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  Sommaire - Films -  A - F -  3H10 pour Yuma (3 :10 to Yuma)


"3H10 pour Yuma (3 :10 to Yuma)" de James Mangold

 

Scénario : Halsted Welles & Michael Brandt & Derek Haas, d’après une nouvelle de Elmore Leonard
Avec : Russell Crowe, Christian Bale, Ben Foster, Peter Fonda, Gretchen Moll.
Distribué par Le Label TFM Distribution.
117 mn.
Sortie le 26 Mars 2008.

Note : 9/10.

Le western est un genre cinématographique si bien défini qu’il en est aussi très limité, de par son époque, ses personnages, ses intrigues. Si l’âge d’or fut les années 50-60, dominé par la présence du « Duke » John Wayne, assisté par quelques tronches inoubliables comme James Stewart, Richard Widmark (qui vient juste de mourir en ce 24 Mars 2008), l’intérêt décrut avant le renouveau venu d’Italie. Aujourd’hui, le western ne revit que tous les cinq-six ans, bon gré mal gré, au travers de grands noms du cinéma qui le réveillent le temps d’un film avec une maestria tout à leur honneur (Clint Eastwood avec « Pale rider » & « Impitoyable », Kevin Costner avec « Wyatt Earp » et surtout « Open range », Sam Raimi avec « Mort ou vif »), les rares autres incursions se soldent aussi par des échecs (comment peut-on aimer un truc comme « Silverado » ?). Et aujourd’hui, c’est James Mangold, ce cinéaste très indépendant maitre d’œuvre de réussites telles que « Heavy », « Identity », les sublimes « Walk the line » et « Copland » qui s’y colle. En signant le remake d’une série B de très bon niveau déjà, il renoue avec le genre avec panache faisant de son « 3h10 pour Yuma » un western à ranger parmi les meilleurs, dépassant même l’original (sauf pour les éternels puristes...), une qualité rare qui n’est donnée qu’aux « grands »...
Dan Evans (Christian Bale, un des cinq plus grands acteurs du moment) est un fermier surendetté et qui en culpabilise par rapport au regard de sa famille. Ben Wade (Russel Crowe, jamais aussi bon que lorsqu’on sent qu’il adore son rôle) est un chef de gang qui vient de se faire arrêter lors de son passage en ville. Cherchant des volontaires pour l’accompagner au tribunal fédéral de Yuma, le shérif offre une prime que ne peut refuser Dan qui y voit une solution à ses problèmes. Sur la route, les hommes de Wade vont tout tenter pour libérer leur chef, alors que ce dernier tisses une étrange relation avec Dan et son fils Will venu rejoindre le convoi par goût de l’aventure, une relation faite de fascination et de peur, voir même de respect entre deux hommes plus proches qu’ils ne pensent l’être.
A la base, une histoire signée Elmore Leonard dont on retrouve plus « l’essence » dans ce remake que dans l’original, à savoir une quête jusqu’au boutiste de l’absurde, celle de l’honnêteté et de l’honneur pour un prix dérisoire. Ce qui était déjà le cas de « Mr Majestyk » (Bronson se bat pour sa récolte de pastèques), « Valdez is coming » (Burt Lancaster qui veut récupérer cent dollars), etc... ce qui donne une tonalité plus réaliste à ses histoires. Maintenant, James Mangold avoue de son côté une passion pour l’original, au point de donner au personnage du shérif de « Copland » qu’interprète Stallone (et un Oscar qui aurait du lui être remis, un !) le nom de Heflin comme Van Heflin, l’acteur qui jouait le premier Dan Evans. Il modernise l’histoire, la rend plus vaste, plus réaliste, traversant une période de l’histoire du pays. Il enrichit ses deux principaux personnages, faisant de Christian Bale un Dan Evans père de famille, héros de guerre estropié, recherchant la reconnaissance et l’amour de son fils, et de Russel Crowe un hors-la-loi sans remords jusqu’à ce qu’il croise Evans, un homme perdu comme lui, et en qui il retrouve une humanité perdue. Le tout cimenté par une mise en scène et une réalisation qui honorent le genre, faisant de ce périple de deux heures un petit western de grande classe, tout comme l’était son modèle en son temps par rapport aux futurs grands classiques. C’est simple, ce western, c’est le goût d’un plaisir rare retrouvé.

St. THIELLEMENT



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