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  Sommaire - Films -  M - R -  Massacre à la Tronçonneuse


"Massacre à la Tronçonneuse" de Marcus Nispel

Massacre

Massacre

Massacre

Massacre

Massacre

Massacre
 

Massacre à la Tronçonneuse de Marcus Nispel


Sortie le 21 janvier 2004


Réalisateur : Marcus Nispel


Avec :
Jessica Biel (Erin), Jonathan Tucker (Morgan), Erica Leerhsen (Pepper), Mike Vogel (Andy), Eric Balfour (Kemper), Andrew Bryniarski (Thomas Hewitt / Leatherface), R. Lee Ermey (Sheriff Hoyt), David Dorfman (Jedidiah), Lauren German (la jeune fille), Terrence Evans (le vieux), Marietta Marich (Luda May), Heather Kafka (Henrietta)


En revenant officiellement à une version " Histoire vraie " du sanglant épisode de " Massacre à la Tronçonneuse ", Marcus Nispel, surtout connu pour ses travaux clipesques et publicitaires, essaye de se donner un alibi justifiant la réalisation d’une seconde mouture d’un classique que beaucoup n’ont pas obligatoirement aimés (personnellement mon cas, désolé...). L’argument était-il nécessaire et rajoute-t-il une once d’horreur au film ? On peut en douter. Si l’imaginaire humain est ainsi fait que l’horreur " réelle " effare beaucoup plus le commun des mortels que l’horreur " imaginaire ", il n’en reste pas moins que dans un film, c’est l’objet et ses qualités propres qui restent les points les plus importants. King Kong, Dracula ou Frankenstein ont-ils eu besoin d’un semblant d’existences réelles pour devenir des classiques de l’horreur ou du fantastique ? Poser la question, c’est y répondre mais enfin, chacun vit sa vie et les serials killers seront bien gardés !


Bon, pour se résumer, exit quelques scories dérangeantes du premier opus et l’ambiance énervée du " classique " pour faire place à un thriller fantastico-gore supplémentaire. Cinq jeunes de retours d’une virée mexicaine (justificatif pratique pour deux d’entre eux à l’achat de quelques kilos d’herbes et de produits typiquement locaux tendance visions Carlos Castaneda) se retrouvent au fin fond du Texas en train de prendre une auto stoppeuse partiellement dérangée dans leur van déglingué. Le but du jeu étant d’aller assister à un concert d’un des rares bons groupes de Rock Sudistes de l’époque, à savoir les Lynyrd Skynyrd. Pour la petite histoire, les LS devaient être -et étaient !- l’alternative US aux Stones avant qu’un Boeing ne se charge d’en expédier la majorité des membres au paradis des guitars heros sudistes, racistes et défenseurs de ce bon vieil Alabama, état libéral et anti abolitionniste bien connu... Bref, le groupe musicalement pas mal et humainement bien glauque !


Fin de la digression et retour à nos futures victimes car malheureusement pour eux, l’auto stoppeuse susmentionnée n’attendait que ce moment pour sortir de sous ses jupes (plutôt courtes, par ailleurs) un respectable calibre destiné à éclater sa cervelle et à la répandre sur la banquette arrière ! Fin de l’intro et début du massacre mené tronçonneuse et poursuites battantes grâce à une bonne galerie d’acteurs aux poumons convenablement configurés (tendance hurlements à plus de 80 db) et aux jambes plutôt sportives (option remake de la course-poursuite-infernale-sans-fin-et-sans-issue-sauf-pour-une-dont-on-connaît-l’identité-dès-le-début).


En d’autres temps, ils seraient tombés sur une soucoupe volante (Les Envahisseurs) ou sur la résurgence fantomatique d’un village de tarés sudistes (10 000 Maniacs). Là, pas de bol, c’est leatherface et ses copains qui les attendent de pieds fermes. Peu importe le classicisme du flacon pourvu qu’on ait l’ivresse du sang et le trouillomètre à zéro ! C’est bien connu, c’est dans ce Sud profond et finalement inconnu, que l’on trouve les meilleurs arguments d’une terreur post moderne que l’Amérique classique hyper contrôlée et fliquée à outrance ne sait plus donner. Un peu comme si dans un futur Sarkozyland français bien aseptisé et sécurisé, nos tueurs en séries semaient la terreur au fin fond de la Lozère ou de la Creuse...


