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  Sommaire - Films -  A - F -  Dans la vallée d’Elah


"Dans la vallée d’Elah " de Paul Haggis

 

Réal. & scénariste : Paul Haggis
Avec : Tommy Lee Jones, Charlize Theron, Susan Sarandon, James Franco, Frances Fisher.
Distribué par Warner Bros.
120 mn.
Sortie le 7 Novembre 2007.

Note : 8/10.

En moins d’un mois, on aura eu droit à trois films liés au conflit Irak-USA : « Le royaume » (oui, ça se passe à Riyad et c’est lié au terrorisme mais indirectement à l’Irak aussi, soyons réalistes), dans trois semaines sortira du même scénariste que ce dernier, Matthew Michael Carnahan (le frère de Joe...), et réalisé par Robert Redford, « Lions & agneaux ». Et aujourd’hui arrive le second film du scénariste de « Million dollar baby » (chef-d’œuvre) qui était passé une première fois derrière la caméra il y a deux ans pour « Collision » (tranches de vies américaines sur leurs problèmes actuels de société, racisme, terrorisme, immigration, un catalogue de clichés à la sauce moralisatrice, un ratage total, un film qu’on peut aisément détester...), j’ai nommé Paul Haggis. Clint Eastwood y fut un moment, parait-il, impliquer (pour jouer le rôle de Jones) mais il n’en fut rien, sauf que le grand Clint donna son aval au projet auprès du studio pour le produire. Et le verdict tombe : autant « Collision » est à oublier, autant « Dans la vallée d’Elah » marquera plus les mémoires.
Le soldat Mike Deerfield a disparu lors de sa première permission depuis son départ pour l’Irak. Son père, Hank (Jones, toujours aussi excellent), ancien de la police militaire se rend à la base pour y trouver quelques indices expliquant où Mike serait parti. Mais moins de 24 heures plus tard, on trouve le cadavre du soldat, massacré dans le désert. Pour l’armée, c’est un règlement de comptes de trafiquants. Pour Hank, cela ne peut être possible. En butte aux militaires, c’est avec l’aide de la détective Emily Sanders (Charlize Theron, définitivement une des meilleures actrices du moment) qu’il va mener l’enquête, chose rendue possible depuis qu’on a découvert que Mike avait été tué hors d’un terrain de l’armée. La vérité révèlera à Hank un nouveau regard sur son fils, et sur l’armée de son pays par rapport à la guerre d’Irak.
Parce qu’ici, il en est bel et bien question. D’un sujet, tiré d’un article de presse, qui aurait pu être une ode à la gloire des soldats « morts au combat » en Irak, Paul Haggis le dévie vers une réflexion sur ce que cette guerre a montré de pire. Sans rentrer dans un constat politique très haut placé (ce que « Lions et agneaux » explore, à l’opposé), il s’attache aux simples américains, aux purs de durs, aux patriotes exemplaires qui vont découvrir une horreur qu’eux n’ont jamais connue. La faute à une politique qui transforme le moindre citoyen basique en super-homme dès qu’on lui dit qu’il va sauver son pays des mains d’affreux étrangers terroristes. Ça peut paraître basique et simpliste comme ça, et pourtant, c’est plus que vrai, le cinéma ne faisant que reprendre les reportages et documentaires. Et c’est là qu’on peut être surpris par ce second film de Paul Haggis, lui qui avait traité de sujets sensibles précédemment avec la finesse d’un Chuck Norris dans le pire épisode de « Walker Texas ranger ». le personnage d’Hank demeure un américain patriotique parfait qui réalisera qu’il a fait passer les intérêts nationaux avant les personnels, et surtout sans réfléchir à leur nécessité. Quand il s’en rendra compte, il sera trop tard, mais cela lui aura servi à gagner au moins un peu d’humanité. Quant au regard porté sur cette guerre qui ne sert que les plus grands puissants de ce monde, il est comme beaucoup de films américains très pro démocrates (donc quasiment tout Hollywood, sauf ce cher Arnold, bien que... Ou encore Eastwood, et encore, lui qu’on surnomme « le plus démocrate des républicains » !) du moment, une manière d’éveiller la conscience populaire sur ce qu’est vraiment ce conflit. Tout comme le Viet-Nâm en son temps, le thème de l’innocence perdue revient souvent, aux côtés des manipulations de toutes sortes. Et dans le genre, « Dans la vallée d’Elah » est un des meilleurs films sur cette guerre honteuse car si hypocrite, une œuvre bien plus humaine qu’américaine.

St. THIELLEMENT



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