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  Sommaire - Interviews -  Jess Kaan


Interview de Jess Kaan
Par Par Virginie Liégeon

Dernier ajout : samedi 15 mai 2004

"Jess Kaan"

Né en 1974 à Dunkerque, Jess Kaan a publié son premier texte dans le fanzine Miniature de CBernard en avril 1998. Il a écrit vingt six nouvelles de 1999 à 2003. Dans sa besace, il nous prévoit un roman fantastique de terreur, actuellement en cours de rédaction. Il est aussi à ses heures rédacteur d’articles et intervieweur. Rencontre avec un jeune primé plein d’humour et de talent...

SFMag : Tu as publié vingt six nouvelles à ce jour. Pourquoi préfères tu les nouvelles ?

Jess Kaan : Tout d’abord, je l’admets, je suis fainéant et écrire une nouvelle peut paraître a priori plus aisé. Néanmoins, je vais relativiser mon propos en disant que je passe un temps fou sur un simple texte, de l’ordre d’un mois ou deux quand certains amis auteurs m’ont confié écrire un roman jeunesse en deux week-end. Donc écrire une nouvelle tient surtout du challenge, faire passer dans quelques pages l’émotion qu’un bon auteur doit savoir entretenir dans un roman....

J’aime cette forme courte car je suis toujours à reprendre mes textes et si tu fais cela dans un roman tu ne t’en sors pas....La nouvelle recèle une puissance sans comparaison et ce genre gagne à être connu, a fortiori dans une époque qui se plaint continuellement de manquer de temps... Par ailleurs, j’avoue que mes maîtres de fantastique (King, Lovecraft) ont excellé dans ce genre et que cela m’incite à m’accrocher envers et contre tout... C’est pour cette raison que je vais bientôt sortir un recueil de onze nouvelles et non un roman...

SFMag : En parlant de roman, tu as le projet d’un roman fantastique / terreur... Où en es tu ?

JK : Je m’y suis remis sérieusement cette fois, il y a beaucoup de choses écrites, mais éparses, j’ai dans ma tête l’histoire, le déroulement et maintenant j’essaie de concilier l’ensemble afin qu’il n’y ait pas de temps mort et pour que le lecteur passe un bon moment, vissé à son siège... En se demandant ce que je vais lui montrer. J’espère y parvenir !

SFMag : Tu as récemment reçu un prix pour une de tes nouvelles. Est-ce que cela a changé ta vie ?

JK : Oui, en fait j’ai reçu des tas de demandes en mariage, je ne peux plus sortir dans la rue sans me faire accompagner d’un cochon d’Inde mutant et on m’a proposé un rôle dans un prochain Phantasm (rires). Non en fait cette récompense (le Merlin) m’a fait un très grand plaisir, je l’avoue, mais elle n’a rien changé dans ma vie... Je veux juste profiter de l’occasion pour remercier toutes celles et ceux qui ont voté pour moi et surtout pour l’affaire des elfes vérolés...

SFMag : Est-ce que cela t’ouvre des portes pour éditer ?

JK : S’il fallait attendre de décrocher un prix pour pouvoir se faire publier, cela confinerait au ridicule... Le Merlin est arrivé, tant mieux. Mais j’essaie de me défoncer dans chacun de mes textes, d’écrire avec mes tripes sans tomber dans d’horribles travers et de me faire remarquer en m’améliorant... C’est peut-être naïf, mais cela me paraît de bon sens...

SFMag : Tu dis être incapable d’écrire en musique (ou presque) Quelles sont tes inspirations alors ?

JK : Le monde, l’actualité, la science, la politique, tout ce qui nous entoure... Il n’y a rien de plus intéressant que d’évoquer notre quotidien et ce qui serait susceptible de le détraquer. Nos rêves, nos espoirs, nos terreurs sont très importants et c’est un peu d’eux que je mets dans chacun de mes textes...

