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  Sommaire - Films -  A - F -  Death Sentence


"Death Sentence " de James Wan

 

Scénario : Ian Mackenzie Jeffers d’après le roman de Brian Garfield
Avec : Kevin Bacon, Kelly Preston, Garrett Hedlund, John Goodman, Aisha Tyler.
Distribué par Metropolitan Filmexport.
105 mn.
Sortie le 16 Janvier 2008.

A 31 ans, James Wan est déjà une valeur sûre d’un certain cinéma de genre. Lancé par le méga succès de « Saw », le seul et l’unique titre de la franchise à mériter d’être considéré comme un classique (réussi) de l’horreur, il a signé il y a plus d’un an le shocker d’épouvante gothique « Dead silence », lequel constituait un hommage au genre des années 60, prouvant aussi que Wan avait en lui un certain talent. Aujourd’hui, on le retrouve dans un autre registre, celui du « vigilante movie » dont le fer de lance demeure « Un justicier dans la ville » avec Charles Bronson, un des meilleurs polars urbains des années 70 tiré d’un roman de Brian Garfield... Comme cet excellent « Death sentence » qui prouve maintenant que Wan possède bel et bien... Un talent certain !
Nick Hume (Kevin Bacon, plus qu’excellent, va gagner un Oscar un de ces quatre, lui, c’est sûr !) a une vie des plus épanouies : réussite sociale, mariage heureux, vie familiale idyllique. Un soir, en revenant d’un match avec son fils ainé, Nick s’arrête dans une station service. Quelques minutes plus tard, un gang y fait une descente pour y perpétrer une épreuve qui fera du benjamin du groupe un membre à part entière : tuer n’importe qui. Le fils de Nick meurt, Nick parvient à empêcher la fuite du meurtrier, le procès a lieu mais devant la perspective d’une peine minimale, Nick revient sur sa déposition. Il a pris sa décision : il accomplira sa propre justice. Mais en mettant le doigt dans cet engrenage, la violence appelant ne plus grande violence, Nick va devenir comme ceux qu’il poursuit, voire pire. Son voyage au bout de l’enfer ne fait que commencer...
OK, d’office une précision : à ne pas prendre au premier degré. Il s’agit là d’une série B sur l’auto-justice, la vengeance pure et dure, avec le cheminement d’un brave père de famille dans le créneau de la violence, appliquant la loi du talion jusqu’à ne plus pouvoir faire demi-tour, au point de se transformer en monstre proche de ceux qu’il traque. « Quand tu regardes au fond des abysses, les abysses regardent en toi », on connait bien cette réflexion, elle s’applique par excellence au personnage de Nick qui se venge d’abord par envie avant de se rendre compte de son geste. Quand il se rend compte que cela peut faire pire que mieux, il est trop tard pour lui... Et les autres. L’homme civilisé régresse, l’animal primal prend sa place, un psychopathe est né, refusant tout espoir de rédemption pour pouvoir aller jusqu’au bout, se transformant physiquement. « Regardes où on en est, tu n’es plus guère différent de nous maintenant ! » lui dit le chef du gang lors de l’affrontement final. On est loin du réalisme plus inquiétant d’un « A vif », on serait plus proche d’une série B guerrière de vigilantes, encore plus poussé que celle de William Lustig, pourtant un des fleurons du genre, « Vigilante » justement, une vision extrême et limite bande dessinée comme ces personnages des gangs qui rappellent ceux du controversé (à l’époque) « Class 1984 ». Et si « Death sentence » s’avère une petite réussite dans son créneau, c’est par une réalisation impressionnante de James Wan qui a tout compris et saisi du thriller urbain, rendant hommage aux seventies par une photo granuleuse et grise, cadrant l’action de façon incongrue mais percutante, signant quelques séquences balèzes dont une course-poursuite dans un parking, long plan séquence qui laisse sur le carreau. De tous ces talents réunis sort un film qu’il serait dommage de jeter séance tenante aux oubliettes sous prétexte de morale bien pensante : c’est d’abord et avant tout de la pure série B d’un genre bien défini et codifié, entre les mains d’un vrai cinéaste. Tout en restant modeste, il y a fort à parier qu’un petit classique est né, qu’on citera souvent en référence par la suite.

Note : 9/10.

St. THIELLEMENT

Une autre chronique de ce film est disponible dans le sfmag No 56 en vente en kiosques du 20 février au 20 avril 2008.



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