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	<title>SFmag (science fiction magazine)</title>
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	<description>Toute la science fiction et le fantastique dans tous les sens de ces termes...</description>
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		<title>SFmag (science fiction magazine)</title>
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		<title>La compagnie des Glaces</title>
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		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une nouvelle &#232;re glaciaire ravage notre plan&#232;te. La lune, transform&#233;e en d&#233;charge sauvage pour d&#233;chets nucl&#233;aires, a explos&#233;. L'immense quantit&#233; de poussi&#232;res produite a rapidement envelopp&#233; la Terre, emp&#234;chant les rayons du soleil de r&#233;chauffer l'atmosph&#232;re. Le froid s'installe et am&#232;ne le gel rapide de la cro&#251;te terrestre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les populations fuient devant l'avanc&#233;e le la vague de glace ou meurent sur place. C'est la p&#233;riode qui reste dans la m&#233;moire collective sous le nom de La Grande (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;La Compagnie des Glaces par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle &#232;re glaciaire ravage notre plan&#232;te. La lune, transform&#233;e en d&#233;charge sauvage pour d&#233;chets nucl&#233;aires, a explos&#233;. L'immense quantit&#233; de poussi&#232;res produite a rapidement envelopp&#233; la Terre, emp&#234;chant les rayons du soleil de r&#233;chauffer l'atmosph&#232;re. Le froid s'installe et am&#232;ne le gel rapide de la cro&#251;te terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations fuient devant l'avanc&#233;e le la vague de glace ou meurent sur place. C'est la p&#233;riode qui reste dans la m&#233;moire collective sous le nom de La Grande Panique. Les installations humaines disparaissent sous les couches glaciaires et la civilisation dispara&#238;t. La Terre n'est plus qu'une boule de glace, celle-ci pouvant atteindre plus de 300 m&#232;tres d'&#233;paisseur. Les survivants, apr&#232;s une p&#233;riode de survie primaire s'adaptent et peu &#224; peu r&#233;organisent une structure sociale &#224; partir du train. La surface gel&#233;e se couvre d'un r&#233;seau ferr&#233; qui se densifie au fil des ann&#233;es. Les humains se r&#233;fugient sous des d&#244;mes, des coupoles. Ils vivent dans des trains. Tout est mobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule exception est tol&#233;r&#233;e pour la nouvelle basilique construite &#224; l'aplomb de Saint-Pierre de Rome, par les N&#233;o-Catholiques. Des compagnies se cr&#233;ent pour g&#233;rer ces r&#233;seaux et, &#224; cinq, se partagent l'essentiel de la plan&#232;te. Elles se comportent comme de v&#233;ritables &#233;tats. Elles l&#233;gif&#232;rent et dans un accord sign&#233; &#224; New York Station, en Panam&#233;ricaine, proclament que le seul mode de d&#233;placement est le rail. Tout autre mode est interdit et s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;. La devise martel&#233;e sans cesse par les repr&#233;sentants des compagnies devient : &#171; Hors du rail, point de salut. L'immobilisme, c'est la mort, le rail c'est la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune instaure, &#224; l'int&#233;rieur de sa concession, un r&#233;gime politique diff&#233;rent mais qui aboutit &#224; un mode de gouvernement dictatorial. Une soci&#233;t&#233; de caste s'impose, o&#249; seuls quelques nantis vivent luxueusement pendant que le reste de la population survit p&#233;niblement avec la r&#232;gle des 15/15 : 15 degr&#233;s de temp&#233;rature et 1500 calories par jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;nergie, quelque soit sa forme, devient l'objet de toutes les convoitises. Tout est bon pour produire de la chaleur. Les baleines et les phoques, n'ayant plus &#233;t&#233; chass&#233;s, ni massacr&#233;s pendant des si&#232;cles forment d'immenses troupeaux. Leur graisse donne une huile excellente comme carburant. Les cadavres humains congel&#233;s deviendront &#233;galement des combustibles recherch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les hommes du chaud survivent avec nombre de contraintes, apparaissent des &#234;tres parfaitement adapt&#233;s aux rigueurs climatiques : les Roux. Ceux-ci, au caract&#232;re placide et pacifique, sont couverts de fourrures. Ils vivent nus sur la banquise, indiff&#233;rents aux biens mat&#233;riels. Ces Roux sont consid&#233;r&#233;s, par beaucoup, comme des animaux, au mieux comme des sauvages. Les hommes du chaud les r&#233;duisent en esclavage, leur imposant contre une maigre pitance, de gratter la glace qui envahi les coupoles sous lesquelles s'abritent les stations. Mais leur pr&#233;sence d&#233;range et suscite nombre de fantasmes ou de psychoses &#224; les voir ainsi, &#233;voluer au dessus des t&#234;tes, le sexe expos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils semblent &#234;tre apparus avec l'arriv&#233;e des glaces mais leur origine reste un myst&#232;re. Cependant, la Grande Panique a relativis&#233;e le temps, moins de trois si&#232;cles affirme la doctrine officielle, plus de deux mill&#233;naires r&#233;pond, sous le manteau, une rumeur persistante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lien Rag, un modeste glaciologue s'insurge contre la d&#233;portation et le massacre de populations et se mobilise pour retrouver une explication sur l'origine des Roux. Cela constituera l'essentiel de la qu&#234;te de cet &#233;ternel r&#233;volt&#233;, contestataire de soci&#233;t&#233;s totalitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le cadre du d&#233;marrage de la formidable aventure de la Compagnie des glaces. Bien s&#251;r, les &#233;v&#233;nements vont se pr&#233;cipiter, les situations &#233;voluer, les certitudes vaciller, les v&#233;rit&#233;s se contredire pour, au fil des pages, des volumes, prendre des directions encore inconnues, aborder des sujets, des th&#232;mes encore ignor&#233;s. (M&#234;me de l'auteur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.-J. Arnaud va, tout au long des 12 000 pages qui constituent le premier volet, aborder presque tous les th&#232;mes qui fondent la litt&#233;rature populaire. Il va aussi faire &#339;uvre de sociologue, d'anthropologue, de politologue, m&#234;lant &#224; l'action mille occasions d'&#233;voquer et d'illustrer les maux et les rem&#232;des de chaque type de soci&#233;t&#233;, les carences et les insuffisances de tel ou tel choix politiques, strat&#233;giques. Avec cette saga, c'est le bilan de l'histoire du 20e si&#232;cle qui est pr&#233;sent&#233; sous nos yeux. Il devient zoologue, concevant au fur et &#224; mesure de la construction de son univers nombre d'animaux, adaptant des races d'aujourd'hui aux contraintes du froid. Il se fait ethnologue, suivant avec int&#233;r&#234;t l'&#233;volution de ses groupements humains, scrutant avec passion leurs r&#233;actions aux contraintes qu'il invente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on que l'on peut &#233;galement tirer de cette saga, est la d&#233;monstration de la capacit&#233; d'adaptation de l'homme, de l'humanit&#233; toute enti&#232;re. G.-J. Arnaud, donne, en grand humaniste qu'il est, une illustration de ce que peut faire l'homo sapiens sapiens dans les plus belles, mais aussi dans les pires de ses &#339;uvres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Biographie</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article993</link>
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		<dc:date>2004-07-05T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;G.-J. Arnaud n'a pas commenc&#233; sa carri&#232;re de romancier dans la SF avec La Compagnie des glaces. En fait, lorsqu'il aborde ce genre, il a derri&#232;re lui un nombre d&#233;j&#224; impressionnant de romans puisqu'on peut en recenser, tous pseudonymes confondus, 240 en 1980. En effet, depuis novembre 1952, date de publication de : Ne tirez pas sur l'inspecteur, son premier roman qui a s&#233;duit le jury du Prix du Quai des Orf&#232;vres, il accumule les titres dans presque tous les genres de la litt&#233;rature (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;La Compagnie des Glaces par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G.-J. Arnaud n'a pas commenc&#233; sa carri&#232;re de romancier dans la SF avec La Compagnie des glaces. En fait, lorsqu'il aborde ce genre, il a derri&#232;re lui un nombre d&#233;j&#224; impressionnant de romans puisqu'on peut en recenser, tous pseudonymes confondus, 240 en 1980. En effet, depuis novembre 1952, date de publication de : Ne tirez pas sur l'inspecteur, son premier roman qui a s&#233;duit le jury du Prix du Quai des Orf&#232;vres, il accumule les titres dans presque tous les genres de la litt&#233;rature populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde glaciaire qu'il imagine en 1980 n'est pas le premier univers romanesque cr&#233;&#233; par G.-J. Arnaud. Il a, depuis ce mois de juillet 1928 date de sa naissance &#224; Saint Gilles du Gard, v&#233;cu en imagination bien d'autres aventures, visit&#233; et explor&#233; bien d'autres continents. El&#232;ve moyen, au strict rapport des normes de la r&#233;ussite scolaire, sauf en fran&#231;ais et en latin, il passe une enfance fort agit&#233;e &#224; suivre les p&#233;rip&#233;ties de ses h&#233;ros personnels dans des royaumes lointains. Il pr&#233;pare et obtient son baccalaur&#233;at &#224; Saint-Gaudens, puis part &#224; Toulouse &#233;tudier le droit. Sur les conseils d'un ami, il bifurque vers les sciences politiques. Il rencontre Madeleine qui deviendra pour toujours son &#233;pouse. Mais celle-ci, sa formation finie, doit rejoindre son poste d'enseignante dans la r&#233;gion lyonnaise. Lui, le natif du sud, qui n'a jamais d&#233;pass&#233; vers le nord la latitude d'Orange, la suit jusque dans les brumes de la Sa&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DES DEBUTS PROMETTEURS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; il dispose de quelques temps avant d'&#234;tre appel&#233; pour effectuer son Service Militaire. Il profite de cette libert&#233; pour r&#233;aliser un &#171; vieux r&#234;ve &#187; : &#233;crire un roman policier. Il retient, pour placer son intrigue, l'atmosph&#232;re confin&#233;e d'une petite ville du M&#226;connais qu'il a visit&#233; tout r&#233;cemment. Il cr&#233;e pour l'occasion l'inspecteur Sigorgne, un jeune homme timide, fragile, le premier de la longue s&#233;rie des anti-h&#233;ros qu'il affectionne tant pour ses polars.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant qu'il est au camp de la Valbonne, pour reconstituer un r&#233;giment de dragons, sa femme dactylographie le manuscrit et l'envoie aux &#201;ditions Hachette qui manage le Prix du Quai des Orf&#232;vres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre remporte le Prix. Mais l'auteur, pour &#234;tre &#233;dit&#233;, doit prendre un pseudonyme, car comble de l'humour noir, un certain Henri Girard a acquis la gloire litt&#233;raire, depuis deux ans, sous le nom de Georges Arnaud avec Le Salaire de la peur. Contraint, il retient le nom de Saint Gilles en r&#233;f&#233;rence &#224; son lieu de naissance et en hommage au commissaire Gilles, le personnage de Jacques Decrest, un des membres du jury qui a soutenu son roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA TRAVERSEE DU DESERT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenu &#224; la vie civile, il souhaite continuer &#224; &#233;crire et, pourquoi pas, vivre de sa plume. Toutefois, les &#201;ditions Hachette, hors la collection L'&#201;nigme o&#249; est int&#233;gr&#233; le livre qui obtient le Prix, ne publient pas de romans policiers in&#233;dits. Les principaux &#233;diteurs ont d&#233;j&#224; des &#233;quipes d'auteurs constitu&#233;es, qui ne souhaitent pas laisser de la place aux nouveaux venus. Les collections se sp&#233;cialisent et s'installent sur des cr&#233;neaux particuliers. En mati&#232;re polici&#232;re la mode est au roman noir am&#233;ricain. Nombre d'auteurs doivent prendre des pseudonymes &#224; consonance anglo-saxonne. Le roman d'espionnage a le vent en poupe et prend le pas sur les autres genres.&lt;br class='autobr' /&gt;
On lui renvoie ses manuscrits, pr&#233;textant que son livre ne correspond pas &#224; l'esprit de la collection ou de la soci&#233;t&#233; d'&#233;dition. Des manuscrits ne reviennent pas car, entre-temps, l'&#233;diteur a mis la cl&#233; sous la porte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Arnaud a du prendre un poste de &#171; pion &#187; dans un coll&#232;ge technique. Cette travers&#233;e du d&#233;sert est tr&#232;s dure &#224; vivre pour l'auteur. Il d&#233;sesp&#232;re d'&#234;tre un jour &#233;dit&#233;. Hachette a bien fait para&#238;tre un second roman en 1954. Il a eu une nouvelle dans un num&#233;ro de Myst&#232;re Magazine, mais pour le reste...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;REPUBLIER ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des textes qu'il envoie finit par retenir l'attention. Il s'agit de celle d'Edmond Nouveau le patron des &#201;ditions de l'Arabesque, une jeune soci&#233;t&#233;. Mais la lettre d'accompagnement portant les coordonn&#233;es de l'auteur reste accroch&#233;e par un trombone &#224; un autre manuscrit. Six mois passent avant que Georges re&#231;oive un courrier l'informant que son livre est fort int&#233;ressant mais que la collection pour lequel il a &#233;t&#233; &#233;crit s'est arr&#234;t&#233;e. Toutefois, s'il acceptait de le retravailler pour en faire un roman d'espionnage... De plus, quelles sont ses r&#233;f&#233;rences ? Qu'a-t-il d&#233;j&#224; &#233;crit ? O&#249; a-t-il publi&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Edmond Nouveau apprend que l'auteur n'est autre que Saint-Gilles, qu'il a eut &#171; Le Quai &#187;, il d&#233;cide de cr&#233;er imm&#233;diatement une nouvelle collection polici&#232;re. Si Arnaud veut bien lui envoyer un manuscrit celui-ci fera le num&#233;ro 1 de Crime Parfait ? L'&#233;diteur tient parole et le 15 mars 1957 parait Du sable pour linceul sign&#233; Saint-Gilles. (Toujours !)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Arabesque a besoin de titres dans tous les genres. Georges a la capacit&#233; de r&#233;pondre &#224; la demande et Nouveau ne se prive pas de cette possibilit&#233;. Ainsi, pour pouvoir continuer &#224; publier des policiers de tr&#232;s bon niveau, il doit s'adonner &#224; une production torrentueuse de livres d'espionnage et &#233;rotique. Il multiplie les pseudonymes car, certains mois, L'Arabesque, toutes collections confondues publie jusqu'&#224; trois romans de Georges. Il cr&#233;e Luc Ferran sous le nom de Gil Darcy pour concurrencer Coplan de Paul Kenny, qui &#171; fait un tabac &#187; dans le domaine de la litt&#233;rature d'espionnage.