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  Sommaire - Films -  A - F -  Contrebande (Contraband)


"Contrebande (Contraband)" de Baltasar Kormakur

 

Contrebande (Contraband)
Réal. : Baltasar Kormakur
Scénariste : Aaron Guzikowski, d’après le film “Reykjavik-Rotterdam” écrit par Arnaldur Indrioason & Oskar Jonasson
Avec : Mark Wahlberg, Kate Beckinsale, Ben Foster, Giovanni Ribisi, Lukas Haas, J.K. Simmons.
Distribué par Universal Pictures International France
111 mn
Sortie le 16 Mai 2012

Note : 8/10.

Le polar est un très vaste genre, on peut y trouver de l’action à la Joel Silver, du film noir, du suspense, de l’aventure, des histoires de flics, de gangsters, de tout quoi, à partir du moment où vous avez un flingue qui ne fait pas que de la figuration. Et logiquement, il y a du bon et du mauvais, des films attendus, des déceptions, et d’excellentes surprises. Comme ce « Contrebande » qui, comme ça, ne payait pas de mine. Mark Wahlberg peut être excellent (« Les infiltrés », « La nuit nous appartient ») ou mauvais comme un cochon (« Max Payne », « La vérité sur Charlie »...), certes il y a l’excellent Ben Foster (« Otages » avec Willis, ou « 3h10 pour Yuma »)... Et puis, on découvre que derrière la caméra se trouve Baltasar Kormakur, cinéaste islandais découvert en 2006 au défunt Festival du Film policier de Cognac (aujourd’hui c’est à Beaune... Si ça intéresse quelqu’un...) avec l’excellent « A little trip to heaven » sorti directement chez nous en vidéo sous le titre hautement extraordinaire de « Crime city », et qui signa par la suite le bon « Jar city » et « Inhale » (sorti directement en vidéo chez nous sous le titre, accrochez-vous, de « Etat de choc »... Hé ben, normal qu’il soit resté un inconnu...), thriller violent sous le soleil implacable du Mexique. Du coup, un intérêt commence à poindre, lequel sera confirmé à la fin du film...
Chris Farraday était le meilleur dans l’art de passer des marchandises en contrebande. Mais conscient des risques encourus alors qu’il créait une famille avec sa femme Kate, il s’est retiré du circuit pour monter une boite d’alarmes. Aujourd’hui, son jeune et naïf beau-frère a failli se faire choper lors d’une opération de passage de drogue. Menacé par la pègre locale régentée par un petit caïd, il fait appel à Chris. Lequel monte alors une opération pour dédommager les commanditaires. Mais plus le coup avance, plus Chris se retrouve coincé de toutes parts. Et quand sa famille se voit directement menacée, Chris fait appel aux plus élaborés de ses talents passés pour sortir les siens d’un piège qu’il sait être mortel au moindre faux pas...
D’accord, on devine assez rapidement à qui on va pouvoir se fier. Mais qu’importe, car les personnages sont étonnamment réalistes, tout comme l’action, tout comme ce milieu de petit banditisme finalement assez inédit au cinéma. Emmené par un Mark Wahlberg véritablement concerné par son rôle, « Contrebande » trouve rapidement son rythme au travers de son histoire et des actions qui en découlent. Spirale infernale entrainant tout un chacun, il révèle les vrais visages de ceux qui à priori semblent tout à fait plus que normaux. Baltasar Kormakur trouve le bon angle à chaque fois, tant pour eux dans sa narration, que pour plonger au cœur d’une action illégale qui peut très vite dégénérer en bain de sang, confirmant une violence omniprésente et sourde propre au milieu. Et là où le film sort vraiment du lot, c’est en arborant une immoralité assez surprenante sur son final où même si les châtiments sont mérités pour les plus pourris, les autres s’en sortent avec un avenir certes bien meilleur qu’avant mais qui passa par une véritable hécatombe de pure violence réunissant flics et gangsters. Et curieusement, ça ne nous gêne pas plus que ça... Fallait oser, ils l’ont fait, et « Contrebande » devient du coup un polar plus différent que des dizaines d’autres sous son apparat dit « de série ».

St. THIELLEMENT



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