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  Sommaire - Films -  S - Z -  Sans identité (Unknow)


"Sans identité (Unknow) " de Jaume Collet-Serra

 

Scénario : Oliver Butcher & Stephen Cornwell, d’après le roman de Didier Van Cauwelaert
Avec : Liam Neeson, Diane Kruger, Aidan Quinn, Frank Langella, January Jones.
Distribué par Studio Canal
110 mn
Sortie le 2 Mars 2011

Note : 7/10

Tout d’abord, et surtout, oubliez l’absurde phrase publicitaire reprise en haut de l’affiche : partenariat oblige certes, mais dans l’intelligence, elle est complètement passée à côté. Maintenant, revenons à « Sans identité », nouveau film de Jaume Collet-Serra à qui on doit les excellents « Maison de cire » et « Esther », avec en vedette celui qui cartonne assez en ce moment, Liam Neeson, force tranquille et sage qui peut aussi mener un film d’action à terme au même niveau en ne jouant pas les Bruce Willis. Pour le prouver, on a eu « Taken », véritable plaisir coupable car monumentalement bourré d’invraisemblances sous toutes formes, à chaque vision, on en trouve d’autres, mais qui pourtant se suit avec limite passion. Tout ça à cause de Liam Neeson (chose que n’a pas compris Luc Besson, producteur, qui a voulu remettre le couvert d’un américain qui fout le bazar à Paris avec Travolta dans « Bons baisers de Paris », sauf que le film est plus qu’affligeant, complètement mauvais, et c’est rare mais il faut le dire quand ça existe, assez nul en soi !), en même temps une figure paternaliste par excellence, mais aussi un as dans son métier (agent spécial & tueur) qui va venir sauver sa fille. Rien de tout ça dans « Sans identité ». Si on devait trouver une similarité avec un autre film, ce serait avec (le pas terrible) « Frantic » pour son étranger paumé dans une ville qu’il ne connait absolument pas.
Alors qu’il venait d’atterrir à Berlin en compagnie de sa femme, le Dr Martin Harris (Neeson, excellent bien sûr) est victime d’un accident de circulation. Quand il revient à lui à l’hôpital, il se dépêche de sortir pour la retrouver. Mais arrivé à l’hôtel, personne ne le reconnait. Pire : même sa femme ne comprend rien, surtout qu’elle lui présente son mari, Martin, qui lui-même ignore qui est l’homme en face de lui. Pour ce dernier, afin de prouver sa véritable identité, il va lui falloir retrouver la jeune chauffeur de taxi avec qui il a eu l’accident et qui l’a sauvé avant l’arrivée des secours...
Le thème du complot frappant un innocent et qui ne comprend plus rien à ce qui se passe, est un thème que romanciers et cinéastes aiment reprendre souvent en y apportant leur inspiration personnelle. Quand en plus, cela frappe Liam Neeson et son regard de cocker battu, victime prise dans un infernal engrenage, le tout sorti d’un spécialiste du roman policier un poil tordu qui ici a réussi tout de même quelque chose de plus ambitieux que d’habitude, le tout emballé par un cinéaste ayant déjà prouvé ses qualités au travers de ses deux meilleurs films, on est en droit d’attendre un thriller haut de gamme. Dans l’ensemble, c’est en partie ça. Liam Neeson est donc parfait, mais à côté de lui, Diane Krueger en « jeune » réfugiée de l’Est, ça ne le fait pas vraiment, au point d’être l a grosse erreur de casting du film, celle qui empêche de croire totalement en ce qu’on voit. Autre bémol, Collet-Serra est plus doué dans le suspense et la violence que dans l’action : les séquences de poursuite sont plus brouillonnes qu’autre chose, et manquent d’une certaine cohésion et de ce fait, d’un impact certain. Autrement, Liam Neeson paumé à Berlin, sa recherche de la vérité, et la révélation du complot constituent les bons points du film. A la rigueur pourrait-on émettre quelques réserves sur un rythme ralenti par justement les éléments de la progression de la recherche de la vérité. Mais tout repose essentiellement sur les épaules de celui qui fut un grandiose Oskar Schindler, un génial Hannibal Smith, et aujourd’hui un Martin Harris plongé dans le pire des cauchemars, la perte de son identité. Grâce à lui, ce qui aurait pu être juste intéressant devient, malgré ses défauts trop visibles pour une telle histoire, un thriller paranoïaque très recommandable.

St. THIELLEMENT



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