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  Sommaire - Interviews -  Roland Emmerich


Interview de Roland Emmerich
Par par Marc Sessego

Dernier ajout : vendredi 28 mai 2004

"Roland Emmerich"

INTERVIEW ROLAND EMMERICH AVEC
UNE INTRODUCTION PAR LE PRODUCTEUR MARK GORDON

C’est le mardi 23 mars après-midi que nous avons rendez-vous au centre de post-production des studios “Fox” pour rencontrer Roland Emmerich afin de parler de son nouveau film "THE DAY AFTER TOMORROW".

En chemin et en suivant la carte donnée par le garde, nous croisons Bruce Willis. Quelle ambiance !

Arrivés au bureau, le producteur du film : Mark Gordon nous reçoit et, pour nous faire patienter, nous fait une petite intro pendant que Roland finit un plan très important sur ordinateur.... Puis Roland arrive et c’est au milieu d’un montage qu’il nomme lui-même "cauchemardesque" qu’il va nous accorder 45 minutes de son précieux temps : Il ne mâche pas ses mots... Il nous donne son opinion sur une multitude de choses, et nous explique comment le projet est né et la vitesse avec laquelle le studio l’a mis en chantier.

SFMag : Pourriez nous nous parler du sujet du film ?

Mark Gordon : "The day after tomorrow" est une histoire qui fonctionne sur plusieurs niveaux. Le sujet du film : à cause de la pollution due à la combustion de l’essence l’homme a créé de sérieux changements dans les climats et la réponse scientifique à cette pollution est que les deux cercles polaires fondent. Cette fonte modifie la salinité de l’eau et le courant nord atlantique qui donne, au nord, un climat chaud se déstabilise et s’effondre. En conséquence, la planète entière se retrouve dans d’incroyables changements climatiques.

C’est ainsi que nous nous retrouvons avec des tornades à Los Angeles, de gigantesques inondations qui laissent place à de la neige et de la glace à Manhattan et, le monde entier subit les mêmes problèmes pour arriver à la fin dans une nouvelle ère glacière. Ça, c’est ce qui se passe à une grande échelle. Mais, il y a également une multitude d‘histoires humaines qui se déroulent simultanément : la toute première est avec Dennis Quaid qui est un scientifique du gouvernement qui travaillant pour NOA, une organisation s’occupant des climats.

Il essaie d’obtenir une évacuation générale vers le sud mais, évidemment, le gouvernement ne veut pas écouter, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. De plus, il a un fils qui est parti à New York pour une compétition scolaire et le temps empirant, il devient impossible de se rendre dans le Sud car cela devient trop dangereux d’aller à l’extérieur... il se réfugie donc dans la bibliothèque de New York où il doit brûler des livres pour rester au chaud. Alors que tout le monde va vers le Sud, Dennis Quaid, lui, va vers le nord pour sauver son fils...

Mais nous avons d’autres histoires qui viennent se greffer sur le plot principal, tel ce groupe de scientifiques en Ecosse, dont le principal membre est Ian Holm et qui, en contact étroit avec Jack (Dennis Quaid) va essayer de lui donner les meilleurs prédictions sur tout ce changement climatique ainsi que tous les renseignements possibles.

SFMag : Avez vous conduit des recherches scientifiques ? Une telle catastrophe serait-elle possible ?

M.G. : Non seulement c’est possible mais c’est déjà arrivé auparavant. Tout ce que l’on a à faire est de regarder les douze derniers mois. Rappelez-vous ce qui s’est passé en Europe à cause de la chaleur épouvantable qu’il y a eu l’été dernier !...

En fait, nous avons eu les avis d’un certain nombre de scientifiques de l’environnement et de paléoclimatologistes. La paléoclimatologie est l’étude des climats du passé - c’est ce job que fait Dennis Quaid dans le film - non seulement ils nous ont dit que c’était théoriquement possible mais, si l’on se base sur le passé, cela est en train de se produire et de manière effrayante à l’heure actuelle.

En ce moment, on voit tout un tas de changements climatiques comme, récemment, de la neige en Grèce ! le climat change de manière incroyable. Bien sur, nous n’avons pas encore eu de villes détruites par d’énormes tornades mais l’on peut appeler cela des faits scientifiques.

