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  Sommaire - Films -  M - R -  Robin des bois


"Robin des bois " de Ridley Scott

avec Russel Crowe, Cate Blanchett
Note : 7/10

Ridley Scott... Russel Crowe. Cette association nous offrit il y a maintenant une décennie un très grand et très beau film « Gladiator » qui remporta non seulement le cœur des critiques et celui du public, mais également celui des Oscars. Depuis ce duo nous a apporté d’autres œuvres - qui d’ailleurs étaient à l’opposé du style de Scott - que l’on aime ou pas. L’annonce de leur « Robin des Bois » prit tout le monde de court, moi le tout premier : en effet, je ne voyais pas du tout l’intérêt d’un tel projet : après une flopée d’adaptations. Qu’était donc cette énième version et vaut elle le déplacement ? La réponse dans ses lignes.

L’histoire : Est-il vraiment besoin de raconter l’histoire légendaire, connue depuis des générations, de cet archer hors du commun, Robin Longstride, qui aux côtés de Richard Cœur de Lion se battit contre les envahisseurs Normands puis à la tête de pauvres gens bannis comme lui par le despotique sheriff de Nottingham, se dressa contre la corruption et l’injustice sous le nom de Robin des Bois ? J’en doute, petits et grands ont au moins une fois entendu parler de ce héro qui prenait aux riches pour... donner aux pauvres !

Ridley Scott est célèbre pour nous avoir apporté les fleurons du cinéma de science-fiction et de fantaisie que sont « Alien », « Blade Runner » et « Legend »... Personnellement, et je préfère le dire tout de suite, Sir Ridley Scott est mon réalisateur favori donc je n’ai inévitablement pas la même approche en raison de mon énorme admiration pour ce réalisateur britannique, qui me scotcha dans mon fauteuil dans les années 80’. Son « Robin des bois » démontre encore une fois le professionnel qu’il est, toujours plus à l’aise dans le visuel que dans les histoires et dont les images font parfois tourner la tête car phénoménale de beauté pour certains titres et je pense que tout le monde aura compris de quel titre je parle.

Maintenant, « Robin » est très connu et l’histoire n’est étrangère pour quasiment personne si bien qu’elle perd de son intérêt à la base. Passé cette difficulté, on assiste dès l’ouverture à une reconstitution d’époque absolument somptueuse, détails, costumes tout est artistiquement parfait mais car il y a un « mais »... on sent que « quelque chose manque ». C’est finalement après les presque deux heures dix de projection que je pense avoir réussi à trouver où était le problème : que se passe-t-il dans ce film ? Pourquoi n’est-on pas accroché et fasciné par ce film historique situé au cœur de l’Angleterre et reprenant l’origine même du célèbre archer surnommé « Robin des bois » ? C’est après une mûre réflexion que je pense en avoir décelé la faille : le film est bon, très bon même dans certaines scènes, en particulier les scènes magistrales de bataille mais tout cela au final a un décevant sens de déjà vu ... « Gladiator » dix ans auparavant !

Crowe n’est guère différent de son rôle de Maximus, certaines scènes font beaucoup penser à la mise en scène du film romain, et on voit en définitive la transposition de cet univers au... Royaume-Uni et l’on suit le spectacle avec un certain plaisir mais sans jamais vraiment être entraîné. Finalement, cette impression de déjà vu entachant tout le fantastique travail de reconstitution et de recherches dont le métrage a bénéficié, ce film, et c’est malheureux, s’oublie relativement vite... ajouté à cela un Russel Crowe mûrissant qui ne semble plus vraiment apte à jouer les archers à 45 ans.

Enfin on reconnaîtra certaines bravoures techniques qui en 1990 avaient enflammé le « Robin des bois » avec Kevin Costner qui était alors un très joyeux spectacle ; elles sont ici purement réutilisées et mieux montrées grâce aux techniques cinématographiques modernes mais elles n’apportent cependant aucune nouvelle surprise.

Faut-il le voir ou ne faut-il pas ? La question reste encore posée même pour moi. En effet, ce film n’a rien d’extraordinaire : dans le même registre « Kingdom of Heaven » amenait de nombreuses questions sur un sujet toujours d’actualité, alors qu’ici, hormis de très belles performances d’acteurs... Cate Blanchett, Kevin Durand et bien d’autres, on reste, dans l’ensemble, terriblement sur sa faim. On espère simplement que Scott reviendra aux mondes qu’il sait orchestrer mieux que quiconque : la science-fiction et le fantastique.

Je me souviens, lors d’une interview de Tom Cruise sur « Collateral », celui-ci nous avait dit à propos de « Legend » : « Ridley Scott appartient au monde de l’imaginaire ». Je crois que cette simple phrase, à elle seule, résume tout.

