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"Dragon Rouge" de Brett Ratner

Dragon Rouge de Brett Ratner



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Edward Norton, Sir Anthony Hopkins, Ralph Fiennes, Harvey Keitel...


Dire que Dragon Rouge était attendu sans grand enthousiasme est presque un euphémisme. Après l’électrochoc épuré du Silence des Agneaux, il avait fallu attendre longtemps un Hannibal qui, s’il bénéficie d’une photographie de toute beauté et d’un Anthony Hopkins jamais en dessous de l’excellence, brillait surtout par sa lenteur, sa lourdeur et un traitement scénaristique minimaliste. Sans compter le choix, jamais totalement convaincant de remplacer Jodie Foster par Julian Moore (excellente actrice au demeurant) dans le rôle de Clarice Starling... Mais les nécessités de la production cinématographique ont des raisons que la raison ignore, c’est bien connu. D’autant que malgré ses défauts, Hannibal a rempli les caisses de Dino de Laurentiis, qui règne sur la franchise du cannibale depuis Le Silence des Agneaux justement.


Revenons donc à Dragon Rouge qui, même avec un carré d’acteurs alléchants (Norton, Hopkins, Fiennes, Keitel...) avait dans sa manche une cinquième carte pas des plus aisées à caser auprès des amateurs : Brett Ratner. Illustrateur (on ne peut pas parler de mise en scène à ce niveau de platitude...) de buddy-movies perclus dans des clichés raciaux débiles (Money Talk, la série des Rush Hour... que du tout bon ça...) et pas vraiment qualifié, au vu de son C.V. pour mettre en scène un suspense horrifique bien glaçant.


À la vision de Dragon Rouge, on comprend finalement comment les De Laurentiis (frère et sœur partenaires dans le crime...) ont joué leur coup. Et le terme “illustrateur” utilisé plus haut prend toute sa mesure. Car Dragon Rouge, au départ préquelle du Silence des Agneaux et pour rappel adapté déjà par Michael Mann sous le titre de Manhunter (voir notre article en pages 14-15), se doit de reposer sur une seule icône : Hannibal Lecter. Un Hannibal cette fois enfermé durant tout le film, mais capable, encore et toujours de jouer au jeu du chat et de la souris au travers de Tooth Fairy, le tueur psychopathe que traque Will Graham, finement interprété par un Edward Norton toujours aussi talentueux.


Mais à trop vouloir illustrer un scénario de Ted Tally (déjà responsable du Silence), la production (Ratner peut-il vraiment en être tenu responsable ?) finit par livrer un film lisse, qui compte ses moments de (fausses) tensions, ses images indissociables du mythe (Hannibal et son masque de cuir à barreaux, Hannibal dans sa prison de verre...) et surtout son lot de plans convenus et de personnages stéréotypés. Car si, lors de la sortie de Dragon Rouge en librairie en 1990, son exploration de la psyché d’un tueur en série et des liens étroits et étranges entre profiler et profilé étaient d’une étonnante nouveauté, la formule a été aujourd’hui tant et tant copiée, que cette adaptation ressemble plus à une redite qu’à une réelle illustration d’un mythe fondateur. On peut toutefois lui trouver de plus grande qualité qu’Hannibal, sont casting et son scénario étant bien plus solide. Ce n’est bien sûr pas le Silence des Agneaux, mais c’est un bon thriller qui prouve une fois de plus qu’avec un solide scénario entre les mains, les faiseurs d’Hollywood sont capables du meilleur... avant de retourner au pire (Ratner devrait s’atteler à Rush Hour 3 dès janvier...).


Alan Spencer



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