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  Sommaire - Livres -  A - F -  La Sybille de la révolution




"La Sybille de la révolution"
de
Nicolas Bouchard

Editeur :
Belfond
 

"La Sybille de la révolution"
de Nicolas Bouchard



Présentation de l’éditeur

1794
La Terreur gronde dans le Paris du citoyen Gabriel Jérôme Sénart, secrétaire rédacteur du Comité de sûreté générale. Chargé de rapporter les atrocités qui se multiplient dans la capitale, il accomplit cette tâche pénible avec tout le sérieux qu’exige son devoir de serviteur de la Révolution. Jusqu’au jour où un corps affreusement mutilé est retrouvé dans une chambre close et quasi inaccessible. Qui a pu faire preuve d’une telle barbarie, et surtout avec une telle force ? Le mobile du crime est-il lié à la franc-maçonnerie et à ses loges, comme le laisse entendre Vadier, maître du Comité que ses ennemis surnomment le Grand Inquisiteur ?

Sénart, appelé à enquêter sur cette étrange affaire, doit d’abord faire sortir de prison Marie-Adélaïde Lenormand, une cartomancienne que Robespierre avait fait enfermer pour avoir prédit sa chute. Énigmatique, manipulatrice, elle semble jouir d’un véritable don de voyance et pourrait être utile au secrétaire rédacteur... Sauront-ils piéger les membres des loges noires ? À une époque où les lumières de la Raison combattaient les sciences occultes, il ne faisait pas bon être franc-maçon. Nicolas Bouchard, très bien documenté, met en scène avec brio deux personnages dont le cou-rage et l’idéalisme reflètent les paradoxes de l’époque révolutionnaire. D’une plume alerte, il entraîne ainsi le lecteur dans les bas-fonds d’un Paris interlope où le rasoir national risque de tomber à tout moment.

Avis de Valérie

L’auteur est un historien français qui s’est servi de ses connaissances sur la Révolution pour construire un roman policier historique de grande qualité. Il choisit d’y ajouter des données mystiques et ésotériques, comme c’est souvent le cas actuellement, mais contrairement aux auteurs plus connus, c’est non seulement plus digeste, mais également passionnant, car la majorité du récit est composé de données tangibles, et la partie surnaturelle ou mystique est un ajout tout à fait acceptable, même pour les lecteurs les plus rationnels.

Le meurtre d’un franc-maçon, en pleine Terreur, a de quoi nous intéresser. Le citoyen Senart, qui mène l’enquête ordonnée par Marc Vadier, se voit adjoindre la célèbre Madame Lenormand, seule personne à pouvoir le guider parmi les secrets de la France occulte, ainsi qu’à la chasse du fameux comte de Saint-Germain...

Le style de Nicolas Bouchard n’est pas académique, mais bien littéraire et l’on est beaucoup plus pris par la trame que les données historiques qui sont pourtant vérifiables et vérifiées. Cette période de notre pays n’est absolument pas à notre honneur et malgré que le Monde nous considère comme étant le pays qui a permis à la démocratie moderne d’éclore, il faut remettre les choses à leur place, et reconnaître que les horreurs commises au nom du peuple sont égales, au moins, à celles commises contre lui. Pour exemple, la Grande-Bretagne est arrivée au même résultat sans que le sang eut coulé.

L’introduction du roman nous relate une scène barbare qui n’est qu’un épisode sans importance, mais qui décrit pourtant parfaitement la nature inhumaine de l’homme, nature qui a régné à cette période puis à d’autres. Ceci posé, l’écrivain déroule son histoire en parallèle de la Grande, et il faut avouer que cela est plaisant jusqu’au moment où l’enquête pour retrouver le meurtrier qui semble être un démon, se télescope avec la vie du citoyen Senart. Accompagné par la Sybille très connue des tireurs de cartes, Marie-Adélaïde Lenormand, il finit par perdre la maitrise des éléments et luttera alors pour faire appliquer une certaine justice, mais aussi pour sa vie.

De fait, le texte amène une rupture de ton qui n’est pas très élégante. Si les péripéties ne manquent pas, nous nous rapprochons alors plus d’un roman policier mystique qu’historique et même si cela ne dessert pas obligatoirement l’auteur, l’enthousiasme du début peut faiblir.

Pour autant, voilà un très bon récit historique français que l’on soupçonne d’avoir voulu lorgner vers ses cousins anglo-saxons, ce qui est pas totalement en la défaveur de son auteur. L’histoire d’amour naissante semble un peu trop rose pour l’époque, mais elle ravira pour sûr les âmes les plus tendres.

A découvrir absolument pour plonger au cœur de notre sombre passé pourtant qualifié de flamboyant et salvateur !

Biographie de l’auteur

Né en 1962, Nicolas Bouchara vit dans la région de Limoges. Il est notamment l’auteur de thrillers historiques dont La Ville noire, premier volet d’une trilogie parue chez Flammarion, qui a reçu le prix des Incorruptibles 2004 décerné par des lycéens. Il a également publié chez Flammarion deux romans historiques : L’Hymne des démons (2005), Tarpéia : les venins de Rome (2008), et, chez Belfond, Aziza et la malédiction (2006).

Fiche Technique

Format : broché
Pages : 308
Editeur : Belfond
Sortie : 15 octobre 2009
Prix : 19 €






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