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE FLEUVE NOIR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il entre au Fleuve Noir en 1959 par le biais de la collection Grands Romans. Compos&#233;e de r&#233;cits d'aventures exotiques, celle-ci exigeait une puissance cr&#233;atrice certaine pour tenir le format requis du million de caract&#232;res et Fran&#231;ois Richard, son directeur, manquait d'auteurs. L'Enfer des humili&#233;s permet &#224; Georges Arnaud, de stabiliser sa situation et de retrouver apr&#232;s sept ans son patronyme en intercalant l'initiale de son second pr&#233;nom. Il a 31 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;alise ainsi l'un de ses objectifs le plus cher : pouvoir int&#233;grer l'&#233;quipe de cette maison qui, en une dizaine d'ann&#233;es, s'est impos&#233;e comme l'&#233;diteur num&#233;ro 1 de la litt&#233;rature populaire d&#233;passant en nombre de lecteurs et de ventes, &#224; d&#233;faut de notori&#233;t&#233;, d'autres collections d'&#233;diteurs pourtant prestigieux comme Gallimard et sa S&#233;rie Noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lutte pour placer Virus, en 1960, dans la collection Sp&#233;cial-Police et doit convaincre pour faire &#233;diter Forces contamin&#233;es en 1961, dans la prestigieuse collection Espionnage, une collection o&#249; les volumes des &#171; vedettes &#187; &#233;taient tir&#233;s &#224; 120-150 000 exemplaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le pari est gagn&#233; et se succ&#232;dent alors, &#224; un rythme soutenu la parution de livres sign&#233;s G.-J. Arnaud. Ainsi, jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 60 il se partagera entre les trois grandes collections d&#233;j&#224; cit&#233;es. Toutefois, &#224; la demande de son ancien &#233;diteur, il refait quelques Luc Ferran pour relancer la s&#233;rie qui s'essouffle et alimente, pour le plaisir, sous pseudonyme, d'autres collections chez Ferenczi.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;strong&gt;UN CERTAIN REGARD...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sous cette apparente qui&#233;tude la vie de l'auteur &#171; n'est pas un long fleuve tranquille &#187;. Georges Arnaud doit constamment faire valoir son point de vue, d&#233;fendre sa volont&#233; de ne pas se plier aux cadres trop restrictifs des collections. Il veut se d&#233;marquer de la production standard. Ainsi, pour les romans destin&#233;s &#224; Sp&#233;cial Police, il ne souhaite plus se contenter de faire : &#171; ...des constructions astucieuses avec des implications psychologiques et des situations pittoresques. &#187; mais : &#171; introduire dans le genre un &#233;l&#233;ment social, un &#233;l&#233;ment critique et de nombreux aspects de la vie de tous les jours &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il commence cette &#233;volution dans Tatouage, en 1965. Dans ce livre, il &#233;labore son intrigue sur une gr&#232;ve dans un des quartiers populaires de Madrid et termine avec une chute &#224; la fois polici&#232;re et politique. Il continuera, ainsi, dans ses polars, &#224; suivre l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;, portera une vision critique sur les liens entre politique et affairisme, sur les dangers et les d&#233;rives mena&#231;ants le libre arbitre de l'homme, sur les secousses de notre civilisation...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;strong&gt;LES ESPIONNAGES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la collection Espionnage, il cr&#233;e le Commander. Mais ce personnage r&#233;current l'ennuie par son cot&#233; rigide, conventionnel, calibr&#233;. Il cherche une possibilit&#233; de s'exprimer diff&#233;remment. C'est ainsi qu'en 1971, il s'affranchi des r&#232;gles du genre en imaginant La Mamma, une vieille femme qui lutte pour son propre compte avant de devenir l'adjoint du Commander. Peu &#224; peu, elle fera jeu &#233;gal avec le h&#233;ros avant de devenir, elle-m&#234;me, l'h&#233;ro&#239;ne principale de nombre de livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite les romans d'espionnage de Georges Arnaud &#233;voluent vers le reportage d'investigation. Il ex&#233;cute, &#224; son &#233;chelle, le m&#234;me travail qu'une centrale de renseignements. Il constitue des dossiers complets &#233;tay&#233;s, sur des compilations d'articles de presse de toutes tendances politiques, des contacts dans divers milieux, par un travail d'enqu&#234;te approfondi. Il analyse ces donn&#233;es et livre ses conclusions &#224; travers les aventures du Commander et de La Mamma. Avec le recul et la diffusion plus large d'informations sur cette &#233;poque, on mesure mieux toute la rigueur de ces romans, la qualit&#233; des synth&#232;ses et la vision &#233;clair&#233;e de l'auteur. Ainsi, dans ses &#171; petits bouquins &#187; il l'un des premier &#224; remettre en cause la classe dirigeante englu&#233;e dans des affaires, (d&#233;j&#224; !), les &#171; magouilles &#187; politiciennes, &#224; d&#233;noncer le d&#233;veloppement des sectes, la responsabilit&#233; de la CIA dans les gu&#233;rillas et son ing&#233;rence dans les affaires int&#233;rieures de nombreux pays, les dangers du nucl&#233;aire, le sort des Palestiniens au Moyen Orient... Par exemple, avec O combien de marins..., il traite du sort des &#233;quipages des premiers marins nucl&#233;aires, un secret d'&#233;tat &#224; l'&#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
&lt;strong&gt;L'&#201;ROTISME&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Arnaud a &#233;crit &#233;galement pour la litt&#233;rature &#233;rotique, mais contrairement &#224; d'autres auteurs, il n'a jamais ni cach&#233;, ni ni&#233; le fait. Avant de porter un jugement n&#233;gatif, a priori, sur ces ouvrages, il faut les lire et admettre que, malgr&#233; le genre &#171; mineur &#187;, Arnaud &#233;crit avec le m&#234;me s&#233;rieux, la m&#234;me attention, le m&#234;me talent. D'ailleurs, certains volumes, certaines s&#233;ries m&#233;riteraient amplement de sortir de l'oubli comme les 15 &#171; Marion &#187; publi&#233;es entre 1974 et 1976, sous la signature d'Ugo Solenza. L'action de cette saga se situe dans l'Irlande du XVIII&#232; si&#232;cle, pendant la Grande Famine, un des moments les plus noirs de l'histoire du pays. Le r&#233;cit des tribulations de la jeune h&#233;ro&#239;ne &#224; travers le pays est fond&#233; sur une documentation historique cons&#233;quente, constitu&#233;e avec le m&#234;me souci de v&#233;racit&#233; que les dossiers pour l'espionnage. La reconstitution de la vie irlandaise, &#224; travers diff&#233;rentes couches sociales, est riche et &#233;claire les luttes men&#233;es &#224; la fois pour la lib&#233;ration de la femme et du pays. Certes, les nombreuses p&#233;rip&#233;ties, car ces livres sont aussi des romans d'action, sont ponctu&#233;s de parenth&#232;ses &#233;rotiques, mais dont la description n'est jamais ni vulgaire ni pornographique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;&lt;BR&gt;
Il travaille pour presque toutes les collections du Fleuve Noir. &#192; la demande de Fran&#231;ois Richard, pour la collection Angoisse en perte de vitesse, il &#233;crira quatre textes dont la mythique Dalle aux maudits. Ce livre r&#233;dig&#233; en 8 jours est un texte fantastique, terriblement angoissant et pr&#233;monitoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il approche la science fiction en 1971 avec une trilogie d&#233;nomm&#233;e : Les chroniques de la grande s&#233;paration. Il se sert de ses th&#232;mes de pr&#233;dilection comme l'isolement, la sauvegarde du libre arbitre, de la libert&#233; de pens&#233;e et les conjuguent &#224; la dimension de plan&#232;tes. Cette s&#233;rie, pass&#233;e un peu inaper&#231;ue, m&#233;rite d'&#234;tre red&#233;couverte pour la richesse de ses situations et parce qu'elle pr&#233;figure, en quelque sorte, La Compagnie des glaces.&lt;br class='autobr' /&gt;
La carri&#232;re de G.-J. Arnaud est devenue ins&#233;parable de celle du Fleuve Noir, &#224; tel point que Fran&#231;ois Rivi&#232;re fera l'&#233;v&#233;nement dans Lib&#233;ration, en 1986, avec un article de fond justement intitul&#233; : Le fleuve Arnaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, entre 1979 et 1984, il continue une s&#233;rie &#233;rotique bas&#233;e sur les d&#233;couvertes sensuelles, sexuelles de Pascal, un adolescent qui, peu &#224; peu, au fil des romans devient aussi retors, aussi manipulateur que le Julien Sorel du cher Stendhal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA NAISSANCE DE LA COMPAGNIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis lui vient l'id&#233;e, &#224; partir d'exp&#233;riences plus ou moins abouties sur les &#233;conomies d'&#233;nergie, de faire des s&#233;ries de quelque volumes d&#233;montrant le cot&#233; autoritaires voire dictatoriales que certains techniques peuvent prendre, leurs dictats dans la vie quotidienne et leur influence sur l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;. &#171; Je pensais prendre comme sujet, l'&#233;nergie nucl&#233;aire bien s&#251;r, l'&#233;lectricit&#233;, une autre fois les transports, etc. Je ne pouvais traiter ces sujets dans un cadre policier. Il me fallait les d&#233;porter vers l'avenir. L'anticipation s'y pr&#234;tait bien. Par go&#251;t, j'appr&#233;cie les terres s&#232;ches, les d&#233;serts. Je cherchais... C'est ma femme qui m'a dit : &#171; Toi qui n'aime pas le froid, la glace et qui sait tr&#232;s bien d&#233;crire ce que tu d&#233;teste, pourquoi ne pas prendre un d&#233;sert glac&#233; ? &#187;. Comme j'aime &#233;galement beaucoup les trains et le monde ferroviaire, le sujet &#233;tait n&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au d&#233;part, je ne pensais faire qu'une s&#233;rie de 4 &#224; 5 livres. Et puis, d&#232;s la fin du premier j'ai compris que je pouvais, que je devais aller plus loin &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Compagnie des Glaces &#233;tait n&#233;e, la formidable saga allait commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette fresque, il continue d'&#233;crire des polars. Il cl&#244;t les aventures du Commander en 1986 dans Cerveaux empoisonn&#233;s o&#249; il lance une charge justifi&#233;e contre les sectes et particuli&#232;rement la secte Moon. Il fera deux volumes, en 1985 et 86 pour la collection Gore. Ce genre litt&#233;raire qui privil&#233;gie la description de carnages, de tueries et autres d&#233;pe&#231;ages a eut une vogue dans la d&#233;cennie 80. Mais l'absence de trame, la compilation de sc&#232;nes sanguinaires qui finissaient par toutes se ressembler &#224; eu raison de la collection. Toutefois G.-J. Arnaud a su m&#233;nager les r&#232;gles du genre et son go&#251;t pour des intrigues ficel&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, en 1992, il interrompt toute relation avec le Fleuve Noir, apr&#232;s 33 ans de totale collaboration, suite &#224; la l&#233;g&#232;ret&#233; frisant l'incomp&#233;tence du directeur de l'&#233;poque. Avant de partir, parce qu'il a toujours eu un grand respect pour ses lecteurs, il termine la Compagnie des glaces au num&#233;ro 62, sur une conclusion parfaitement coh&#233;rente, bien que de nombreux d&#233;veloppements soient d&#233;j&#224; imagin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE SOIF INEXTINGUIBLE DE NOUVEAUTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1987-88, il aborde des genres nouveaux comme une trilogie de souvenirs publi&#233;es chez Calman-L&#233;vy dans laquelle il renoue avec ses racines &#224; travers les vies crois&#233;es de ses arri&#232;res grands-parents, puis grands parents avant d'&#233;voquer avec beaucoup d'humour sa prime enfance. Les Moulins &#224; nuages, le premier tome est r&#233;compens&#233; par le Prix R.T.L grand public. Ce livre lui vaut d'&#234;tre invit&#233; par Bernard Pivot dans son &#233;mission Apostrophes, alors qu'il a, &#224; son actif, plus de 330 romans et quelques nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il commence Les Compagnons de la Gal&#232;re, une attachante t&#233;tralogie sur Toulon, dont l'histoire s'est construite et se confond avec celle de son bagne et de la marine, h&#233;las en rade aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se plonge dans le Paris des ann&#233;es 1830 avec les aventures des jumeaux Hyacinthe et Narcisse Roqueb&#232;re, deux avou&#233;s qui se livrent &#224; des enqu&#234;tes dans un univers balzacien. Le th&#232;me et le contexte offrent de grandes potentialit&#233;s de d&#233;veloppements mais la s&#233;rie reste &#233;galement inachev&#233;e &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, il accepte de revenir au Fleuve Noir, suite &#224; un bienheureux changement d'&#233;quipe, pour une s&#233;rie de romans d'aventures dans une collection nouvelle Aventures et Myst&#232;res. Il cr&#233;e pour l'occasion Ugo Cardone, capitaine du V&#233;suvia, un vieux cargo rouill&#233;. Dans les ann&#233;es 30, ce personnage aux airs de Corto Maltese, se livre &#224; mille trafics, en marge de la l&#233;galit&#233; dans une Europe chancelante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il propose alors de reprendre La Compagnie des glaces sous la forme de spin off, des volumes permettant d'&#233;clairer certains faits et &#233;v&#233;nements pour les expliquer ou les approfondir, sous le titre g&#233;n&#233;rique des Chroniques Glaciaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il entre au &#201;ditions du Masque en 2001, &#224; la demande de Serge Brussolo, pour des polars qui ancrent leurs intrigues dans le pass&#233; des Corbi&#232;res. La m&#234;me ann&#233;e, il commence La Nouvelle &#201;poque de la Compagnie, avec le pari de publier un volume de 288 pages tous les deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le lecteur d'aujourd'hui, il devient de plus en plus difficile de suivre les publications de G.-J. Arnaud. D'une part, parce que celui-ci est sollicit&#233; par de nombreux &#233;diteurs et parce que d'autre part, il n'existe plus une seule soci&#233;t&#233; d'&#233;dition capable de publier tout son travail. Il est toujours aussi actif, toujours d&#233;vor&#233; par le besoin d'&#233;crire, de faire partager ses vastes univers romanesques, les aventures imaginaires qu'il partage avec ses personnages, s'identifiant &#224; eux. C'est cette implication qui rend son &#339;uvre si attachante, si riche, jalonn&#233;e de tant de romans de haute qualit&#233; et de tant de chefs d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serge Perraud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>G.-J. Arnaud va plus loin</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article994</link>
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		<dc:date>2004-07-04T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



