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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Sœurs de sang (Sorority Row) - Edition zone 2 - Inédit


"Sœurs de sang (Sorority Row) - Edition zone 2 - Inédit "
de Stewart Hendler
 

Avec Briana Evigan, Margo Harshman, Rumer Willis, Jamie Chung, Leah Pipes, Carrie Fisher.
Aventi Vidéo

Sous ce titre qui peut induire en erreur (le premier film fantastique de Brian de Palma, son premier bon film aussi) se cache le remake d’un slasher des années 80, « House on sorority row » de Mark Rosman qui s’avéra être une plutôt bonne surprise par une certaine rigueur tant sur l’histoire que sur sa forme : images léchées, bonne réalisation, musique soignée, et vraie ambiance de terreur d’une histoire somme toute banale et classique mais qui finalement se révéla être plus fouillée que d’habitude (et dans les années 80, le slasher, il en a vu des belles bouses !) au point de s’extirper de la moyenne du genre pour être cité relativement dans les (très rares) bons slashers qui surfèrent sur la vague du succès de « Halloween ». A l’heure où le troisième millénaire voit le remake de beaucoup de ses films, souvent pour le pire, rarement pour le meilleur, « Sœurs de sang » a la chance d’appartenir à la seconde catégorie.
Dans une université américaine, les membres féminines de la confrérie Theta Pi se préparent à jouer un sale tour au frère de l’une d’elles, réputé tombeur irrespectueux pour la gent féminine par excellence. Seulement la blague tourne mal et là où il ne devait y avoir qu’une mauvaise plaisanterie, un meurtre est commis. Ne voulant pas perdre leurs avantages et leurs positions sociales, les cinq filles restantes taisent la mort de leur amie. Quelques mois plus tard, lors de la remise des diplômes, un psychopathe commence à occire toutes celles et ceux qui côtoient le groupe des Theta Pi. A moins que ce ne soit le fantôme de celle qui a été lâchement assassinée...
Enfin un bon remake d’un slasher type. Et quelque part, ça fait plaisir de voir les conventions du genre respectées sans tomber dans la surenchère de la mode actuelle des « torture porn » initiée par « Saw » (le seul, l’unique vrai bon film de la saga), confirmée par « Wolf creek » et un ou deux autres bons titres, comme « Manhunt » tiens, maximum. On est loin des copies réactualisées insipides et honteuses que sont « Le bal de l’horreur », « Avril sanglant » et dernièrement « Le beau-père », ici Stewart Hendler connait les codes : tueur masqué (dont on devine l’identité mais pas dès le départ, et en plus, ça tient la route !), arme originale (à savoir un croisillon, ce qui sert à enlever les écrous d’une roue de voiture, voyant chaque branche transformée en harpon, couteau, etc...), et mises à mort impitoyables et visuellement assez gores. Les personnages sont eux aussi bien travaillés, pas simplement des potiches mongoloïdes. Bien au contraire, pour une fois, les actes des uns et des autres s’avèrent moins « nuls » (sur un plan scénaristique s’entend, hein, pas sur un plan réaliste...) dans le sens où tous, garçons et filles sont plus pourris les uns que les autres. Même l’héroïne, à priori différente, révèlera au fur et à mesure de l’avancée du film, des points pas si humains que ça, intéressée à une moindre mesure comme ses « sœurs ». Le reste répond au cahier des charges, revu et corrigé pour l’époque actuelle, comme moins de scènes chocs dans le noir (l’excuse d’il y a trente ans pour détourner la censure), beaucoup plus de fesses et de seins (mais jamais des actrices principales, hein, toujours celles de derrière ou ayant un rôle de troisième plan ! La pyjama-party par exemple...) et tout de même un bon artisan derrière la caméra, quelqu’un qui sait filmer, générer un climax, soigner ses plans, sa photo, etc... Parallèlement à ces « qualités », on garde quelques invraisemblances (qu’est-ce que Carrie Fisher, au passage devenue has-been de chez has-been, vient faire avec un shotgun ?), et c’est tout, ce qui s’avère une bonne chose par rapport à toutes ces pouilleries des années 80 qui furent du pain-béni pour les détracteurs de ce sous-genre. Au final, voici un remake de slasher qui aurait mérité une petite sortie en salles (hé, quand on voit que des bouses comme « le bal de l’horreur », « Hitcher » ou très bientôt, le pathétique « The crazies » y ont droit, on se demande bien qui fait les choix et sur quelles bases !) mais qui passe directement par la case vidéo chez nous. Bon, seulement en DVD : beaucoup de pays l’ont sorti en Blu-ray (comment ça quel intérêt ? Vous voulez qu’on énumère les blu-ray d’inédits inutiles comme « Train », « Paintball », etc...), nous non. Dommage, le film est très soigné et le méritait bien. Autrement, copie DVD nickel, et bonus assez conséquents dont on retiendra un nouveau lexique du slasher, des interviews qui démontrent que chacun a vraiment pris le projet à cœur, une fin alternative qui a bien fait de rester alternative, bref un ensemble assez complet pour un tel produit. Non, définitivement, si les remakes de nos films d’horreur des années 80 pullulent en ce moment, peu gagnent à être vus, même ceux des déjà mauvais films (« Le bal de l’horreur », et bientôt donc, « The crazies »). Aussi, quand il y en a un qui sort du lot et mérite vraiment sa chance, il faut le crier haut et fort : « Sœurs de sang » (pas mal comme titre au final, excepté d’exister déjà...) est un bon remake, doublé d’un très bon slasher.

Note film : 8/10
DVD : copie excellente, format d’origine 1.77, image 16/9ème - Bonus : 6/10 : fin alternative, scènes coupées, interviews sur le tournage et sur les règles du slasher, la mort frappe toujours deux fois : aller d’un meurtre à un autre, bêtisier.

St. THIELLEMENT



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