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  Sommaire - Films -  A - F -  Appaloosa


"Appaloosa " de Ed Harris

 

Réal. & scén. : Ed Harris
Avec : Ed Harris, Viggo Mortensen, Renee Zellweger, Lance Hneriksen, Jeremy Irons, Timothy Spall.
Distribué par Metropolitan Filmexport
115 mn
Sortie le 1er Octobre 2008

Note : 9/10

S’il est bien deux genres qui appartiennent à la culture américaine, ce sont les comics et le western. Au cinéma, ce dernier eut son heure de gloire dans les années 50 & 60. Aujourd’hui, il ne revient que de temps en temps, ce qui en soi n’est pas un mal puisqu’à chaque fois, c’est au travers d’un chef-d’œuvre (« Impitoyable » d’Eastwood) et plus souvent d’un excellent film (« Open Range » de Kevin Costner et plus récemment, « 3h10 pour Yuma » de James Mangold). Avec « Appaloosa », on part avec un à priori plutôt positif : derrière et devant la caméra, Ed Harris. Un des très grands acteurs US, du genre à sauver par son second rôle un film, comme Gene Hackman. Et Harris n’en est pas à son coup d’essai : son biopic du peintre américain Jackson Pollock était déjà excellent. Mais avec ce second long-métrage, Ed Harris s’approprie un genre, lui donne un autre souffle, plus réaliste, plus intimiste, pour un résultat qui marque la mémoire au fer rouge...
Virgil Cole (Harris) et son partenaire Everett Hitch (Mortensen, remarquable) sont deux sortes de mercenaires qui louent leurs services en tant que marshalls intérimaires pour remettre l’ordre et la loi dans les pires des endroits. A Appaloosa, les hommes du puissant Randall Bragg font ce qu’ils veulent. Les notables décident donc d’engager les deux acolytes. Très vite, Cole et Hitch reprennent le contrôle. Mais cette fois-ci, certains évènements vont modifier le cours normal de leur existence, et de leur amitié. Pour eux, Appaloosa sera leur dernier contrat.
Oubliez les westerns à la John Wayne, oubliez les spaghettis westerns, oubliez même les derniers du genre. « Appaloosa » est différent de tous. Son aspect très réaliste, sobre, minimaliste, naturaliste et très réaliste peut de prime abord désarçonner. Mais on imagine bien le travail de recherche entrepris pour coller au plus près de l’époque, même en prenant comme base un roman de Robert B. Parker, auteur de polars dont la série des « Spenser », détective privé ayant les traits à la télévision de Robert Urich. Et c’est ainsi que la ville d’Appaloosa n’a de pittoresque que son nom, que la réputation de tueurs et de tireurs rapides de Cole et Hitch se fait face à des minables, que les duels et autres règlements de compte se font les armes déjà en main, avec plusieurs balles pour tuer l’adversaire. La volonté de Harris n’étant pas de faire de son western un spectacle aux effets dramatiques et mis en scène comme un opéra, mais simplement un portrait d’une époque où le côté civilisé de l’homme se mettait tout juste en place, avec parfois des sentiments plus forts que tout pour survivre le plus longtemps possible, comme l’amitié entre Cole et Hitch. En choisissant des acteurs collant au plus près des personnages tels qu’il les voyait, Harris fait de son western un grand moment de cinéma où on a l’impression de réellement plonger un sicèle en arrière. Outre lui-même, parfait dans son rôle de marshall impitoyable, mais en même temps, un homme fragile question sentiments amoureux et miné par quelques lacunes intellectuelles, il donne à Viggo Mortensen un rôle magnifique que l’acteur transcende à chaque apparition (là, c’est une candidature à l’Oscar amplement justifiée !), à Lance Henriksen un grand rôle tel qu’il n’en a pas eu depuis peut-être « Near dark », et à Renee Zelwegger un rôle où elle peut légitimement cabotiner ! Le tout dans un contexte où les magnifiques plans en cinémascope de l’Ouest nous rappellent le western qu’est « Appaloosa », et où la mise en scène sert les acteurs sans prendre le pas sur l’existence de leur rôle. Et quand arrive le dernier plan, c’est simplement sur une image d’Epinal du western. Alors oui, il manque un petit quelque chose, mais tout petit, pour que « Appaloosa » soit un chef-d’œuvre. Mais en l’état, il constitue une des plus belles réussites du genre. Chapeau bas, Mr Harris, pour votre seconde réalisation, pour votre western, vous êtes du niveau d’un Clint Eastwood.

St. THIELLEMENT



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