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  Sommaire - DVD -  S à Z -  Transsiberian (Id.) - Edition zone 2 (Inédit)


"Transsiberian (Id.) - Edition zone 2 (Inédit) "
de Brad Anderson
 

Avec Woody Harrelson, Emily Mortimer, Sir Ben Kingsley, Eduardo Noriega, Thomas Krestchmann
Sidonis Vidéo

Un casting relativement haut de gamme pour le nouveau film d’un cinéaste qui ne laisse jamais indifférent à chacun de ses films, sans toutefois atteindre non plus le niveau du chef-d’œuvre. On va commencer par lui d’ailleurs : si on ne devait citer qu’un film d’Anderson, ce serait le pourtant très moyen « Machiniste » avec Christian Bale qui perdit plus de vingt kilos pour son rôle de paranoïaque persuadé qu’on cherche à lui nuire. Voyage au fond du psyché d’un homme, film naviguant entre deux mondes, « Le machiniste » pourtant ne décolle jamais. A part ça, Anderson débuta dans le long-métrage avec une comédie romantique horripilante, « Next stop Wonderland » (Grand Prix Festival de Deauville 1998, si ça intéresse quelqu’un...), qu’en suivit une autre, plus originale, « Happy accidents » (une femme qui tombe amoureuse d’un homme venant de très loin dans le futur...) avant de bifurquer radicalement vers le bizarre avec son premier vrai bon film, « Session 9 » qui voyait David Caruso (je l’aimais bien lui avant qu’il devienne nul dans « CSI : Miami ») et Peter Mullan (génial acteur british, parfois réalisateur d’au moins un chef-d’œuvre, « The Magdalene sisters ») en ouvriers retapant un vieil asile psychiatrique victimes de phénomènes bizarres. Bon, le problème d’Anderson, c’est qu’au final, le rationnel prend le dessus, laissant un sale sentiment de s’être fait avoir pas très agaçant. A la suite de « Session 9 », il y a le « Machiniste » (qui enfonce le clou), quelques séries TV et un retour au grand écran avec ce « Transsiberian », polar spécial, original dans son contexte, qu’on pourrait résumer par « drôle d’endroit pour des rencontres bizarres ». A ce jour, « Transsiberian » est le meilleur film de Brad Anderson.
Le Transsiberian est un train qui relie Pékin à Moscou. Mais pas un train de luxe comme l’orient-Express, juste un train que prennent des voyageurs de toutes sortes, de tous horizons, de tous milieux. Roy et Jessie, jeune couple américain, était parti à Pékin pour une mission humanitaire liée à l’église à laquelle appartient Roy.
Pour remercier sa femme, et lui faire plaisir en terminant leur périple par un voyage peu commun, ils partent pour Moscou via le Transsiberian. Ils vont y croiser la route d’un autre couple, Carlos et Abby. Au fur et à mesure des kilomètres, d’étranges relations se nouent, des secrets commencent à poindre, et les vraies natures de chacun font surface. Et l’arrivée d’un mystérieux policier russe à la recherche d’un trafiquant de drogue va précipiter les destins de chacun, parfois mortellement pour certains.
Dans l’excellent making-of, Brad Anderson dit avoir eu l’idée du film en ayant pris lui-même ce train pour un voyage de quelques milliers de kilomètres qui lui fit croiser des personnes qu’il n’aurait jamais rencontré autrement. Là-dessus, il greffe une intrigue policière qui prend forme au fil des rencontres de personnages plus ou moins pittoresques, en apparence banals, mais plus complexes que prévu, des natures véritables que même leurs proches ignorent (comme Jessie pour son mari...).
Curieusement, la sauce finit par prendre, ce qui n’était pas gagné au début. Mais quand l’engrenage se met en place, que les vrais visages se révèlent, que l’on est happé par l’originalité du cadre, « Transsiberian » trouve sa vitesse de croisière et ce jusqu’à son final, pour une fois réussi pour un film signé Brad Anderson. On est à la fois surpris et intrigué, en même temps que le rythme tranquille du train traverse des contrées pas des plus hospitalières ou tentantes pour des vacances de rêve. C’est cet ensemble finalement homogène, différent, inquiétant, violent (quand Thomas Kretschmann torture Abby, on serre les dents !), qui donne au film son identité, parfaitement maitrisé par un cinéaste qui montre ici son véritable talent. En bonus, comme il est dit plus haut, un making-of digne de ce nom, où on apprend comme recréer la traversée du Transsiberian : si Anderson a vraiment pu filmer quelques images véritables du voyage et du train, il ne put le faire entièrement, le reste fut recréé avec passion par les artisans d’Europe de l’Est et on n’y voit que du feu. Enfin, à noter que le film existe aussi en Blu-ray, pas évident à trouver, mais pourvu d’une très belle copie. En tout cas, une chose est sûre, quel que soit son format, voici un inédit en salles qui mérite sa place dans toute bonne DVD/Blu-ray-thèque.

Film : 8/10
DVD : copie excellente, format d’origine 2.35, image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus : 8/10 : making-of - bande-annonce.

St. THIELLEMENT



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