SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No111
110
2
3
 
a
v
r
i
l
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis   P. Dagon-A. Pelosato  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  S à Z -  Salt (Id.) - Edition Blu-ray (France)


"Salt (Id.) - Edition Blu-ray (France) "
de Phillip Noyce
 

Avec Angelina Jolie, Liev Schreiber, Chiwetel Ejiofor, August Diehl
Sony Pictures Home Vidéo

Le blockbuster surprise de l’été 2010, celui dont on n’attendait pas grand-chose, et qui se révéla à la fois excellent remportant un succès amplement mérité. Dire qu’à la base, le film était fait pour Tom Cruise qui préféra opter pour « Night and Day » au succès deux fois moins important, et que son remplacement non pas par un autre acteur mais carrément par une actrice, en l’occurrence Angelina Jolie (bien plus performante ici que dans le calamiteux « The Tourist ») n’était pas gagné d’avance quant à son succès commercial. Aujourd’hui, on ne voit pas « Salt » autrement qu’avec Angelina Jolie, ce n’est même pas évident, c’est acquis.
Après avoir été emprisonnée et torturée dans un pays d’Asie, Evelyn Salt a été libérée grâce à l’amour de son mari qui a remué ciel et terre pour elle, découvrant ainsi son véritable métier : espionne. Depuis, Salt travaille à un bureau central de la CIA. Un jour, on amène un transfuge russe qui demande à Salt d’être interrogé par elle. Alors que l’entretien touche à sa fin, il annonce un vaste complot dans lequel serait impliqué un agent double nommé... Evelyn Salt. Prise au piège, elle parvient à s’enfuir et fera tout pour prouver son innocence et retrouver son mari, disparu en même temps. Mais l’espionne commence à se poser une question cruciale : qui est-elle vraiment ?
On est loin d’un « Mission : impossible ». Ici, on renouerait plutôt avec un mélange réussi d’espionnage très « old school » (retour de la guerre froide) combinée à de l’action au style actuel certes mais elle aussi « old school » à savoir que tout est très physique, jamais combinée à des CGI qui vous font passer n’importe quel péquin lambda pour l’équivalent d’un super-héros de tous les jours. Et comme l’énonce très clairement Phillip Noyce dans les divers bonus, c’est un des points qui l’a énormément séduit. Et on le comprend : « Salt » est un thriller d’espionnage carré, diablement efficace et ce plus dans son déroulement et ses scènes d’action que dans son scénario qui parfois s’égare un peu, mais vraiment un peu en même temps : exit les intrigues à l’échelle planétaire, tout se concentre sur des groupuscules qui peuvent faire énormément de mal... Dans cette discipline, on retrouve le Noyce de « Danger immédiat », celui qui sait mettre en place d’excellentes scènes d’action physiques, combinées à la mise en place serrée d’une intrigue en adéquation avec ces dernières. Noyce, c’est « Calme blanc » (dont on dit que son producteur, George Miller, mit beaucoup la main à la pâte...), mais aussi des films dont la paternité n’est pas mise en doute, et qui ont contribué à lui admettre un talent certain dans le genre comme « Vengeance aveugle » (Rutger Hauer en samouraï aveugle, jouissive série B !), « Jeux de guerre », les excellents « Danger immédiat » et « Bone collector », « Un américain bien tranquille » et à la rigueur, mais là c’est personnel, « Le saint », pas si mal que ça... Avec un bon matériau, Noyce est capable d’en sortir un excellent film d’action tout en travaillant plus que bien l’étude de ses personnages, et « Salt » en est le parfait exemple. Pour l’édition Blu-ray, rien à dire sur l’image, simplement superbe en tout, ni sur le son, parfaitement équilibré. Par contre, niveau bonus, on a du lourd à commencer surtout par trois versions du film. D’abord celle sortie en salles, déjà très bien ; en dernier, la version longue dans laquelle la fin est radicalement différente des deux autres versions ; et enfin et surtout, le director’s cut, la meilleure. Elle reprend les grandes lignes de la version salles, sauf que la mort du mari d’Evelyn Salt y est largement pire, et que de ce fait, la réaction d’impassibilité de Salt s’avère encore plus forte, magnifiée par une Angelina Jolie simplement impressionnante de contrôle. Ca et d’autres scènes plus violentes (la torture de Salt au début, par exemple), et une ultime fin assez proche de celle de « La malédiction », donne alors au film une dimension encore plus ambitieuse et réussie. Pour le reste, de larges documentaires sur les cascades, le tournage, bref les compléments habituels, qui permettent quand même de voir la réelle implication des acteurs et pas des tournages sur fonds verts revus et corrigés en post-production. Tout cela pouvant être en partie revu durant le film avec incrustation des images de tournage. Comme on le voit, une édition complète, riche surtout par ses versions différentes, mais qui demeure cependant conséquente au vu d’un film presque d’une autre époque, où l’intrigue n’est pas supplantée par une surenchère d’action abracadabrante, et où les exploits physiques sont plus humains qu’informatiques. Tout cela forme cet excellent thriller d’espionnage qu’est « Salt », blockbuster surprise de l’été 2010.

Film : 9/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.35, image 16/9ème -Bonus : 8/10 : (vostf) : version director’s cut (104 mn), version longue (101 mn), making-of scindé en plusieurs modules, les cascades, les agents secrets, option Picture-In-Picture.

St. THIELLEMENT



Retour au sommaire