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&lt;p&gt;Entretiens avec Serge Perraud &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette interview r&#233;sulte d'entretiens &#233;chelonn&#233;s sur ces derni&#232;res ann&#233;es, le plus r&#233;cent s'&#233;tant d&#233;roul&#233; lors du Salon du Livre de Paris en mars 2003 sur le stand des Editions du Masque. &lt;br class='autobr' /&gt;
SP - G.-J. Arnaud, qu'est-ce qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la naissance de La Compagnie des Glaces ? &lt;br class='autobr' /&gt;
GJA - Je voulais faire plusieurs choses, exploiter plusieurs id&#233;es. Je cherchais &#224; illustrer l'imp&#233;rialisme de certaines technologies et je voulais &#233;crire quelque chose avec et sur le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;La Compagnie des Glaces par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entretiens avec Serge Perraud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette interview r&#233;sulte d'entretiens &#233;chelonn&#233;s sur ces derni&#232;res ann&#233;es, le plus r&#233;cent s'&#233;tant d&#233;roul&#233; lors du Salon du Livre de Paris en mars 2003 sur le stand des Editions du Masque.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - G.-J. Arnaud, qu'est-ce qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la naissance de La Compagnie des Glaces ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Je voulais faire plusieurs choses, exploiter plusieurs id&#233;es. Je cherchais &#224; illustrer l'imp&#233;rialisme de certaines technologies et je voulais &#233;crire quelque chose avec et sur le train. Je r&#234;vais depuis longtemps de raconter la saga d'une civilisation bas&#233;e sur le rail. Je voulais aborder la fa&#231;on dont les technologies, qui prennent tant d'importance, qui nous obligent &#224; passer par leurs &#171; volont&#233;s &#187;, leurs diktats, pouvaient un jour donner naissance &#224; un v&#233;ritable r&#233;gime totalitaire. Aujourd'hui comment pensez-vous vous passer de l'&#233;lectricit&#233;, de l'automobile ? Ces techniques ont si bien su s'imposer, qu'elles nous sont indispensables, que nous devons vivre en fonction d'elles, que nous devons nous adapter. Pourquoi ne deviendraient-elles pas dictatoriales ? Le risque existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Vous aviez d&#233;j&#224; s&#233;lectionn&#233; vos &#171; victimes &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - J'avais envie de parler de plusieurs sujets. Je voulais parler de l'&#233;lectricit&#233; d'origine nucl&#233;aire, de l'informatique et de ses d&#233;riv&#233;es, je voulais parler des transports. J'ai choisi de commencer par le chemin de fer, parce que j'en avais envie et que c'&#233;tait ce que je connaissais le mieux. Je n'avais pas besoin de tellement de documentation pour attaquer. Je m'&#233;tais dit qu'au fond une compagnie ferroviaire pourrait prendre le pouvoir, comme l'ont pris, par exemple, les routiers au Chili. Ce sont les routiers qui ont aid&#233; &#224; la chute d'Allende. Parce que le transport, de tout temps a &#233;t&#233; tr&#232;s important. C'est le nerf, c'est le fluide nourricier d'une soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai donc imagin&#233; des compagnies ferroviaires tr&#232;s autoritaires, se partageant le monde, avec comme alibi, la n&#233;cessit&#233; d'offrir le minimum de chaleur et de nourriture &#224; une humanit&#233; bris&#233;e. C'est comme si la SNCF et EDF prenaient le pouvoir apr&#232;s un cataclysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - D'o&#249; vous vient cette passion pour les chemins de fer ? De votre enfance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Non, parce que je n'ai jamais pris le train avant l'&#226;ge de 17 ans. Mes parents avaient une automobile. Du fait de son m&#233;tier, mon p&#232;re a eu besoin, tr&#232;s vite, d'une voiture. Donc, lorsque nous avions &#224; nous d&#233;placer, c'&#233;tait en automobile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes camarades ou les gens que je c&#244;toyais se d&#233;pla&#231;aient en chemin de fer. Ils voyageaient en train pour leurs activit&#233;s, pour aller en vacances dans la famille. Le chemin de fer &#233;tait devenu un mythe, pour moi. Mais j'avais envie, j'avais besoin presque de monter dans un wagon, de vivre les sensations produites par ce mode de locomotion. Notez bien que mes camarades, eux, m'enviaient lorsque je partais en voiture sans avoir rien &#224; porter. Parce que, pour leurs voyages en train, ils devaient transporter les bagages. Et ce n'&#233;tait pas rien !&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais 17 ans. Le lyc&#233;e a organis&#233; une excursion. C'&#233;tait une sortie sur un site arch&#233;ologique, &#224; une quinzaine de kilom&#232;tres de l'&#233;tablissement. On avait l'autorisation, pour s'y rendre, d'utiliser le moyen de d&#233;placement qui nous convenait. Simplement, nous devions nous retrouver sur place. J'aurais pu prendre mon v&#233;lo, mais j'en avais un peu &#171; soup&#233; &#187;, l'ayant beaucoup utilis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais, dans le m&#234;me temps une histoire sentimentale avec une jolie fille. C'&#233;tait la fille d'un futur pr&#233;sident de la R&#233;publique Italienne. Il avait pass&#233;, parce qu'il &#233;tait contre la politique du Duce, toute la p&#233;riode de la guerre, cach&#233; l&#224; o&#249; j'habitais. Ce dont je vous parle se d&#233;roulait en 1945, tout de suite apr&#232;s la Victoire. Sa famille n'&#233;tait pas rentr&#233;e tout de suite. Il y avait beaucoup de difficult&#233;s. Tout &#233;tait en ruine dans son pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais donc 17 ans. J'ai pris le train. Elle aussi a pris le m&#234;me convoi et nous avons fait le voyage ensemble. Je ne sais pas si pour moi la combinaison des deux &#233;l&#233;ments...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, il n'y a pas que &#231;a. Cela, c'est le c&#244;t&#233; un peu romantique de la chose. Il y avait une lecture qui m'avait profond&#233;ment boulevers&#233;, c'&#233;tait La Maison &#224; vapeur de Jules Verne. C'&#233;tait quelque chose ! Il avait imagin&#233; un &#233;l&#233;phant m&#233;canique qui se d&#233;pla&#231;ait, gr&#226;ce &#224; la vapeur, dans la jungle indienne. Moi, j'avais trouv&#233; &#231;a d'une imagination... formidable. Je crois que mon subconscient est rest&#233; marqu&#233; par ce livre. Toutefois, ce n'&#233;tait pas de la Science fiction, car Jules Verne n'a fait appel, pour cette histoire, qu'&#224; des techniques qui existaient &#224; son &#233;poque. Et puis apr&#232;s, en grandissant, j'avais lu des bouquins plus s&#233;rieux sur le train. J'ai lu aussi La Madone des Sleepings de Maurice Dekobra. Ce n'&#233;tait pas tr&#232;s s&#233;rieux, mais cela faisait partie de tout ce folklore sur le train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais vous savez, pendant tr&#232;s longtemps, jusque dans les ann&#233;es cinquante, le train &#233;tait le seul moyen de transport. On n'avait plus tellement d'autos, On n'avait pas tellement d'essence et il fallait voyager. Les trains &#233;taient bond&#233;s, c'&#233;tait toute une &#233;pop&#233;e pour le prendre. Le train prenait une importance dans notre vie. Pour le moindre d&#233;placement, c'&#233;tait... Il fallait s'y prendre longtemps &#224; l'avance. C'&#233;tait incroyable les difficult&#233;s qu'on avait &#224; se d&#233;placer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Les Trains &#233;taient-ils &#224; l'heure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Non, Non ! &#199;a pas du tout ! Donc, il y a plusieurs origines... Et puis, j'ai une vieille tendresse pour les vieilles loco &#224; vapeur, vous savez, celles qui sont bien briqu&#233;es, avec des cuivres, avec des pi&#232;ces en acier brillant. C'est vrai, c'est beau une machine &#224; vapeur. D'ailleurs, pas loin de ma r&#233;sidence, il y en a une qui est expos&#233;e en permanence, &#224; l'entr&#233;e d'un village qui a &#233;t&#233; un grand centre ferroviaire &#224; une &#233;poque. Pour symboliser ce pass&#233;, ils ont mis une machine &#224; vapeur des ann&#233;es 20, dans l'entr&#233;e du village. Beaucoup de gens s'y arr&#234;tent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Lorsque vous avez commenc&#233; cette s&#233;rie avec le train, pensiez-vous que c'&#233;tait le d&#233;but d'un tel cycle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Lorsque j'ai commenc&#233; &#224; &#233;crire le premier roman en 1978, je pensais faire autour de quatre &#224; cinq volumes. Je ne me souviens pas exactement, mais c'&#233;tait effectivement un nombre limit&#233; qui ne devait pas d&#233;passer la dizaine. Je voyais des histoires ind&#233;pendantes, des intrigues s&#233;par&#233;es. Mais, lorsque j'&#233;cris je n'ai jamais de plan pr&#233;cis. Je me laisse guider par mes personnages. Ce sont eux qui font l'histoire et je dois m'en accommoder !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Comment-vous &#234;tes-vous embarqu&#233; dans cette &#171; aventure &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Je voulais choisir comme cadre un d&#233;sert. Je voulais une Terre devenue un d&#233;sert, avec beaucoup de sable, tr&#232;s peu d'eau, des vents violents, des difficult&#233;s sans nom pour la survie des personnages... etc. Par go&#251;t, je pr&#233;f&#232;re la chaleur au froid. C'est ma femme, avec qui je parlais de ce sujet, des difficult&#233;s que j'&#233;prouvais &#224; cadrer mon d&#233;cor, &#224; imaginer des freins tels que la population soit oblig&#233;e de subir une dictature et ne puisse s'en affranchir, qui me dit : &#171; Tu sais, tu ferais mieux de choisir autre chose que cet univers de chaleur, parce que c'est ce que tu aimes. Et quand tu aimes, tu es moins bon que quand tu n'aimes pas ! Comme tu n'aimes pas le froid, la glace, moi je prendrai un univers glac&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et j'ai suivi son conseil !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Mais pourquoi, vous qui n'aimez pas le froid retenir un tel milieu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Justement, je sais bien analyser ce qu'on ressent quand on a froid ! Et puis, au d&#233;part, je pensais plus &#224; un cycle ferroviaire qu'&#224; un cycle glaciaire. Je voyais plut&#244;t une intrigue avec, pour d&#233;cors, l'univers ferroviaire. C'&#233;tait le plus important dans mon esprit. Les glaces n'&#233;taient qu'un support. Quand j'ai commenc&#233;, je ne voulais penser qu'aux compagnies ferroviaires qui avaient un pouvoir sur tout le monde, mais dans un cadre qui restait &#224; d&#233;finir. J'avais pens&#233;, aussi, &#224; une plan&#232;te noy&#233;e, avec juste quelques passages terrestres pour les rails.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce cadre devait &#234;tre plus un d&#233;cor qu'une partie int&#233;grante du bouquin. Parce qu'au fond, je d&#233;sirais surtout parler d'histoires avec des trains, leurs wagons, leurs compartiments, des rails, de la machinerie, de la fourniture de courant, etc. Ce qui est important, c'est l'&#233;nergie. Sans elle, l'humanit&#233; est bien d&#233;munie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Vous avez quand m&#234;me pass&#233;, en &#233;tant frileux, vingt-cinq ans dans la glace !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Oui, (Rires) oui, mais comme j'habite une r&#233;gion chaude, quand je sors, je me retrouve dans mon &#233;l&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Vous pr&#233;sentez dans vos romans, nombre de techniques du domaine ferroviaire : la pose des rails, la fa&#231;on de conduire une loco... Avez-vous, pour construire cet univers, travaill&#233; &#224; partir de documents ou avez-vous fait appel &#224; vos souvenirs, &#224; l'observation et &#224; votre imagination ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - J'ai us&#233; de toutes les sources possibles. Mais j'ai aussi rajout&#233; des choses de mon cru, &#233;videmment. C'est quand m&#234;me une fiction.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai beaucoup voyag&#233; en chemin de fer depuis l'&#233;poque de mes 17 ans. C'est une chose que j'aime faire. Pour moi, monter dans un train, surtout un train de nuit, prendre une couchette me permet de vivre des moments un peu diff&#233;rents. Vous rencontrez des inconnus. Vous &#171; partagez &#187; avec eux une certaine intimit&#233;. C'est un moment exceptionnel. Vous vous promenez dans les couloirs, rencontrez des gens encore debout... qui fument une cigarette... c'est un retour &#224; une certaine forme de vie gr&#233;gaire qui me plait beaucoup.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, il y a cette atmosph&#232;re particuli&#232;re qui est celle des voyages. Le voyage est ainsi un entracte dans votre vie, une parenth&#232;se. Vous n'avez plus les m&#234;mes occupations, les m&#234;mes pr&#233;occupations. Toutefois, cela se perd sans doute avec les voyages tr&#232;s rapides, avec les t&#233;l&#233;phones et les ordinateurs portables. Mais je me base beaucoup sur mes souvenirs pour reconstituer, tant bien que mal, cette atmosph&#232;re dans mes livres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Effectivement je me suis compos&#233; une base documentaire. J'ai un certain nombre d'ouvrages sur les techniques et technologies employ&#233;es. Mais, plus que la technique en soi, les signaux, les syst&#232;mes &#233;lectriques et &#233;lectroniques, la capacit&#233; des motrices, leurs modes de propulsion, ce qui m'int&#233;resse c'est le pass&#233; du chemin de fer. J'ai des ouvrages sur les grands trains mythiques d'autrefois. Je me suis offert un livre fabuleux sur l'Orient express, avec la description de toutes ces voitures fastueuses, sur le Transsib&#233;rien. J'ai des revues sur l'organisation des compagnies ferroviaires...