SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No108
108
2
2
 
j
u
i
l
l
e
t
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis   PD-AP  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Livres -  Infos -  Adieu, Ballard, Adieu.

Article précédent :
Star Trek chez Bragelonne

Adieu, Ballard, Adieu.

Article suivant :
Nous avons reçu : "Feu de Dieu" de Pierre Bordage - Au diable Vauvert



L’auteur anglais James G. Ballard vient de mourir. Il avait 78 ans. On le savait atteint d’un cancer depuis de longs mois, mais la nouvelle de sa disparition est un choc pour le monde de la littérature et de la science-fiction. Si l’œuvre la plus connue de l’écrivain est son autobiographie romancée « Empire du soleil », portée à l’écran par Spielberg en 1987 avec le tout jeune Christian Bale dans le rôle de Jim, l’auteur est aussi connu pour ses nombreux récits de science-fiction, tant dans le domaine de la nouvelle où il excelle - voir le recueil récemment paru chez Tristram - que du roman. Pour ce qui est de la pure SF, on pensera aux nouvelles parues dans la revue « New Worlds », époque Michael Moorcock, et à ses quatre premiers romans, des portraits apocalyptiques de la fin du monde : « Le Vent de nulle part » (1962), « Le Monde englouti » (1962), « Sécheresse » (1965), et « La Forêt de Cristal » (1966) - voir le dossier « Apocalypse » de SF Mag n°54.

Ballard, ne reniant jamais son statut originel d’écrivain de science-fiction, s’est toujours évertué à déclarer qu’il était intéressé par le « ici et maintenant » de la SF, et qu’il voulait explorer nos « espaces intérieurs » plutôt que les galaxies lointaines. Tout en continuant à écrire des nouvelles de SF regroupées dans des recueils tels que « Billenium » (1970) ou « Appareil volant à basse altitude » (1976), Ballard s’engage vers d’autres domaines et explore les psychopathologies nées du monde moderne urbain dans sa « Trilogie de béton », composée de « Crash ! » (1973), « L’Ile de béton » (1973) et « I.G.H. » (1975) - voir le dossier « La bagnole dans la SF », SF Mag n°60. Un changement de cap inauguré plus tôt par « La Foire aux atrocités » (1969), expérience littéraire radicale autant par la forme que par le fond.

Loin de cette noirceur, Ballard sait aussi construire des mondes imaginaires emprunts de poésie tels que « Vermilion Sands » (1971), ou carrément loufoques, comme « Le Rêveur illimité » (1979). Ne reniant ni son style, ni ses préoccupations, ni son exigence, Ballard passe à autre chose pendant les deux décennies suivantes, l’autobiographie romancée avec « Empire du soleil » (1984) et « La Bonté des femmes » (1991), et des œuvres qui peuvent s’apparenter à de la littérature générale, « Le Jour de la création » (1987), « La Course au paradis » (1994), ou du policier, « Sauvagerie » (1988).

Parallèlement à ses romans et nouvelles, Ballard ne cesse de publier des chroniques littéraire ou cinéma, ou des billets d’humeur dans la presse anglaise, et l’on peut trouver une sélection de ses meilleurs articles dans « Millénaire mode d’emploi » (1996).

Dans les années 2000, Ballard revient à ses (presque) premières amours avec des romans de nouveau centrés sur les dérives du monde concentrationnaire urbain, médical dans « Super Cannes » (2000), banlieusard dans « Millenium People » (2004) et consumériste dans « Que notre règne arrive » (2007). Ecrivain de l’entre-deux mondes, de l’entre-deux genres, Ballard était né à Shanghai en 1930, il meurt à Shepperton en 2009. Comme certains de ses personnages en bout de route, il repose peut-être maintenant dans l’univers fantasmatique d’une toile surréaliste. Il avait trois enfants, nés de son épouse Mary, décédée en 1964. Son dernier livre paru à ce jour est l’autobiographie - non romancée cette fois - « Miracles of Life » (2008), encore inédite en France.

Un dossier plus complet sera publié dans le numéro 64 de SF Mag.
Toutes les œuvres de Ballard parues en France sont visibles ici : http://forums.bdfi.net/viewtopic.php?id=1212

Hervé Lagoguey