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"Darkness" de Jaume Balaguero

Darkness

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Darkness
 

Darkness de Jaume Balaguero


Sortie le 18 Juin 2003


Réalisateur : Jaume Balaguero
Scénaristes : Li Feng, Bin Wang, Zhang Yimou —>


Avec :
Anna Paquin, Lena Olin, Iain Glen, Stephan Enquist, Giancarlo Giannini


En deux films, l’Espagnol Jaume Balaguero vient de réussir l’exploit de rentrer dans le cercle assez fermé des Grands Noms du cinéma fantastique. Après le succès tant critique que commercial du traumatisant, et c’est pour cela que beaucoup n’aiment pas ce film, d’ailleurs, La secte sans nom, il revient non pas avec une nouvelle adaptation d’un roman de Ramsay Campbell (mais son compatriote et ami Paco Plaza s’en est chargé avec Les enfants d’Abraham, qui sortira en Août sur nos écrans) mais avec une histoire originale, sur le thème de la maison hantée, revu, corrigé, amélioré jusqu’à la dernière image par un Jaume Balaguero au sommet de son art.


Une famille emménage dans une maison où quarante ans auparavant, un crime abominable fut commis sur des enfants. Pour le père, Mark, c’est un retour au pays, et en même temps un rapprochement avec son père avec qui ses relations s’étaient un peu détériorées du fait d’un éloignement aux USA. Mais pour sa femme, Mary, et surtout pour ses 2 enfants, Regina et son jeune frère Paul, cette maison est le début d’un long cauchemar qui risque de ne jamais se terminer.


Bien sûr, les références ne manquent pas, des plus célèbres comme celle à Shining (le père neurasthénique, l’enfant qui voit l’au-delà) à d’autres bien plus récentes comme Les autres, et même La secte sans nom. Mais quand elles sont utilisées avec intelligence pour donner matière et corps à un film aussi abouti que celui-ci, on ne peut que les admettre pour louer le résultat final. Jaume Balaguero joue savamment avec nos peurs enfantines, celles des ombres qui se cachent sous un lit, auxquelles il adjoint ses obsessions personnelles comme celle du mal caché dans la pure innocence. Jonglant adroitement avec le symbolisme des éléments les plus communs comme l’eau par exemple, il y incorpore une terreur sournoise qui atteint un point culminant avec un final peut-être pas aussi fort que celui de La secte sans nom, mais implacable, fataliste, ne cédant à aucune concessions d’happy end.


Ce parti pris sérieux, terme d’un suspense terrifiant et angoissant magnifié par une réalisation d’orfèvre (une vraie leçon de cinéma !) fait de Darkness un vrai chef d’œuvre d’épouvante comme on n’en n’avait pas découvert depuis longtemps. Ah non, il y a eu Les autres, c’est vrai, d’Alejandro Amenabar. En tout cas une chose est sûre : le cinéma espagnol est en train d’en remontrer aux américains dans le genre. Si eux nous endorment avec des séries B pantouflardes style Le vaisseau de l’angoisse, de nouvelles pointures comme Jaume Balaguero nous redonne le goût de la peur la plus glaciale au cinéma. Cette fois, vous pouvez faire confiance au slogan sur l’affiche : " Avez-vous toujours peur dans le noir ? ". Vérifiez le avec Darkness.


Stéphane Thiellement



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