aimer, m&#234;me s'il nous faut parfois aimer autre chose pour remplacer celui ou celle qui ne sont pas l&#224;, pr&#232;s de nous. Dans cette nouvelle, les h&#233;ros le sont parce qu'ils sont plus poss&#233;d&#233;s par les &#233;v&#233;nements qui les font agir plut&#244;t que par un quelconque dessein particulier ou divin.Alors, quand l'amour vient &#224; para&#238;tre, m&#234;me s'ils s'estiment interdits m&#234;me de &#231;a, ils tentent de s'y accrocher, par del&#224; leur conditionnement qui est leur mal&#233;diction. Une nouvelle d'une incroyable actualit&#233;, &#224; moins que ce ne soit une nouvelle &#233;ternellement actuelle......&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#034; Le dernier testament &#034;, David le Gary est un homme &#224; qui la gloire a souri, il est devenu un ma&#238;tre de la domotique et plus particuli&#232;rement de cette domotique qui s'occupe de la s&#233;curit&#233; des biens et des personnes. Mais il manque &#224; David une pi&#232;ce dans laquelle y mettre l'&#233;l&#233;ment qui manque &#224; sa vie, une mystique, une religion, un je ne sais quoi qui lui permettrait de se dire homme combl&#233; et total. C'est dans cette id&#233;e qu'il ira faire &#034; ses courses &#034; dans une boutique &#034; Emerlad Street Station &#034;, ou une bien &#233;nigmatique femme r&#233;pondant du nom d'Armoise, va &#234;tre en devoir de satisfaire &#224; son caprice. Peu &#224; peu, David va s'annexer &#224; un univers o&#249; il deviendra en quelque sorte le sujet de son propre souhait. Amorise se fera sa ma&#238;tresse, son initiatrice qui en toute une s&#233;rie d'initiations, se fera un devoir de faire de lui ce &#034; po&#232;te maudit &#034; qui dort en chacun de nous. Rites Sadien, rite de passage, la c&#233;r&#233;monie prendra les allures d'une v&#233;ritable s&#233;questration o&#249; un d&#233;tenu contera ses m&#233;moires en quelques souterrains d'une existence entrav&#233;e pour engendrer de l'art et ainsi s'accorder une &#233;ternit&#233;, un d&#233;passement, cher pay&#233;. Peut-on &#234;tre pr&#234;t &#224; tout pour s'accorder sa propre &#233;ternit&#233; et ainsi d&#233;passer le triviale du monde ? Alors, David va subir l'enfermement et le chantage. Quelque soit son choix, c'est la mort qui l'attend au bout. Emprisonn&#233;, il vivra son voeu comme un mal&#233;fice, mais au bout trouvera....... la lumi&#232;re des mots. Impeccable m&#233;taphore sur la cr&#233;ation et ses tourments, cette nouvelle n'est somme toute qu'un pr&#233;texte pour raconter le lent et douloureux accouchement qui demeure en nous en puissance et dont l'activation reste un jeu avec l'amour et la mort, Eros et Thanatos. Amorise pourrait tr&#232;s bien s'appeler &#034; harmonie &#034; ou &#034; Armoise &#034;, cette plante aromatique &#224; usage m&#233;dicale. Elle se pr&#233;sente &#224; la fois comme une initiatrice sexuelle que comme un processus totalitaire de confinement et d'interdit. Tel est le prix, tel est le processus int&#233;rieur pour cr&#233;er. D&#232;s lors, les noms ne sont l&#224; que pour servir un t&#233;moignage profond&#233;ment humain du cr&#233;ateur et de sa cr&#233;ation, des moyens et chemins que celui-ci emprunte pour arriver au bout du chemin (prostitu&#233;es, enfermement, amour, masochisme et sadisme mentale, apitoiement, rejet, d&#233;go&#251;t, sublimation) , bref tous ces maux de l'homme face &#224; sa machine, l'&#233;crivain face &#224; sa machine, le charpentier devant son ma&#238;tre d'oeuvre. Cette nouvelle n'en est pas une le&#231;on, juste un processus implacable de confinement pour expliquer une m&#233;canique de germination du g&#233;nie, voulue ou non, celle de tous ces artistes maudits qui dorment et meurent en nous &#224; tout moment de notre vie, et que parfois nous parvenons &#224; interpeller pour qu'ils nous donnent ce don obscure et ingrat. L'une des plus passionnantes histoires sur l'homme et l'oeuvre, l'homme et le d&#233;sire, l'&#234;tre et le n&#233;ant. A la fin, on devient ce &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; je &#034; du po&#232;me qui raconte...&lt;BR&gt;
Avec Shepard, il semblerait qu'il nous faille parler de litt&#233;rature de science-fiction au sens litt&#233;ral du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aztechs, Lucius Shepard, sous la direction d'Olivier Gerard, traduit de l'anglais par Jean-Daniel Br&#232;que, couverture par Nicolas Fructus, 414 pages, 22 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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