&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, je suis capable, de partir d'un seul mot scientifique et de faire des recherches &#224; partir de ce mot, de cette racine pour tout ce qui d&#233;coule de l'expression. Je cherche tout ce qui peut m'&#234;tre utile pour expliquer au lecteur, sans que cela bascule dans la p&#233;danterie, sans que cela soit trop technique ou donne l'impression d'&#234;tre trop vulgaris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Vous n'avez pas travaill&#233; que sur le train. N'avez-vous pas &#233;galement men&#233; des recherches sur la glace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Oui, aussi, bien &#233;videmment. Mais l&#224;, j'ai peut-&#234;tre escamot&#233; un certain nombre de difficult&#233;s, de probl&#232;mes. Parce que, si je voulais tenir compte, exactement, de ce qu'est la banquise, on ne pourrait jamais y installer des lignes de chemin de fer sur de grandes distances et pour des convois comme je les propose. Il y a des crevasses &#233;normes, des zones o&#249; c'est tr&#232;s chaotique. Alors, bien s&#251;r, mes Aiguilleurs disposent de profileuses qui arrangent tout &#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, la banquise, elle bouge constamment. Elle bouge parce qu'elle a une fin et un d&#233;but dans notre &#232;re. Dans celle de la Compagnie, puisque toute la Terre est bloqu&#233;e par les glaces, elle ne bouge pas. De plus, comme la lune a disparu, il n'y a plus de mar&#233;es. C'est &#224; dire que les oc&#233;ans ne montent plus, ne descendent plus, donc la banquise ne se fracture plus sous ces pouss&#233;es. Voil&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Cela a-t-il n&#233;cessit&#233; des recherches et des &#233;tudes tr&#232;s pouss&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - C'&#233;tait tout un encha&#238;nement qu'il a fallu concevoir. Je me suis inspir&#233; d'&#233;crits tels que ceux de Paul-&#201;mile Victor. Il fallait bien que je puise dans les documents de gens ayant v&#233;cu sur la glace, car, pour ma part je n'ai pas d'exp&#233;rience dans ce domaine. J'ai, au d&#233;part, &#233;tudi&#233; tous ces m&#233;canismes et presque toutes leurs incidences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis les gens ont soulev&#233; nombre de questions. Je me souviens, les lecteurs lors de s&#233;ances de d&#233;dicace me demandaient : &#171; Comment font-ils pour se procurer tout ce mat&#233;riel ? &#187;. O&#249; ont-ils trouv&#233; ce qu'ils ont ? Je leur r&#233;pondais : &#171; Vous n'avez pas bien lu ! Ils font des fouilles... C'est une soci&#233;t&#233; qui ne vit que parce qu'une autre a exist&#233; pr&#233;c&#233;demment. Elle vit de fouilles. Ce sont des arch&#233;ologues qui puisent dans tout ce qu'ils peuvent trouver. Soit ils d&#233;couvrent des plans, des techniques, soit ils trouvent vraiment les appareils m&#234;me s'ils sont fossilis&#233;s, m&#234;me s'ils sont compl&#232;tement foutus, ils peuvent quand m&#234;me en tirer parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Certains d&#233;couvrent des choses qu'ils cachent ensuite soigneusement. Je pense aux N&#233;o-Catholiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Ah, oui ! Ah &#231;a, c'est parce que il y a eu quelque chose, une interruption dans la chronologie de la papaut&#233;. Et pour eux, c'est quelque chose... Le dogme doit &#234;tre continu. C'est si difficile &#224; admettre qu'ils trichent sur les dates. Ils ont laiss&#233; entendre, au fond, qu'il ne s'est pas &#233;coul&#233; tellement de temps entre l'explosion de la lune et l'&#233;poque o&#249; mon action se d&#233;roule. Seulement, ils ont &#233;t&#233; aid&#233;s en ce sens que certaines sciences ont &#233;t&#233; totalement interdites, dont l'astronomie, les recherches historiques, la g&#233;ographie, enfin tout ce que l'on conna&#238;t &#224; l'&#233;cole maternelle. Tout &#231;a, pour eux, c'&#233;tait fini. Cela avait &#233;t&#233; supprim&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais dans le cycle que je propose actuellement, la Seconde Epoque, tout reprend. On lib&#233;ralise un peu l'acc&#232;s &#224; ces sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Il faudrait lire plusieurs fois La Compagnie des Glaces pour tout conna&#238;tre. Car, outre l'action, il y a &#233;norm&#233;ment de d&#233;tails piquants, pittoresques, qui frappent juste. Pae exemple, vous faites appeler la Terre : La Plan&#232;te blanche, par les enfants d'Ophiuchus.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Oui, en effet, aujourd'hui, les photos prises de tr&#232;s haut nous permettent de d&#233;couvrir une boule essentiellement bleue. Or, si je l'entoure d'une couche de d&#233;bris de la lune, j'imagine que la belle couleur d'origine due avant tout &#224; la constitution de l'atmosph&#232;re changera. J'ai fait le pari que ces d&#233;bris donneraient une couleur gris clair, proche du blanc, d'o&#249; cette d&#233;nomination que je pr&#234;te &#224; ces enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - J'ai not&#233; &#233;galement, que vous introduisez tr&#232;s vite des voiliers. On sait que vous avez une grande passion pour la voile. Vous faites-vous plaisir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Oui, bien s&#251;r ! Ah mais c'est tout &#224; fait &#231;a. Remarquez que je ne suis pas le premier. Il y avait d&#233;j&#224;, dans Le Tour de Monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, l'utilisation de ce type de transports, des voiliers sur glace. Mais moi, je les oblige &#224; suivre des rails, &#224; se limiter dans leur sens de d&#233;placement. Mais, quelle belle &#233;conomie d'&#233;nergie on pourrait trouver l&#224;, en rationalisant ce moyen de voyager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Et Lien Rag ? Vous &#234;tes parti avec ce patronyme. Comment l'avez-vous choisi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - J'avoue que les raisons de ce choix sont assez floues. Je voulais avoir un nom qui puisse rappeler le lien entre les deux peuples, celui du chaud et celui du froid, d'o&#249; ce pr&#233;nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Et puis vous faites un lien avec les Ragus. Vous montez toute une intrigue &#224; partir de l&#224;, sachant que vous vous &#233;tiez engag&#233; sur une s&#233;rie relativement courte avec une histoire finie. Aviez-vous initialement cette id&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Non, mais c'est &#231;a les bonheurs de l'&#233;criture. Ce sont les hasards qui font que d'un seul coup... Un jour, je me suis dit... Je ne sais pas comment cela est arriv&#233;, mais j'ai constat&#233; que Rag, &#224; l'envers, faisait gar. Pour un univers ferroviaire, cela &#233;tait d&#233;j&#224; pas mal. Et je me suis rappel&#233; qu'en anglais, on avait le mot sugar. Et j'ai b&#226;ti toute une partie de l'intrigue l&#224;-dessus. J'ai appel&#233; la famille du h&#233;ros, les Ragus, qui concordaient bien avec sugar. Puis plus tard, j'ai utilis&#233; le mot de sugar, pour les luttes qui se passaient &#224; bord du Bulb, entre les Sugar et, cela allait de soi, les Salt.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai continu&#233; dans ce sens, ensuite, en appelant le Bulb, SAS (Salt and Sugar). C'est &#233;galement un clin d'&#339;il &#224; G&#233;rard de Villiers qui a SAS pour h&#233;ros de ses romans d'espionnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Sans vouloir vous manquer de respect, on a l'impression que vous &#171; vous amusez comme un petit fou &#187; Est-ce le cas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Mais je m'amuse bien &#224; &#233;crire. Si je ne m'amusais pas, je ne le ferais pas. Je me suis bien amus&#233; tout au long de cette p&#233;riode. Je ne sais pas si les lecteurs le remarquent ou pas. J'utilise des sigles qui apparaissent &#224; un instant donn&#233;. Par exemple, j'ai fait des CCP, les Coordinations des Cellules Populaires, j'ai pris PTT, FBI... Il y a, ainsi quelques canulars, mais aussi plein de r&#233;f&#233;rences &#224; la vie quotidienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, il faut un peu d'humour. La Science-fiction est trop s&#233;rieuse. La SF fran&#231;aise est tr&#232;s s&#233;rieuse. C'est rare qu'on rigole. Ce qui n'est pas le cas des Anglo-Saxons qui ont plus de romans avec une vision d&#233;cal&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - On conna&#238;t le succ&#232;s de La Compagnie des Glaces. Mais n'aviez-vous pas commenc&#233; par d'autres livres de SF ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - J'avais fait une s&#233;rie, Les Chroniques de la Grande S&#233;paration, entre 1971 et 1973. Elle &#233;tait classique avec une vision qui correspondait &#224; l'&#233;poque. Mais ce n'&#233;tait pas ce que je voulais faire. J'avais d&#233;j&#224; ce sujet de la Compagnie. Avec Les Chroniques je pensais avoir &#233;puis&#233; ce que j'avais &#224; dire en Science-Fiction. Je me suis rendu compte que cela se rapprochait du Space Opera et ce n'&#233;tait pas du tout mon objet. Pourtant, j'avais bien aim&#233; ce que j'avais fait l&#224;. Mais j'ai arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Pourtant, &#224; l'&#233;poque, vous aviez eu une bonne presse sur la s&#233;rie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Excellente ! Mais le directeur litt&#233;raire de l'&#233;poque ne m'avait gu&#232;re encourag&#233;. Je n'avais eu aucune raison de continuer sur cette voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Comment, alors, avez-vous fait accepter votre projet ce cycle ferroviaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Comme je vous l'ai dit, j'avais ce sujet, je voulais le traiter mais je ne savais comment. La Science-fiction ne m'attirait pas &#233;norm&#233;ment... Et j'avais des h&#233;sitations &#224; l'utiliser comme d&#233;cor. J'avais cette s&#233;rie de sujets et je ne savais pas comment les traiter, dans quel cadre le placer. Je me suis dit que je devais anticiper. Je ne pouvais pas les faire se d&#233;rouler dans notre monde, cela n'aurait pas &#233;t&#233; cr&#233;dible. Tout le monde appr&#233;cie le train. Tout le monde aime voir ces machines. De plus, il y avait un engouement terrible avec le TGV. Je ne me voyais pas raconter des histoires se d&#233;roulant &#224; notre &#233;poque avec une soci&#233;t&#233; qui prendrait le pouvoir. Il fallait que je d&#233;cale carr&#233;ment le d&#233;cor de mon sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais finalement ce n'a pas &#233;t&#233; tellement difficile. M&#234;me si on ne lit pas de SF, on est impr&#233;gn&#233; qu'on le veuille ou non. Ce sont des &#233;chos, des lectures d'articles, des gens qui vous en parlent, des enthousiastes, des gens qui n'aiment pas sp&#233;cialement mais qui en parlent. Ils &#233;voquent le cadre. Vous avez ainsi connaissance de ce climat. Donc lorsque j'ai d&#233;cid&#233; de faire mes romans, je pensais plut&#244;t anticipation que Science-fiction. Mais ce mot de Science-fiction est difficile &#224; assumer pour pas mal d'auteurs, car les r&#233;cits propos&#233;s n'ont pas toujours une base tr&#232;s scientifique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc voil&#224;, c'&#233;tait une anticipation sur le transport. J'avais choisi mon cadre. Fran&#231;ois Richard n'&#233;tait pas emball&#233; en ce sens qu'il avait d&#233;j&#224; pas mal d'auteurs de Science-fiction et d'Anticipation. J'avais d&#233;j&#224; prouv&#233; mon originalit&#233; avec les Espionnages et les Policiers et il pensait que &#231;a n'ajouterait pas... Les premiers que j'avais faits ne l'avaient, sans doute, pas convaincu, car il ne m'avait pas encourag&#233; &#224; continuer. C'&#233;taient de bons bouquins, mais ils n'&#233;taient pas extraordinaires. Mais il a fini par prendre ce premier tome de La Compagnie. Je ne sais pas s'il y a cru, sur le moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu des r&#233;actions &#224; la publication des premiers livres. Il y a eu plusieurs articles, dont un dans Lib&#233; qui a d&#233;clench&#233; l'engouement. Mais il y a eu aussi de vives critiques, voire une pol&#233;mique. Je me souviens d'un certain r&#233;dacteur de fanzine qui &#233;tait tr&#232;s virulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Il n'aimait pas du tout le th&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Je pense que &#231;a allait au-del&#224;. J'ai toujours senti une r&#233;ticence des v&#233;ritables auteurs de SF pour ceux qui viennent au genre, mais qui ne se cantonnent pas &#224; celui-ci. Heureusement qu'aujourd'hui les choses &#233;voluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Vous dites que vous n'avez pas de culture SF. Pourtant ne retrouve-t-on pas dans le cycle, tous les grands th&#232;mes du genre, tels que les clones, l'espace, les mutants... ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Oui, toutefois je n'ai pas voulu les utiliser tels quels, j'ai souhait&#233; les d&#233;tourner. Par exemple le satellite, qui entre nous, n'est plus un th&#232;me de SF sauf si... Donc, j'avais besoin d'un relais entre Ophiuchus et la Terre, d'un satellite qui maintiendrait, entre autres, la coh&#233;rence des strates de poussi&#232;res lunaires. Mais, plut&#244;t qu'un appareil rutilant, clinquant, j'ai voulu mettre en sc&#232;ne quelque chose de totalement diff&#233;rent. Je suis donc parti d'une &#233;norme b&#234;te, le Bulb, une mati&#232;re organique et j'en ait fait une chose peupl&#233;e de tribus d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es, de sectes, de restes de garous, de loup&#233;s... De plus, il se d&#233;traque peu &#224; peu car il est malade d'un cancer. Un vrai bonheur de romancier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - J'en reviens &#224; Lien Rag. Comment le consid&#233;rez-vous ? Comme un h&#233;ros ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Non, ni un h&#233;ros, ni un anti-h&#233;ros. C'est quand m&#234;me un homme quelconque, banal. Moi, je l'ai voulu banal. D'ailleurs, j'avais conseill&#233; aux dessinateurs de faire quelqu'un d'assez quelconque. Mais je crois que Dargaud n'a pas appr&#233;ci&#233;, puisqu'ils le font refaire. Je pense qu'ils veulent lui donner un petit air plus h&#233;ro&#239;que, plus dynamique, plus &#171; muscl&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Vous faites dire &#224; Leouan, sa compagne m&#233;tisse : &#171; Tu es un type qui, faute de savoir quel parti prendre, choisit toujours le camp des plus faibles. De cette fa&#231;on, tu ne te trompes pas souvent. &#187; Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - C'est bien vrai ! C'est un peu ma philosophie quand m&#234;me, ou mon id&#233;ologie, si vous pr&#233;f&#233;rez. Vous savez, c'est l'id&#233;ologie de gauche. Il ne faut pas le nier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Naturellement, il y a des gens de gauche qui ont du caract&#232;re, une ambition, du pouvoir souvent. Lien, au d&#233;but, non ! C'est un homme. On oublie une chose. Il y a un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant qui appara&#238;t un jour. Vient le moment o&#249; il y a un g&#232;ne d'&#233;veil qui se manifeste, qui est une transmission g&#233;n&#233;tique qui remonte certainement au Bulb, o&#249; la science avait &#233;norm&#233;ment progress&#233; contrairement &#224; ce qui se passait sur Terre, &#224; ce moment l&#224;. En effet, les gens qui sont partis sur Ophiuchus et dont une partie s'est empar&#233;e du Bulb, pour en faire un satellite, se composait d'une &#233;lite scientifique surtout. Bien s&#251;r, il y avait des aventuriers, parce que les scientifiques avaient besoin de gens de sac et de corde pour s'emparer du Bulb, mais le fond &#233;tait tr&#232;s, tr&#232;s scientifique, tr&#232;s cultiv&#233;, &#224; tous les niveaux. Et dans cette sph&#232;re qu'&#233;tait le Bulb, dans ce micro monde, dans ce microcosme qui faisait quand