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  Sommaire - Interviews -  Phil Mulloy (A propos du film "Intolérance")


Interview de Phil Mulloy (A propos du film "Intolérance")
Par

Dernier ajout : mardi 14 août 2007

"Phil Mulloy (A propos du film "Intolérance")"

Discussion avec Phil Mulloy :

Les Zogs apparaissent pour la première fois dans Les Dix
Commandements : Numéros - Souviens-toi de sanctifier le jour
du sabbat.

J’ai réalisé Souviens-toi de sanctifier le jour du
sabbat
au sein d’une série intitulée Les Dix Commandements.
J’avais réussi à trouver assez facilement comment interpréter la
plupart des Dix Commandements, mais je ne trouvais pas quoi
faire pour celui-ci. Je n’arrivais pas à y réfléchir de façon abstrai
te. Finalement l’idée m’est venue de le faire à propos de la vani
té humaine et de cette idée que l’homme a été fait à l’image de
Dieu. Pour cela j’ai inventé les Zogs. Si nous le pensons, pourquoi
les Zogs n’en feraient-ils pas de même ? L’image finale du film
montre les Zogs à genoux devant une statue de leur Dieu cruci
fié. L’idée de l’apparence de mes extra-terrestres était assez
simple. J’inverserais purement et simplement nos têtes avec nos
parties génitales et vice-versa. Cela convenait parfaitement à
mes intentions, particulièrement au niveau du graphisme. De
cette façon, je n’aurais pas à passer trop de temps à dessiner mes
créatures. J’aime travailler vite. J’ai ainsi dessiné mes créatures
en un rien de temps. Hourra !

Comment les autres films ont-ils pris forme ?

Après avoir fini Les Dix Commandements, j’ai
commencé à réfléchir à comment les Zogs vivraient. Au cours des
années suivantes et pendant que je travaillais sur autre chose, je
revenais constamment au Zogs et notais des idées. Finalement
j’ai écrit un scénario et j’ai essayé de trouver des financements.
Sans succès évidemment. Il n’est pas facile de trouver des finan
cements pour de tels projets et je dois dire que ça ne s’arrange
pas. Mais je n’ai pas abandonné. J’ai commencé à le filmer moi-
même. En ce qui me concerne, le grand avantage de l’animation
c’est que vous pouvez continuer à travailler même si vous ne
trouvez pas de financement. Bien sûr ce n’est pas facile, mais au
moins vous n’êtes pas réduit au silence. Alors j’ai commencé à fil
mer et à montrer le résultat à droite et à gauche. Finalement j’ai
trouvé un peu d’argent et j’ai pu le finir.

Aviez-vous en tête qu’il y aurait trois films, ou est-ce
venu après avoir fini Intolérance I
 ?

Quand j’ai écrit Intolérance, c’était juste un
court-métrage, mais quand j’ai commencé à le filmer, j’ai décidé
de laisser ouverte l’éventualité qu’il y ait deux autres parties et
j’ai changé la fin.
J’ai fait la seconde partie sans penser à la première ou à la troisième, mais quand j’ai écrit la troisième partie, j’ai beaucoup réfléchi à la manière de donner aux deux autres épisodes une interprétation tout autre et totalement inattendue.

Par rapport aux autres séries comme Cow-Boys ou Les Dix Commandements, Intolérance peut se voir comme un long-métrage. Aimez-vous l’idée de le montrer ainsi ?

Je voulais que les films fonctionnent indépendam
ment et comme un tout. Évidemment, la meilleure façon de les
montrer est les trois ensemble, mais les gens les ont vus indivi
duellement et ils ont gagné de nombreux prix en tant que courts-
métrages individuels.

Peut-on dire que c’est votre premier long-métrage ?

C’est mon premier long-métrage d’animation,
mais dans les années 80, j’ai écrit et réalisé des fictions. Je dois
dire que je n’ai jamais pensé que je pourrais réaliser un long-
métrage d’animation. Cela représente trop de travail, trop de
dépenses et trop de personnes à satisfaire.
C’est un court-métrage qui a fini en long. Avec les courts-métrages, il est plus aisé déjouer avec les formes. On peut être plus aventureux. C’est un long fait dans l’esprit d’un court.

Etait-ce une expérience différente que de travailler sur
vos autres courts-métrages ?

Une des grandes différences pour moi a été de tra
vailler sur l’épisode final avec d’autres animateurs. Les trois par
ties ont été faites avec l’aide d’ordinateurs, mais dans la dernière
partie, les personnages étaient animés par des animateurs utilisant les ordinateurs. C’était extraordinaire. Dans les deux premiers épisodes, j’ai fait moi-même l’animation. C’est assez ennuyeux de tout faire soi-même. J’étais heureux de laisser d’autres le faire et bien sûr, ils étaient bien meilleurs animateurs que moi. La seule crainte que j’avais était que l’animation soit trop parfaite. Je déteste la "belle" animation. Ça nuit aux idées.

Aviez-vous un plaisir particulier à retourner vers vos personnages ?

En fait, une fois que vous avez construit un systè
me de pensée, c’est assez plaisant d’y réfléchir de l’intérieur. Il en
sort des choses tout à fait inattendues. C’est ce qui m’intéresse.

Vous sentez-vous plus proche d’une des deux espèces que vous décrivez ?

Les Zogs viennent me rendre visite de temps en
temps. Ils peuvent être très sympathiques, et ils peuvent être
horribles. Ils ont le potentiel d’être des saints, mais la tendance à
se comporter comme des bêtes. Ils sont comme les hommes de ce
point de vue.


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