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  Sommaire - DVD -  S à Z -  WAZ (Id.) - Edition zone 2 (Inédit)


"WAZ (Id.) - Edition zone 2 (Inédit) "
de Tom Shanckland
 

Avec Stellan Skarsgard, Barbara Adair, Selma Blair
FPE Vidéo

« WAZ » est un choc, le genre de film auquel on ne s’attend pas, du moins dans ce degré de réussite. De prime abord, on se dit qu’on va voir un ersatz de « Saw », à savoir de la torture horrifique qui sombre souvent dans le Z total (comme toutes les séquelles de « Saw » d’ailleurs, véritables hontes pour le premier volet, le seul, le vrai, qui demeure toujours un must dans le genre). Sauf que « WAZ » est bien plus que cela, c’est une plongée en enfer, celui du quotidien d’humains en pleine déchéance, entraînant avec eux les innocents. Mais avant de rentrer encore plus dans le vif du sujet, il faut raconter l’étrange petite histoire de « WAZ » : à la base, un scénario de quelques lignes présenté il y a cinq - six ans à un atelier d’écriture du Festival du Film Britannique de Dinard. Et c’est ce projet qui gagna le prix, une aide financière pour monter le long-métrage, qui n’arriva qu’en 2007, où on découvrit donc en séance de minuit ce polar noir horrifique qui tétanisa toute une salle assez remplie vu l’heure au point de ne laisser personne s’endormir (la veille, un autre film eut cet effet lors de cette édition, le magnifique « Middletown » et son curé fanatique dans une pauvre ville d’Irlande, mais ceci est une autre histoire...). Voilà, c’est une anecdote, un clin d’œil aussi à un des meilleurs festivals cinématographiques du moment. On revient à « WAZ »...
En quelques jours, dans les coins les plus sordides de New-York, des cadavres sont retrouvés, mutilés, avec une inscription étrange gravée sur eux : WAZ. Flic désabusé, fatigué, l’inspecteur Argo (Stellan Skarsgard) assisté d’une nouvelle partenaire, se lance sur la piste d’un tueur autant machiavélique que désespéré, qui sélectionne ses victimes bien précisément pour leur proposer le pire des cauchemars : vivre en tuant un proche, ou mourir. Et c’est en s’enfonçant encore plus dans les abîmes et les pires exactions de l’être humain qu’Argo va découvrir qui se cache derrière ces meurtres, et qu’il s’y trouve plus impliqué qu’il ne le pensait.
D’accord, de prime abord, les premières images peuvent rebuter, le choix d’une photo vidéo étant assez laid visuellement, même en format cinémascope. Mais dès que la machine machiavélique se met en route, dès que les premiers meurtres nous sont montrés, dès qu’Argo (formidable Stellan Skarsgard, au passage) plonge dans les pires endroits de New-York, on oublie le visuel (qui progressivement finit par devenir une partie du film au même titre qu’un personnage, et qui était bien volontaire) et on se retrouve en train de côtoyer les pires déchéances de l’âme humaine, les pires instincts, le désespoir, en résumé une horreur réelle. Pas celle de ces meurtres certes traumatisants (les clous sous les ongles par exemple, on serre les dents, hein !) mais celle d’une enfant vautrée dans une cage d’escalier et mis en vente par une mère junkie qui veut sa dose, pour ne citer qu’un exemple insoutenable parmi d’autres. « WAZ » dégoûte, choque, mais provoque aussi des réactions d’une telle force qu’on est à deux doigts de pleurer devant tant d’horreur. Et de ces faits, il en ressort un psychopathe qui n’est rien d’autre à priori qu’un tueur fou monstrueux mais aussi d’abord et avant tout une victime parmi tant d’autres, un innocent sacrifié pour satisfaire la folie de quelques éléments. Tom Shanckland réussit le tour de force de transformer ce qui n’aurait pu être qu’une série Z gore de plus générée par le phénomène « Saw », mais son scénario est bien antérieur, son film, il l’a fait avec souffrance, l’implication des témoins que nous sommes est impressionnante : il nous faut regarder l’horreur quotidienne qui nous entoure, bien pire que celle de tous ces films souvent plus racoleurs qu’autre chose (tous les séquelles de « Saw »...) , simples spectacles de Grand-Guignol réactualisés au goût du jour. Une réalité d’une puissance rare, un cauchemar éveillé comme on en subit peu. Question bonus, on découvrira surtout le making-of et des interviews plutôt intéressantes où chacun revient sur les difficultés à monter un tel projet, sur les choix de restreindre un peu l’horreur visuelle pour s’intéresser à autre chose, sur les conditions parfois épiques de tournage (à l’arraché dans New-York), etc... Une chose est certaine : Tom Shanckland a bel et bien signé une grande œuvre du genre, qui n’est pas un accident. Car son petit dernier, « The Children » est de l’avis des chanceux qu’i l’ont vu, un autre cauchemar éveillé. En attendant, il ne faut pas rater ce « WAZ » mais en étant en pleine forme car on n’en sort pas épanoui, soyez-en sûrs...

Film : 9/10
DVD : copie excellente, format d’origine 2.35, image 16/9ème compatible 4/3 - Bonus : 8/10 : making-of, interviews, scènes coupées, les F/X - bandes-annonces.

St. THIELLEMENT



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