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  Sommaire - Films -  M - R -  Piégee (Haywire)


"Piégee (Haywire)" de Steven Soderbergh

 

Scén. : Lem Dobbs
Avec : Gina Carano, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Channing Tatum, Bill Paxton, Antonio Banderas, Matthieu Kassovitz, Michael Douglas.
Distribué par UGC Distribution
93 mn
Sortie le 11 Juillet 2012

Note : 1/10

L’été permet de découvrir bien des œuvres que certains distributeurs ne savent pas comment sortir une fois qu’ils les ont « vraiment » découvertes. Comme ce dernier film de Steven Soderbergh, cinéaste auréolé d’une Palme d’Or pour son premier long, avec « Sexe, mensonges et vidéo », cinéaste qui resta relativement dans l’ombre avec un cinéma assez intimiste et « intellectuel » jusqu’à ce qu’il signe l’épatant et génial « Hors d’atteinte ». Là, nombreux furent ceux qui se redressèrent sur leur siège au vu de ce polar romantico-humoristique comme on n’en avait jamais vu jusqu’ici. Puis vinrent en moins de deux ans « Erin Brockovich », « Traffic » et « Ocean’s 11 ». Là, Soderbergh était considéré comme quelqu’un dont il ne fallait pas rater tout nouveau film. Sauf que tout a une fin, laquelle passa par les séquelles de pire en pire à « Ocean’s 11 », « Bubble », « Good german », « The informant »... Son « Che » en deux parties, perdue au milieu de tout ça, même en n’étant pas du niveau de ses meilleures œuvres, n’en demeure pas moins une réussite dans le lot. Bref Soderbergh n’était plus, jusqu’à ce « Piégée » décrit comme une sorte de « Nikita », avec un casting assez impressionnant... Dans le doute, on y croit ; une fois le doute passé, le verdict tombe : « Piégée » constitue un des pires films de Steven Soderbergh à un point tel qu’on ne l’avait jamais connu jusqu’ici.
Mallory Kane (la sportive Gina Carano, athlétiquement parlant, elle assure... on la retrouvera dans « Fast & Furious 6 ») est une super-agent d’une cellule secrète spécialiséee dans les missions à hauts risques. Lors de sa dernière, elle assurait la protection d’un journaliste chinois Quelques jours plus tard, l’homme est assassiné et tout accuse Mallory. Qui cherche à la piéger, et pourquoi ?
Disons le franchement : on s’en fout mais alors à un point... Que ça donne une idée de l’infini. Un casting limite éblouissant dans une histoire à la « Nikita », c’est vrai, et qui se vautre à ce point-là, c’est le naufrage total, assuré. Film d’espionnage à tiroirs sans aucun élément de crédibilité et surtout d’intelligence, qui prend justement le péquin lambda pour le dernier des couillons style « elle castagne, les stars se suivent, vous voyez du pays, que vous importe le reste ? », tel est ce « Piégée »qui relève plus d’une épreuve de souffrance qu’autre chose. Souffrance à supporter une histoire rocambolesque et d’une rare débilité (pourtant écrite par Lem Dobbs, à qui on doit « Dark City » ou même le très bon « The score » dans le genre du thriller justement), jamais relevée par une once de logique et de ressort dramatique (pour ça, revoir autant de fois qu’on peut tant le plaisir est inassouvi, le remarquable « La taupe »...), souffrance à supporter le catalogue d’acteurs qui se suivent pour déclamer leurs tirades respectives pour après vendre le produit en disant que « sus l’œil de Steven (Soderbergh), on n’a pas l’impression de jouer mais d’exister ! » ou autre litanie du même acabit, alors qu’en fait, ils cabotinent comme pas permis (mention à Banderas, Douglas... Kassovitz, lui, joue tout simplement très mal !), souffrance enfin de voir des séquences d’action d’une pauvreté d’imagination et de réalisation qu’on essaie de nous faire passer pour des « scènes si proches du réel qu’elles en acquièrent une dimension inédite ! » . Non mais, faut arrêter un peu : c’est mou du genou, mal monté, mal filmé, et quand on est à l’époque des « Jason Bourne » et des derniers « James Bond », faut relire un peu ses classiques, hein ! Même les polars noirs et violents des seventies pourraient en remontrer à ce « Piégée » (un message à l’attention du spectateur ?...) qui en plus, tend à se référer à ce cinéma. Non, surtout pas ça, arrêtons le massacre, et oublions vite ce nanar estival qui aura le mérite de devenir une référence mais dans le sens négatif, à savoir ce qu’il ne faut pas faire dans le genre.

St. THIELLEMENT



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