m&#234;me soixante-dix kilom&#232;tres de long s'est d&#233;velopp&#233; le progr&#232;s dans tous les domaines. A un moment donn&#233;, Gus celui qui deviendra Lienty Gus... Ragus, ira dans le Bulb et on aura les moyens de lui refaire les jambes. C'est un cul de jatte, mais on lui refera des jambes v&#233;ritables, pas des proth&#232;ses. Donc Lien Rag est originaire de ce milieu. On lui a greff&#233; un g&#232;ne d'&#233;veil pour qu'&#224; un moment donn&#233;, il d&#233;couvre le vrai jour du monde sur lequel il a &#233;t&#233; envoy&#233; sur Terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que l'histoire, finalement, est faite par des gens qui sont partis du Bulb, avec l'intention de prendre le pouvoir sur Terre en utilisant le train, gr&#226;ce aux trains, aux rails, aux r&#233;seaux, etc. Ce sont les Aiguilleurs qui sont issus du groupe des Salt. Ensuite, les Sugar ont envoy&#233;, &#224; leur tour, des gens pour contrer les men&#233;es des autres. Ce sont les Ragus qui, un beau jour se r&#233;veillent &#224; la lucidit&#233;, &#224; la r&#233;flexion, puis &#224; la r&#233;bellion contre ce monde. Voil&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Quels r&#244;les vouliez-vous donner aux Roux dans cette saga ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Ils repr&#233;sentent plusieurs symboles. D'abord, ils sont l'anti-th&#232;se des hommes du Chaud. Alors que ces derniers grelottent sous des coupoles, dans des wagons, les premiers sont libres d'aller et venir et peuvent vivre nus, sur la glace, par moins cinquante degr&#233;s. Ils poss&#232;dent des capacit&#233;s physiques que n'ont plus les autres humains. On m'a souvent demand&#233; s'il fallait les comparer &#224; des races opprim&#233;es aujourd'hui. Ce n'&#233;tait pas mon objectif. Ils repr&#233;sentent par contre un &#233;l&#233;ment important dans l'intrigue, pour l'&#233;tude des rapports entre des races bien diff&#233;rentes. Cela me permet de d&#233;velopper toute une s&#233;rie de situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Au d&#233;part, vous pr&#233;sentez les Roux comme des &#234;tres plus proches des animaux que des hommes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - C'&#233;tait volontaire. C'&#233;tait l'apparence qu'ils donnaient, &#224; des tas de gens qui ne les connaissaient pas vraiment. Puis petit &#224; petit, on les d&#233;couvre. On d&#233;couvre leurs capacit&#233;s, leurs potentialit&#233;s. Je ne pouvais pas tout de suite dire ce qu'il en &#233;tait. Ce n'est pas le principe du roman d'action que de d&#233;voiler l'essentiel de l'intrigue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Mais ce rapprochement entre les deux peuples, par Lien Rag, jusqu'&#224; donner naissance &#224; un enfant qui deviendra un Messie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - C'est un peu mystique. Il est possible que la l&#233;gende soit post&#233;rieure &#224; la naissance ou l'inverse. Il y a eu, sans doute, d'autres enfants comme cela, des m&#233;tis. Lien en rencontrera, par exemple Skoll et Leouan. Mais son enfant b&#233;n&#233;ficie de dons qui lui viennent de l'h&#233;ritage g&#233;n&#233;tique de Lien, qui ont leur origine dans le Bulb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Ce qui est frappant, c'est la place des femmes dans votre saga.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Ah mais les v&#233;ritables h&#233;ros, ce sont elles ! Moi je trouve qu'elles ont une autre carrure que les hommes. Regardez Lady Diana, cette femme ambitieuse, &#224; la t&#234;te de la plus puissante compagnie. Il y a &#233;galement Yeuse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - J'ai trouv&#233; dans un de vos polars ce terme de Yeuse. Ne s'agit-il pas d'un arbre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - C'est le nom scientifique du ch&#234;ne vert. Le ch&#234;ne vert, c'est un Yeuse. J'ai repris ce nom car j'ai trouv&#233; que c'&#233;tait un beau nom de femme, mais il y en a bien d'autres : Ann Suba, Floa Sadon, Songe, Farnelle...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Yeuse reste mon personnage pr&#233;f&#233;r&#233; que l'on retrouve. Je crois qu'il n'y a pas un volume o&#249; elle n'apparaisse pas. Elle persiste d'ailleurs car on la retrouve dans la nouvelle &#233;poque, avec d'autres personnages. Il faut bien que j'aie une continuit&#233;, une liaison avec le pass&#233;. Mais son r&#244;le ne se limite pas &#224; &#231;a, au contraire !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes, il est vrai, prennent une part importance. Elles en ont toujours eu dans mes romans, que ce soit dans mes polars ou autres... Je ne suis pas un f&#233;ministe &#224; cent pour cent. J'ai mes c&#244;t&#233;s macho, mais je sais appr&#233;cier la place des femmes, l'int&#233;r&#234;t des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Vous inventez toute une zoologie comme Jelly l'amibe. Pourquoi cette amibe gigantesque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Je ne l'ai pas cr&#233;&#233;e pour une raison particuli&#232;re. J'avais besoin de rendre une r&#233;gion enti&#232;re inaccessible. Au point de vue climatique je ne voyais pas ce que je pouvais ajouter de plus. J'ai eu l'id&#233;e de forme qui repr&#233;sentait une forme de survivance mythique et basique &#224; la fois. Cette forme de vie r&#233;duite &#224; sa plus simple expression, tout en repr&#233;sentant un &#233;norme danger, me plaisait bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Il y a aussi une autre cat&#233;gorie, ce sont les Hommes-Jonas.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Cela, c'est la puret&#233;. C'est tr&#232;s &#233;cologique. Cela vient de ma p&#233;riode &#233;colo des ann&#233;es 70. Ensuite, j'ai un peu r&#233;vis&#233; tout &#231;a. Mais c'&#233;tait l'&#233;poque o&#249; on allait manifester &#224; Malville.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais besoin de ces gens l&#224; qui repr&#233;sentaient le lien le plus abouti avec l'environnement. Parce qu'au fond, La Compagnie, c'est quelque chose d'assez tragique, d'assez difficile, de dur. Alors, ces gens qui vivent dans les baleines, qui partagent avec elles des &#233;motions, des sentiments, alors quelles sont en voie de disparition, compose un volet po&#233;tique. De plus existe d&#233;j&#224; dans la Bible, Jonas, l'homme qui vit dans une baleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Vous placez toute une partie essentielle de l'action au Tibet. Pourquoi choisir ce lieu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - J'avais lu qu'il existait des endroits tr&#232;s p&#233;rilleux pour r&#233;colter le lichen n&#233;cessaire &#224; lanourrituredes troupeaux. Dans certaines vall&#233;es &#233;troites on avait install&#233; des &#233;chafaudages avec des &#233;chelles, tout un r&#233;seau qui couvrait, verticalement, des surfaces importantes. Cette image m'avait bien plu et j'avais envie de l'utiliserdans mon histoire. Le Tibet est une zone que je n'avais pas mise dans l'intrigue, or, sa situation est strat&#233;gique entre mes diff&#233;rentes compagnies. Elle pouvait servir de base pour le d&#233;veloppement de nouvellesp&#233;rip&#233;ties. Ce sont des endroits difficiles d'acc&#232;s, avec une vie encore plus rude. C'est aussi l'endroit id&#233;al pour se r&#233;fugier, pour se cacher. Cela convenait parfaitement pour mes R&#233;novateurs du Soleil qui &#233;taient pourchass&#233;s sur presque toutes les parties du globe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Au Fleuve Noir, La Compagnie des Glaces n'est-elle pas la premi&#232;re s&#233;rie &#224; &#234;tre r&#233;&#233;dit&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Oui, c'est la premi&#232;re en Anticipation, m&#234;me en policier cela n'&#233;tait pas arriv&#233;. Le Fleuve Noir a d&#233;cid&#233; de r&#233;&#233;diter les seize premiers volumes. Elle a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233;e et non r&#233;imprim&#233;e. C'est Patrick Siry qui a port&#233; ce projet. Puis il est parti. Furny Garamand l'a remplac&#233; en tant que directrice litt&#233;raire. Quand elle est arriv&#233;e, elle n'y croyait pas. Puis, elle a d&#233;couvert tout un volumineux courrier de lecteurs, dans des tiroirs. Elle a compris tout l'int&#233;r&#234;t que les gens portaient &#224; La Compagnie. Elle a &#233;tudi&#233; les tirages, les ventes et elle a vu que c'&#233;tait un truc qui marchait. Elle a d&#233;cid&#233; de faire une collection sp&#233;ciale qui a d&#233;but&#233; avec le num&#233;ro 37. Elle a cr&#233;e la collection bleue et elle a tout repris depuis le num&#233;ro un. Pour alimenter cette nouvelle collection, je m'&#233;tais engag&#233; &#224; en sortir un tous les deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - La Compagnie des Glaces a souvent &#233;t&#233; rapproch&#233;e des &#339;uvres des feuilletonistes du XIX&#232; si&#232;cle. Que pensez-vous de cette comparaison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Je suis tr&#232;s flatt&#233; qu'on me compare aux feuilletonistes. J'ai toujours appr&#233;ci&#233; le roman populaire du XIX&#232; Si&#232;cle. Mon grand-p&#232;re &#233;tait un amateur de litt&#233;rature populaire. Je n'avais qu'&#224; aller dans son grenier et choisir un roman dans ce fonds fabuleux d'histoires merveilleuses. C'est ainsi que j'ai d&#233;couvert Les Mis&#233;rables, Le Comte de Monte-Christo, en passant par La Porteuse de pain ou Les Habits noirs. J'ai le souvenir des grands textes et de textes de moindre notori&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors je prends vraiment comme un compliment que l'on me compare &#224; un feuilletoniste. Ce genre de publication n'avait plus &#233;t&#233; faite depuis au moins cinquante ans. Au d&#233;but de la Compagnie, lorsque j'annon&#231;ais que j'avais la mati&#232;re pour faire vingt volumes, puis cinquante, on me disait : &#171; Personne ne suivra cette histoire d'un bouquin &#224; l'autre, personne n'aura la patience d'attendre, les lecteurs vont perdre le fil, oublier ce qui s'est pass&#233;. Ils vont protester, &#233;crire... &#187; Ces pr&#233;dictions ne se sont pas r&#233;alis&#233;es. Les lecteurs sont ravis de lire une SF &#171; &#224; &#233;pisodes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - La conception d'une telle saga ne demande-t-elle pas un plan d'ensemble, mais aussi un plan plus d&#233;taill&#233;, volume par volume ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Au d&#233;but, j'avais un plan assez g&#233;n&#233;ral, on en a parl&#233;, pour quelques volumes. Mais &#224; partir du moment o&#249; j'ai compris que j'allais &#233;crire de nombreux romans, j'ai dress&#233; un petit plan d'ensemble. Mais, c'est tr&#232;s difficile de m'y tenir. Mes personnages sont impr&#233;visibles. Ils vivent, pensent, parlent, agissent, presque en autonomie. Ils peuvent ainsi donner un sens &#224; leur vie. S'ils expriment un sentiment, s'ils ont un coup de col&#232;re, s'ils tombent amoureux, je ne peux pas m'y opposer. Par contre, s'ils &#233;prouvent de la joie, de la tristesse, de la peur, par exemple, ils vont faire telle ou telle chose qui engage l'avenir. C'est comme cela que &#231;a se passe dans le roman. Et je suis bien oblig&#233; d&#8216;en tenir compte. Ce n'est pas toujours facile. Il m'arrive quelquefois de vouloir tout remettre en ordre, par rapport &#224; un plan initial id&#233;al. Mais je sais que c'est impossible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes personnages arrivent &#224; une certaine ind&#233;pendance. De plus, je vis leurs aventures en m&#234;me temps qu'eux. J'essaie de les contraindre dans le cadre g&#233;n&#233;ral. Ainsi, Lien Rag, mon personnage cl&#233;, a v&#233;cu une existence ordinaire de glaciologue de seconde classe. Brusquement, il prend conscience du monde dans lequel il vit, un monde o&#249; des injustices et des exc&#232;s se produisent. Pourquoi cet &#233;veil soudain ? Pourquoi ce brusque int&#233;r&#234;t pour les Roux, ce Peuple du Froid, consid&#233;r&#233;s par les uns comme des animaux, par d'autres comme des humains &#224; part enti&#232;re. Il me fallait donc expliquer pourquoi. Pour ma part je consid&#232;re que tout provient de Yeuse, de leur premi&#232;re rencontre o&#249; un g&#234;ne a &#233;t&#233; activ&#233;, transformant Lien Rag en redresseur de torts. Elle prend alors une dimension inattendue puis qu'elle devient la principale h&#233;ro&#239;ne. C'est sur elle que repose une grande part de l'organisation de la s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - &#192; la lecture de vos romans, on a le sentiment que vous mixez, pour votre anticipation, pass&#233; et modernisme, que vous puisez dans les racines du pass&#233; et en m&#234;me temps vous semblez tr&#232;s int&#233;ress&#233; par les nouvelles technologies.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - C'est certain. Mais je ne suis pas attach&#233; au pass&#233;. Je cherche &#224; retrouver, &#224; faire revivre une certaine atmosph&#232;re des chemins de fer anciens. Je cherche &#224; faire partager ce que je ressens quand je lis certains romans de la fin du XIX&#232; ou du d&#233;but du XX&#232; si&#232;cle. Lorsque Sherlock Holmes allait prendre le train &#224; Victoria Station, c'&#233;tait tout une affaire, presque tout un c&#233;r&#233;monial. J'aime la mer, les bateaux, surtout les voiliers, mais le train, c'est quand m&#234;me autre chose...&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, je suis aussi attir&#233; par la technologie, par tout ce qui est ordinateurs, syst&#232;mes &#233;lectroniques. D'ailleurs, je m'amuse &#224; pousser des extrapolations &#224; l'extr&#234;me. Je fais des combinaisons g&#233;n&#233;tiques. Avec le Bulb, particuli&#232;rement, je pars avec des possibilit&#233;s infinies, ou presque. Tout est ouvert et je peux faire ce que je veux. Je marie la technologie et la mati&#232;re vivante, l'adaptation de la robotique &#224; une entit&#233; vivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma SF est souvent &#224; base de r&#233;tro. Les machines que j'utilise sont souvent exhum&#233;es des mus&#233;es pour &#234;tre remises en route. L'homme, dans ce domaine, a aussi fait preuve d'imagination. Par exemple, je me souviens avoir lu qu'il y avait une motrice qu'on appelait le dromadaire. Cette locomotive destin&#233;e &#224; circuler dans le Nord avait son habitacle construit au dessus de la chaudi&#232;re, ce qui permettait une bonne protection contre le froid et aux chauffeurs d'avoir chaud. C'est ce genre de d&#233;tails que j'aime, car ils permettent de se lancer dans des hypoth&#232;ses qui peuvent para&#238;tre folles.