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"Déluge"
de
Stephen Baxter

Editeur :
Presses de la Cité
 

"Déluge"
de Stephen Baxter



- Nous avons perdu cinquante pour cent des terres émergées de la planète. Et bien sûr, le pourcentage de surface utile perdue est beaucoup plus important : le Groenland et l’ancien Antarctique, des déserts de glace, émergent inutilement au-dessus des vagues, et il y a aussi les chaînes de montagnes. Près des cinq sixièmes de la population terrestre ont été déplacés ou sont mortes. Quel gâchis.

2011 : C’est au coeur de l’Espagne en pleine guerre civile que quatre otages anglais et américains furent capturés. Au cours des cinq années suivantes ils allaient passer aux mains de diverses factions extrémistes. Finalement relachés suite aux inondations qui rendaient malaisée leur incarcération dans les caves de Barcelone ils ont découvert qu’entretemps la montée des eaux devenait inquiétante dans le monde entier.
La solidarité entre les anciens otages se manifeste par des entraides réciproques. Ainsi durant sa captivité l’une des femmes du groupe a accouché d’un bébé né d’un viol. Or le père se trouve être un prince de la famille royale d’Arabie Saoudite. Le bébé devient donc un enjeu diplomatique. Aux efforts pour le retrouver se joignent leur participation à des missions d’évacuation et à des recherches scientifiques pour comprendre l’ampleur du phénomène.
Une théorie contestée affirme que des océans situés sous la croûte terrestre communiquent désormais avec le reste des eaux. Le phénomène s’accélère de manière exponentielle et à la montée des eaux d’un mètre par an succède bientôt une élévation de 100 mètres chaque année. Et le phénomène s’accentue encore. Engloutissant des terres et des villes la masse des eaux pèse sur les continents et déclenche tremblements de terre et tsunamis. N’oublions pas les effets indirects de la montée des eaux. Ainsi la question du nucléaire iranien devient inquiétante suite à la menace de submersion d’une centrale nucléaire.
Alors que Cap Canaveral se dépèche de mettre le plus de satellites en orbite avant que le pas de tir soit englouti sous les eaux, les industries du cahoutchouc fabriquent en masse...des pneux ? Non, des radeaux.
Témoins et acteurs la plupart des otages rescapés gravitent autour des activités du richissime Nathan Lammockson. Cet homme d’affaires à l’égo démesuré, motivé par ses intérêts et la volonté de laisser une trace dans l’Histoire, organise la survie d’un petit groupe vers les hauteurs, puis fait construire un gigantesque paquebot pour lui et ses fidèles.
Alors que se profile une menace d’extinction collective de toute l’humanité on assiste à de nombreux phénomènes de rejet de la réalité. Déni d’une brusque montée des eaux qui ne correspond pas aux modèles établis du réchauffement climatique. Déni de l’ampleur de la menace : ainsi au lieu de construire des navires on établit des digues qui sont destinées à être submergées.
Le visionnaire n’échappe pas à la critique. Lammockson constate amèrement que la catastrophe est survenue 50 ans trop tôt. Un demi-siècle plus tard des usines auraient pu être installées en orbite et sur la Lune. Or lui-même n’a songé qu’à construire un bateau de luxe au lieu d’usines flottantes. De même lorsqu’il constate que son chef de la sécurité a reçu une blessure dans le dos lors d’une attaque de pirates il commente "il a dû chercher la bagarre" (dans le dos !). Le coupable n’a pas été identifié. Cependant Lammockson avait auparavant confié un poste de responsabilité à une ancienne pirate.
Dans ce premier volet de la description de cette catastrophe mondiale la compétence et l’incompétence, l’héroisme et l’égoisme se rejoignent. Outre les éléments psychologiques et physiques Stephen Baxter ne néglige pas les aspects religieux avec son lot de fanatiques musulmans comme chrétiens ( même les Mormons font sécession !). De plus lorsqu’une scientifique avisée utilise la métaphore du Déluge qu’ a subi Noé cela fournit le prétexte à ses collègues de dénigrer son travail (et indirectement de contribuer ainsi à l’Apocalypse). De son côté Lammockson baptise son navire : "Arche 3"....3 ?!

Damien Dhondt

Stephen Baxter _ Déluge _ Titre original "Flood" Traduction : Dominique Haas _ Presses de la Cité _ octobre 2009 _ Inédit, grand format, 562 pages _ 24 euros

Ce livre a également été chroniqué par Alain Pelosato dans le sfmag No 67
La suite, « Arche » paraît aux Presses de la cité le 4 novembre 2010. Elle sera chroniquée par Alain Pelosato dans le sfmag No 70






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