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  Sommaire - Films -  S - Z -  Unstoppable (Id.)


"Unstoppable (Id.) " de Tony Scott

 

Scénario : Mark Bomback
Avec : Denzel Washington, Chris Pine, Rosario Dawson, Kevin Dunn, Kevin Corrigan.
Distribué par 20th Century Fox.
99 mn.
Sortie le 10 Novembre 2010.

Note : 9/10.

Tony Scott, c’est comme son frère Ridley, il a ses inconditionnels et ses détracteurs. Et franchement, si on regarde sa carrière, ça va de l’excellent (soit dans l’ordre chronologique de sa carrière « Les prédateurs », « Le dernier samaritain », « True romance », « USS Alabama », « Ennemi d’état », « Spy game », « Man on fire » & « Déjà vu », ces deux derniers étant estampillés Grand Crû, carrément !) au très bon (« Revenge », « Domino » et dernièrement, « L’attaque du métro 1 2 3 »), les autres étant sympathiques, voir presque bons. Mais aucun navet, aucun très mauvais film. Donc, en étant dans cette catégorie d’amateurs du cinéma de Tony Scott (en plus, le bonhomme est très intéressant, une interview carrière avec lui serait passionnante... Et il produit d’excellentes choses, comme « L’agence tous risques » de Joe Carnahan et le prochain film de ce dernier toujours Liam Neeson, « The grey » et ses loups traquant des rescapés d’un crash aérien), inutile de dire qu’on peut légitimement attendre chaque petit dernier avec une légère pointe d’impatience. Et quand enfin on le découvre, un peu plus d’une heure trente plus tard, le verdict est sans appel : « Unstoppable » fait partie des meilleurs films de Tony Scott.
Un matin d’hiver, dans une gare de triage de Pennsylvannie, une erreur humaine conduit à ce qui va se transformer en une des plus terrifiantes menaces qui soient : un train de marchandises chargé d’une dizaine de wagons de produits toxiques, est livré à lui-même, personne n’étant aux commandes. Prenant peu à peu de la vitesse au point d’arriver à son maximum, le convoi se transforme en bombe en sursis pour les bourgades qu’il va traverser, surtout la dernière possédant une boucle qui ne peut que l’aider à dérailler et à se jeter sur les bâtiments situés aux abords. Face à ce monstre d’acier, un autre train conduit par un vétéran, Frank Barnes (Washington, parfait) et un novice, Will Colson (Chris Pine, ex-capitaine James T. Kirk dans le premier bon film « Star trek » jamais fait !) va tenter de l’arrêter. Non pas que les deux hommes souhaitent jouer les héros, mais simplement parce qu’ils sont la dernière chance d’éviter unes des pires catastrophes de l’histoire ferroviaire.
Tiré de faits réels, qu’ils disent. Accroche souvent utilisée à tort et à travers mais qui ici est respectée à la lettre. Car « Unstoppable » est le premier film catastrophe réaliste jamais fait. Tout ressemble à un reportage en direct d’un sauvetage hors-normes par de simples êtres humains, conscient d’un danger aux conséquences désastreuses, et qui vont tout faire pour sauver des milliers de vies humaines. En soi, « Unstoppable » mélange adroitement le film catastrophe donc, le vrai-faux document en direct et même le film de monstre, puisque le train est filmé et montré comme tel, au même point que le camion dans « Duel », ou n’importe quelle bestiole gigantesque balayant tout sur son passage (style « Le bison blanc » avec Bronson, quand il chargeait, fulminant par les naseaux : complètement invraisemblable et ridicule, mais ces plans d’attaque étaient efficaces...). De tout cela, il en ressort un scénario terriblement intense, filmé limite en temps réel, et auquel Tony Scott a donné tout son savoir-faire. Selon les propres aveux du cinéaste, c’est même ce film qui fut le plus difficile pour lui à mettre en boite ! Au-delà de cet aspect technique dû à son monstre d’acier, « Unstoppable » gagne en puissance en montrant toutes les actions au travers de gens de tous les jours, ouvriers et travailleurs de toutes sortes issus du milieu industriel de Pennsylvannie, en un peu plus intimes via les personnages de Washington et Pyne, simples quidams excellents dans leur activité mais aux vies privées plombées par des problèmes divers et variés, sentimentaux et économiques, donnant un petit aspect très crédible au côté reportage réaliste, en plus de séquences d’action à dimension complètement humaine : il ne faut pas s’attendre à ce que le train fasse un grand plongeon dans le vide, que les deux conducteurs se livrent à des actes surhumains. Non, rien de tout ça, et c’est là une des plus grandes qualités du film : tout reste à échelle réaliste, mais serti dans un suspense implacable qui vrille l’attention jusqu’au dénouement. A ce point-là de réussite, n’en déplaise aux détracteurs, mais c’est du grand Art version Tony Scott.

St. THIELLEMENT



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