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai aussi invent&#233; des machines qui n'existent pas, qui n'existeront jamais. J'ai eu le projet d'aller encore plus loin en imaginant une machine vivante, construite &#224; partir de cellules et qui ob&#233;irait &#224; la pens&#233;e humaine. J'ai &#233;t&#233; dans ce sens avec la Locomotive de Kurts, qui au fil des volumes prend de plus en plus d'autonomie et devient une entit&#233; &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Ne faites-vous pas, tout au long de votre cycle la d&#233;nonciation sociale de notre soci&#233;t&#233;, des abus des nantis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Certainement, surtout au d&#233;but du cycle, avec les descriptions des soci&#233;t&#233;s ferroviaires. J'ai pouss&#233; &#224; outrance ce que pourrait donner une telle structure entre les mains de personnes qui voudraient en profiter au maximum. Par exemple, les actionnaires des compagnies vivent superbement par rapport au reste des populations. Ils disposent d'endroits fabuleux qui leur permettent d'avoir chaud, de cultiver des vignes, de vivre dans l'abondance, alors que le reste de l'humanit&#233; grelotte dans des vieux wagons ou dans des trains d'int&#233;rimaires. Ces nantis ont a leur disposition des moyens de d&#233;placements, des cartes qui leur donnent des priorit&#233;s. Ils utilisent des motrices &#224; vapeur pour s'affranchir des contraintes de l'&#233;lectricit&#233;, alors que les autres doivent voyager sur des lignes &#233;lectrifi&#233;es dont ils ne peuvent sortir.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai toujours, dans tous mes romans, (Polars, Espionnage) mis en garde contre les abus, les restrictions de la libert&#233; de mouvement et de pens&#233;e. Je suis contre tout dogmatisme. Il est vrai que La Compagnie offre nombre d'occasions de d&#233;noncer, &#224; travers la fiction, les comportements outranciers, injustes de l'&#201;tat, de soci&#233;t&#233;s, de la religion...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Dans La Compagnie des Glaces, ne retrouve-t-on pas votre fascination pour les mondes clos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - C'est exact. J'aime les mondes clos. Je ne sais pas d'o&#249; me vient cet attrait. On retrouve souvent cette hantise dans mes polars car, en g&#233;n&#233;ral, j'utilise des maisons, des appartements, des immeubles ... Dans La Compagnie, j'ai &#224; ma disposition toute une panoplie de lieux ferm&#233;s &#233;tant donn&#233; que les hommes, pour se prot&#233;ger du froid, s'enferment dans des wagons, sous des coupoles... J'aime bien lorsque l'action se d&#233;roule dans une voiture en mouvement (Il est difficile de la quitter) ou dans des stations un peu oubli&#233;es. Je me suis r&#233;gal&#233; avec le cadre de Station fant&#244;me. Je trouve que ces univers clos sont fascinants. Ils sont &#224; la fois connus et inconnus. Ils peuvent receler des dangers qui sont d'autant plus surprenants qu'ils sont inattendus dans un cadre familier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Vous avez cr&#233;&#233; plus de deux cents personnages et cela continue. En exag&#233;rant, on pourrait dire qu'il y en de nouveaux, presque tous les jours. Comment les construisez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - La litt&#233;rature permet une chose que l'image ne permet pas : d&#233;marrer avec une sorte de silhouette. On n'est pas oblig&#233; de d&#233;crire tout de suite un personnage. On peut attendre quelques pages pour lui donner quelques caract&#233;ristiques physiques. Je commence presque toujours par une silhouette qui s'affine peu &#224; peu. J'ai horreur des descriptions qui posent d&#232;s le d&#233;part un cadre rigide. Je pr&#233;f&#232;re faire &#233;merger mon personnage. Cela fait peut-&#234;tre partie des techniques du suspense ; Si c'est le cas, je l'applique jusque dans ce genre de d&#233;tail. Et puis, je vous le disais, on n'est pas souvent ma&#238;tre de ses personnages. Ils viennent ainsi, peu &#224; peu, se construisant selon le besoin de l'action. D'o&#249; sortent-ils ? Sans aucun doute de rencontres avec des personnes, de films, d'&#233;missions de t&#233;l&#233;vision... Mon subconscient doit capter ainsi des traits, des caract&#232;res et me les restituent le moment venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SP - Pendant plus de douze ans, vous avez v&#233;cu &#171; Compagnie &#187;, &#224; raison d'une moyenne de mille pages par an. En 1992, vous arr&#234;tez cet univers o&#249; vous aviez plaisir &#224; entrer et &#224; &#233;voluer. Comment avez-vous v&#233;cu cette rupture ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - D'abord, pendant quelques jours, avec soulagement, me disant que je pourrais me consacrer &#224; d'autres projets. Mais tr&#232;s vite, j'ai ressenti comme un vide dans mon existence. J'avais pris l'habitude de vivre avec mes personnages pendant presque six mois par an. C'&#233;tait nombre d'&#233;motions qui disparaissaient. En &#233;crivant, j'avais le sentiment d'inventer un monde qui pourrait &#234;tre en devenir, d'&#234;tre presque visionnaire. Je me sentais parfois comme port&#233; par une volont&#233; ext&#233;rieure, comme si je racontais des souvenirs qu'on me dictait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Vous avez &#233;voqu&#233;, tout &#224; l'heure, Dargaud et la version BD de La Compagnie. Il y a toujours eu beaucoup de projets d'adaptation autour de votre cycle et, &#224; part un jeu de r&#244;les, aucun n'avait abouti. Mais Dargaud et le studio Jotim lancent un vrai d&#233;fi, &#224; l'ampleur du cycle. Quel effet cela vous fait-il de voir votre &#339;uvre adapt&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Ce n'est pas la premi&#232;re fois que cela m'arrive. J'ai eu de nombreux polars qui ont servi de sc&#233;nario pour des films et des t&#233;l&#233;films. Pour la BD, dans les ann&#233;es 80, les &#201;ditions Artima avaient lanc&#233; une collection de BD en petit format, &#224; partir des romans d'espionnage du Fleuve Noir. Ainsi, une dizaine des aventures du Commander avaient fait l'objet d'une adaptation. Mais La Compagnie, c'est encore autre chose. J'ai &#233;t&#233; invit&#233;, &#224; l'automne 2002, &#224; Audincourt, pour une pr&#233;sentation du projet, quelque chose de grandiose. C'est une belle r&#233;alisation, avec des moyens et des techniques modernes. Philippe Bonifay a fait &#171; &#233;clater &#187; les modes traditionnels de r&#233;alisations d'albums BD. Ils sont toute une &#233;quipe et ils projettent d'en publier trois par an. Ce n'est pas rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que j'ai vu, ce qui m'a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; m'a bien plu. Ils ont r&#233;alis&#233; un gros travail sur les couleurs et ils ont des id&#233;es graphiques int&#233;ressantes. Mais il ne faut pas qu'ils se retiennent.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;L'interview qui suit a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e lors de la publication des deux premiers tomes de La Nouvelle &#201;poque, en janvier 2001. Parue dans SF Mag, elle avait d&#251; subir les contraintes du &#171; signage &#187;. Nous vous la proposons dans son int&#233;gralit&#233;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Cette suite tant attendue de La Compagnie des glaces s'intitule Nouvelle &#201;poque et commence 15 ans apr&#232;s. Pourquoi cette appellation et ce d&#233;calage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Ni l'&#233;diteur, ni Fran&#231;ois Ducos, ni moi ne voulions d'une &#171; Compagnie-suite, d'une Compagnie n&#176;2 &#187;. C'est la directrice litt&#233;raire qui a trouv&#233; Nouvelle &#201;poque. Il s'agit, en effet, d'un autre cadre, d'autres personnages en un autre temps. Quinze ans apr&#232;s a &#233;t&#233; retenu pour que le bouleversement climatique soit un fait accept&#233; par les acteurs de l'histoire. Je n'avais pas envie de refaire un roman catastrophe et les descriptions du cataclysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - La &#171; Compagnie &#187; que vous &#233;crivez actuellement est-elle celle que vous auriez faite sans l'interruption ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Je ne sais pas r&#233;pondre &#224; cette question. Quand j'ai termin&#233; la s&#233;rie pr&#233;c&#233;dente, je croyais faire ouf ! Mais quelques temps apr&#232;s je me languissais de ce monde et de ses personnages. Sans doute que les choses ont un peu &#233;volu&#233; et que je donne aujourd'hui un nouvel &#233;clairage. Ma&#238;trise-t-on totalement son inspiration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Vous aviez cr&#233;e les Roux, ce Peuple du Froid, parce que les conditions de la glaciation le n&#233;cessitaient. Maintenant que la Terre se r&#233;chauffe, que l'&#201;quateur est en feu, pensez-vous cr&#233;er un Peuple du Chaud ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Les Roux se cantonnent dans l'Antarctique et &#233;galement au P&#244;le Nord. Vous verrez que de grandes mutations s'effectuent entre les deux r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Les glaces fondent. Il n'y a plus de trains. La caste des Aiguilleurs va-t-elle l'accepter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Il y a effectivement un nouveau mode de locomotion. Je vous en r&#233;serve la lecture. Mais n'oubliez jamais que la Terrible Caste ne r&#234;ve que d'un retour &#224; la situation ant&#233;rieure. L'attachement au pouvoir d'ex-dirigeants est tr&#232;s fort. Et l'attachement des gens pour leurs conditions de vie, m&#234;me si elles sont tr&#232;s inconfortables, est un frein puissant &#224; l'&#233;volution. Regardez ce qui se passe dans certains pays, actuellement, o&#249; la peur du changement, de l'inconnu am&#232;ne des situations ubuesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - L'univers clos vous fascine. On le retrouve dans vos polars et, bien s&#251;r, dans La Compagnie des glaces. Aujourd'hui, vous ouvrez largement l'acc&#232;s &#224; presque toute la plan&#232;te. Est-ce un profond changement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Durant les ann&#233;es consacr&#233;es &#224; la Compagnie, j'ai quelque peu n&#233;glig&#233; mes romans criminels o&#249;, comme vous le dites, l'univers clos qui me fascine pouvait me donner le cadre, l'atmosph&#232;re, exasp&#233;rer les passions. Comme je reprends, pour Le Masque 1, ce type de romans, thriller et polar, je vais pouvoir me d&#233;lecter de ces lieux d'enfermement. Ce qui me laissera la libert&#233; d'ext&#233;rioriser dans la Nouvelle &#201;poque de la Compagnie, les actes de mes personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Seuls les Simone ne souffrent pas, avec leur r&#233;acteur nucl&#233;aire, de la crise end&#233;mique de l'&#233;nergie. Est-ce une all&#233;gorie, un pied de nez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Oui, les Simone utilisent un moteur &#224; fusion contr&#244;l&#233;e. C'&#233;tait d&#233;j&#224; bien connu des lecteurs depuis Les oubli&#233;s de Chim&#232;re. C'est un pied de nez car, du temps o&#249; je fr&#233;quentais le milieu &#171; &#233;colo &#187;, on nous terrorisait avec la future explosion catastrophique des centrales. A l'&#233;poque, nombreux furent ceux qui construisirent des abris. Et quelques entreprises se lanc&#232;rent sur ce march&#233;. Des tas de gens se gel&#232;rent avec du solaire bricol&#233; et manqu&#232;rent sauter en branchant le m&#233;thane de leur compost sur leur cuisini&#232;re. Cette &#233;cologie fran&#231;aise n'est qu'une &#233;cologie-sanction-punition avec la m&#233;fiance et le m&#233;pris des possibilit&#233;s humaines. Une id&#233;ologie jans&#233;niste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Quel est votre personnage f&#233;tiche ? Votre pr&#233;f&#233;r&#233; ? Celui que vous abhorrez particuli&#232;rement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - J'aime presque tous mes personnages et j'ai m&#234;me, vous le verrez, r&#233;habilit&#233; Charlster, le p&#233;p&#232;re pervers. Ma femme pr&#233;f&#232;re Jdri&#232;ge, le fils de Jdrien le Messie. Moi, le r&#233;alisme amer de Yeuse me touche. Liensun, avec son culot et son immoralit&#233; ne me d&#233;plait pas. De nouveaux personnages, plus jeunes, viendront peu &#224; peu satisfaire mon affectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Lien Rag est grand-p&#232;re. Avez-vous envie de parler, de raconter les &#233;motions li&#233;es &#224; ce &#171; grade &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Je n'ai pas l'impression que Lien Rag soit conscient de son &#233;tat de grand-p&#232;re avec Jdri&#232;ge. Les deux peuples du chaud et du froid sont si diff&#233;rents, question affectivit&#233;, sensibilit&#233;, que la tendresse y est assez difficile &#224; exprimer. De plus, Jdri&#232;ge est un gaillard taill&#233; en athl&#232;te alors que Lien Rag a surtout cultiv&#233; son intelligence et son adaptation au milieu. Jdri&#232;ge a du mal &#224; &#233;tablir la nomenclature d'une famille telle que nous la connaissons. La m&#232;re d'accord, le p&#232;re est une notion plus vague avec la libert&#233; sexuelle de son peuple. Il sait que son p&#232;re est ce Messie mort, car il a eu la r&#233;v&#233;lation qu'il &#233;tait son fils. D'ailleurs, il n'aura d&#233;sormais que ce culte du p&#232;re. Cela ressemblera plus &#224; une forme obscure de religiosit&#233; spirite qu'&#224; une v&#233;ritable croyance. Je voudrais ajouter que m&#234;me chez les Hommes du Chaud, la famille traditionnelle a &#233;clat&#233; comme vous vous en &#234;tes rendu compte dans les 63 volumes pr&#233;c&#233;dents. Il n'y a pas de place dans les wagons-habitations pour plusieurs g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - De combien de tomes avez-vous actuellement esquiss&#233; le synopsis ? Combien en pr&#233;voyez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Top secret ! Six bouquins par an, un tous les deux mois, cela &#224; un &#226;ge o&#249; tout peut s'interrompre sans pr&#233;venir. Pas de projet &#224; long terme donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SP - Avez-vous, malgr&#233; cela, des projets pour d'autres cycles de science-fiction ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GJA - Non, pas de projet d'autres s&#233;ries de SF. J'ai retrouv&#233; ma Compagnie, que voulez-vous que je souhaite d'autre ? N'oubliez pas, ces six romans annuels vont m'occuper pas mal. Comment trouverais-je le temps de voyager dans un autre univers ? Par ailleurs j'ai toujours la s&#233;rie d'enqu&#234;tes polici&#232;res des fr&#232;res Roqueb&#232;re &#224; L'Atalante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1-&lt;/strong&gt; L'&#233;tameur des morts. Parution f&#233;vrier 2001&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les Chroniques de la Grande S&#233;paration</title>
