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  Sommaire - Films -  A - F -  A la croisée des mondes : la boussole d’or (The Golden Compass)


"A la croisée des mondes : la boussole d’or (The Golden Compass) " de Chris Weitz

 

Réal. & scénario : Chris Weitz
Avec : Daniel Craig, Nicole Kidman, Dakota Blue Richards, Ian McKellen, Eva Green, Sam Elliott.
Distribué par Metropolitan Filmexport
120 mn
Sortie le 5 Décembre 2007

Note : 9/10

Depuis le succès phénoménal (deux milliards neuf cents millions de dollars pour l’ensemble de la trilogie de recettes mondiales !) du « Seigneur des anneaux », le cinéma a trouvé une nouvelle source d’inspiration... Et d’alimentation des caisses financières ! Pour le meilleur et pour le pire. Ainsi, quelques mois après, Disney lança son « Le monde de Narnia » assez moralisateur (le roman est le second ouvrage le plus l dans les congrégations de croyants divers et variés américains après la Bible !), puis vint l’excellent « Stardust », quand même assez différent. Et aujourd’hui nous arrive le premier volet de « A la croisée des mondes », un des romans de fantasy les plus adorés des fans et des autres aussi. Produit là-encore par New Line Cinema, comme pour « Le seigneur des anneaux », on sent aussi une certaine anxiété quant au succès du film qui sera déterminant pour les suites. Bon, d’accord, ce n’est pas Peter Jackson derrière la caméra mais Chris Weitz (« Pour un garçon » avec Hugh Grant : plutôt très bien comme film...), on « devine » aussi quelques coupes franches mais autrement, « la Boussole d’Or » se hisse sans problème au-dessus du « Monde de Narnya », juste en dessous du Jackson, et aux côtés de « Stardust ».
Un monde parallèle au nôtre, où les humains accompagnés d’animaux, les Daemons, qui ne sont autres que leurs âmes. Une société régie par un ministère puissant et dictatorial. Au cœur de cet univers, une enfant, Lyra, va découvrir les forces du Mal qui l’entoure. Aidée par des gitans, elle part vers les Territoires du Nord délivrer d’autres enfants et retrouver son tuteur, Lord Asriel, parti chercher le passage vers d’autres mondes. Elle rencontrera le peuple des ours polaires, dont un qui fut banni par son clan et qui deviendra son plus fidèle allié, Iorek. Mais derrière elle, pour d’étranges raisons, la mystérieuse et dangereuse Mme Coulter la poursuit, n’hésitant pas à balayer de son chemin tous ceux qui la gênent, elle et son cruel Daemon-singe. Pour Lyra, la découverte de son destin vient de commencer et il semblerait qu’elle ait un rôle important à jouer dans la survie de son monde.
Comme toutes ces histoires fleuves, le résumé n’est jamais des plus simples (et ce n’est que le premier volet !). Et le début de « La boussole d’or », pour tout profane, est assez nébuleux. Mais la magie opère très rapidement. Déjà, on est tout de suite plongé dans un monde pas aussi inconnu que celui de Tolkien car plus contemporain, une sorte de fin du 19ème siècle créé par Jules Verne.
Visuellement, c’est un enchantement, et c’est le premier pas vers la réussite de l’œuvre. Viennent ensuite les personnages et de nouveau, mettre des acteurs non pas méga stars mais simplement charismatiques et excellents dans leur domaine, comme Daniel Craig (qui a dit « connais pas ! » : depuis qu’il est James Bond, on sait qui il est ; avant, on le trouvait bon, et beau pour certaines, mais on ne le connaissait pas...) ou Nicole Kidman, voir même Ian McKellen qui prête seulement sa voix à l’ours Lorek. Un peu comme s’ils étaient les piliers de fondation de cette histoire. Enfin, le reste : les daemons sont stupéfiants, les détails annexes ne sont jamais omis, tout existe, on y est, on y croit. Et on peut partir pour les Territoires du Nord. Certes, Chris Weitz n’est pas Peter Jackson, il n’a pas le même talent pour ce genre d’histoire, mais en tant que fan converti au roman, il l’a lui-même scénarisé, n’a rien oublié des scènes-clefs (comment est révélé la véritable nature de Mme Coulter, la perte d’un daemon pour un enfant), possède la vision de cet univers dans sa tête, et donne le maximum pour le faire exister. La technologie aidant (et ici, elle est simplement extraordinaire, comme pour « Le seigneur des anneaux »), il achève de nous convaincre avec l’ours Iorek, prodige des effets spéciaux qui prend vie aidé par la voix de McKellen. Le voyage se poursuit, les rencontres se découvrent, des combats extraordinaires ont lieu (celui des Ours, magnifique), l’émerveillement continue jusqu’à une révélation sans réelle surprise (on s’en doutait, même dans le roman, hein, ce n’est pas une erreur de scénariste) qui clôt alors ce chapitre sur la promesse d’un second qu’on découvrira... On ne sait pas quand pour l’instant. Ce nouveau colossal projet semble rendre les producteurs frileux (l’échec de « Stardust » y est peut-être pour quelque chose : le public serait-il lassé du genre ? Le succès de « Narnya » date de deux ans, qu’en est-il aujourd’hui ? Et si il en est un qui mériterait de cartonner, c’est bien « La boussole d’or », plus que « Narnya » !) et pour l’instant, le chapitre deux ne semble pas vraiment lancé. Pourtant, tout dans ce film est réuni pour en faire un des succès les plus justifiés qui soient : la violence étant plus dans les actes que dans le visuel, le film peut être vu par les plus jeunes comme par les plus âgés, aucune mièvrerie, simplement de la Magie, du Fantastique et du Merveilleux. Et pour les plus attentifs, non, ce n’est pas un oubli : Lyra ne sera pas passée sous silence, elle trouve en Dakota Blue Richards celle qui lui donne vie comme on l’imaginait. Et si « La boussole d’Or » n’est pas le chef-d’œuvre qu’il pourrait être, c’est par quelques réserves qui pourraient venir à disparaître dans l’éventuelle version longue (parce qu’il y en aura une, c’est certain) qui sortira en DVD ou au terme de la trilogie. Que Chris Weitz se doit de mener lui-même à terme. Il a adoré le roman, il nous le fait partager, et « La boussole d’Or » est le premier beau cadeau de Noël de cette année, le plaisir partagé avec l’émerveillement qu’il suscitera pour chacun étant simplement magique. Et ça faisait longtemps qu’on n’avait pas connu ça.

St. THIELLEMENT

NB : l’affiche de ce film est en "une" du numéro 55 de science fiction magazine en vente en kisoque du 10 décembre 2007 au 10 février 2008, avec un dossier : "Harry Potter... et la littérature fantastique jeunesse envahit l’écran", les chroniques livre qui ont inspiré ces films tel que ce "Golden Compass".
Après le 10 février 2008 ce numéro de sfmag sera disponible en PDF dans la rubrique "ebooks" de ce site.



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