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  Sommaire - Films -  M - R -  Predators (Id.)


"Predators (Id.) " de Nimrod Antal

 

Avec : Adrian Brody, Alice Braga, Laurence Fishburne, Danny Trejo, Topher Grace
Distribué par 20th Century Fox
107 mn.
Sortie le 14 Juillet 2010.

Note : 7/10.

Vingt-trois plus tard, « Predator » existe toujours et encore. D’abord avec une séquelle fort honorable signée Stephen Hopkins où le chasseur extra-terrestre œuvrait dans les quartiers les plus chauds d’une grande mégalopole. Puis vint « Alien vs. Predator », attendu comme l’évènement de l’époque, et se révélant (au choix) une petite série B relativement sympathique ou une honte tout court. Qualificatif qui va comme un gant à sa séquelle, l’exécrable « AVP : Requiem ». Aujourd’hui, en même temps que le chef-d’œuvre de John McTiernan (dont on se souvient au moment de sa sortie qu’on n’en attendait pas grand-chose...) ressort en Blu-ray Collector (c’est-à-dire bardé des bonus de l’édition spéciale DVD mais aussi pourvu de ce qui, aux premiers avis, constitue enfin la plus belle copie du film jamais vue en vidéo), voici qu’arrive un cinquième chapitre. Comment faire du neuf avec du vieux sans tomber dans un remake inutile (on ne remake pas les vrais chefs-d’œuvre... Même les rares réussites ne les détrônent jamais !) ? En inversant quelques données de base. « Predators » n’est pas un chef-d’œuvre, loin de là même, mais en l’état, c’est une très bonne série B en liaison directe avec les deux premiers films, ce qui constitue déjà un bon point. Après, c’est autre chose...
Sept hommes et une femme, tous rompus aux armes, soldats d’élite, mercenaires, trafiquants en tous genres, se retrouvent au terme d’une chute libre en parachute en pleine jungle inconnue. Après avoir cherché une voie de sortie vers la civilisation, ils découvrent qu’ils sont sur une planète inconnue et qu’ils ont été choisis pour être les cibles d’un groupe d’extra-terrestres pratiquant la chasse aux gibiers les plus dangereux. Prédateurs sur la Terre, ils sont devenus les proies des Predators...
A la base, l’idée vient de Robert Rodriguez, celui à qui on doit les « El Mariachi » de toutes sortes mais aussi de « The faculty » et surtout de « Planète Terreur » (son meilleur film, si, si !). Remis sur les rails par le studio, Rodriguez laisse la réalisation à un tiers, le bon Nimrod Antal (sur la preuve du premier film de ce dernier, le très surestimé « Kontroll » mais qui par la suite signa l’excellent suspense « Motel » et un polar hard-boiled du même acabit, « Blindés »), mais garde les rênes du projet en le produisant via sa boîte Troublemaker. Ceci expliquant peut-être cela, les films Troublemaker ne sont pas des œuvres d’une finesse et d’une discipline remarquables. Rodriguez n’est ni McTiernan, ni Hopkins, ni même Paul W.S. Anderson. A savoir que si « Predators » manque de rigueur, de cohérence dans certains points du scénario et ne soigne pas certains effets spéciaux comme pouvaient l’être ceux des précédents films, c’est parce que tout supervisé par Troublemaker et que pour Rodriguez, cela suffit. Une fois passé cette évidence, il ne reste plus qu’à apprécier (parce que Nimrod Antal s’en sort plutôt bien, au demeurant) ou non cette chasse à l’homme en pleine jungle d’ailleurs, où l’air est aussi respirable que chez nous, où certaines plantes sont similaires aux nôtres, etc... Des éléments qui font tiquer mais qui heureusement sont compensés par une galerie de personnages bien frappés, menés par un Adrian Brody original, mystérieux, tueur impitoyable, homme de guerre cynique, égoïste par choix, lequel est entouré de spécialistes dans l’art de tuer de toute manière possible. Autre point positif, quelques séquences originales réussies telles que leur arrivée sur la planète (très « Lost » dans le concept...), la rencontre avec un survivant fou, des éléments qui donnent du piment à un scénario autrement relativement classique, piochant ça et là dans les films précédents. Et les Predators dans tout cela ? Si les gros plans de leur faciès de crustacés mutants font plaisir à voir, leurs apparitions ne sont pas en prédominance, alors que tout se passe chez eux. Là où on aurait aimé avoir plus de points de vue « extra-terrestre », « Predators » ne cherche pas à développer l’originalité d’un concept, mais simplement à faire neuf avec du vieux mais de façon très standardisée. Là où on aurait pu avoir une œuvre aussi puissante que les deux premières, « Predators » ne constitue qu’une série B de bon niveau typique de son studio de production, « Troublemaker », à l’image d’un Robert Rodriguez qui veut garder ses projets fidèles à sa conception « pop-corn » du cinéma.

St. THIELLEMENT



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