Pas de quoi clouer son chat sur sa porte d’entrée mais un bon film, bien raconté et bien joué qui plaira à ceux qui aiment ça. Avec en plus quelques bonnes surprises coté casting (R. Lee Ermey, le sergent instructeur de " Full Metal Jacket " de Kubrick en shérif sadique et vicieux) et tout un paquet de troisièmes et quatrièmes rôles aux trognes atypiques, convenant parfaitement à l’ambiance du film. Le tout sans les inconvénients classiques d’une première réalisation (style foutoir dans le scénario et options artistiques hors de propos).


Dans le genre, Père Noël en folie ou début d’année sanglant, y-a pas mieux sur le marché. Autant le reconnaître, le dire et ne pas faire la fine bouche pour d’obscures raisons.




Stéphane Pons




Cinq jeunes gens en route pour un concert de Lynyrd Skynyrd ramasse une jeune fille hébétée sur une route paumée du Texas. Quelques minutes plus tard, l’auto-stoppeuse se jette sur le conducteur pour stopper le véhicule, puis sort un colt de dessous ses jupes avant de se tirer une balle dans la bouche ! Mais, les cinq adolescents ne sont malheureusement pas au bout de leur surprise. Ils ne le savent pas encore mais ils viennent de pénétrer sur le territoire de chasse de " Leatherface " et de sa famille de fous furieux.


A vrai dire, on ne savait pas trop ce que donnerait ce remake 2003 de Texas Chainsaw Massacre, premier film de Tobe Hooper et œuvre culte, mais, contre toute attente, Marcus Nispel, publiciste allemand émigré aux USA et devenu réalisateur de clips, accouche, n’ayons pas peur des mots, d’un chef d’œuvre du genre. Rythme, photographie superbe (signée Daniel Pearl, déjà responsable de la photo du film original), personnages bien trempés, interprétation solide, rien ne manque à sa pellicule pour atteindre ses objectifs : nous plonger dans l’horreur et l’effroi. Nettement plus aboutie que la version d’origine, Massacre à la tronçonneuse 2003 allie à merveille effets gore, terreur psychologique, rebondissements narratifs (à même de surprendre les fans du film de Hooper), et montage " clippé ".


Les apparitions de Leatherface, que l’on aperçoit ici sans son masque, sont terrifiantes et R. Lee Ermey, révélé dans le " Full Metal Jacket " de Stanley Kubrick, endosse cette fois l’uniforme d’un shérif particulièrement pervers. Si Eric Balfour (" 24 heure chrono ", " Six Feet Under ") est rapidement évincé du scénario, Erica Leerhsen (" Blair Witch 2 ") et Jonathan Tucker sont à leur affaire. Quant à Jessica Biel (que l’on reverra prochainement dans " Blade : Trinity "), elle porte littéralement le film sur ses épaules et, en plus de promener sa plastique de rêve (elle a été classée par People Magazine dans la liste des 50 plus belles femmes du monde), l’ancienne joueuse de " soccer " (son équipe a remporté le championnat de la ligue en 2002) fait preuve de réelles capacités athlétiques d’un bout à l’autre de la bande. Bref, vous l’aurez compris, si vous aimez les sensations fortes (et que vous ne connaissez pas encore Jessica Biel) ce remake est à voir de toute urgence.


Bruno Paul




FICHE TECHNIQUE


Titre original : Texas Chainsaw Massacre<BR<
Réalisation : Marcus Nispel
Scénario : Scott Kosar d’après le scenario original de Kim Henkel et Tobe Hooper

Producteur(s) : Michael Bay, Mike Fleiss
Coproducteur(s) : Kim Henkel, Tobe Hooper
Producteur(s) associé(s) : Matthew Cohan
Producteur(s) exécutif(s) : Jeff Allard, Ted Field, Andrew Form, Bradley Fuller, Guy Stodel
Musique originale : Steve Jablonsky et Mel Wesson
Thème original : Wayne Bell et Tobe Hooper
Image : Daniel Pearl
Montage : Glen Scantlebury
Distribution des rôles : Lisa Fields
Création des décors : Greg Blair
Direction artistique : Scott Gallagher
Décorateur de plateau : Randy Huke
Création des costumes : Bobbie Mannix
Maquillage : Carla Palmer
Son : Scott Martin Gershin
Effets spéciaux : Rocky Gehr, Gregory Nicotero
Production : New Line Cinema, Next Entertainment Inc., Platinum Dunes, Radar Pictures Inc.
Distribution : Metropolitan Filmexport
Effets spéciaux : Asylum VFX



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