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  Sommaire - Films -  S - Z -  Wall Street : l’argent ne dort jamais (Wall Street : Money Never Sleeps)


"Wall Street : l’argent ne dort jamais (Wall Street : Money Never Sleeps) " de Oliver Stone

 

Réal. & scénariste : Oliver Stone
Avec : Michael Douglas, Shia LaBeouf, Josh Brolin, Carey Mulligan, Frank Langella, Susan Sarandon, Eli Wallach.
Distribué par 20th Century Fox.
131 mn.
Sortie le 29 Septembre 2010.

Note : 7/10.

Vingt-trois ans plus tard, Oliver Stone signe une séquelle à un de ses meilleurs films, certainement un de ceux qui se bonifient avec le temps en plus. Portrait de boursicoteurs américains dans l’Amérique reaganienne, « Wall Street » était un superbe thriller financier mettant en avant un des portraits les plus fascinants d’un véritable requin humain, magnifié par un Michael Douglas au sommet de son art. Au point qu’aujourd’hui, quand le film ressort en vidéo (DVD et Blu-ray), l’affiche originelle n’est plus de mise, une photo de Douglas et le nom du film suffisent. Bon, et vingt-trois ans plus tard qu’en est-il de la mordante de Stone, de cette Amérique qui ne vit que pour le dieu dollar ? Autre temps, autres mœurs, même si on retrouve des familiers et une relève plus qu’assurée avec cependant un peu plus d’humanité, même si elle est plus ou moins réaliste.
En 2001, Gordon Gekko sort de prison. Dehors, il est seul, personne pour l’accueillir, et il n’a plus la prestance du nabab de la finance qu’il fut. Au même moment, le jeune Jake Moore, trader « honnête » d’une honorable société, va épouser la fille de Gekko, Winnie, laquelle ne veut plus entendre parler de ce père qu’elle a banni de sa vie. Suite à des rumeurs de malversations, la société de Jake s’effondre, son PDG se suicide. Jake va alors aller à la rencontre de Gordon Gekko qui, entre temps, s’est refait une santé et une image en écrivant ses mémoires et en clamant haut et fort que certains défauts humains tels que l’avidité sont devenus des qualités légales dans le monde de la finance d’aujourd’hui. Jake va lui proposer d’essayer de renouer avec sa fille contre une formation pour couler financièrement ceux qui sont responsables de la faillite de sa société. Un pacte étrange entre deux individus œuvrant dans le même milieu, pas de la même manière, et pas pour les même raisons. Et encore : Gekko a-t-il vraiment changé ou est-il toujours cet impitoyable financier qui n’hésite pas à écraser pour gagner toujours plus ?...
Vingt ans plus tard, le western financier n’est plus le même. Aujourd’hui, le krach de 2008 avec l’affaire Madoff a révélé au grand jour les nouveaux enjeux financiers de Wall Street et du monde. C’est dans cette conjoncture que se situe cette séquelle. Côté financier, il faut bien suivre et quand bien même, force est d’admettre que cela était plus passionnant il y a vingt ans qu’aujourd’hui. Peut-être aussi qu’Oliver Stone a changé. Celui qui attaquait et mordait aujourd’hui semble plus mesuré, plus râleur qu’autre chose. Des constatations qui ressortent à la vue du film, où l’intérêt s’émousse de temps en temps. Pourtant, on va jusqu’au bout et surtout voir seulement à cause de Gekko. Ce n’est pas nouveau, on sait que le Mal fascine, et ici, il a les traits de Gordon Gekko. Même les nouveaux requins de la finance, représentés par Josh Brolin et son mentor Eli Wallach (tiens, au passage : papy fait de la résistance ! Deux films en un an pour Eli Wallach, avec le Polanski ! Besoin d’argent ou frénésie de rejouer ? Surprenant...) n’ont pas le charisme fatal et impitoyable de Michael Douglas. Et de ce fait, tout ce qui est autour se révèle moindre, voir limite dénué d’intérêt. Le film ne vit que quand Gekko apparaît, et le voir revenir d’entre les morts est un savoureux spectacle. Mais l’âge rend sage, et le Gekko d’aujourd’hui s’avère plus humain. C’est ce que Stone démontre, plus ou moins adroitement, dans ce qui au final est une séquelle intéressante mais pas palpitante, mais qui a le mérite de vivre avec son temps en se référant au passé. Et même si Shia LaBeouf est excellent, même si il y a une sous intrigue sentimentale, même si Josh Brolin joue avec des milliards, rien n’y fait : vingt ans plus tard, la star du film, c’est Michael Douglas, c’est Gordon Gekko. Wall Street, c’est lui.

St. THIELLEMENT



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