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Mon ami Paul Carpita est mort
samedi 24 octobre 2009.

Cet homme modeste et brillant, ancien instituteur, avait montré qu’il est possible de devenir un véritable créateur sans avoir le soutien des grands de la politique et de la finance, car, lorsque son premier film "Le Rendez-vous des quais" a été saisi et détruit (heureusement le négatif avait été conservé) même le Parti communiste dont il était membre n’avait rien dit.
Il a fallu l’intervention d’ouvriers dockers auprès du ministre de la culture Jack Lang pour que son film fût exhumé et qu’il fût reconnu comme un "maillon manquant" de l’histoire du cinéma.
J’ai eu le plaisir de faire trois films avec lui : "Vallée du Rhône la colère", "Le Rhône la mer danger pollution" et "Vivre à Givors", je fus coréalisateur de ces deux derniers films.
Je présente mon salut fraternel et mes condoléances à son épouse Maguy ainsi qu’à toute sa famille.

Alain Pelosato

Cliché : me voici (à gauche) en compagnie de Paul Carpita qui tient la caméra. Nous sommes à Givors (Rhône)en 1988.

Hommage de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication à Paul Carpita

Le cinéaste Paul Carpita, dont le film "Le rendez-vous des quais" sur la guerre d’Indochine avait été censuré pendant trente-cinq ans, est décédé samedi à son domicile marseillais à l’âge de 86 ans.

Né en 1922 dans la cité phocéenne, fils d’un docker et d’une poissonnière, Paul Carpita réalise en 1955 son premier long métrage, "Le rendez-vous des quais", histoire d’amour d’un docker et d’une ouvrière, sur fond de grève des docks en réaction à la guerre d’Indochine.

Le film sera saisi et interdit par la censure ; il ne ressortira qu’en 1991 pour être salué comme un "précurseur de la Nouvelle Vague".

"Dès que j’ai su me servir de la caméra obtenue tout petit, je l’ai tournée du côté des millions de gens qui ressemblent à papa et maman, les gens humiliés, méprisés", disait ce défenseur d’un cinéma populaire qui avait adhéré très jeune au Parti communiste.
Paul Carpita a signé en 2002 son troisième et dernier long métrage, "Marche et rêve », une "comédie méridionale" au regard tendre sur trois métallurgistes au chômage, dans la petite ville provençale de Martigues.

Toute sa vie, Paul Carpita fut un humaniste plein de poésie, cinéaste essentiel de l’école sociale, peintre d’un monde du travail qui aurait été oublié sans lui et auquel le ministre de la Culture et de la Communication souhaite ce soir rendre un hommage chaleureux.

Paris, le 25 octobre 2009





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