Si vous êtes fan de Russel Crowe ou tout simplement du grand Scott allez-y ! Les amateurs de grande reconstitution historique seront également comblés... mais ce sentiment de « J’ai déjà vu ça » est bien dommage et l’on espère beaucoup maintenant du prochain Scott : Sir Ridley, revenez vers la SF et le fantastique, et faites-nous replonger dans l’art où vous êtes passé maître. Votre « Robin des bois » est un bon film certes, mais on sait où vous excellez : nous étonner et nous transporter dans d’autres mondes ! Nous attendons cela avec grande impatience : à quand ce rendez-vous ?

Marc Sessego

Correction : Andrée Cormier

Un autre avis sur ce film

 

Scénariste : Brian Helgeland
Avec : Russell Crowe, Cate Blanchett, William Hurt, Mark Strong, Mark Addy, Kevin Durand.
Distribué par Universal Pictures International France
130 mn
Sortie le 12 Mai 2010

Note : 8/10.

Comment faire du neuf avec du vieux ? Simplement en appliquant la recette « begins » comme pour « Batman begins », à savoir remonter aux sources. Et dans le cas de « Robin des Bois », aussi curieux que cela puisse paraitre, cela n’avait jamais été traité. Certes, un petit peu de passé dans la version Kevin Costner (Robin des Bois s’échappant des geôles arabes...) mais en profondeur, jamais. Et à partir de là, le sujet étant lancé, Ridley Scott et le (réalisateur-) scénariste Brian Helgeland (oscarisé pour son adaptation de « L.A. Confidential », scénariste de « Mystic River », « Man on fire », « L’attaque du métro 123 », « Green zone », « Payback » avec Mel Gibson qu’il réalisa en grande partie pour la version cinéma, son film étant la version director’s cut disponible en vidéo, que du bon même à ses débuts avec « Freddy 4 », « 976 Evil », et surtout « Highway to hell », « Assassins » avec Stallone dont il désapprouve le résultat final, mais scénariste aussi de bouses comme « L’assistant du vampire »...) lancèrent des idées, même d’autres titres pour changer un peu (le film faillit s’appeler un temps « Nottingham »), avant que ne se concrétise enfin ce nouveau « Robin des Bois »...
Robin Longstride est un des archers du roi Richard Cœur de Lion qui guerroie en Normandie. Suite à des jeux de paris et à une rixe avec un autre soldat, Petit Jean, Robin et ses compagnons sont mis aux fers avant de profiter de la mort de Richard pour s’échapper et retourner ainsi en Angleterre. Chemin faisant, ils déjouent une embuscade contre un des vassaux de Richard qui confie son épée à Robin pour la remettre à son père. C’est là le début de la véritable histoire de Robin des Bois qui va parallèlement découvrir un pan de son passé enfoui au fond de sa mémoire, rencontrer les seigneurs de la petite province de Nottingham, parmi lesquels la belle Marianne, mener avec ses amis la rébellion contre les troupes du prince Jean, frère de Richard, aussi lâche que son frère était courageux, et de son âme damnée, Sire Godefroy, empêcher l’invasion de l’Angleterre par l’armée du roi de France, s’allier avec le Prince Jean, avant de devenir par la force des évènements le hors-la-loi connu sous le nom de Robin des Bois.
Grand film épique, « Robin des Bois » ? Oui et non. Oui par ses attaques de châteaux-forts, l’attaque finale, non par le portrait volontaire de la naissance d’un héros de légende dans lequel Russel Crowe tire mieux son épingle du jeu, faisant vraiment oublier lors des moments forts du film, une similitude avec le Maximus de « Gladiator ». Son Robin est certes un soldat-archer très courageux, droit, honnête mais aussi joueur, n’hésitant pas à remettre en question l’ordre établi quand il juge qu’il y a injustice. C’est dans ces moments-là que « Robin des Bois » s’avère plus réussi, combiné à un souci historique (l’invasion par la France alors là... Jamais appris ça à l’école, à vérifier !) qui donne toute son identité et son originalité au film, en plus d’une reconstitution étant la plus réaliste pour remettre à jour la légende du seigneur de la forêt de Sherwood. Dans son rôle, Russel Crowe parvient donc à faire oublier d’autres rôles épiques pour qu’on l’associe enfin à Robin au point d’en faire peut-être le meilleur, William Hurt retrouve enfin un rôle digne de son talent qu’il perd souvent ces temps derners dans des choix étranges, Mark Strong resigne, après « Sherlock Holmes », pour un personnage immonde, les compagnons de Robin ont même droit à une plus grande attention, la love-story avec Marianne s’avère plus subtile, riche et sensuelle que celles vues par ailleurs, et quant au sherif de Nottingham, il n’en est qu’à ses balbutiements, son heure viendra dans une éventuelle séquelle si le succès de ce « Robin des Bois » est au rendez-vous. Grand film historique plus qu’épique, « Robin des Bois » constitue autrement une nouvelle réussite de Sir Ridley Scott, qui manque peut-être d’ampleur dans certains moments mais ce qui peut-être volontaire par un souci de réalisme. Dans ce cas-là, le cinéaste remplit parfaitement son devoir, son « Robin des Bois » est soigné, ce qui est normal de la part de Scott, vivant et au final, assez passionnant.

St. THIELLEMENT



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