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  Sommaire - Films -  S - Z -  SAW 4


"SAW 4 " de Darren Lynn Bousman

 

Avec : Tobin Bell, Costas Mandylor, Betsy Russell, Athena Karkanis.
Distribué par Metropolitan Filmexport.
90 mn.
Sortie le 21 Novembre 2007.

Note : 1/10.

On l’avait déjà dit pour « Saw 3 » : il n’aurait du n’y avoir qu’un seul « Saw », le premier. Ben non, ça rapporte des pépètes, on lance la franchise. « Saw 2 », puis « Saw 3 » démontre rapidement ses limites mais ce n’est pas grave. Les producteurs voient très bien la pompe à fric donner tout ce qu’elle peut. Et « Saw 4 » enfonce le clou, le film étant à ce jour, le pire de tous. Et il en reste encore trois ! Seule compensation, les titres vont bien nous faire marrer : il y aura bientôt « Saw 6 » et « Saw 7 » (de l’arssidussesse sont-elles sèsses, archi-sèsses ?...), et après c’est fini. Si, si, c’est promis. Sauf en direct-to-video peut-être...
Jigsaw, le tueur machiavélique et juge des fautes impardonnables des autres, est mort. L’inspectrice Kerry (la belle Dina Meyer, si c’est pas une honte de finir comme ça !) est une de ses dernières victimes. Son acolyte, Rigg, est alors enlevé et forcé de participer à un jeu horrible pour sauver sa peau. Lancé à sa recherche, deux profilers et un inspecteur de la criminelle vont découvrir que même mort, Jigsaw dirige tout. Et que son ex-femme, Jill, pourrait bien être la clef de tout. Une course contre la mort s’engage pour chacun avec au bout du compte une nouvelle révélation intimement liée à Jigsaw, bien entendu.
Tout cela vous semble tordu, c’est normal, c’est voulu ainsi. A force de faire dans l’excessif scénaristique, le n’importe quoi l’emporte et « Saw 4 » en est la preuve flagrante. Les meurtres abominables ne sauvent même plus l’entreprise tant leur effet est désamorcé par une mise en œuvre complètement absurde et irréalisable. Le machiavélisme de Jigsaw perd définitivement ici tout son attrait tant les situations de pièges prévues deviennent ridicules à force d’être trop compliquées. Tout cela lasse encore plus rapidement que pour les deux précédents opus et ne procure absolument plus rien au spectateur qui baille plus souvent d’ennui qu’il ne réussit à garder l’œil ouvert devant tant de nullités montrées. En voulant satisfaire l’esprit malsain qui se cache un peu en nous comme le prouva le premier « Saw », scénaristes et producteurs en oublient aussi d’intégrer ces éléments à une histoire qui se tienne, originale, jamais vu, tout en restant quelque part logique. Tout cela est bel et bien fini, on se fout du scénario, on prend juste des personnages, on leur créé des ramifications abracadabrantes à Jigsaw, on cherche les mises à mort les plus cruelles mais aussi inconcevables possibles, bref l’art et la manière de tuer une série pour simplement profiter des profits qu’elle générera malgré tout. De tout cela, on confirmera aussi que le réalisateur Darren Lynn Bousman ne marquera pas le genre par son grand talent (et « Saw 4 » le prouve en tout), et surtout que « Saw » fut un excellent shocker-slasher pourvu d’un scénario certes roublard mais suffisamment inédit pour satisfaire le plus blasé des blasés du genre. Entre temps, son créateur James Wan a signé « Dead silence », film d’épouvante gothique très old school qui vient de sortir (on en reparlera sous peu) et bientôt, on découvrira « Death sentence », polar urbain complètement dans la lignée de « Un justicier dans la ville », avec Kevin Bacon vengeant la mort de son fils. Comme on le voit, Wan est un véritable artiste qui cherche à se diversifier parce qu’il aime son job et qu’il ne veut pas être cantonné à un genre particulièrement. Ce qui n’est absolument pas le cas de Bousman qui, lui, a réussi très vite à tirer chaque film vers le bas. Voilà, tout est dit sur « Saw 4 » avec ce simple constat.

St. THIELLEMENT



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