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  Sommaire - Interviews -  Jef Baud


Interview de Jef Baud
Par Damien Dhondt

Dernier ajout : samedi 27 juin 2009

"Jef Baud "

Interview de Jef Baud
Par Damien Dhondt

Quelle est votre formation ?
J’ai été abonné à Pilote et Metal Hurlant quand j’étais jeune homme. J’y ai développé un amour profond pour la bande dessinée. Ensuite j’ai observé des gens que je considère comme des maîtres : Jijé, Jean Giraud, William Vance, Caza, Jean-Claude Mézières. Je me suis interrogé. Comment cela peut-il être si beau et comment peut-on le refaire ?

Comment est venue l’idée des aventures de Domenico ?
Ce héros a pointé son nez en 1968. Avec mon grand frère, on avait inventé ce petit personnage. On trouvait le nom rigolo. Mais on ne savait pas ce qu’on allait lui faire faire. C’était un nain, le huitième de chez Blanche-Neige.
Des années après, j’avais envie de faire une série avec un petit nain des montagnes, un personnage dynamique, aux proportions un peu nanique mais cartoon. Je me suis dit pourquoi ne pas l’appeler Domenico ? Je trouve que le nom est très péchu et ensuite s’est construit l’histoire d’un moine alchimiste.

Comment les animaux humanoïdes sont-ils intervenus dans l’histoire ?
J’ai toujours été admirateur de Disney avec le côté humanoïde zoomorphe. Je me suis dit : pourquoi ne pas oser ? J’ai commencé quelques planches et par un heureux hasard je suis tombé sur un éditeur qui m’a dit : "mais oui, pourquoi pas". Il a eu la présence réelle du renard au milieu des gens un peu comme dans Pinocchio où il y a des gens, des enfants de bois, des renards et des chats.

Y a t’il une explication : mutations génétiques, expériences transgéniques ?
Surtout pas, ce serait dommage. Le contexte est un peu surréaliste.

Comment Maître Renard s’est-il retrouvé sur un arbre perché ?
La maison dans un arbre, j’en rêvais depuis l’âge de huit ans. Quand j’étais petit, on avait un vieux pommier haut comme moi où je voulais construire une cabane. Mais mon père m’a dit que ce n’était pas possible. Plus tard, avec le dessin tout est devenu possible.
Au départ Firefox devait habiter dans une grande maison classe, genre XVII° et XVIII° siècle avec des tableaux de maître. Je me suis dit que cela serait encore mieux de mettre cette demeure dans un arbre.

Le XXV° siècle présenté ne connaît pas vraiment de progrès technologique évident. On observe la coexistence de rapières et de quelques gadgets high tech apparus dans le tome 2 comme le cadran virtuel en 3D.
J’ai une explication très vague concernant l’aspect scientifique. Vers 2050 s’est produit l’apaisement du progrès technologique de la planète. Cela s’est beaucoup calmé et on est retourné à des valeurs plus sûres comme le cheval, la bourrique, les artisans qui travaillent sur des cathédrales. Des amis m’ont traité de passéiste. Je ne le nie pas. J’ai eu envie d’une histoire passéiste qui se déroule dans le futur.

La ville de Dingobard présente une architecture hétérogène.
On apprendra dans le tome 3 que la création de Dingobard remonte au XIV° XV° siècle. Je ne connais pas encore sa situation géographique, à mon avis en France dans la région du Poitou Charente, un endroit un peu sec. C’était un petit village. Ensuite la ville a été agrémentée avec des architectures modernes. Elle est à présent immense, aussi grande que Paris ou New York et on va apprendre dans le tome 3 qu’elle a peut-être un 2° ou 3° sous-sol. Mais comme le disait Ryudard Kipling "c’est une autre histoire " et j’espère que vous la lirez rapidement.

On observe le style atypique des maisons en ruine.
Dans mon enfance, mes parents me faisaient vivre dans une maison correcte. Mais à coté de chez moi il y avait toujours d’immenses maisons en ruine, à la limite moyenâgeuse. Cela m’a toujours fasciné et puis est venue la ville fantôme dans Lucky Luke.

Dans le récit se produit un mélange de la fantasy et de la SF. La magie existe t’elle réellement ? Le voyage temporel est-il du à la magie ou la science ?
Je répondrais à cette question dans le tome 3. Mais de toute façon l’explication sera beaucoup plus magique que scientifique.

Préférez-vous la science ou la magie ?
La magie. La science est hyper utile pour le genre humain. Mais rappelez-vous les massacres d’Auschwitz et Hiroshima.

Les vêtements des protagonistes sont également variés : l’époque moyenâgeuse voisine avec celle de la Renaissance, le kilt avec les cravates.
C’est normal. Tout se mélange et je fais en sorte que les personnages ne remarquent pas les différences vestimentaires des uns et des autres. Du fait du voyage dans le temps au XXV° siècle toutes les cultures et toutes les modes sont présentes.

L’évocation de Venise renvoie t’elle à l’imaginaire collectif ?
Absolument

Un peu comme la Marie Céleste
L’énigme de ce vaisseau fantôme n’a pas toujours pas été élucidée. Je me suis documenté. J’ai utilisé des données précises car j’ai dessiné la vraie tête du capitaine Briggs, le commandant la Marie-Céleste. Je vais dans la précision car la réalité souvent sera encore plus fantastique que vous ne pouvez le croire.

Le fantastique se manifeste avec des nouveaux intervenants comme les mystérieuses entités.
Qui seront développées dans le tome 3. Le loup ectoplasmique qui parle a plus un coté surréaliste. L’indien a cru que cet être fournissait une piste qui n’est pas la bonne. Le loup mentionne l’orichalque qui évoque une grande civilisation atlantique dont je ne citerais pas le nom.

La motivation des héros consiste à résoudre une énigme.
Ils pratiquent cette aventure vraiment comme un jeu qui va s’avérer épouvantablement dangereux. Il s’agit de comprendre, comprendre pourquoi un chevalier du XII° siècle leur est arrivé dans les pattes, comprendre le pourquoi du comment. Dietrich de Stolein n’est pas dans son époque. Il a perdu sa femme, sa famille, ses chevaliers et son château, ce qui entraîne une compassion de la part de Renard, d’autant que Dietrich est quelqu’un de bien, de moral.

Combien de tomes doit compter la série ?
La fin du mystère se situe au tome 3 et après j’ai d’autres idées avec Domenico, le Renard, l’Indien et la chouette. Cela sera plutôt des one-shot. Mon éditeur n’est pas trop d’accord. Il faut qu’on en recause. Je n’ai pas trop envie de refaire une série. J’ai une idée de science-fiction fantastique un peu gore, un peu malsaine sur les bords, également un western- fantastique avec des gens du XII° et du XXV° siècle.

BIBLIOGRAPHIE

Aux éditions Tartamundo
Une aventure de Domenico (2 volumes)


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