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  Sommaire - Films -  M - R -  Millénium - Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (The Girl With The Dragon Tattoo)


"Millénium - Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (The Girl With The Dragon Tattoo)" de David Fincher

 

Réal. : David Fincher
Scénario : Steven Zaillian, d’après le roman de Stieg Larsson
Avec : Daniel Craig, Rooney Mara, Christopher Plummer, Stellan Skarsgard, Robin Wright.
Distribué par Sony Pictures Releasing France.
158 mn.
Sortie le 18 Janvier 2012.

Note : 9/10.

On ne présente plus « Millénium », véritable phénomène littéraire venu de Suède, écrit par un journaliste qui passa plusieurs années de sa vie à boucler la trilogie policière la plus célèbre de ces dix dernières années et dont il n’en vit pas le succès puisque Stieg Larsson décéda quelques mois avant la parution de ses romans. Succès oblige, le cinéma s’empara du roman, et c’est par trois (longs) téléfilms venus de Scandinavie que « Millénium » s’invita, pour un résultat très copié collé (mais certain(e)s adorent ça, comme pour les Harry Potter : les fans des livres adorent tous les films sauf le troisième, les cinéphiles adorent le troisième, celui qui marcha le moins, signé d’Alfonso Cuaron, une sacrée pointure quand même...) à la virgule près, et raccourci pour le grand écran. Bref, l’adaptation restait encore à venir. Et David Fincher entra en scène, donna son accord pour signer le premier film, Daniel Craig devint le journaliste Mikael Blomkvist, la jeune Rooney Mara devint l’héroïne à savoir Lisbeth Salander, et tout ce beau monde s’attela à faire vivre enfin une adaptation digne de ce nom. Ils ont réussi.
Brillant journaliste créateur du magazine Millénium spécialisé dans des dossiers sensibles avec révélations à l’appui, Mikael Blomkvist vient de tomber dans un piège qui l’oblige à se mettre à l’ombre quelque temps. Il en profite pour accepter une étrange affaire : sur la demande d’un richissime vieil industriel, il va fouiller dans le passé de sa famille pour remonter près de quarante ans en arrière afin de découvrir ce qui est arrivé à sa petite-fille. D’abord sceptique, Blomkvist accepte, se prend au jeu et finit par découvrir un détail qui va l’amener sur la piste d’un serial-killer. Demandant une aide pour ses recherches, il rencontre une fille aussi étrange que surdouée dans cette activité, Lisbeth Salander. Entre les deux parias va se nouer une étrange histoire d’amour en parallèle à la recherche d’une vieille vérité qui va bouleverser le présent tranquille de ces tranquilles notables vivant en reclus au fond des bois...
Une adaptation, c’est garder l’essentiel d’une base, son essence principale, ses meilleures idées et y adjoindre une touche personnelle. Ce que n’était absolument pas la première version « ciné-télé » de « Millénium » qui mettait donc en images la moindre ligne du roman. De plus, autant Lisbeth Salander (Naomi Rapace) faisait illusion, autant le Blomkvist incarné par Michael Niqvist décevait, tant l’acteur a un charisme proche de celui d’une huitre (il est le bad guy de « Mission impossible : protocole fantôme », c’est loin d’être un des points forts du film !). Maintenant, Daniel Craig correspond mieux au Blomkvist tel qu’on l’imaginait. Et quant à Lisbeth, c’est simple, Rooney Mara nous fait oublier Naomi Rapace. Voilà, déjà avec ça, on part sur de bonnes bases. Ensuite, il reste l’histoire. Le scénario de Steven Zaillian va donc se concentrer sur l’enquête du journaliste, sa relation avec une hacker surdouée et cette ambiance viciée qui baigne la famille dont il creuse les lourds secrets. Car le but ici est plus de se focaliser sur un vrai polar noir que de raconter plusieurs intrigues, à savoir que l’aspect Millenium - le journal - est mis de côté, et tout ce qui s’ensuit directement avec. Voilà, tout est là, ne reste plus à David Fincher de rentrer en scène, de façon très stylisée certes, mais collant parfaitement à l’intrigue de son adaptation, d’étudier à fond les principaux personnages (et, comme le dit si bien le titre anglais, à savoir « The girl with the dragon tattoo », Lisbeth Salander est au cœur de la trilogie et ce depuis le début), d’instaurer une tension glaciale et étrange, renforcée par un tournage en Suède car contrairement à ce qu’on peut penser (et celles et ceux qui sont allées en Scandinavie peuvent le confirmer), les paysages sont particuliers, les villes également, et il y règne une autre ambiance, différente de celle qui pourrait y ressembler comme au Canada par exemple... Et de ces deux heures trente de film, on en ressort comme pendant la lecture des romans : l’impression d’avoir mis el pied ailleurs, dans un autre monde, au milieu de personnages aux tendances psychotiques diverses et variées, mais qui enfin nous restitue la sensation des romans avec un quelque chose en plus qui n’est autre que le parfum d’une adaptation digne de ce nom.

St. THIELLEMENT



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