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  Sommaire - Films -  A - F -  Faster (Id.)


"Faster (Id.) " de George Tillman, Jr.

 

Scénario : Joe & Tony Gayton
Avec : Dwayne Johnson, Billy Bob Thornton, Oliver Jackson-Cohen, Carla Gugino, Moon Bloodgood, Maggie Grace.
Distribué par Sony Pictures Releasing France.
98 mn.
Sortie le 2 Mars 2011.

Note : 8/10.

Un polar hard-boiled presque parfait. Qui commence sur les chapeaux de roues avec la libération du Driver d’une prison d’état en plein désert. Une fois franchi les protes d’acier, il part au pas de course jusqu’à une vieille casse où l’attend, sous une bâche, une Super Sport Chevelle 1970 et dans la boite à gants, un revolver. Driver démarre en trombe, roule à tombeau ouvert jusqu’à la ville et se rend devant un building. Là, il rentre, bouscule tout le monde, trouve le gars qu’il cherche et devant les caméras de surveillance, il le flingue. Ensuite, il va poursuivre sa route vengeresse pour tuer tous ceux qui ont exécuté son frère et qui croyaient l’avoir tué, lui aussi. Mais un tueur à gages est lancé à ses trousses par le commanditaire de toute cette affaire vieille de dix ans. Ce qui ne va pas gêner le Driver pour continuer de tuer implacablement tous ceux qu’il s’est juré de rayer du monde des vivants !
Disons le tout de suite : ça fait du bien, un tel polar ! Le début constituant certainement le meilleur du film, avec la présentation du Driver, campé par un Dwayne Johnson (plu connu sous son pseudonyme du Rock, découvert dans « Le roi Scorpion ») qui trouve ici certainement son meilleur rôle à ce jour. Toute la colère, la haine, la vengeance implacable est concentrée en lui, dans son regard et sa masse des plus imposantes. Mené sur un rythme effréné durant sa première partie, agrémenté d’une musique adéquate renvoyant directement au western spaghetti comme le confirme la sonnerie du portable du tueur à gages, « Faster » partait pour être un de ces polars rares qui vont jusqu’au bout de leur folie destructrice, un peu comme dans l’excellent « La peur au ventre » de Wayne Kramer. Sauf que dans « La peur au ventre », tout était assumé et mené sans jamais revenir sur ses bases de départ. Ce qui n’est pas le cas de « Faster » dès qu’arrive le tueur à gages par exemple, première sous-intrigue qui vient un petit peu gangrener un début plus que prometteur. Le tueur à gages est raffiné, il a un psy qui lui prodigue des conseils durant ses missions pour l’aider à raccrocher de son boulot (qu’il cache sous un autre, plus respectable, bien entendu). Seul point positif, sa volonté d’acier qui lui permit de passer de l’enfant blessé et meurtri par une maladie des os à celui qu’il devint depuis, de longues cicatrices lui rappelant cette victoire. Lesquelles sont proches de celles qui parsèment le corps du Driver, point commun avec son poursuivant. Mais une seconde sous-intrigue vient aussi rattacher au parcours vengeur du Driver, celle mettant en scène un flic toxico proche de la retraite, séparé de sa femme et qui essaie de renouer un contact afin de récupérer une vie tranquille pour s’occuper enfin comme il le devrait de son fils. Pour ce flic, une route semée de cadavres constituerait une dernière mission d’éclat, sorte de rédemption pour une carrière plus pourrie qu’autre chose. Une rédemption comme celle qui peut frapper le Driver quand il trouvera un de ses exécutants cherchant lui-même à oublier son passé. Trois intrigues menées conjointement dans un polar noir, violent, sauvage, et qui de ces éléments ne parvient pas complètement à mener à terme son inspiration première, à l’inverse d’un « Peur au ventre » qui lui assumait complètement ses écarts pour ne jamais trahir ou dévier de ce qu’il avait fixé dès les premières images. Pourtant, malgré ces évidentes (petites) faiblesses, « Faster » parvient quand même à fasciner et à frapper comme un tel polar ne l’avait pas fait depuis quelque temps. Plus habitué aux comédies lourdingues, George Tillman, Jr. fait montre d’un réel savoir-faire dans ce style d’action destroy, considérablement aidé par l’impressionnante présence de Johnson. Et si les frangins Gayton, scénaristes de « Faster » après avoir signé des titres beaucoup moins glorieux du polar, s’étaient contentés d’un « petit » film d’une heure vingt concentré sur une vengeance implacable, avec un tel début, la suite aurait été monstrueuse. En l’état, elle est simplement presqu’excellente.

St. THIELLEMENT



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