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  Sommaire - Films -  M - R -  Mirrors (id.)


"Mirrors (id.) " de Alexandre AJA

 

Scénaristes : A. Aja & Gregory Levasseur
Avec : Kiefer Sutherland, Paula Patton, Jason Flemyng, Amy Smart.
Distribué par 20th Century Fox.
111 mn.
Sortie le 10 Septembre 2008.

Note : 7/10.

Il y a deux excellentes raisons de voir « Mirrors » : la première est son sujet, la mythologie des miroirs, toujours aussi fascinante. La seconde, c’est qu’il s’agit du nouveau film d’Alexandre Aja (et Gregory Levasseur, co-scénariste) à qui on doit « Haute tension » et surtout « La Colline a des yeux », le remake qui a (facilement) éclipsé l’original. Après une telle réussite, le duo était attendu au tournant, Aja était surveillé de près. N’en déplaise à leurs fans, « Mirrors » est différent des films précédents. C’est un pur film d’épouvante, stylisé, riche, certes pas parfait, mais qui a le mérite de donner plus que la simple copie conforme comme on en voit tant en ce moment. Car en tant que remake d’un déjà très bon « Into the mirror » venu de Corée, « Mirrors » se place au niveau d’un « The Ring » (excellent remake) et donc loin de ces produits sans saveur tels que « The Grudge », « Dark Water », « Spirits », « One Missed Call », etc.
Ex-flic miné par une faute professionnelle, Ben Carson (Kiefer Sutherland, de retour et en forme) accepte un poste de gardiennage de nuit dans les ruines d’un ancien grand magasin ayant flambé il y a plus de trente ans. Mais très vite, au hasard de ses rondes, il découvre que les reflets dans les miroirs ont une vie et qu’ils cherchent à tuer. Ayant découvert cet angoissant secret, Ben comprend alors qu’il a mis sa famille en danger. Très vite, les agressions commencent, la mort frappe de façon abominable. Seule chance pour Ben d’exorciser ces manifestations surnaturelles, découvrir ce qui s’est passé trente ans en arrière, dans le building mitoyen, un ancien asile psychiatrique aux expériences inhumaines.
Les miroirs ont toujours fasciné, et quelque part, terrifié. Lewis Carroll s’en est servi avec « Alice au pays des merveilles », un classique mais pas le meilleur sur le sujet. Si on ne devait en citer qu’un, ce serait « Le Miroir de Satan » de Graham Masterton (et dans son œuvre, les livres adaptables ne manquent pas « Le Portrait du mal », « Démences » et ses psychopathes voyageant dans les murs et les sols, etc.), réactualisation brillante de la légende. Au cinéma, un petit clind ‘œil dans « Evil dead 2 », une brillante et flippante perspective dans le chef-d’œuvre de John Carpenter, « Prince des ténèbres ». Et cette année, une autre approche avec l’intéressant mais trop lent « The Broken » de Sean Ellis, qui propose un point de vue cependant plus proche de la mythologie des miroirs qu’Aja. Car en fait, « Mirrors » est un film de maison hantée, ni plus ni moins, avec en possédés, les miroirs. C’est peut-être là que se situe la seule vraie faiblesse du film. Car autrement, « Mirrors » atteint son objectif : une histoire très dense (trop, peut-être...) qui progressivement amène à la révélation finale, des peurs qui vont crescendo et remarquablement bien écrites et amenées, quelques séquences chocs pour ne pas croire qu’il ne s’agit que de simples grosses frayeurs comme la scène de l’exécution dans la baignoire, un climax bien entretenu et géré, un magnifique décor de maison hantée avec ce vieux magasin, bref tout y est et, en tant que fans du genre, Aja et Levasseur connaissent leur boulot. Alors, d’accord, ce n’est pas la sauvagerie de « La Colline a des yeux » mais à histoire différente, traitement différent, et en optant pour cette voie, le duo montre qu’il ne veut pas se laisser enfermer dans un produit du genre bien précis. Ce qui donne « Mirrors », excellent film d’épouvante qui a de la classe, qui touche au monde mystérieux des miroirs au travers d’une hantise bien précise. La véritable mythologie du miroir, on ne la verra qu’à la fin, avec un coup de théâtre saisissant, peut-être la scène la plus proche du film original. Mais pris comme tel, il donne à « Mirrors » la touche finale parfaite pour ce qui constitue d’abord, surtout, et simplement, un excellent film d’épouvante.

St. THIELLEMENT



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