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		<dc:date>2004-07-03T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cette s&#233;rie, demeur&#233;e longtemps une trilogie, marque l'approche de G.-J. Arnaud vis &#224; vis de la SF. Pourquoi cette volont&#233; d'un pilier du Fleuve d'aller vers un genre litt&#233;raire par lequel il a toujours d&#233;clar&#233; ne pas &#234;tre sp&#233;cialement attir&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, l'auteur &#233;prouve le besoin d'aborder des genres diff&#233;rents ou de revenir &#224; des genres pratiqu&#233;s pr&#233;c&#233;demment. Il a envie de diversifier ses sources d'inspiration, d'explorer de nouveaux espaces. De plus, sa puissance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;La Compagnie des Glaces par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette s&#233;rie, demeur&#233;e longtemps une trilogie, marque l'approche de G.-J. Arnaud vis &#224; vis de la SF. Pourquoi cette volont&#233; d'un pilier du Fleuve d'aller vers un genre litt&#233;raire par lequel il a toujours d&#233;clar&#233; ne pas &#234;tre sp&#233;cialement attir&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, l'auteur &#233;prouve le besoin d'aborder des genres diff&#233;rents ou de revenir &#224; des genres pratiqu&#233;s pr&#233;c&#233;demment. Il a envie de diversifier ses sources d'inspiration, d'explorer de nouveaux espaces. De plus, sa puissance cr&#233;atrice ne trouve pas son compte dans les d&#233;bouch&#233;s que lui offre actuellement le Fleuve Noir. Voici d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es qu'il &#171; tourne &#187; entre Sp&#233;cial-Police et Espionnage, &#224; raison, bon an mal an, de trois titres annuels par collection. Il lui semble int&#233;ressant d'explorer un autre genre pour mettre en &#339;uvre quelques unes des id&#233;es qui lui sont ch&#232;res, exprimer les inqui&#233;tudes face au d&#233;veloppement du nucl&#233;aire par exemple et d'autres th&#232;mes qu'il souhaite &#171; tester &#187; et d&#233;velopper. La SF et la collection Anticipation lui semblent le lieu id&#233;al d'exp&#233;rimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il a du mal &#224; faire admettre un premier titre &#224; Fran&#231;ois Richard, le directeur de la collection, et les h&#233;ros des Crois&#233;s de Mara ont bien failli ne jamais commencer leur qu&#234;te vers une reconqu&#234;te de la science et le recouvrement d'une libert&#233; int&#233;rieure et ext&#233;rieure. Sans doute le directeur de collection craignait-il que l'auteur phare de ses deux autres catalogues soit moins disponible pour continuer &#224; charpenter les collections vedettes de l'&#233;diteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ISOLEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps l'auteur souhaite faire un roman bas&#233; sur l'isolement d'une soci&#233;t&#233; et sur les d&#233;rives qui en d&#233;coulent, ainsi que les dangers d'une science mal ma&#238;tris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de l'isolement n'est pas nouveau dans la litt&#233;rature et particuli&#232;rement dans la litt&#233;rature populaire, depuis Robinson Cruso&#233;, par exemple. Il permet d'inclure, dans une intrigue, les d&#233;bordements caus&#233;s par des sentiments s'exasp&#233;rant dans le &#171; bouillon de culture &#187; d'un microcosme repr&#233;sentatif d'une soci&#233;t&#233; ou d'une &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est avec l'id&#233;e d'un monde clos que G.-J. Arnaud aborde la s&#233;rie, retenant pour le premier tome (Les Crois&#233;s de Mara) une gigantesque plan&#232;te isol&#233;e du reste de l'Empire Galactique par le temps. En effet, suite &#224; un basculement de la plan&#232;te dans un champ de particules acc&#233;l&#233;r&#233;es, le temps s'&#233;coule cent fois plus vite que dans le reste de l'univers. &#171; Alors que le reste de l'Empire vivait &#224; l'heure universelle, Mara plongeait &#224; toute vitesse dans le futur. &#187; En deux si&#232;cles (deux ans) les milliers de colons sont devenus des millions et ont d&#233;velopp&#233; une technologie telle qu'ils estiment devoir prendre la direction de l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de d&#233;crire une ni&#232;me guerre galactique, l'ant&#233;p&#233;nulti&#232;me conflit entre plan&#232;tes, entre formes et conception de civilisations, G.-J. Arnaud choisit de placer son sujet apr&#232;s les combats, en situation post cataclysmique, car la Terre r&#233;agit &#224; sa fa&#231;on habituelle : elle extermine, d&#233;truit et rase. Puis, confirmant la volont&#233; de l'auteur pour une intrigue bas&#233;e sur un enfermement total, elle enveloppe la plan&#232;te de radiations infranchissables, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre. &#192; partir de cette base, il &#233;tudie, en suivant le parcours d'un h&#233;ros, le devenir possible d'une soci&#233;t&#233; qui a r&#233;gress&#233; d'un stade technologique tr&#232;s avanc&#233; &#224; une soci&#233;t&#233; f&#233;odale, moyen&#226;geuse. Il laisse une nouvelle barbarie s'installer, plus physique, plus primaire, dans un monde coup&#233; de l'ext&#233;rieur, contraint de vivre en autarcie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-on s'autoriser, ici, le parall&#232;le avec la future couche de strates de poussi&#232;res lunaires qui isoleront la terre du soleil et de son importance pour la vie actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MARA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les survivants de Mara refusent et rejettent tout ce qui est scientifique, diabolisant toutes technologies et tous courants de pens&#233;e s'y rattachant. Dans Vasa, la fi&#232;re cit&#233; du Territoire des Boues, les apprentis scientifiques sont pass&#233;s par le b&#251;cher. Pourtant, l'auteur construit son histoire en lan&#231;ant son h&#233;ros, Laur le N&#233;gociateur, sur une double piste : la d&#233;couverte d'un progr&#232;s technologique et la p&#233;n&#233;tration d'un mouvement qui s'installe, &#224; partir d'une l&#233;gende, comme une religion. Il est int&#233;ressant de suivre le travail men&#233; par l'auteur sur l'interp&#233;n&#233;tration de ces deux axes. Laur va d&#233;couvrir diff&#233;rentes techniques &#233;parpill&#233;es entre des communaut&#233;s qui n'ont pas d'autres liens que la guerre. Il doit &#233;galement se rapprocher du proph&#232;te qui utilise sans vergogne la connaissance scientifique puis&#233;e dans le cerveau de grands initi&#233;s, des entit&#233;s qui se r&#233;v&#232;leront &#234;tre des andro&#239;des. L'utilisation terminale de ces connaissances reste la prise de pouvoir et l'asservissement des habitants de Mara. Tout ne revient-il pas, chez l'homme, (et Arnaud se contente souvent de nous pr&#233;senter un miroir) &#224; ce postulat : une partie de l'humanit&#233; ne r&#234;ve que d'&#244;ter la libert&#233; au reste quel qu'en soit le motif, le pr&#233;texte ? &#192; croire que l'homme n'a &#233;t&#233; cr&#233;e que pour asservir l'homme ! Et toutes les m&#233;thodes sont bonnes pour y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.-J. Arnaud fonde l'id&#233;e de cette nouvelle religion &#233;mergeante sur Ganeth, un surdou&#233; ayant eu acc&#232;s aux connaissances suffisantes pour d&#233;cider de quitter la plan&#232;te et aller sur Terre plaider la cause de Mara. Il sera tu&#233; devant un myst&#233;rieux d&#244;me dont sortiront des &#234;tres &#233;tranges qui emm&#232;neront son corps &#224; l'int&#233;rieur. Ce d&#244;me demeurera sur place, herm&#233;tiquement clos. C'est sur ce fait que se d&#233;veloppent l'id&#233;e de d&#233;it&#233; et la notion de ville sainte pour la cit&#233; alentour. Cette croyance se r&#233;pand peu &#224; peu, au cours des si&#232;cles, jusqu'&#224; l'apparition de Dorle qui se dit le d&#233;positaire du savoir de Ganeth. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le h&#233;ros s'affranchira des uns et des autres, aid&#233; en cela par un andro&#239;de qu'il sauve d'une disparition certaine et qui poss&#232;de le savoir de son cr&#233;ateur. Il reprendra la qu&#234;te de Ganeth pour rejoindre la plan&#232;te des origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le second tome, Laur doit s'arr&#234;ter sur Bi, une &#233;toile de moyenne importance (Plus on avance dans la s&#233;rie, plus la taille des lieux se r&#233;duit). Il d&#233;couvre un monde dichotomique avec, d'un cot&#233; une communaut&#233; de soldats fig&#233;e par le carcan de la discipline et de l'autre une population &#233;voluant en totale libert&#233;, vivant une harmonie sensuelle avec un environnement faste. G.-J. Arnaud nous fait partager, &#224; travers son h&#233;ros et ses avatars, deux visions oppos&#233;es d'une soci&#233;t&#233; et nous invite &#224; r&#233;fl&#233;chir et &#224; agir rapidement sur l'obligation pour l'humanit&#233; de d&#233;finir les r&#232;gles d'une harmonie avec l'environnement, la recherche d'un &#233;quilibre avec les composantes de la nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enfermement, second th&#232;me fort de ce livre, se situe &#224; deux niveaux : enfermement physique et enfermement moral. Bi est situ&#233;e aux confins de l'Empire et la garnison n'a qu'une mission : veiller &#224; ce que rien ne s'&#233;chappe de Mara la plan&#232;te maudite. Mais de fait, les soldats (les Monarques, un corps d'&#233;lite h&#233;r&#233;ditaire) subissent le m&#234;me isolement que Mara, les communications avec le reste de l'univers &#233;tant inexistantes. Bien que fa&#231;onn&#233;e par la discipline, logiquement autonome, la garnison ressent un sentiment d'abandon. Cet isolement se renforce avec un enfermement moral des soldats qui se carapacent par la pratique d'une discipline de fer et gomment toute ouverture, toute acceptation d'une situation diff&#233;rente. L'auteur s'amuse en projetant des d&#233;serteurs dans le monde des Bios (les habitants de Bi), dans un univers de sensualit&#233; et de sexualit&#233;. Mais ils sont tellement conditionn&#233;s qu'ils ne r&#234;vent plus que du &#171; confort &#187; de leur vie ant&#233;rieure, vie qu'ils ne peuvent plus r&#233;int&#233;grer car ils seront condamn&#233;s &#224; l'&#233;corchement vif. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre communaut&#233; de Bi vit en osmose avec son environnement. Celui-ci fournit tout ce dont ils ont besoin. Arnaud se rapproche de l'Eden, nous ne sommes pas loin du Paradis Terrestre. Il d&#233;veloppe nombre d'id&#233;es autour de la n&#233;cessaire relation entre l'homme et ce qui l'entoure. Il invente, pour l'occasion, une biosph&#232;re particuli&#232;rement intelligente et efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LAZARET 3&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Laur n'en a pas fini avec sa qu&#234;te. Il repart, se retrouvant pour le troisi&#232;me volet de ses aventures, sur Lazaret 3, un bagne construit dans un conglom&#233;rat d'&#233;paves de vaisseaux spatiaux. Le propos est moins manich&#233;en et l'auteur multiplie les ouvertures. Si la notion d'enfermement physique est &#233;vidente, l'enfermement moral est plus modul&#233; et diversifi&#233;. Depuis le d&#233;but, Arnaud n'a pas souhait&#233; se lancer dans un space opera grandiose, un voyage initiatique intergalactique o&#249; Laur aurait pu se forger une philosophie personnelle en visitant des mondes, en assimilant les fondements de cultures. L'auteur lui donne un concentr&#233; d'univers, une compilation de civilisations dans un espace restreint. Comme dans Les Crois&#233;s de Mara, le h&#233;ros ne voyage que sur un seul monde. L'ext&#233;rieur reste inconnu. Dans Lazaret 3, le seul personnage qui vient de dehors convainc Laur de retourner sur sa plan&#232;te (La Terre n'est plus qu'une boule ravag&#233;e) et d'y devenir un dieu en utilisant les d&#233;calages du temps. Cette fois, le syst&#232;me est totalement verrouill&#233;. On ne sort pas des trois plan&#232;tes. On ne conna&#238;tra rien de l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez avoir le sentiment, &#224; la lecture de ce qui pr&#233;c&#232;de, qu'il s'agit d'une saga un peu statique, d'un voyage &#171; immobile &#187; dans un univers fig&#233;. Or, il n'en est rien. Pour faire passer ses id&#233;es, pour illustrer ses convictions, pour mettre en sc&#232;ne ses pr&#233;occupations et ses inqui&#233;tudes, Arnaud sait cr&#233;er le mouvement, susciter et exprimer l'action, organiser des p&#233;rip&#233;ties. Il poss&#232;de comme peu d'auteurs, le sens de l'aventure, de l'intrigue et du suspense. Il cultive l'art de la chute et le parcours de Laur sur les trois plan&#232;tes est tout sauf une promenade de sant&#233;. Il est constamment en situation de danger et ne peut avancer qu'en faisant preuve de ses capacit&#233;s de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son h&#233;ros est, de fait, un aventurier. D&#232;s son plus jeune &#226;ge, il a parcouru Mara, d&#233;jouant les pi&#232;ges de la plan&#232;te. Bien que cultiv&#233;, gr&#226;ce &#224; l'enseignement re&#231;u de son p&#232;re adoptif, il reste un sauvage, un &#234;tre qui a gard&#233; l'instinct de survie dans un monde o&#249; la force physique prime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il ne faut pas oublier que ces livres sont &#233;crits pour la collection Anticipation et que le respect de quelques r&#232;gles du genre s'impose, en les adaptant, bien s&#251;r, &#224; sa propre philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liaison avec la Compagnie des Glaces, qu'il commencera &#224; &#233;crire cinq ans plus tard se retrouve dans le th&#232;me du huis clos, de l'isolement, de l'enfermement qui atteindra des paroxysmes. Le parall&#232;le entre la barri&#232;re de radiations et les couches de poussi&#232;res est facile &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur &#233;voque une voie magique qui peut &#234;tre l'anc&#234;tre de La Voie oblique, cette voie myst&#233;rieuse et fantastique qui initiera la qu&#234;te de Lien Rag. Les Rolls, ces humano&#239;des chass&#233;s pour leurs magnifiques fourrures sont-ils les premiers Roux ? Il est fait mention de Garous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au del&#224; de ces points de convergence, il y a comme trait d'union, entre les deux cycles, la puissance romanesque de l'auteur qui passe de l'un &#224; l'autre et cela suffit largement au bonheur des lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Serge Perraud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Compagnie des Glaces</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article910</link>
