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  Sommaire - Films -  A - F -  DISTRICT 9 (Id.)


"DISTRICT 9 (Id.) " de Neill Blomkamp

 

Scén. : Terri Tatchell
Avec : Sharlto Copley, David Jones, Jason Cope, Vanessa Heywood.
Distribué par Metropolitan Filmexport
112 mn
Sortie le 9 Septembre 2009

Note : 8/10

Le film dont tout le monde parlait : un sujet de science-fiction bien étrange, premier film d’un jeune « fils de pub » qui obtint le financement de son film chez Peter Jackson. Avec une telle carte de visite, la curiosité était grande, et progressivement, l’impatience grandissait. Alors, nanar ou véritable petit évènement, « District 9 » ? Hé bien, ce n’est pas parfait, mais dans l’ensemble, avec quelques idées bien folles et étonnantes, et une dernière partie des plus intenses, « District 9 » constitue une des meilleures surprises de cette année, une œuvre bien plus riche qu’on ne le pensait et qui aurait pu être simplement un petit bijou si il n’y avait ces quelques scories qui sont vraiment trop présentes pour être oubliées.
Cela fait maintenant presque trente ans qu’au dessus de Johannesburg, un immense vaisseau spatial stationne. Ses occupants étaient des réfugiés qui, faute d’accord des pays de notre monde, se retrouvèrent parqués sur place dans une zone baptisée « District 9 ». Une organisation gouvernementale, la MNU, est chargée de gérer la situation. Quand aujourd’hui, il est décidé de muter les aliens ailleurs, la situation déjà tendue entre humains et « visiteurs » s’envenime. Choisi comme guide par ses responsables pour un documentaire télévisuel, Wikus, contracte un virus. Lequel mute peu à peu. La MNU voit alors là l’occasion d’éliminer les extraterrestres en faisant des hybrides qui en même temps pourraient faire marcher cette gigantesque technologie, toujours en sommeil depuis trente ans.
Ça commence comme « V » ou « Independance day » avec le vaisseau spatial en stationnement vertical dans le ciel terrestre. Mais la suite prend une toute autre direction (heureusement, parce que dans le genre tout pourri, « Independance day » est vraiment irregardable aujourd’hui !) avec une sorte de faux-vrai documentaire sur la vie dans le district 9 depuis que les « aliens » ont débarqué. Et là où on ne s’y attendait pas, ça bifurque vers « La mouche » avant de se terminer en apothéose avec une dernière partie proche d’un jeu vidéo comme jamais on n’en a jamais vu retranscris ainsi au cinéma ! Véritable petite bombe dans le paysage actuel du fantastique et de la science-fiction, « District 9 » va encore plus loin en choisissant comme terrain d’action Johannesburg et non pas une énième cité américaine. Et de Johannesburg naissent d’autres conflits, d’autres parallèles, l’apartheid, le mélange de technologies venues d’ailleurs, faisant passer les nôtres pour des vestiges préhistoriques, et se heurtant paradoxalement aux croyances primitives des gangs noirs qui face à ça font carrément rentrer le vaudou dans la bataille ! Ajoutons à l’ensemble des effets spéciaux parfaits (et le film n’a qu’un « petit » budget de trente millions de dollars !), tant sur le plan de la pure SF avec un vaisseau spatial plus vrai que nature que des maquillages avec ses « aliens » mélange réussi d’insecte et de crustacés humanoïdes, un scénario définitivement novateur, et on obtient là un premier film dont on comprend qu’il a enthousiasmé le producteur Peter Jackson, un mélange de série B alliée à des idées de grand film de SF. Mais voilà, « District 9 » n’est pas le premier film presque parfait comme tant d’autres en ont signé (avant de confirmer leurs qualités ou de démontrer que cela ne vécut que le temps d’une œuvre...) car si il y a un vrai point faible dans le film, il concerne les acteurs, au jeu parfois très médiocre. Neill Blomkamp montre moins de maîtrise pour leur direction, que pour le reste, dont une gestion quasi parfaite d’un rythme effréné dans l’ultime partie, avant que le film ne s’achève sur un plan qui constitue l’ultime excellente petite surprise de ce « District 9 » qui a déjà gagné, malgré ses « petites » faiblesses, ses galons de petit classique du genre. Ou petit film culte aussi, pourquoi pas !

Stéphane Thiellement



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