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  Sommaire - DVD -  G - L -  L’enfer du dimanche (Any given Sunday) - Edition Blu-ray (France)
LIVRES-SF-FANTASTIQUE
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"L’enfer du dimanche (Any given Sunday) - Edition Blu-ray (France) "
de Oliver Stone
 

Avec Al Pacino, Dennis Quaid, Cameron Diaz, Jamie Foxx, James Woods, LL Cool J, Matthew Modine & Charlton Heston.
Warner Home Vidéo

« L’enfer du dimanche » possède deux grandes qualités : la première étant d’être avec « Friday night lights » de Peter Berg le meilleur film sur le foot américain et tout ce qui s’ensuit (public et professionnels) ; la seconde, c’est d’être simplement le dernier vrai bon film d’Oliver Stone. Et dans sa filmographie, c’est sans nul conteste une de ses réussites majeures, avec « Salvador » (son chef-d’œuvre), « Platoon », « Né un 4 Juillet », « JFK », « U-turn », sans oublier son scénario pour « Scarface » de De Palma. Mais depuis « L’enfer du dimanche », qui semble l’avoir vidé (beaucoup de problèmes avec le studio aussi... Et malgré cela, le film est simplement énorme !), Stone a signé les mauvais « Alexandre », « World Trade Center » & le pathétique et bouffonesque « W »... Bref, c’est un vrai plaisir que de revoir « L’enfer du dimanche », qui plus est en Blu-ray pour un résultat simplement magnifique, la copie étant superbe, on n’a jamais vu le film en vidéo dans de telles conditions !
Tony D’Amato (Al Pacino, magnifique, un de ses meilleurs rôles) est une légende du football américain. Mais aujourd’hui, l’équipe qu’il entraine est sur la pente descendante. La jeune propriétaire Christina Pagniacci (Cameron Diaz, peut-être le meilleur rôle de sa carrière !), héritière à la suite du décès de son père de cette même équipe, veut faire du neuf et se débarrasser de Tony et d’une partie des joueurs, trop vieux selon elle. Lors d’un match, un inconnu créé la sensation, Willie Beamen (Jamie Foxx) et relance l’équipe. Entre tous ces personnages, ces luttes internes, ces compromis, c’est le portrait d’une partie d’une légende d’un des sports les plus côtés des USA qui est dévoilée, sorte de nouveaux jeux du cirque romains, moins barbares mais tout autant similaires autrement.
Et Stone de rendre vivant, palpitant, éblouissant chaque scène, chaque match, chaque joueur, chaque action. Un pari énorme, audacieux, mais qui tenait à cœur au cinéaste, lui qui aime tellement étudier son pays au travers de son histoire ou, come ici, d’une véritable institution qui passionne la quasi intégralité du peuple américain à chaque « Superbowl » et au moins, les trois quarts d’entre eux une fois par semaine, à chaque match quoi. Les premières images peuvent rebuter tant elles mitraillent l’écran, qu’on n’y comprend rien, que ça nous tombe dessus sans crier gare, mais c’est aussi une meilleure manière de nous immiscer au cœur de l’action. Ne répétant jamais les mêmes plans pour chaque match, Stone a réussi là un de ses travaux les plus ambitieux et colossaux. Mais si « L’enfer du dimanche » se contentait de cela, il ne présenterait guère d’intérêt. En parallèle, on vit le quotidien stressant de la préparation, d’un entraineur sur qui tout repose, de la puissance des propriétaires, de joueurs liés à des contrats publicitaires phénoménaux pour s’en sortir (la durée de vie d’un joueur de football US est très limitée, sa vie normale aussi d’ailleurs...), etc... Tout ce qui mélangé au football en soi donne vie au film, nous laisse sur le carreau à la fin, et surtout constitue à ce jour un modèle cinématographique du genre. Une époque où stone avait encore des tripes, et ne signait pas des pelloches démesurées ternes ou de petits films intimistes et ratés sur des destins qui n’en méritaient pas tant. L’édition Blu-ray de « L’enfer du dimanche » est en soi un must du genre : déjà, on a droit à la director’s cut (six minutes de plus, dont un plan de joueur nu dans le vestiaire, quéquette à l’air, une scène coupée très connue !) servie par une copie simplement sublime. Pas parfaite mais ça, c’est volontaire et sublime quand même : les chaudes colorimétries du soleil de Floride brillent de mille feux, les contrastes sont éclatants, bref à part ces (volontaires) petits fourmillements sur quelques scènes, c’est magnifique. Niveau bonus, c’est plus que complet : making-of promotionnel mais très intéressant, scènes coupées commentées par Stone, commentaire audio de Stone, en ces trois modules, on comprend que même cette director’s cut n’est pas encore la définitive ! Mais on admire aussi la technique de Stone qui ne laisse rien au hasard pour mieux faire vivre son film. On trouvera aussi les tests de Jamie Foxx, un montage esthétiquement très beau de trois minutes de matchs avec chutes et actions pour marquer le point, le tout sur fond de soleils couchants accompagnés d’une musique de Moby, très chouette petit module, et d’autres petites bricoles certes moins excitantes que celles précitées mais qui dans la foulée, se suivent sans déplaisir. Et au final, vous obtenez donc une édition plus que complète du film, servie par sa plus belle copie aussi, de ce qui constitue à ce jour le film le plus incroyable et énorme jamais fait sur ce sport et ses répercussions. Et encore une fois, c’est aussi le dernier vrai bon film d’Oliver Stone. Et lui, quand un sujet le passionne, ça donne ça !

Note film : 9/10
Blu-ray : copie magnifique, format d’origine 2.41, image 16/9ème comp. 4/3 - Bonus : 10/10 : commentaires audios de Oliver Stone, et de Jamie Foxx - scènes coupées - making-of - 3 clips vidéo - essais de Jamie Foxx - galerie photos - bêtisier - les chutes dans le footballl - musique isolée.

St. THIELLEMENT



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