Pour les besoins du film nous avons concentré tout ces événements sur quelques semaines aussi nous ne pouvons pas dire "Faites attention, dans trois semaines une nouvelle ère glacière arrive !"

M.G. : Roland a lu un livre - quoique le film ne soit pas basé sur le livre - dans lequel on retrouve des idées et des scènes, il s’appelle "The coming of the global superstorm", et Roland après avoir lu le livre a pensé que cela pourrait faire un excellent film.

Quand nous avons développé le script, nous nous sommes aperçus que le "timing" du film au niveau de sa sortie était brûlant d’actualité et c’est parfait. Je dois dire, et Roland vous le confirmera, qu’il y a eu un rapport au sein du pentagone sur une étude effectuée et elle est parue dans "Fortune Magazine" et circule maintenant un peu partout disant que la plus grande menace pour l’homme - et pour les Etats Unis - ce n’est pas le terrorisme ce sont les changements climatiques, et c’est une chose qui prévaut jour après jour. Nous ne sommes ni scientifiques, ni éducateurs, ni des environnementalistes, nous sommes des cinéastes qui allons produire un film pour faire - on l’espère pas mal d’argent - mais je me sens fier de faire un film qui provoquera les gens et les obligera à "penser" et à se pencher sur un sujet extrêmement important à mes yeux, à vos yeux et aux yeux de tous. Ce n’est pas un film où l’on va éduquer le spectateur concernant les problèmes d’environnement, mais il est excitant de faire un film très divertissant qui fasse sérieusement réfléchir les gens. J’ai eu la chance de faire bon nombre de films et, en particulier, "Il faut sauver le soldat Ryan" qui a ému les gens....

SFMag : Superbe film...

M.G. : Merci beaucoup ! Vous savez, que le script a été écrit par la même personne qui a écrit "Le Patriote" et c’est sur ce film que nous nous sommes rencontrés Roland et moi... et nous en sommes maintenant à ce film "The Day after Tomorrow" !

Nous n’avons pas fait "Le soldat Ryan" en nous disant que le film donnerait l’occasion aux vétérans de parler de la seconde guerre mondiale, d’une manière dont il n’ont jamais pu parler, car personne n’avait la capacité de pouvoir montrer ce qu’ils avaient vraiment vécu. Nous avons raconté une histoire, l’histoire d’un peloton qui a un dilemme moral : "Pourquoi sauver la vie de Ryan plutôt que nos vies collectives ?" Le film est arrivé à point nommé et je pense que Steven en a fait un excellent film. Ce sont des choses dont vous pouvez être véritablement fiers.

Je dirai que les meilleurs films, pour moi, sont ceux qui divertissent tout en faisant réfléchir.... et je crois que "The Day after Tomorrow" a l’opportunité - même si le succès n’est pas énorme - de donner aux gens une meilleurs idée de ce qu’est le réchauffement de la planète, et de ce que nous faisons subir à la terre. Je pense que le film, qui est un divertissement populaire, va toucher tout le monde et pas seulement ceux qui lisent la presse spécialisée, National Géographique ou autres...

(Arrivée de Roland Emmerich)

SFMag : Merci de nous recevoir : Nous venons d’avoir une présentation du film par votre producteur, pouvez-vous nous dire maintenant pourquoi avoir choisi un tel sujet ?

Roland Emmerich : J’ai lu ce livre, Mark vous en a-t-il parlé ?

SFMag : oui.

R.E. : Ce livre m’a fait très peur. Au départ j’ai trouvé qu’il faisait très science-fiction, mais je me suis aperçu que de nombreux éléments scientifiques étaient en fait très réels, ce n’était plus du tout de la science-fiction, et à ce moment-là je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse un film. C’est en fait très simple vous voyez.

SFMag : Vous avez la réputation de faire de grosses productions et votre trademark est un peu "Le plus grand : le mieux" comme ce fut le cas avec "Godzilla". Qu’en pensez-vous ?

R.E. : Franchement je n’en sais rien ! Chaque fois que je fais un de ces films et que je m’approche de la fin je me dis que c’est le dernier parce que ces films sont très, très durs à faire ; et maintenant, il reste juste deux mois avant la sortie de celui-ci et je peux vous dire que jamais au grand jamais je ne referai un film à cette échelle ! (il s’éclate de rire)...