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		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lien Rag est employ&#233; comme glaciologue par la Compagnie. Celle-ci est en guerre depuis des ann&#233;es avec la Sib&#233;rienne, sa voisine de l'est. Charg&#233; d'une mission dans la 17&#176; province, il est invit&#233;, &#224; son arriv&#233;e, par le Gouverneur qui donne une r&#233;ception. Il fait la connaissance de Floa Sadon, fille du Gouverneur et principale actionnaire de la Compagnie. Elle l'entra&#238;ne dans un groupe de marginaux o&#249; Lien d&#233;couvre qu'un Roux (un Homme du Froid) peut parler et chasser. Puis elle fait du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;R&#233;sum&#233; des 62 Tomes par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lien Rag est employ&#233; comme glaciologue par la Compagnie. Celle-ci est en guerre depuis des ann&#233;es avec la Sib&#233;rienne, sa voisine de l'est. Charg&#233; d'une mission dans la 17&#176; province, il est invit&#233;, &#224; son arriv&#233;e, par le Gouverneur qui donne une r&#233;ception. Il fait la connaissance de Floa Sadon, fille du Gouverneur et principale actionnaire de la Compagnie. Elle l'entra&#238;ne dans un groupe de marginaux o&#249; Lien d&#233;couvre qu'un Roux (un Homme du Froid) peut parler et chasser. Puis elle fait du glaciologue son amant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les loups et la disparition d'un aiguillage bloquent Lien Rag et son &#233;quipe, les appareils enregistrent le passage de trains sur des voies en principe abandonn&#233;es. Au retour, personne ne veut accepter son t&#233;moignage. Il est arr&#234;t&#233; et tortur&#233; par la S&#233;curit&#233; qui veut faire &#171; tomber &#187; Floa. Lib&#233;r&#233; sur l'intervention de cette derni&#232;re, ils se rendent ensemble sur les lieux de sa mission. Ils d&#233;couvrent des Roux qui r&#233;cup&#232;rent de la nourriture dans une gigantesque crevasse o&#249; a bascul&#233; une station enti&#232;re. La population a &#233;t&#233; extermin&#233;e. Fr&#232;re Pierre, un N&#233;o-catholique qui &#233;tudie les Roux pr&#233;sente la destruction comme un accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien Rag recherche ce que sont ces Roux et leur origine. Bien qu'ayant acc&#232;s &#224; la biblioth&#232;que pourtant fournie du Gouverneur, il se rend vite compte qu'il s'agit d'un sujet tabou et que la S&#233;curit&#233; veille. Il rencontre le Professeur Harl Mern, directeur d'un zoo roulant qui affirme avoir des informations exclusives sur le sujet. Mais le zoo est d&#233;plac&#233; avant que Lien en sache plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aid&#233; de Skoll, un ancien lieutenant de la S&#233;curit&#233;, d'origine rousse, Lien retrouve un livre, La Voie Oblique, expliquant l'origine des Roux. Ils se proposent de le r&#233;&#233;diter clandestinement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de l'&#233;diteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une Terre envahie par les glaces, la survie de l'esp&#232;ce humaine est assur&#233;e par les grandes compagnies ferroviaires qui se partagent le globe. Le rail apporte chaleur, nourriture, mais aussi une dictature impitoyable. M&#234;l&#233; malgr&#233; lui aux intrigues de la Compagnie, le glaciologue Lien Rag va s'int&#233;resser un peu trop &#224; l'origine des Hommes Roux, capables de r&#233;sister &#224; des temp&#233;ratures de moins quarante, et d&#233;couvrir la dangereuse ivresse de la r&#233;volte..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le Sanctuaire des Glaces</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article911</link>
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		<dc:date>2004-07-03T13:58:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un train sp&#233;cial parcourt toute la compagnie pour r&#233;unir les actionnaires si&#233;geant au Conseil d'Administration de la Compagnie. Kurts le pirate, &#224; bord de sa monstrueuse locomotive, attaque le train, enl&#232;ve les actionnaires et r&#233;clame une &#233;norme ran&#231;on. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lien Rag et Skoll vivent cach&#233;s dans le zoo d'Harl Mern. Ils publient le livre et le distribuent sous le manteau. Le gouverneur Sadon, demande l'aide de Lien Rag pour remettre la ran&#231;on, en secret de la S&#233;curit&#233;. En &#233;change il lui donnera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;R&#233;sum&#233; des 62 Tomes par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un train sp&#233;cial parcourt toute la compagnie pour r&#233;unir les actionnaires si&#233;geant au Conseil d'Administration de la Compagnie. Kurts le pirate, &#224; bord de sa monstrueuse locomotive, attaque le train, enl&#232;ve les actionnaires et r&#233;clame une &#233;norme ran&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien Rag et Skoll vivent cach&#233;s dans le zoo d'Harl Mern. Ils publient le livre et le distribuent sous le manteau. Le gouverneur Sadon, demande l'aide de Lien Rag pour remettre la ran&#231;on, en secret de la S&#233;curit&#233;. En &#233;change il lui donnera des renseignements sur Oun Fouge, l'auteur de La Voie Oblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Yeuse une danseuse de cabaret, Fr&#232;re Pierre et Harl Mern, ils rencontrent les interm&#233;diaires du pirate, une tribu de Roux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, suivant les informations fournies par le gouverneur, Lien Rag part &#224; la recherche du laboratoire d'Oun Fouge. En chemin il trouve des cadavres de garous, des &#234;tres mi-hommes, mi-animaux. Quand il parvient sur place les N&#233;os-Catholiques ont incendi&#233; toute l'installation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Peuple des Glaces</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article912</link>
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		<dc:date>2004-07-03T13:56:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les N&#233;o-Catholiques ont fait r&#233;int&#233;grer Lien Rag, comme glaciologue de premi&#232;re classe. Il est charg&#233; de la surveillance de la banquise entre La Compagnie et la Panam&#233;ricaine. Sur cette voie strat&#233;gique pour une invasion, un commando se heurte &#224; une r&#233;sistance arm&#233;e de Roux. Lien Rag est pris en chasse par une draisine conduite par des Hommes du Froid. Fait inconcevable : ils sont consid&#233;r&#233;s comme des sauvages, voire des animaux. L'arm&#233;e lui confie la mission d'&#233;tudier le danger repr&#233;sent&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;R&#233;sum&#233; des 62 Tomes par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les N&#233;o-Catholiques ont fait r&#233;int&#233;grer Lien Rag, comme glaciologue de premi&#232;re classe. Il est charg&#233; de la surveillance de la banquise entre La Compagnie et la Panam&#233;ricaine. Sur cette voie strat&#233;gique pour une invasion, un commando se heurte &#224; une r&#233;sistance arm&#233;e de Roux. Lien Rag est pris en chasse par une draisine conduite par des Hommes du Froid. Fait inconcevable : ils sont consid&#233;r&#233;s comme des sauvages, voire des animaux. L'arm&#233;e lui confie la mission d'&#233;tudier le danger repr&#233;sent&#233; par ces bandes arm&#233;es car le conflit prend de l'ampleur : trois unit&#233;s transeurop&#233;ennes sont coul&#233;es par des groupes de Roux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Skoll et Harl Mern ils rencontrent une tribu d'Hommes du froid, au sein de laquelle Lien remarque une jeune femme pr&#233;nomm&#233;e Jdrou. Mais, dans Glass Station, ils sont captur&#233;s par des Roux en s&#233;cession qui veulent cr&#233;er un &#233;tat ind&#233;pendant. En &#233;tudiant la banquise &#224; l'endroit o&#249; l'une des unit&#233;s militaires a &#233;t&#233; coul&#233;e, Lien Rag comprend la m&#233;thode utilis&#233;e. Pendant ce temps des agressions contre les Roux commencent. Lien Rag obtient une permission de dix jours. Il part &#224; la recherche de la tribu de Jdrou, la trouve et l'emm&#232;ne chez Pietr Hansen, un colosse exploitant d'une for&#234;t sub-glaciaire qui a besoin d'ouvriers. Il d&#233;cide alors de d&#233;serter et de rester chez le b&#251;cheron.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Chasseurs des Glaces</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article913</link>
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		<dc:date>2004-07-03T13:55:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lorsque Lien Rag et Hansen quittent l'exploitation et vont &#224; Wood Station ils remarquent que les Roux sont revenus nettoyer le d&#244;me en grattant la glace. Plus tard, Yeuse lui apprend que les Roux sont chass&#233;s, captur&#233;s et ramen&#233;s de force pour travailler sur les verri&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
En rentrant &#224; la scierie des Hansen, il constate que l'exploitation a &#233;t&#233; attaqu&#233;e par des Chasseurs : la tribu a &#233;t&#233; enlev&#233;e et Lena Hansen viol&#233;e. Lien se lance &#224; la recherche des trafiquants, mais est arr&#234;t&#233; par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;R&#233;sum&#233; des 62 Tomes par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque Lien Rag et Hansen quittent l'exploitation et vont &#224; Wood Station ils remarquent que les Roux sont revenus nettoyer le d&#244;me en grattant la glace. Plus tard, Yeuse lui apprend que les Roux sont chass&#233;s, captur&#233;s et ramen&#233;s de force pour travailler sur les verri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rentrant &#224; la scierie des Hansen, il constate que l'exploitation a &#233;t&#233; attaqu&#233;e par des Chasseurs : la tribu a &#233;t&#233; enlev&#233;e et Lena Hansen viol&#233;e. Lien se lance &#224; la recherche des trafiquants, mais est arr&#234;t&#233; par la S&#233;curit&#233;. Gr&#226;ce &#224; Pietr Hansen et &#224; Yeuse, il s'&#233;vade et se cache dans le Train Cabaret Miki, d&#233;guis&#233; en Roux. Aid&#233; par le Gnome, l'aboyeur du cabaret, il quitte le train et rejoint Jdrou qui vient d'accoucher de Jdrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le gouverneur Sadon organise le transfert et la r&#233;partition des Roux dans les stations. Harl Mern rejoint ce centre pour &#233;tudier les Hommes du Froid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Enfant des Glaces</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article914</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.sfmag.net/spip.php?article914</guid>
		<dc:date>2004-07-03T13:54:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pr&#232;s du front avec la Panam&#233;ricaine, Yeuse, depuis le train cabaret, est t&#233;moin d'une attaque des Roux accompagn&#233;s de garous, des &#234;tres hybrides d'hommes et d'animaux. Par crainte que la nouvelle ne s'&#233;bruite, le cabaret est envoy&#233; en tourn&#233;e dans les garnisons de l'Est, sur le front avec la Sib&#233;rienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Lien Rag, d&#233;guis&#233; en Roux, la vie est de plus en plus dure. Il doit s'occuper seul de Jdrien, car l'enfant n'a pas la m&#234;me r&#233;sistance au froid que sa m&#232;re. Un matin, il se retrouve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;R&#233;sum&#233; des 62 Tomes par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s du front avec la Panam&#233;ricaine, Yeuse, depuis le train cabaret, est t&#233;moin d'une attaque des Roux accompagn&#233;s de garous, des &#234;tres hybrides d'hommes et d'animaux. Par crainte que la nouvelle ne s'&#233;bruite, le cabaret est envoy&#233; en tourn&#233;e dans les garnisons de l'Est, sur le front avec la Sib&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Lien Rag, d&#233;guis&#233; en Roux, la vie est de plus en plus dure. Il doit s'occuper seul de Jdrien, car l'enfant n'a pas la m&#234;me r&#233;sistance au froid que sa m&#232;re. Un matin, il se retrouve abandonn&#233;, la tribu est partie vers le nord pour refaire leur stock de sel. A Salt Station, qu'il a rejoint, il travaille dans une mine et fait la connaissance de Vak, un membre des R&#233;novateur du Soleil. Ce mouvement, mystique ou scientifique, veut, par le retour du soleil, faire cesser l'&#232;re glaciaire. Au cours de ses recherches, il apprend que Jdrou a &#233;t&#233; tu&#233;e et sa tribu captur&#233;e &#224; nouveau. Il doit quitter Salt Station &#224; cause du m&#233;tissage de Jdrien. Il se cache alors chez les R&#233;novateurs. Yeuse obtient une permission et vient lui rendre visite. Mais des Roux attaquent la station et Lien est pris par les habitants qui veulent tuer Jdrien. Kurts, &#224; la t&#234;te d'un commando vient le d&#233;livrer, alors que Yeuse emm&#232;ne Jdrien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Otages des Glaces</title>
		<link>https://www.sfmag.net/spip.php?article915</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.sfmag.net/spip.php?article915</guid>
		<dc:date>2004-07-03T13:53:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Lacombe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; bord de la Locomotive-Pirate de Kurts, Lien fuit la Compagnie pour se rendre en Zone Occidentale. Yeuse et la troupe du cabaret sont captur&#233;s par l'arm&#233;e sib&#233;rienne et se retrouvent sous la coupe du g&#233;n&#233;ral Sofi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Skoll charge le glaciologue d'une mission de renseignement en Panam&#233;ricaine pour le compte des Roux de la Zone occidentale. Sur place, il trouve &#224; travailler dans le projet de m&#233;tro est-ouest. Lady Diana, la pr&#233;sidente de la Panam&#233;ricaine fait de Lien le patron du chantier apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;R&#233;sum&#233; des 62 Tomes par Serge Perraud&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; bord de la Locomotive-Pirate de Kurts, Lien fuit la Compagnie pour se rendre en Zone Occidentale. Yeuse et la troupe du cabaret sont captur&#233;s par l'arm&#233;e sib&#233;rienne et se retrouvent sous la coupe du g&#233;n&#233;ral Sofi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Skoll charge le glaciologue d'une mission de renseignement en Panam&#233;ricaine pour le compte des Roux de la Zone occidentale. Sur place, il trouve &#224; travailler dans le projet de m&#233;tro est-ouest. Lady Diana, la pr&#233;sidente de la Panam&#233;ricaine fait de Lien le patron du chantier apr&#232;s que celui-ci ait d&#233;montr&#233; son savoir-faire en d&#233;viant l'&#233;pave d'un p&#233;trolier qui menace le tunnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cabaret Miki doit maintenant se produire devant l'arm&#233;e sib&#233;rienne. Yeuse c&#232;de &#224; l'empressement du colonel Sofi. Toutefois, la duret&#233; des combats oblige le train cabaret &#224; quitter le front pour s'enfoncer loin derri&#232;re les lignes. Un Lieutenant de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure d&#233;couvre que Jdrien est m&#233;tis de Roux et fait chanter Yeuse pour qu'elle devienne sa ma&#238;tresse. Elle le tue. Arr&#234;t&#233;e elle est condamn&#233;e au Train Bagne. Elle a, toutefois, le temps de confier Jdrien au Gnome.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.sfmag.net/spip.php?article16171" class="spip_out"&gt;ABDUL ALHAZRED&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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