SFMag :Te sens tu plutôt appartenir à quel genre de l’imaginaire ? (SF, horreur, etc)

JK : Je déteste l’idée d’une catégorisation de l’Imaginaire, elle est pratique pour ranger des ouvrages dans un magasin, mais au-delà, elle n’a que peu de sens. Disons que j’aime l’horreur, le fantastique surtout, que je suis moins accro à la SF type hard science ou à la fantasy avec des gros barbares musclés qui décapitent à tour de bras (si si ça existe !). Aussi j’essaie d’emprunter à tous les genres, de brouiller les pistes... de surprendre autant que possible. Si mes textes font rire ou réfléchir un peu, s’ils plaisent au lecteur j’en suis ravi. Mais je ne suis pas pour cette sectorisation de l’imaginaire : ce genre mérite le respect sous toutes ses formes et ce que je n’aime pas, d’autres l’apprécient heureusement. Donc s’il faut absolument me cataloguer, je maintiens littérature de l’Imaginaire (avec le I majuscule !!!). En outre, s’il me fallait commencer un texte en le catégorisant, je ne serais pas sorti de l’auberge !

SFMag : Penses-tu qu’actuellement les jeunes auteurs de l’imaginaire sont dans une période favorable à la création ?

JK : Difficile de répondre à cette question. Les opportunités ne sont pas légions, avouons-le ! Beaucoup de jeunes auteurs aimeraient se faire une place dans cet univers, malheureusement le « Marché » français, francophone est restreint... Et pour partir à l’assaut de l’extérieur, ce n’est guère facile... Ceci n’incite pas à l’optimisme. Toutefois les idées ne manquent pas, les jeunes auteurs sont décidés et j’espère sincèrement que cette volonté ne faiblira pas malgré la difficulté et les obstacles rencontrés. Je pense vraiment que les idées ne sont jamais entravées par l’économie, retardées peut-être, mais si l’auteur a du talent, il finit par émerger... Tôt ou tard.

SFMag : Te sens tu appartenir à une génération d’écrivains ?

JK : Alors là, on en reparlera dans quelques années... Non, personnellement, je trouverai présomptueux de me réclamer de tel ou tel auteur. Je suis moi et les autres sont eux. Heureusement d’ailleurs parce que j’ai déjà du mal à me supporter quelquefois (rires)...

SFMag : De quel auteur français te sens tu le plus proche ?

JK : Proche comment ? Stylistiquement ? J’espère avoir mon style propre... Je me nourris de toutes les influences qui me tombent sous la main et j’admire le baroque de Léa Silhol, la justesse des mots de Mélanie Fazi, la transcendance des mots de Lélio, l’efficacité de Philippe Ward... Mais je suis très éloigné de leur style... Amicalement ? J’apprécie des personnes comme Denis Labbé, Mélanie, Lélio, Léa, Philippe parce qu’ils sont droits. Ce qui ne veut pas dire que je n’aime pas les autres, mais je les connais moins, voilà tout.

SFMag : Y’a t-il un roman français (de SF ou de fantasy) récent que tu as particulièrement aimé et pourquoi ?

JK : En fantasy, la Sève et le Givre... En historique, les Proies de l’Officier d’Armand Cabsson (ok, c’est de l’histoire) Mais pourquoi se borner à des romans ? Il y a aussi de superbes nouvelles, comme celle de M Pagel dans Asphodale 4, de très bons textes comme celui de Robert Martin ou de Jérôme Noirez dans l’esprit des Bardes chez Nestiveqnen, le recueil de Claude Mamier. Les très bons textes que nous avons retenus Greg Silhol et moi-même pour La Route chez Oxymore... Non ce n’est pas de la pub... Question roman, je suis impatient de me dévorer In tenebris de Chattam car j’avais adoré l’âme du Mal et de découvrir quelques recueils de King (je sais il est américain) que je n’ai pas encore lus.

SFMag : Merci beaucoup !

JK : De rien, jamais deux sans trois, n’est-ce pas ?


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