Mais probablement, dans quelques temps, je vais vous dire : "Tiens j’ai une idée !", et tout le monde me dira : "Tu n’as pas dit que c’était fini avec les poids lourds ?". Vous savez, pour moi ce n’est pas une question de grandeur, c’est plus une question d’obsession avec un sujet ou une idée... et après j’ai envie de le faire mais, dans mon esprit, il faut que ce soit bien fait, aussi, j’aime pouvoir y associer tous les derniers progrès technologiques en matière cinématographique, et c’est ainsi que le sujet lui-même se transforme en une grosse production ce qui n’était pas toujours le cas au départ.

SFMag : Pourquoi aimez-vous tant faire des films "catastrophes" ? Vous avez explosé la Maison Blanche dans "Indépendance Day", vous rasez maintenant Los Angeles à coup de tornades, et vous inondez Manhattan puis le transformez en glacière géante. Pourquoi
 ?

R.E. : J’aime les grandes idées, et un désastre quel qu’il soit est toujours une grosse idée ou une grosse nouvelle dans les infos : ce n’est jamais traité comme un petit encart.

Tout a commencé dans les années 70’ avec "La Tour Infernale", "L’aventure du Poseidon et "Tremblement de Terre" : je les ai toujours adorés quand j’étais enfant parce qu’ils montraient un sujet à grande échelle ! Il y a un point particulier dans les films catastrophes qui m’intéresse c’est le fait d’avoir ce "gros" concept et des aventures humaines qui sont en fait très petites. Comme vous êtes parfois dépassé, en tant que spectateur, par le "grand" concept si je puis m’exprimer ainsi, vous allez alors vous intéresser à l’histoire humaine qu’elle contient. Je pense que c’est une excellente balance.

SFMag : Quelle est votre opinion au sujet des récents changements climatiques, surtout concernant ceux en Europe : certains ont été dévastateurs et meurtriers.

R.E. : Ça nous a vraiment fait peur ! Le film prédit que tels ou tels changements climatiques vont arriver et qu’ils auront des conséquences désastreuses pour le monde entier... et, pendant le tournage, ce que nous filmions arrivait vraiment !.

Nous en blaguions en nous disant de nous dépêcher car sinon notre film allait seulement devenir un documentaire ! Je suis toujours un peu embêté et gêné par cela... D’une certaine manière j’aurai dû être satisfit mais je ne l’était pas, car ce que nous montrons par exemple dans le film au niveau des personnes mourant dans une inondation c’est horrible !

SFMag : Y a-t-il un message que vous voulez transmettre au monde puisque le film sort mondialement en mai ?

R.E. : Tout d’abord je veux les divertir, car je me vois comme quelqu’un qui aime amuser et divertir les gens. Mais, en tant que seconde pensée, oui je veux leur dire quelque chose. Ce qui m’a toujours intéressé avec ce film c’est que c’est un film à message dont le message est extrêmement simple :

Si nous continuons à polluer la terre comme nous le faisons, quelque chose de terrible va arriver ! Le pire, c’est que cela s’est déjà produit, ce n’est pas uniquement de la science fiction, c’est déjà arrivé il y a 10.000 ans ! d’une certaine manière, nous accélérons un processus que la nature nous amènerait disons en 4 ou 500 ans : cela pourrait arriver dans les prochains 20 à 30 ans et c’est entièrement notre faute.

Il est incroyable pour moi de voir que quand nous avons commencé à développer le film, tout le monde nous a dit : "c’est de la grosse fantaisie, mais c’est super !", et je leur ai dit : "ce n’est pas aussi fantaisiste que ca !", et juste dans les 3 derniers mois, il y a eu un nombre importants d’articles à propos du pentagone découvrant les changements climatiques.

Il y a eu un budget approuvé pour l’étude des changements abruptes de climats, car toute cette activité est en route maintenant, et je peux vous dire que le gouvernement en sait déjà beaucoup plus que vous n’imaginez et, si vous me permettez, le gouvernement américain actuel est un gouvernement de menteurs sur un bon nombres de choses, et croyez moi cela fait très peur.

