SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No111
110
2
3
 
a
v
r
i
l
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis   P. Dagon-A. Pelosato  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - DVD -  S à Z -  Transplantation (Tell Tale) - Edition zone 2


"Transplantation (Tell Tale) - Edition zone 2 "
de Michael Cuesta
 

Avec Josh Lucas, Lena Headey, Brian Cox.
CTV Vidéo

Ce n’est pas nouveau, certains films sont vraiment victimes d’injustices diverses et variées. Entre autres de passer quasiment inaperçu alors que certains récoltent des salles alors qu’ils mériteraient seulement une sortie vidéo ou un passage télé direct (et même dans ce cas-là, on en trouve aussi des scandales tels que l’excellent « Backwoods » qui finalement sortit après en vidéo... Mais uniquement en vf...). Tout ça pour dire que « Transplantation », titre vidéo basique mais finalement assez juste par rapport à l’histoire, eut droit à une sortie technique fin Août 2010, dans deux ou trois salles parisiennes, sous son titre original de « Tell tale » alors qu’il méritait bien plus que ça. Produit par Ridley et Tony Scott (par les producteurs de « Gladiator » et de « American gangster », qu’ils disaient sur l’affiche cinéma, histoire de...), inspiré par une histoire d’Edgar Allan Poe (« Le cœur révélateur »), réalisé par Michael Cuesta à qui on doit l’excellent « L.I.E. Long Island Expressway », « Transplantation » passa complètement inaperçu. La vidéo va un peu réparer cela, le DVD ne présentant que le film, aucun bonus, mais au moins on a le film dans son format d’origine et nanti d’une vf et d’une vostf : on est loin du carnage infligé à « 100 Feet » d’Eric Red via Zylo ! Car là-aussi, « Transplantation » se révèle être plus qu’excellent.
Terry Bernard élève seul sa petite fille atteinte d’une rare maladie des os. Il voue son existence à l’aider à vivre normalement en attendant la greffe ou le remède miracle qui tarde à arriver. Mais Terry est lui aussi fragile, et il a subi une greffe du cœur qui à priori semble se passer à merveille : il revit, se sent beaucoup plus en forme qu’avant, prêt pour continuer à aimer son enfant dans les épreuves qu’elle traverse. Pourtant, un jour, Terry croise un homme et des visions l’assaillent, de violence et de mort, en même temps qu’il sent son cœur s’emballer. Il découvre alors qui était le donneur de l’organe qui est en lui aujourd’hui, et que ce dernier a été tué en même temps que sa femme. En cherchant à savoir si l’homme croisé a un lien avec cette greffe, il le tue. Et quelques temps plus tard, le phénomène se reproduit avec un autre et Terry tue de nouveau. Sa route croisant celle du flic qui mena l’enquête sur l’assassinat de son donneur, Terry va alors comprendre que son cœur profite de son nouveau corps pour appliquer une vengeance implacable envers ses bourreaux...
Le thème de la rébellion d’une greffe humaine sur un nouveau corps constitue un des moteurs du Fantastique, et s’est déjà vu traité au cinéma ou au travers de téléfilms et autres épisodes de série du genre avec plus ou moins de bonheur. Dans les derniers cas, on se souvient encore du bien barré « Body parts » d’Eric Red où le bras de Jeff Fahey voulait réintégrer le corps de son ancien proprio, serial-killer en plus de son état ! Avec « Transplantation », on gagne en ambition déjà par le traitement du sujet via le personnage principal, un quidam tout ce qu’il y a de plus banal, sauf qu’il est père célibataire d’une gamine qui constitue pour lui sa raison de vivre, celle qui l’aide à se battre et à demander une greffe du cœur, le sien étant déficient. Laisser seule son enfant est son cauchemar. Peu à peu, son entourage se dévoile, et une simple rencontre va réveiller en lui la mémoire de ce cœur transplanté. Et l’intrigue de se développer progressivement, en ménageant la solution finale qui progressivement commence à se dessiner dans notre esprit. Tout cela, Michael Cuesta le soigne, tant sur la forme que dans le fond, donnant à son récit un aspect inédit bienvenu qui change de la production actuelle, conjuguée à une réalisation soignée, scrupuleuse et d’une précision chirurgicale, aidée par l’interprétation parfaite de Josh Lucas et la belle Lena Headey (vue en reflet diabolique de miroir dans « The broken »). Et du début à la fin, nimbée dans un rythme qui va peu à peu crescendo vers un final au suspense à couper au rasoir, « Transplantation » captive comme on l’a rarement été dernièrement, et se permet même d’aller jusqu’au bout, voire même jusqu’à la dernière image, pour nous laisser enfin respirer uniquement quand le générique de fin arrive ! Le résultat est là, un excellent thriller fantastique et d’épouvante qui méritait une bien meilleure carrière que celle qui fut sienne, plus anecdotique qu’autre chose. Sa sortie DVD lui permettra peut-être de gagner un peu plus de reconnaissance, servie par une très belle copie, mais dépourvue de tout supplément. Quant au Blu-ray, vu qu’il existe aux USA (mais il est zoné), dommage de ne pas l’avoir eu sur notre territoire, ce remarquable petit film méritait bien un tel bonus...

Note film : 9/10
DVD : copie excellente, format d’origine 2.40 image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus : 0/10 : rien de rien.

St. THIELLEMENT



Retour au sommaire