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  Sommaire - Films -  A - F -  Encore un baiser (Baciami Encora)


"Encore un baiser (Baciami Encora) " de Gabriele Muccino

 

Réal. : Gabriele Muccino
Scénariste : Gabriele Muccino
Avec : Stefano Accorsi, Vittoria Puccini, Pierfrancesco Favino, Sabrina Impacciatore, Daniela Piazza, Primo Reggiani, Valeria Bruni Tedeschi, Sara Girolami.
Distribué par Mars Distribution.
140 mn.
Sortie le 29 Décembre 2010.

Note : 10/10.

Si le nom de Gabriele Muccino ne vous dit rien, au moins un de ses films risque de vous interpeller, à cause de son interprète principal qui n’était autre que Will Smith dans l’excellent « A la recherche du bonheur ». Sur ce coup plus que réussi, le duo se reforma pour un drame humain moins performant, « Sept vies ». Mais avant cette période américaine, Gabriele Muccino avait une carrière italienne inaugurée en 1996 à la télévision, puis au cinéma trois ans plus tard avec une chronique douce-amère sur l’adolescence avant de littéralement exploser le box-office national en 2001 avec ce qui constitue aujourd’hui encore un modèle de comédie romantique sur les trentenaires, à savoir le magnifique « Juste un baiser ». Puis il continua dans cette veine, mais en s’intéressant aux décennies suivantes avec le très beau « Souviens-toi de moi » avec Monica Bellucci avant d’être appelé par Will Smith qui lui donna une reconnaissance internationale. Aujourd’hui, dix ans plus tard, Gabriele Muccino reprend ses personnages de « Juste un baiser » et nous raconte, à sa façon, une grande fresque sur ce qu’ils sont devenus, leurs joies, leurs chagrins, leurs réussites, leurs déceptions, des morceaux de vie parmi lesquels, au milieu de tous, on peut se retrouver. Et de retrouver aussi une petite fille baptisée Sveva, qu’on avait quitté bébé...
Ils ne sont plus jeunes adultes, bourrés d’illusions, d’aventures sans lendemains, épris de libertés, craignant une vie trop standardisée, recherchant encore l’aventure. Aujourd’hui, Carlo et ses amis sont au début de la quarantaine, certains sont mariés, ont des enfants, une vie de couple qui bat de l’aile, des relations sentimentales tendues, ils sont plus réalistes, ont traversé des épreuves qui ont les ont blessé, regardent derrière eux ce qu’ils ont raté... Mais ils sont toujours amis, et se cherchent encore à différents niveaux. Est-il trop tard pour réussir sa vie, et qui sait ce qu’est une vie réussie ?...
Est-il nécessaire d’avoir vu « Juste un baiser » pour voir « Encore un baiser » ? Non, on peut très vite se plonger dans ces tranches de vies de quarantenaires sans connaître leur passif d’il y a dix ans. Le scénario y revient de temps en temps, permettant à celles et ceux qui ne connaissent pas l’histoire de ce groupe d’amis, de pouvoir comprendre certains points. Pour les autres qui connaissent « Juste un baiser », ce sont des retrouvailles avec Carlo (Stefano Acorsi), celui qui n’osait pas s’investir plus dans sa vie avec sa femme Giulia (qui était interprétée il y a dix ans par la superbe Giovanna Mezzogiorno qui ne reprend pas son rôle aujourd’hui, cédant la place à Vittoria Puccini : on a du mal au début, on s’y fait très vite...), avec Paolo, Marco, Adriano, ceux qui partirent autour du monde, ceux qui n’arrivaient pas à construire déjà ne serait-ce qu’une vie de couple alors une vie de famille... Qu’en est-il aujourd’hui ? Gabriele Muccino nous montre des quarantenaires qui regardent derrière eux, qui regrettent, qui se souviennent, qui continuent de « fauter », qui se cherchent, qui s’assagissent, qui regardent grandir ces enfants qui leur renvoient leur âge et leur vie. Tout cela sur deux heures vingt de métrage, ce qui peut intimider de prime abord. Mais ce serait oublier que Gabriele Muccino n’est pas qu’un excellent conteur, c’est aussi un excellent réalisateur. Pour nous immiscer dans la vie de ses personnages, il transforme son film en une gigantesque spirale qui ne s’arrête que quelques minutes sur chacune et chacun, donnant ainsi au film un rythme et une frénésie surprenants pour le genre. Ensuite, il n’a pas son pareil pour créer l’émotion là où elle doit être, sans tomber dans les excès que d’autres n’ont pas su éviter. Alors oui, si on connait et on aime « Juste un baiser », retrouver les mêmes personnages dix ans plus tard filmés et racontés sous un autre angle est étrange, comme si on retrouvait de vieilles connaissances ; découvrir pour la première fois Carlo, Giulia et les autres pour la première fois peut se découvrir d’une façon similaire car ils nous sont si proches (ça change des bobos des « Petits mouchoirs », enfin bon passons...). Et si dans les deux cas, passer plus de deux heures en leur compagnie s’avère plus qu’agréable, et tellement vivant, c’est parce que derrière eux, leur histoire, il y a Gabriele Muccino, tout simplement.

St. THIELLEMENT



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