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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Vendredi 13 (Friday the 13th) - Edition Blu-ray (France)


"Vendredi 13 (Friday the 13th) - Edition Blu-ray (France) "
de Marcus Nispel
 

Avec Jared Padalecki, Danielle Panabaker, Amanda Righetti, Aaron Yoo & Derek Mears
Paramount Vidéo

On a déjà eu l’occasion d’en parler mais pourquoi faire des remakes ? l’imagination des uns et des autres (scénaristes mais aussi producteurs commanditant le projet) est-elle si pauvre que cela qu’il ne reste plus que la perspective de se retourner vers le passé, pour y puiser la matière à donner une nouvelle vie à un film, à son histoire ? Bon, d’un autre côté, certains classiques de la littérature sont bien adaptés plusieurs fois alors... Alors, il y a remake et remake. Faire d’un classique ou d’un chef-d’œuvre un remake est très hasardeux, voir limite casse-gueule. Restons dans le Fantastique : dans cette catégorie, on trouve le très raté « Halloween », l’exécrable « Fog » ou pire encore, « La maison du diable ». Maintenant, il y de véritables réussites telles que le « King-Kong » de Peter Jackson,« Body snatchers » d’Abel Ferrara ou plus proche de nous, celui de « Massacre à la tronçonneuse » de Marcus Nispel, celui auquel on ne croyait pas du tout. Maintenant, faire un remake d’un nanar ou d’un mauvais classique, peut s’avérer bénéfique suivant le talent de certains : « La colline a des yeux » est une bonne idée qui donna un très mauvais film de Wes Craven, Alexandre Aja en a fait un petit chef-d’œuvre. Toujours signé Craven, « La dernière maison sur la gauche » possédait quelques moments bien glauques dilués dans du pur Z tant par sa réalisation que par ses moments de comédie lourdingue ; nouveau venu, Dennis Ilyadis en a fait un remake qui de nouveau supplante et enterre son modèle. A un degré plus minime, « Meurtres à la St Valentin » était un slasher très basique (surtout en le revoyant aujourd’hui...), son remake, sans atteindre les sommets des deux cités précédemment, s’avéra être une bonne surprise. Par contre, « Le bal de l’horreur » était un des pires slashers qui soient, son remake est un des pires remakes qui soient, comme quoi... On attend prochainement « Les griffes de la nuit » (on craint le pire là, car en plus, Craven était devenu très bon à ce moment-là...), « The house on sorority row » (très bon slasher à la base), et quelques autres dont les versions US du norvégien « Cold prey », de « Morse », etc... Et au milieu de tout ça, ce qui devait arriver arriva, « Vendredi 13 », après bien des rumeurs et autres soucis, n’y échappa pas. Aux commandes, Marcus Nispel qui avait bluffé tout le monde (sauf les nostalgiques de la naphtaline...) avec son remake du chef-d’œuvre de Tobe Hooper, « Massacre à la tronçonneuse », laissait augurer d’une relecture « intelligente » du produit. Lequel amorça une saga qui compte onze épisodes (en incluant « Freddy contre Jason »), un premier qui reste un classique avec ses meurtres signés Tom Savini, un sixième volet, « Jason le mort-vivant » considéré comme le meilleur de la saga, et le reste se partageant entre le mauvais (« Le tueur du vendredi », « Meurtres en 3D » & « Jason takes Manhattan ») et le bon voir très bon pour les autres. Sauf que ce nouveau « Vendredi 13 » n’est rien d’autre qu’un simple « Vendredi 13 » basique, plus corsé question nudité (là, on les voit, les poitrines généreuses des actrices !), avec quelques moments vraiment méchants mais sinon, très conventionnel.
Depuis une dizaine d’années, les locaux savent que Crystal Lake est hanté par Jason Voorhees, l’enfant handicapé mental d’une cuisinière d’un camp de vacances qui massacra tout un groupe qu’elle tenait responsable de la noyade de son fils, lequel s’en était sorti et vivait caché depuis ce jour-là. Un groupe d’amis vient passer le week-end dans la maison de campagne de l’un d’eux, au bord du lac. En se promenant, Clay et Jenna découvrent les vestiges de l’ancien camp et la preuve que Jason est toujours vivant et tue tous ceux qui passent à sa proximité. Le cauchemar peut commencer...
On ne va pas rentrer dans les détails, il faut ménager un peu de surprises. Donc Nispel ne réitère pas son coup de maître d’il y a quelques années. D’un scénario respectant à fond les convenances d’un nouvel opus, il en tire un film qui manque singulièrement de modernisme. C’est un peu long, on a droit aux fameuses scènes de cul de tout « Vendredi 13 » qui se respecte, aux blagues vaseuses, et aux personnages insipides. Pourtant, à la seconde vision, la pilule passe un peu mieux. Déjà, techniquement, c’est d’un autre niveau, Nispel sachant quand même réaliser un film, qualité que seuls deux ou trois réalisateurs de la saga possédaient, sans oublier aussi l’excellent travail du directeur de la photographie. Ensuite, Jason impressionne parfois vraiment et fout les jetons, malheureusement lors de quelques rares scènes pas assez exploitées sur tout le film. Paradoxalement, ce remake tente maladroitement, de réunir quelques idées présentes sur plusieurs films : la tête de maman comme dans « Le tueur du vendredi », la découverte du masque comme dans « Meurtres en 3D », et se permet même de piquer carrément des idées dans d’autres films du genre : Jason collectionnant les objets de ses victimes (« Wrong turn », « La colline a des yeux »), les couloirs souterrains où il se cache et circule (avec une bonne idée pour aller plus vite de la forêt au camp de vacances !) comme dans « La colline a des yeux 2 », etc. En fait, c’est un vrai melting-pot où on trouve de tout sauf le remake qu’on voulait voir. Le pire étant de voir certaines scènes vraiment pauvres comme quand Jason trouve son masque de hockey, scène possédant une version alternative dans les bonus qui est juste un petit peu mieux sans être révolutionnaire. Pourtant, tout fan finira par trouver de l’intérêt à ce remake, malgré ses flagrants défauts et ses rares qualités. L’édition Blu-ray en possède déjà une : une copie simplement superbe, rendant justice au travail de la photo, parfait dans les scènes nocturnes. Rien que pour ça, c’est déjà une grande raison d’avoir ce film. Par contre, on a droit qu’à la version cinéma là où les USA avaient droit aux deux versions (la seconde étant plus « riche » en plans gores), mais une histoire de droits entre producteurs / distributeurs doit être responsable de ce choix. Maintenant, il faut savoir une chose, c’est que ce Blu-ray tout en possédant la plus belle copie du film qui soit, possède des bonus du pauvres : petit making-of, documentaire sur la saga vue par les protagonistes actuels et ces scènes coupées dont la plus intéressante est celle du masque. Définitivement, « Vendredi 13 » n’est pas aimé. En ce qui nous concerne, le remake n’est pas l’évènement qu’on attendait, c’est juste une réactualisation de plusieurs volets un peu mieux torchée qu’il y a quinze ans. Et pour le fan, c’est déjà ça, il y trouve son compte. Pour les autres, c’est un « Vendredi 13 » de plus, c’est tout, avec tout ce que ça sous-entend...

Film : 6/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.41, image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus (vostf) : 3/10 : making-of (11 mn) - documentaire (11 mn) - scènes alternatives & coupées (8 mn)

Stéphane Thiellement



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