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  Sommaire - Livres -  Infos -  Nous avons reçu : "L’Apprentie du philosophe" de James Morrow Au diable vauvert

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Au diable vauvert

Traduit par Philippe Rouard

Mason Ambrose, un étudiant en philosophie bavard et égocentrique, touche le fond après que le travail de sa vie, « Ethiques de la terre », a été mis en miettes par un rival aigri. Après s’être vu offrir un poste de professeur sur une île qui aurait fait la fierté du Dr Moreau, le bon thésard se lance vite dans des joutes verbales avec son élève, une érudite blessée mais obstinée appelée Londa, à qui il a pour mission de transmettre rien de moins qu’une morale fonctionnelle.

Sur cette île la matriarche et mère de Londa, la généticienne Edwina Sabachthani, s’est adonnée à des tests génétiques pour créer des arbres conscients, un iguane mutant doué de parole et d’autres aberrations de la nature. Après le décès prématuré d’Edwina, Mason et ses collègues professeurs s’accordent, à leurs risques et périls, pour ne rien dévoiler du secret de Londa et de sa fratrie hors normes.

Après s’être échappé, Ambrose s’essaye à la vie de couple avec une jeune et belle étudiante anglaise, mais l’apparition fracassante d’un homme qui dit se nommer John Snow et appelle Masan « papa » vient bouleverser la tranquillité qu’il chérissait. Entre-temps, Londa a abandonné la science et est devenue une célébrité médiatique à l’influence considérable et à la vision plus sombre, insufflée par les Évangiles, d’un nouvel âge d’or pour l’humanité. Lancé vers son destin, Mason doit choisir entre consommer et détruire son premier amour.

« Essaie de retenir ton jugement jusqu’à ce que tu saisisses la vision d’ensemble », lui conseille Londa. Une prudence salutaire pour les lecteurs de cette pièce à haute ambition morale, savant mélange de sacré et de profane qui lorgne aussi bien du côté de la philosophie éthique que de Mary Shelley ou George Bernard Shaw.

Né en 1947, diplômé d’Harvard, James Morrow a retenu de ses études supérieures littéraires, en particulier de sa découverte de Camus et du siècle des Lumières, son goût pour le roman philosophique et satirique, et aime à se considérer comme un « pèlerin ironique ». Doté d’un solide sens de l’humour, il écrit depuis toujours des romans iconoclastes, allégories philosophiques pleines d’érudition et de fantaisie, qui s’apparentent en fait à des contes voltairiens, en plus drôle.

Á la parution de « La Grande Faucheuse » qui vient clore sa trilogie sur le corpus dei (Au diable vauvert), il déclarait : « Dieu m’a mis sur Terre pour que je passe ma vie à élaborer des théories prouvant qu’il n’existe pas ». Auteur de plusieurs romans, lauréat pour « En remorquant Jéhovah » (Au diable vauvert) du World Fantasy Award 1995, l’un des prix les plus prestigieux dans le domaine de la SF, Morrow accède de livre en livre à une reconnaissance plus large, grâce au soutien inconditionnel des libraires et bibliothécaires qui l’ont lu.

Hervé Lagoguey

Mis en vente le 10 février 2011, 508 pages, 23 euros

Chronique dans le prochain numéro de SF Mag