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  Sommaire - Films -  M - R -  Max et les Maximonstres ( Where The Wild Things Are)


"Max et les Maximonstres ( Where The Wild Things Are) " de Spike Jonze

 

Scénario : Spike Jonze & Dave Eggers
D’après le livre de Maurice Sendak
Avec les voix de (en v.o.) : Chris Cooper, James Gandolfini, Forest Whitaker, Catherine O’Hara, & avec : Mark Ruffalo, Catherine Keener, Max Records.
Distribué par Warner Bros. Entertainment France
100 mn.
Sortie le 16 Décembre 2009.

Note : 8/10.

Adapter un roman est déjà en soi un énorme travail. Mais adapter un livre pour enfants doit être bien plus ardu. « Max et les Maximonstres » est à la base un livre pour enfants, que ces derniers connaissent, à la surprise générale (j’ai fais le test...), et qui au cinéma risquait fort de tomber dans un infantilisme des plus niais. Sauf si celui qui s’en emparait avait compris l’essence première du livre, à savoir qu’il ne s’agit pas d’un livre pour enfant mais d’un livre sur l’enfance pour les enfants. Et contrairement à ce qu’on lit un peu partout, ce n’est pas pour les plus jeunes (sinon, on risque de réitérer l’expérience malheureuse du « drôle de Noël de Scrooge »...) mais pour des enfants qui connaissent le pouvoir de leur imagination. Les plus jeunes, eux, croient à leur imagination, énorme différence.
Max a neuf ans, il est plein de vie, turbulent et amusant, très exigeant des autres vis-à-vis de lui ; quand il se fâche avec sa mère, Max s’enfuit loin, très loin. Il trouve un canot et s’embarque pour une île où il va rencontrer d’énormes créatures velues, à la fois pataudes, douces, colériques, jalouses, des sortes d’incarnations des différentes phases de sa personnalité. A leur contact, Max va enfin pouvoir vivre tel qu’il le souhaite, régenter comme il le veut, son enfance. Mais ce que lui renvoie ses Maximonstres, ce n’est ni plus ni moins que lui, enfant qu’il est, dans un monde d’adultes qui ne le comprennent pas tout le temps, et où il a du mal à trouver sa place.
D’un tel sujet, un film réussi n’était pas gagné d’avance. Trouver le financement non plus, sauf si on y croit. Qu’un grand studio accepte de le produire, en sachant pertinemment qu’en confiant le « bébé » à un « auteur » ne risquait pas de donner une nouvelle version de « L’histoire sans fin », est encore plus surprenant, même en ayant une star comme Tom Hanks à la production. Qu’importe (et en même temps, venant d’autres, on eut été beaucoup plus surpris...), le projet a pris corps et âme, et « Max et les Maximonstres » est devenu un film signé Spike Jonze, connu pour son très spécial « Dans la peau de John Malkovich », Jonze qui a donc compris qu’il fallait faire un film sur l’enfance pour les enfants et pas bêtement le film pour enfants que beaucoup veulent voir. Car son approche restitue à merveille l’univers du livre d’origine, avec l’ensemble des richesses des thèmes qui en ressortent. Maintenant que cela est acquis, il ne restait plus qu’à restituer visuellement l’univers des Maximonstres et là, de nouveau, rien à dire : chaque personnage est parfait, tel qu’un enfant de neuf ans peut s’imaginer ce genre de créatures. Pourtant, malgré la maitrise de ces parties, « Max et les Maximonstres » n’est pas le film parfait que le début laissait parfois entrevoir. Car on peut légitimement perdre le fil de la narration, la faute à un scénario manquant de plus de maitrise et de fluidité dans le cheminement de son histoire. Mais en l’état, « Max et les Maximonstres » demeure un magnifique voyage au pays de l’enfance, qui peut ravir plus les adultes que les enfants, souvenirs obligent. Car on a tous en nous une petite part de Max, et une petite part d’un Maximonstre...

St. THIELLEMENT



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