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  Sommaire - DVD -  G - L -  Les Disparus (Aparecidos) - Edition Zone 2 - Inédit
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"Les Disparus (Aparecidos) - Edition Zone 2 - Inédit "
de Paco Cabezas
 

Avec Ruth Diaz, Javier Pereira, Hector Bidonde
CTV Vidéo

Par les temps actuels, il est toujours bon de découvrir un film fantastique venu d’Espagne car, on en le dira jamais assez, c’est d’Espagne que depuis quelques années, le cinéma Fantastique a trouvé un nouveau souffle. Bon, aujourd’hui, il y a quand même aussi la France (et ce depuis le succès du « Haute tension » d’Alexandre Aja qui a prouvé que chez nous aussi, il y avait de la vraie qualité, ce que confirma « Frontière(s) » et dans de moindres mesures, toutes les autres tentatives qui pour l’instant n’ont guère brillé, en attendant un morceau de choix, parait-il, avec « La Horde ») et très dernièrement, la Norvège avec « Cold prey », « Manhunt » et « Morse ». Aujourd’hui déboule donc en vidéo un petit inédit hispanique, passé à Gérardmer en 2008. Et de nouveau, force est d’admettre que le résultat est plutôt bon, pas du niveau des cadors que sont « L’orphelinat », « Rec. » (et tous les autres films de Jaume Balaguero !), « Abandonné » et « Backwoods », mais malgré des défauts de scénario et de narration, « Les disparus » constitue une nouvelle preuve de l’énorme vitalité de l’Espagne dans le Fantastique.
Malena et Pablo ont fait le voyage jusqu’en Argentine depuis Barcelone pour être au chevet de leur père. Mais là où Malena pensait juste régulariser des papiers pour la crémation, elle apprend que ce père qui ne l’a jamais désiré et pour lequel elle ne ressent plus rien, est encore maintenu en vie. En même temps, Pablo semble vouloir faire un pèlerinage dans le passé pour en savoir plus, lui qui ne l’a jamais connu. En prenant sa voiture et en partant pour la maison d’enfance, le frère et la sœur découvrent caché dans la voiture un journal intime d’un tueur ayant massacré une famille vingt ans auparavant. Un témoignage qui va ouvrir les portes d’un passé abominable, lié à Pablo et Malena, et qui va leur faire vivre en tant que témoins venus d’une dimension parallèle, les pires tortures qu’un être humain peut infliger à ses pairs. Mais même dans ces décalages de temps, leur vie est maintenant en danger : ils sont les victimes potentielles d’un tueur du passé !
Tourné en Argentine dans un scope magnifique, « Les disparus » mélange le fantastique pur avec ses fantômes avec le réalisme d’un passé honteux lié aux abominations des pouvoirs militaires en place via certains de leurs représentants qui profitaient de leur statut pour assouvir leurs plus vils desseins, voir leurs pires folies sous couvert de recherche de vérité et autres raisons politiques. Mais là où le bât blesse, c’est au niveau de la narration, de certains points du scénario : c’est simple, on n’y croit pas. Quand en plein désert, vous surprenez une fille blessée en train de fouiller l’arrière de votre voiture et que l’instant d’après, elle disparait, ben ça vous fout une trouille du diable. Pablo, lui, il trouve ça normal vu qu’il reprend tranquillement le cours de ses pensées ! Pareillement, les actions parallèles situées dans deux époques se chevauchent mais parfois illogiquement. Qu’un homme vivant vingt ans auparavant puisse blesser un personne aujourd’hui, soit, mais qu’une voiture du passé puisse rentrer en collision avec une d’aujourd’hui, non, ça ne passe pas... Et ce sont tous ces détails terriblement frappants qui empêchent l’adhésion totale à cette histoire. Laquelle pourtant suit son déroulement jusqu’à un dénouement abominable, les vingt dernières minutes étant du pur cauchemar et l’assassin un monstre comme le pays a dû en connaitre pas mal. Et si malgré ses faiblesses, « Les disparus » demeure quand même un bon fil, c’est par un vrai soin apporté à sa mise en scène, à sa réalisation (quelle superbe utilisation du scope !), à un choix de musique très ambitieux et recherché et à quand même certaines séquences très réussies. Mais son manque de rigueur sur certains éléments du scénario est trop fort pour passer outre. Reste enfin cette ultime séquence, incroyable, superbe, d’un final en plein cœur d’une ville où le frère et la sœur découvre que leur voyage au bout de l’enfer leur a ouvert une porte qu’on souhaiterait ne jamais ouvrir...

Film : 7/10
DVD : copie excellente, format d’origine 2.35, image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus : 0/10 : bande-annonce, avec ça, on reste dans le vide !

Stéphane THIELLEMENT



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