Ce qui est aussi intéressant c’est l’histoire de ce rapport du pentagone qui dit qu’un changement abrupte des climats est beaucoup plus dangereux que le terrorisme pour les 20 prochaine années à venir : Comment savent ils ?, Comment sont-ils arrivés à cette conclusion ?, Pourquoi l’administration Bush avait "enterré" ce rapport ? et pourquoi quelqu’un au sein même du pentagone l’a remis à un journaliste ? C’est très étrange, mais si quelqu’un m’avait dit çà, il y a 3 ans, je lui aurais dit : "Arrêtes de boire, c’est de la science-fiction, ce n’est pas possible." Et que voyez-vous ? Çà arrive maintenant.

SFMag : Pouvez vous nous parler du casting ? Vos films, excepté pour "Le Patriote" avec Mel Gibson, n’ont aucune star mais que des acteurs confirmés que tout le monde connaît. ?

R.E. : Je dois être honnête, il y a - bien sûr - une raison budgétaire. Je veux peut être avoir Tom Cruise à un moment donné, mais il est trop cher. Et après, cela devient un film de Tom Cruise ! Je pense que les studios produisent mes films car ils ont d’autres " valeurs" à vendre, que ce soit le concept, une bande-annonce, des effets spéciaux, et après vous n’avez besoin que de bons acteurs, des bons acteurs connus pour y donner un peu de poids, et je préfère cela personnellement car après je peux travailler plus facilement avec les gens, comme par exemple Jake Gillenhaal : je l’ai vu dans des petits films indépendants et il est très bon. Et je lui ai dit que je le voulais pour le film, il m’a alors répondu : "c‘est un film énorme !" Je lui ai dit qu’il pouvait le faire car c’est un film à la base très humain et il est un excellent acteur. Pour d’autres comédiens comme Dennis (Quaid) il n’y a pas eu de problème en voyant l’échelle du film, mais Jake a eu un peu peur.

SFMag : Avez vous eu le contrôle artistique que vous souhaitiez ?

R .E. : J’ai personnellement acheté les droits d’adaptation du livre car il est la base du film, j’ai ensuite développé et financé le scénario moi même puis j’y ai impliqué Mark Gordon qui vous a introduit le film précédemment. J’ai écrit le premier jet et j’ai eu besoin d’un co-scenariste, Mark connaissait quelqu’un, Jeffrey Nachmanoff qui a été très utile, qui a écrit par la suite quatre à cinq autres versions, comme le ferait un studio mais il n’y avait pas - à ce moment là - de studio attaché.

Lorsque nous avons été satisfaits du scénario, nous l’avons envoyé au studio.... un mercredi, sachant que personne n’envoie des scénarios un mercredi. Naturellement, mon agent les avait prévenus 2 à 3 semaines avant de l’arrivée du script. Donc, lorsque le script est arrivé ce mercredi là, tout le monde a été surpris et intéressé, et ils ont tous annulé leur déjeuner et ont commencé a lire le script. C’est ainsi que vous créez une certaine frénésie et vous leur dites qu’il faut qu’il le lise, si vous avez de la chance et un bon scénario, vous pouvez le vendre le même jour.

Et vous aurez non seulement le même jour votre film en route, mais vous avez aussi un budget pré approuvé, vous avez le director’s cut et ils vous fichent la paix. Si vous avez aussi un casting pré-approuvé c’est encore mieux ! Nous avions déjà sur le projet Jake et Dennis, et la seule chose que nous avons eu en retour furent des notes auxquelles ils avaient très sérieusement pensé. Les notes du studio étaient très intéressantes, nous les avons donc écoutées. Pendant tout le processus, ils nous ont laissé le champ libre quand nous tournions, et ils nous ont donnés beaucoup de notes positives les trois derniers mois. Je peux dire que nous avons eu une très bonne relation avec le studio.

SFMag : Pourriez-vous nous parler de la partie la plus difficile ou de la séquence la plus difficile à réaliser ?

R.E. : La partie la plus difficile sur ce film est le fait que je voulais obtenir tout visuellement et optiquement hyper réaliste et nous sommes toujours en train de nous batailler en ce moment même au montage avec çà : Il y a un nombre monstrueux d’effets visuels, les gens sont tellement sophistiqués ces jours-ci, ils voient immédiatement qu’est ce qui est un effet visuel et je sais que les gens les verront, car ils y a des images qui sont impossibles à tourner réellement, mais j’aimerais que les gens pour certaines parties du film puissent oublier l’aspect effet visuel, c’est effectivement très haut au niveau du standard et je ne gagnerai certainement pas la partie, mais si j’y arrive à 80 % je serai plus qu’heureux car j’ai vraiment poussé les choses cette fois ci.

