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"Dorothy" de Agnès Merlet

 

Scénario : Agnès Merlet et Juliette Sales
Avec : Carice Van Houten, Jenn Murray, Gary Lewis, David Wilmot...
Distribué par Mars Distribution
1h42
Sortie le 06 août 2008

Scène de cauchemar pour les parents qui ont confié leur bébé à la jeune baby-sitter nommée Dorothy. Quand ils rentrent chez eux, leur enfant est en pleurs, violenté par Dorothy, qui semble avoir perdu tout contrôle d’elle-même, comme folle, ou peut-être possédée...

Jane Morton, une psychiatre, est alors dépêchée sur place, pour évaluer l’état psychologique de Dorothy, et juger si son cas relève de la justice ou de la médecine. Peu à peu, Jane va établir le contact avec une Dorothy au départ presque catatonique, puis gagner sa confiance. Parallèlement, l’intégration de Jane est difficile, voire impossible, citadine « intellectuelle » projetée au milieu des habitants rustres et austères de cette petite île au large de l’Irlande. Ceux-ci ne cachent nullement leur antipathie, faisant vivre à la psychiatre une épreuve de tous les instants, sorte de bienvenue chez les Ch’tirlandais, version glauque et résolument hostile.

Au cours de son travail d’analyse, Jane découvre que Dorothy est victime d’un cas de personnalité multiple, tour à tour agressive, renfermée, violente... Les soudains excès de langage ordurier de l’adolescente font inévitablement penser à L’Exorciste, mais la ressemblance s’arrête là. Jane ne veut y voir qu’un cas clinique, même quand elle découvre que le prêtre local et quelques habitants se livrent à d’obscures pratiques sur Dorothy, conviée à faire parler les morts par sa propre bouche. Malgré ses réticences de scientifique, Jane devra finalement se rendre à l’évidence : les différentes personnalités de Dorothy ont plus à voir avec des âmes n’ayant pu trouver le repos qu’avec un quelconque trouble mental. Reste à savoir quels fantômes hantent l’esprit de Dorothy, pourquoi ils n’ont pu trouver le repos, et comment les chasser, c’est-à-dire apaiser leur colère et leurs tourments.

Sans le moindre effet spécial ou la moindre surenchère, la réalisatrice Agnès Merlet réussit tour à tour à nous émouvoir, à nous intriguer et nous faire frémir. Dans cette entreprise, elle est particulièrement bien servie par ses deux actrices principales, Carice Van Houten (remarquée dans le Black Book de Paul Verhoeven), très inspirée par le rôle de Jane, et la débutante Jenn Murray (Dorothy), impressionnante de justesse dans tous les registres. A l’interprétation, s’ajoute un scénario habile qui relie le début de l’histoire à la révélation finale, mêlant étroitement fait divers et fantastique. Bref, un film à voir, une belle œuvre intimiste et maîtrisée, qui vaut plus d’un blockbuster de l’été.

Hervé Lagoguey



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