SFMag : Avez vous eu une forte utilisation de l’ordinateur au niveau des effets visuels ou avez vous fait comme "Indépendance Day" et "Godzilla" beaucoup de combinaisons miniatures/Ordinateur ?

R.E. : Nous avons presque tout fait par ordinateur et je crois que l’on verra que ça a été une erreur mais nous avons décidé comme ça car cela donne au film un look consistant, il y a eu quelques miniatures mais sur le total c’est comme s’ils n’y en avait pas eu.

SFMag : De toute votre carrière, quel fut le film le plus difficile ?

(Il marque une pause)

R.E. : Au niveau tournage, sans aucun doute "Le Patriote", car tout était filmé en extérieur.... et Celui-ci au niveau de la post-production (montage) Oui, sans problème celui-ci car c’est un véritable cauchemar.

SFMag : Quelles sont vos films de référence, ceux sur lesquels vous vous basez ?
Le site "Imdb" cite vos films préférés en tant que : "La Tour Infernale", "L’aventure du Poseidon" et "Tremblement de Terre" ?

R.E. : Oui, ils ont raison, mais en tant que films catastrophes ! Mon film préféré - et je suis sur que je ne suis pas le seul - mon préféré serait probablement un film comme "Laurence D’Arabie", qui ne l’aime pas ? Mon préféré, celui qui m’a le plus impressionné serait "Rencontre du 3eme type" .

SFMag : Puis je vous demander pourquoi ?

R.E. : Parce qu’encore une fois c’est un concept gigantesque avec d’énormes événements se déroulant et, des petites histoires humaines, et cela marche très bien avec cet électricien qui à la fin entame un voyage dans l’espace, c’est un homme très ordinaire qui devient embringué dans une incroyable aventure, j’aime ca.

SFMag : Après la tragédie du 11 septembre, les films parlant, montrant ou tout simplement dont l’action se passait au WTC (World Trade Center) ont été modifiés, retardés ou même tout simplement supprimés. On a même enlevé les 2 tours dans certains cas ? Puis-je me permettre de vous demander ce que vous en avez pensé ?

R.E. : Ils auraient dû les garder car c’est à la mémoire des 2 tours. Quand je vois "Indépendance Day" j’ai une certaine nostalgie, quand je vois "Godzilla" je vois aussi les 2 tours, c’était une partie de New York et c’est très triste qu’elles aient disparu, et pourquoi les enlever des films ? C’est très étrange mais vous savez c’est le comportement typique de l’américain en ébullition, c’est vraiment bizarre...

SFMag : Un mot sur votre prochain projet ?

R.E : Je n’ai jamais de prochain projet, toujours une idée. Je déciderai quel sera mon prochain film après la sortie de celui-ci, car c’est la manière la plus simple de le faire, j’aime bien avoir l’idée d’un nouveau projet en route mais il y a toujours quelque chose à faire, et je n’arrive jamais à devenir aussi organisé que cela.

SFMag : Apres "Stargate" que vous avez fait en 1994, que pensez-vous de la série télévisée qui en a découlé et qui remporte un phénoménal succès ?

R.E : Je ne l’aime pas beaucoup mais je n’ai pas à l’aimer ou non ! C’est bien que d’autres personnes l’aiment, mon père l’adore, et je suis toujours en train de lui demander ce qui lui plaît dans la série, "Je la trouve intéressante" me répond t-il. Je respecte les gens qui la produisent, je pense que les acteurs sont bons, mais je ne l’aime pas parce qu’il y a beaucoup d’aspects du film original qu’ils n’ont pas compris, et je ne pense pas que l’on y retrouve l’esprit.

SFMag : Roland merci beaucoup.

R .E . : C’est moi !!

propos recueillis par Marc Sessego le 23 mars 2004.
Sincères remerciements à :
- Roland Emmerich et Mark Gordon,
- Fran Zell à la publicité internationale de Fox
- Francoise Dessaigne de Fox Paris/France
Assistance et traduction Andrée Cormier.


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